AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782350877594
Editions Héloïse d'Ormesson (13/01/2022)
4.54/5   75 notes
Résumé :
Prier Dieu, se vouer au Diable.

Du haut de ses quatre-vingt-dix ans, Gabrielle de Miremont semblait inatteignable. Figée dans l’austérité de la vieille aristocratie catholique dont elle est l’incarnation. Sa devise : « Ne jamais rien montrer, taire ses émotions ». Jusqu’à ce matin-là, où un gendarme vient lui annoncer la mort de son fils. Son fils cadet, son enfant préféré, le père Pierre-Marie, sa plus grande fierté. Gabrielle ne vacille pas, mais un... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
4,54

sur 75 notes
5
24 avis
4
12 avis
3
1 avis
2
0 avis
1
0 avis

Kittiwake
  11 mai 2022
Lorsqu'un crime ou un attentat est commis et largement diffusé par la voie des médias, l'auteur des faits est ciblé et n'échappe pas aux lumières aveuglantes des projecteurs. Mais au delà des victimes directes, pense-t-on aux victimes collatérales de ces drames, les parents et proches des criminels ? C'est le thème abordé dans ce roman dont le titre est clair : comment réagit-on lorsque l'on se rend compte que l'on a engendré un montre ? Vivre le dilemme insoluble de brûler ce que l'on a adoré.
Madame de Miremont a la réserve hautaine des femmes auxquelles jamais rien n'a résisté. Un mariage arrangé pour assurer la pérennité d'une lignée, une foi sans question, soutien de tous les instants, et pour couronner le tout, la naissance d'un fils, après deux filles quasiment ignorées. le fils parfait, marchant sans les pas de sa mère, et si conforme aux ambitions maternelles qu'il épousera la prêtrise.
Lorsque le scandale éclate, par l'intermédiaire de la presse locale, Madame est d'abord outrée que l'on attaque cette institution sacrée qu'est l'église. Et peu à peu le doute puis l'horreur s'installent, elle est obligée de convenir que le montre pédophile est son propre fils.
Pas De divulgachage dans ces lignes, le lecteur sait dès le départ ce qu'il en est. L'auteur s'applique à suivre le cheminement maternel, dans la découverte de cette abomination puis dans le souhait de réparation.

