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EAN : 9782743637552
480 pages
Éditeur : Payot et Rivages (24/08/2016)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 742 notes)
Résumé :
Dans un monde où la civilisation s’est effondrée suite à une pandémie foudroyante, une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Un répertoire qui en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu de la désolation.


Le roman évènement de la rentrée littéraire, finaliste du National Book Award aux Etats-Unis, qui fera date dans l'histoire de la littérature d'anti... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (207) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  18 mai 2018
Grippe de Géorgie : temps d'incubation, 2 à 3 heures, temps de survie, 2 à 3 jours. C'est ainsi que 99 % de la population mondiale disparaît en deux temps et trois mouvements, dans un scénario qui apparaît très crédible après les épisodes fort heureusement enrayés d'Ebola, de grippe aviaire ou de Sras. le roman démarre à Toronto, où sur scène, Arthur Leander s'effondre en interprétant le roi Lear. Il est peut-être le patient zéro canadien de cette pandémie qui signe la fin de l'humanité et de la civilisation. Kirsten, petite fille qui joue un rôle dans la pièce, assiste à la mort d'Arthur, survit.

On la retrouve 20 ans plus tard. Elle fait partie de la Symphonie itinérante, mi-troupe de théâtre, mi-orchestre, qui chemine à bord de véhicules automobiles évidés de leurs moteurs et pièces désormais inutiles et tirés par des chevaux, évitant les zones dangereuses où des armes subsistent avant leur extinction faute d'usines en état de fonctionnement, où des gourous ont créé des sectes, sûrs d'être les élus survivants à l'extermination, et profitant de cette situation inespérée pour endoctriner sexuellement des femmes et des enfants.

Sans repères, égarée, aux prises avec le ré-apprentissage de gestes ancestraux pour se nourrir, se vêtir, se soigner, la Symphonie itinérante joue Shakespeare et interprète Beethoven devant de minuscules communautés. Car que reste-t-il quand tout a disparu et que survivre ne suffit pas  ? le théâtre ? La musique ? L'art ? Quel magnifique sujet de dissertation.
Le roman d'Emily St John Mandel n'est ni triste ni pessimiste ; de part en part, et jusque dans l'épilogue, il est traversé par des fulgurances d'espoir, montre à quel point le monde est beau, qu'il sera toujours beau quoi qu'on lui fasse subir, et y compris vidé de ses populations. Peut-être, dans ces conditions, est-il inutile de vouloir sauver la planète puisqu'elle sera toujours là, elle, dans sa splendeur originelle. C'est l'humanité qui est menacée de disparition et dont nous devrions prendre le plus grand soin.
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michemuche
  01 mars 2020
“La mort est une dette que chacun ne peut payer qu'une fois ”
Antoine et Cleopâtre .
Lors d'une représentation du roi Lear, Arthur Leander, acteur célèbre s'effondre sur scène. Personne dans la salle ne connaît encore le drame qui est en train de se passer dans le monde.
La grippe de Géorgie.
Dans le roman “ Station Eleven ”d'Emily St John Mandel on suit une troupe de comédiens et musiciens qui de ville en ville rejouent les pièces de Shakespeare et les musiques du grand Beethoven, une façon de faire perdurer les grandes oeuvres de l'ancien monde.
J'ai aimé cette histoire où tout est à refaire, sa construction narrative qui nous fait voyager dans deux mondes, celle d'avant la maladie et celle d'après. La rencontre et l'histoire de Kirsten, Jeevan, Miranda ou Clark.
Dans ce roman tout est plausible, il n'y a qu'à regarder les informations sur le corona virus. L'homme se croyant supérieur est loin de tout maîtriser.
Dans la catégorie livres catastrophes j'avais aimé “ la route de Cormac Mc Carthy, “ dans la forêt ” de Jean Hegland, “ la constellation du chien ” de Peter Heller ou encore “ le fléau ” de Stephen King. On peut rajouter “ Station Eleven ” d'Emily St John Mandel.
Bonne lecture en attendant la fin de la pandémie.
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Kittiwake
  21 septembre 2016
Oeuvre de science fiction pour ceux qui n'aiment pas la science fiction (et les autres). Et c'est tellement vraisemblable que c'en est flippant.