Un point de vue original, pas souvent évoqué et une analyse fine des processus mentaux à l'oeuvre dans l'esprit de cette mère détruite, dont tous les idéaux de vie, aussi critiquables furent-ils, sont anéantis par la terrible découverte.
L'écriture est le miroir de l'esprit de cette mère, maîtrisée, sans lyrisme inopportun, mais sans pudeur vaine. Une belle lecture.
Lien : https://kittylamouette.blogs..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          592
AudreyT
  14 mai 2022
*****
Elle pensait sa foi infaillible. Elle croyait servir Dieu jusqu'à son dernier souffle. Elle s'imaginait plus forte et solide que tous ces mécréants. Elle avait confiance en l'amour qu'elle portait à son fils. Mais un matin, tout s'écroule. Son monde allait basculer et la vague qu'elle voyait à l'horizon ne tarderait pas à tout anéantir. Les questions, les doutes, la honte rythmeraient désormais ses jours et ses nuits… Dieu avait laisser sa place au Diable…
Au-delà de l'écriture, parfaitement maîtrisée et rythmée, au-delà de l'histoire, tristement actuelle et révoltante, au-delà d'une construction prenante et envoûtante, c'est le portrait d'une femme qui a tout perdu, jusqu'au respect de soi, qui impressionne le plus.
David Lelait-Helo signe ici un roman juste et percutant. Et c'est avec beaucoup de finesse qu'il nous livre une histoire toute aussi révoltante qu'émouvante.
C'est à travers le regard de Gabrielle de Miremont, femme respectée, froide, intransigeante, que l'on découvre doucement le scandale qui éclabousse la famille. Son Église est accusée de couvrir les agissements odieux de ses prêtres. Mais elle n'y croit pas, c'est inimaginable. Quand elle croise le regard innocent d'un de ceux qui accusent, elle ne peut pourtant que baisser la tête et remettre en question tout ce en quoi elle croit.
La force de ce roman réside dans ce regard qui vacille, cette âme qui se brise, ce coeur qui s'arrête. L'enfer d'une mère sur qui la honte s'abat, le dégoût d'un fils qu'elle a tellement aimé, trop peut-être… ou mal…
Dans ces pages, se trouve une histoire terrible. Chacun est éclaboussé par les actes violents et indescriptibles d'un seul homme. Un prêtre qui n'a pas su, pas compris, pas géré un amour trop grand, trop envahissant, trop étouffant… Une mère qui restera à jamais celle d'un monstre, pour qui le pardon est impossible…
Lien : https://lire-et-vous.fr/2022..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
DOMS
  21 janvier 2022
Rien ne peut atteindre Gabrielle de Miremont. Un mariage, trois enfants, et surtout un fils adoré qu'elle a façonné à son image, le merveilleux prêtre Pierre-Marie. Gabrielle est une femme au charisme affirmé, une figure emblématique du village. Ce n'est pas une femme à qui l'on s'adresse facilement, il faut pourtant lui annoncer cette terrible nouvelle qui va bouleverser sa vie, la mort violente de son fils.
Gabrielle veut comprendre ce qui est arrivé à cet enfant, ce fils tant attendu qu'elle a aimé plus que tout, qui lui a fait oublier ses filles et son époux, qu'elle a élevé dans le respect de Dieu et de la religion, ce fils qui était toute sa vie, son âme, son amour, son dieu. Elle veut surtout comprendre et savoir si ce qui se dit dans les journaux, si ces témoignages qui l'accablent, disent la vérité.
Car le scandale vient d'éclater, un prêtre pédophile abuse depuis des années des petits garçons qui lui sont confiés, au catéchisme, en colonie, après la messe. Ici la paroisse et sous les yeux de son fils chéri.
Tout d'abord, c'est la révolte, l'envie de lutter pour redonner son lustre à cette paroisse accusée du pire. Puis peu à peu, les mots sont dits, les témoins se dévoilent, trouvent le courage d'accepter de ne plus être la victime coupable mais bien la victime meurtrie et blessée à vie.
Gabrielle les rencontre, les entend. Et son monde s'effondre. Quel est ce Dieu qui accepte, qui se tait, qui laisse faire, quel est ce bourreau qui ose, qui ne se sent pas coupable, qui nie l'abjection de ses actes.
Un roman émouvant qui ose aborder un thème difficile dont on entend beaucoup parler, en particulier depuis la parution du rapport Sauvé. Depuis que l'église a enfin accepté d'ouvrir les yeux, d'entendre les victimes, et plus seulement de déplacer les coupables pour qu'ils aillent perpétrer leurs crimes un peu plus loin.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          211
audelagandre
  13 janvier 2022
J'ai découvert David Lelait-Helo à la fin de l'année 2021 avec son roman « Poussière d'homme ». J'avais alors pensé que ceux qui avaient beaucoup vécu, des bonheurs fous et des tragédies terribles devenaient de sacrés écrivains. J'étais impatiente de le découvrir dans un autre registre, différent de ces pages où il narrait l'amour fou que rien ne sépare. Dans « Je suis la maman du bourreau », nous sommes dans un répertoire bien différent. Une mère, Gabrielle de Miremont, profondément croyante, austère, aux émotions froides et dissimulées façonne depuis le plus jeune âge un bloc de terre glaise. À son image. Selon ses aspirations les plus profondes. Cette terre glaise prend peu à peu forme sous ses doigts. Elle deviendra prêtre. Son fils, Pierre-Marie sera le socle de toute une communauté, une vitrine familiale, une fierté absolue. « Il avait le regard de Dieu, bleu de ciel. (…) Une auréole l'entourait, nous entourait. Il était le meilleur de ma personne, son prolongement magnifié. Mon élu. » Ce fils entièrement modelé par sa mère comble toutes ses attentes. Il faut comprendre que cet homme n'est pas en position de choisir son destin, il n'a pas de libre arbitre. Il est un esclave consentant, un jouet, une marionnette. « Il devint prêtre sans jamais avoir eu le loisir d'imaginer un autre chemin, il s'était seulement laissé irradier par le profond désir de sa mère. (…) Il était le prêtre qu'on avait voulu qu'il fût, et la fierté de sa mère suffisait à le convaincre de son choix. Ignorant qu'en réalité il n'avait jamais fait aucun choix et marchait dans d'autres pas que les siens. »