Les pandémies constituent un thème récurrent des romans post apocalyptique et ça nous parle : les scénarios imaginés par nos ministères de la santé lors de la menace de grippe aviaire qui nous avait fait regarder d'un oeil suspicieux tout cygne sauvage pris à survoler nos poulaillers, faisaient froid dans le dos. Tant qu'il y aura du kérosène , il y aura des migrations intercontinentales qui favoriseront ce risque potentiel de contamination et il suffit d'un virus un peu plus hargneux que la moyenne pour que le drame potentiel devienne réalité .
Nous sommes conviés à une dramatique interprétation du roi Lear (l'acteur qui incarne le roi meurt sur scène) lorsque les premiers cas de grippe foudroyante commencent à faire parler d'eux dans les médias. Tout va alors très vite et l'humanité se réduit rapidement à une poignée d'individus naturellement protégés ou ayant eu la chance de ne pas être exposés.
Les instants de survie les plus primaires régissent les comportements et si l'on attaque pas il faut se défendre. C'est l'occasion de prendre conscience de la fragilité de ce qui fait notre confort : l'éclairage, le chauffage, la conservation de la nourriture disponible en quantité (en ce qui concerne notre monde occidentale) sans parler des innombrables gadgets qu'on nous a vendu comme incontournables.
La Symphonie Itinérante parcourt les décombres de la civilisation décimée en déclamant Shakespeare parce que l'art constitue l'espoir et l'espoir est nécessaire quand on a tout perdu. Rien à voir avec des super héros :
« Et tous ces gens, avec leur collection de petites jalousies, de névroses, de syndromes post-traumatiques non diagnostiqués et de rancoeurs brûlantes, vivaient ensemble voyageaient ensemble, répétaient ensemble, jouaient ensemble trois cent soixante-cinq jours par an, compagnie permanente, en tournée permanente »
Le fil rouge du roman, le lien avec le temps d'avant la pandémie dans cette histoire où les prophètes surgissent du terreau de la détresse humaine, tourne autour du manuscrit d'un roman graphique né de l'imagination de la compagne du célèbre acteur disparu à la veille de l'épidémie.
C'est encore un fois très angoissant parce que terriblement plausible. Et Bruce Willis n'est pas là pour empêcher quoi que ce soit. La terrible réalité est là, du jour au lendemain, l'humanité fait une bond en arrière de quelques dizaine de milliers d'année, et le désarroi des survivants est à la mesure d'un paradis perdu dont ils n'avaient pas conscience.
C'est très bien écrit et mon seul regret tient à ce que je m'attendais à y trouver beaucoup plus de Shakespeare, qui n'est là que virtuellement. A peine quelques tirades viennent ponctuer le récit.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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viou1108
  04 septembre 2019
En ces derniers jours avant l'apocalypse, Arthur Leander, ancienne star de cinéma, incarne le Roi Lear dans un petit théâtre de Toronto, et meurt sur scène d'une crise cardiaque foudroyante. Une mort qui passe inaperçue, puisque bientôt une pandémie mondiale de grippe se répand et ne laisse que quelques poignées de survivants dispersés sur la planète. le monde connu a disparu, dépeuplé, plus d'électricité, d'eau courante, d'internet, de pétrole, d'argent, de nourriture. L'humanité est revenue à la préhistoire, les souvenirs et la nostalgie de l'ancien monde en prime. Dans cette nouvelle ère, les survivants se rassemblent en petites communautés, apprennent à chasser pour se nourrir, à tuer pour ne pas l'être. Parce que si beaucoup de choses ont disparu, le Mal et la soif de pouvoir subsistent, incarnés par des brigands de grand chemin ou des prophètes de malheur qui rêvent d'emprise sur les biens matériels mais surtout sur les âmes, et les corps des femmes.
Dans ce nouveau monde étriqué, on suit, vingt ans après l'effondrement, la Symphonie Itinérante, à la fois orchestre et troupe de théâtre, qui se déplace d'une communauté à l'autre dans la région des Grands Lacs pour y jouer Shakespeare et Beethoven. Parce que l'art, vestige de l'ancien temps, a lui aussi survécu, et qu'il faut le préserver, comme les souvenirs, dans l'espoir qu'un jour l'humanité se relèvera...