Le roman s'ouvre sur l'extrait d'un carnet intime et par cet incipit qui donne le ton « Je suis passée de Dieu à Diable ». Un journal de vérité dont le lecteur retrouvera des extraits au fil de la narration. Il est bien question de l'histoire d'une famille racontée ici, principalement axée sur la narratrice Gabrielle, et sur son fils Pierre-Marie. Rapidement, au chapitre deux, le décès de ce dernier est annoncé par la gendarmerie. Quand ? Comment ? Pourquoi ? Il faudra remonter onze jours avant sa mort pour comprendre ce qui s'est réellement passé dans les alcôves familiales et revenir au commencement, lorsqu'un article dénonçant les agissements de prêtres pédophiles a été publié par Cédric Lautet, journaliste. Croix de bois, croix de fer, si tu mens tu vas en enfer, Gabrielle veut faire la lumière sur ces horribles accusations qui mettent à mal sa foi, et touchent l'édifice tout entier de sa propre existence. « Gabrielle de Miremont montait dans les tours quand elle sentait attaqué cet ancien monde aux remparts desquels elle s'était toute sa vie cramponnée. »
Dans ce roman court, mais d'une remarquable densité et d'une admirable profondeur, David Lelait-Helo fait écho au rapport Sauvé qui a mis au grand jour les abus sexuels pratiqués par certains hommes de Dieu au sein de son Église. Il y décrypte plusieurs chemins de croix : celui d'une mère, celui d'une victime, celui de la justice des hommes et de celle de Dieu, celui du « secret dans le secret du secret. » le portrait de Gabrielle de Miremont est criant d'humanité, depuis sa raideur repoussante du début, à sa volonté de comprendre, à son coeur qui s'ouvre totalement face aux paroles d'un inconnu. Cette femme, qui voit tous ses idéaux réduits en cendres, sa vie entière remise en question par un scandale qui éclabousse tous les croyants, représente à mes yeux, la quintessence de l'intelligence émotionnelle. David Lelait-Helo lui donne le rôle sublime de celle qui croit, mais qui n'est pas aveuglée par sa foi même si les accusations perpétrées la bousculent et mettent à mal ses certitudes. En son intime conviction, telle un juré dans un procès, elle veut savoir. Elle choisit la vérité et ce choix est certainement le plus difficile de sa vie.
J'entends d'ici les cris et les rugissements « ah non, je ne veux pas lire ça, la pédophilie dans l'Église ça va bien ! »… Ferez-vous partie de ceux qui veulent savoir ou de ceux qui détournent le regard ? Contrairement au film de Ozon « Grâce à Dieu » qui démontre bien la volonté de calmer les victimes et pour l'Église d'enterrer les accusations, le livre de David se place totalement du côté des victimes et de la femme qui a engendré le monstre. « Je suis la maman du bourreau » dit sans filtres. Les mots gisent sur le papier et avec eux les images, et les conséquences. Les implications résonnent tel un glas qui sonne sans fin. Outre ce face-à-face saisissant, bouleversant entre une mère et une victime, le roman explore brillamment l'impact dévastateur sur la Foi : « Le prêtre en m'abusant m'a volé ma relation à Dieu ». Plus fort encore et révélateur des dégâts perpétrés : « Je vous assure, madame, que ma foi était entière et Dieu à la première place dans mon coeur. Pourtant Il n'a pas empêché que je sois sali, Il a autorisé que le pire me soit imposé. Je ne vois que deux explications à ce supplice, soit Dieu est capable de punir un coeur pur, soit Il n'existe pas. Dans ces deux cas de figure, ma foi est souillée, mon espérance malmenée. Ma blessure spirituelle reste béante, je ne crois plus. Presque plus. » Je ne suis pas croyante, mais je me suis longuement interrogée sur cette question et je dois saluer cette approche si pertinente.
Enfin, et c'est là aussi le propos du livre, que reste-t-il du statut de mère lorsqu'on a engendré un monstre ? À l'instar de l'Église qui préfère régler ses affaires, « loin des regards, loin des tapages… », il doit en être de même dans une relation mère-enfant. La confrontation est incontournable et cruciale pour chacun. Ce face-à-face terrible, bouleversant, lourd de conséquences m'a littéralement crevé le coeur. Ce qui se joue là est aussi répréhensible qu'équitable. C'est ici que s'affrontent la mère et la maman…
« Je suis la maman du bourreau » est un pari : noircir deux cents pages pour aborder une thématique difficile en développant différents angles : l'amour maternel, la consternation, les promesses brisées, le pardon, la condamnation, la justice, la foi, la reconstruction, la résilience. David Lelait-Helo le fait de manière directe et sans fioritures. C'est sans doute cela qui déclenche les émotions. J'ai aimé le portrait de cette femme qui évolue pour terrasser ses croyances, qui accepte d'entendre la voix d'un inconnu parce qu'elle lit au fond de ses yeux la vérité de ses mots. J'ai aimé le chemin pris par l'auteur qui est celui de dire sans phare les atrocités. J'ai aimé la façon qu'il a eue d'exprimer les implications sur la foi. Les carnets intimes de Gabrielle, disséminés tout au long du récit apporte de l'authenticité à son monde qui s'écroule, et au coeur de cette mère qui s'effondre. Sans nul doute, « Je suis la maman du bourreau » deviendra un texte de référence dans la mise en lumière des actes pédophiles au sein de l'Église.

Lien : https://aude-bouquine.com/20..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          91
YvonS
  16 mai 2022
Un excellent roman, un texte superbement écrit et un auteur dont on attend le prochain opus avec impatience !
Deuxième coup de coeur de l'année...
Je n'avais jamais rien lu de David Lelait-Helo mais je le connaissais comme biographe. Ce qui est sûr maintenant c'est que ce roman ne sera pas le seul de lui à entrer dans ma bibliothèque. Quelle plume ! Un vrai style, un texte élégant, une construction impeccable sur un sujet pas facile qui peut prêter à toutes les dérives : les crimes pédophiles dans l'Église.
Gabrielle de Miremont, 90 ans passés, raconte dans son petit carnet bleu et or l'horreur qu'elle vit. Elle qui représente une certaine France aristocratique, catholique, un peu figée apprend quasi simultanément que son fils adoré le père Pierre-Marie a été retrouvé mort dans son presbytère et qu'il est accusé de viols sur des dizaines et des dizaines de petits garçons sur une trentaine d'années. La "Dame du Château" s'effondre. Intérieurement. On ne montre pas ses sentiments chez "ces gens-là"... puis elle se redresse et part au combat.
Entre flash-back et confessions du petit carnet, le texte est fort. Parfois cru mais sans voyeurisme ni être malsain.
Gabrielle rencontrera le journaliste par lequel le scandale arrive, puis une des victimes maintenant adulte et elle admettra alors la culpabilité de celui qu'elle avait destiné à Dieu et qui faisait sa fierté de mère.
La réflexion de David Lelait-Helo est loin d'être superficielle et sensationnaliste : la foi peut-elle résister, l'existence même de ce Dieu qui permet à son serviteur de commettre ces crimes et de blesser à vie ceux qu'on lui a confiés... le seul qui ne voit pas de mal c'est le coupable. Persuadé (?) qu'il s'agit d'un amour partagé...
La grande dame va descendre dans les abysses emportée par les crimes de son fils, découvrir ce qu'elle ignorait ou ne voulait pas savoir... le rejet et la haine du prêtre-bourreau viendront de là où on ne l'attend pas. le pardon, lui, valeur essentielle de l'Église, peut-il s'appliquer ici ? L' Église rejette violemment d'autres pécheurs mais pardonne ces crimes-là. Intéressante question...
Je suis curieux de lire d'autres romans du même auteur. La qualité littéraire de celui-là laisse augurer d'autres pépites. Ne ratez pas ce livre, ne laissez pas le thème effrayer votre sensibilité. Certes le récit de la victime est poignant, cruel mais ni obscène ni voyeur même si on ne peut parler de cela sans être direct.
Un livre indispensable dans votre parcours de lecteur... Merci Marina du conseil, c'eut été dommage de passer à côté de ce roman. 😊
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30

Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
binabina   20 mai 2022
''Il va sans dire'' Il aurait voulu hurler que rien, jamais, n'allait sans dire. Parce que justement, il fallait dire, tout dire, à n'importe quel prix.
Commenter  J’apprécie          10
leslivresmapassionleslivresmapassion   16 mai 2022
- Savez vous pourquoi j'ai fait tatouer ces pivoines sur mon bras, et non pas des roses ou des camélias ?
- Parce que vous les aimez j'imagine.
- Je les aime pour ce qu'elles symbolisent. Dans la mythologie grecque, les nymphes avaient pour habitude de cacher leur nudité aux regards indiscrets avec des pivoines. Depuis, elles sont la la fleur de la pudeur et de la honte. La pudeur et la honte me vont bien.
- La honte ? s'exclama Gabrielle.
- Oui, la honte qui empoisonne à petit feu les victimes. La honte d'être souillé, la honte de n'avoir pas su résister, la honte d'avoir été faible, peut-être consentant, la honte d'être aujourd'hui brisé, déconstruit, sali, la honte d'avoir été un objet, un jouet, un jouet cassé, d'être un rebut. La victime porte la honte que le bourreau devrait endosser. Le bourreau prend la vie mais il garde la sienne bien au chaud, intacte et entière. Parler, éclairer la vérité, c'est une façon de renvoyer la honte à l'expéditeur. Il m'a fallu toutes ces années...........
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
KittiwakeKittiwake   11 mai 2022
Je pourrais compter les moutons, ou mes jours. J’en ai vécu plus de trente trois mille deux cents. Toutefois, combien laissent vraiment une trace ? Dans une existence, il y en a bien quelques uns, des jours pivots articulant l’échafaudage complexe qu’est notre vie, des jours plaisants, des jours à marquer d’une pierre blanche il y a aussi une poignée de jours funestes. Mais se déplient surtout des milliers de jours pâles et transparents dont rien ne sera retenu, des éphémères morts et enterrés à l’approche du lendemain.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          191
joellebooksjoellebooks   13 mai 2022
J’attends la nuit avec la plus grande impatience, l’instant vide où je rejoins mon carnet matelassé d’or, bleu nuit. Je tire sur l’élastique noir, et les pages, ces grands papillons blancs griffés de noir, jaillissent de leur cage. Et moi de la mienne, mon chagrin et ma honte en bandoulière, mon encre pour élixir. Assise à ma petite table face au mur blanc, les jambes nues, je cherche le silence qui n’existe pas, j’entends encore les pas, les cris étouffés, le métal qui couine, la ville qui soupire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
joellebooksjoellebooks   13 mai 2022
Évidemment que ce moment viendrait, évidemment qu’il faudrait rendre son visage et son nom au bourreau. Que se figurait-il en faisant le chemin jusqu’ici ? Que ce serait une promenade de santé, une visite de politesse ? Elle était là face à lui, presque douce et gentille, à poser une toute petite question, à quémander un nom. Il détenait l’arme, il pouvait tirer et, à son tour, il deviendrait le bourreau.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00

Videos de David Lelait-Helo (32) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de David Lelait-Helo
David Lelait-Helo vous présente son ouvrage "Je suis la maman du bourreau" aux éditions Héloïse d'Ormesson. Rentrée littéraire janvier 2022.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2592924/david-lelait-helo-je-suis-la-maman-du-bourreau
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Linkedin : https://www.linkedin.com/in/votre-libraire-mollat/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Vimeo : https://vimeo.com/mollat
+ Lire la suite
autres livres classés : pédophilieVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Jésus qui est-il ?

Jésus était-il vraiment Juif ?

Oui
Non
Plutôt Zen
Catholique

10 questions
1553 lecteurs ont répondu
Thèmes : christianisme , religion , bibleCréer un quiz sur ce livre