Station Eleven est un roman à la narration éclatée, passant d'une époque à l'autre, d'un personnage à l'autre, et assemblant peu à peu les pièces du puzzle. Quelques-uns de ces personnages en sont le fil rouge, Arthur Leander, l'acteur mort sur scène, Kirsten, une jeune comédienne orpheline recueillie par la Symphonie Itinérante, et Miranda, la première épouse d'Arthur et l'auteure d'un roman graphique visionnaire et mystérieux, intitulé Station Eleven.
J'ai beaucoup aimé cette histoire, ses personnages attachants, sa construction parfaitement maîtrisée, son écriture douce et apaisée malgré les drames qui se succèdent, sa mélancolie, sa foi en l'art, la pureté de certains moments. Des moments poignants, remuants mais sans pathos, quelques scènes ou images puissantes (la décision de Frank, l'avion confiné en bout de piste avec passagers et équipage à bord,...), voilà ce qui m'a marquée. Tout ça, et la nécessité de l'art, parce que "survivre ne suffit pas". Et puisque malheureusement rien dans cette histoire n'est impossible: carpe diem.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Kirzy
  28 octobre 2018
« Il y eut la grippe qui explosa à la surface de la terre, telle une bombe à neutrons, et le stupéfiant cataclysme qui en résulta, les premières années indescriptibles où les gens partirent sur les routes pour finalement se rendre compte qu'il n'existait aucun endroit, accessible à pied, où la vie continuait telle qu'ils l'avaient connue auparavant ; il s'installèrent alors où ils pouvaient – dans des relais routiers, d'anciens restaurants, des motels délabrés -, en restant groupés par mesure de sécurité. »
C'est dans ce monde post-apocalypse que nous suivons un groupe de survivants, comédiens et musiciens itinérants qui font halte dans les colonies du nouveau monde. A partir de ce point de départ très classique, la construction de ce roman est très habile, choisissant comme point de pivot celui qui a peut-être été le patient zéro, le célèbre comédien Arthur Leander. Parmi les survivants, une jeune femme qui a joué le Roi Lear avec lui le jour de sa mort sur scène, son ex-femme, son fils, un journaliste, son meilleur ami, et un Station eleven, comics créé par sa première épouse, devenu une sorte de relique. Les aller-retours dans le temps, avant l'apocalypse et jusqu'à 20 ans après, sont brillamment orchestrés et se rejoignent de façon cohérente, mais pendant les deux tiers du livre, je me suis un peu ennuyée.
Il m'a manqué une atmosphère forte et intense alors que de très belles idées étaient là, pas assez exploitées ni explorées à mon goût, comme l'idée que c'est par l'art, la culture, Shakespeare ou Beethoven, que l'on peut se raccrocher au monde qui a été, et surtout faire revivre des instants de civilisation pour ceux qui ne l'ont jamais connu. « Parce que survivre ne suffit pas », telle est la devise de la troupe la Symphonie itinérante. Autre idée forte pas assez approfondie , la mainmise de gourous prophétisant sur la fin du monde et profitant de l'aubaine pour se créer des harems d'esclaves sexuels autour de communauté tenue par la force.
Reste que j'adore les romans d'anticipation post-apocalyptique, la réflexion qu'ils suscitent, l'éclairage critique sur notre société actuelle inconsciente et inconséquente dans ses actes. Et les deux derniers chapitres m'ont accroché, surtout celui qui décrit la colonie de l'aéroport : des rescapés qui attendent là comme on attend un avion qui tarde et qui y sont toujours 20 ans après, à y donner la vie, à mourir, à se souvenir de la dernière fois qu'ils ont mangé un cornet de glace ou vu un bus circuler, tout en essayant de ne point devenir fou.
Je conseille à tous les amateurs du genre le magistral Dans la forêt de Jean Hegland, à mon sens plus abouti.
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critiques presse (8)
LeFigaro   22 septembre 2016
L'auteure canadienne a imaginé un monde fantôme, cauchemardesque, peuplé de silhouettes vacillantes et de prédateurs illuminés.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   07 septembre 2016
Dans ce roman post-apocalyptique, la chute de l'humanité se fait tout en douceur. L'occasion d'un bel hymne à l'art, qui nous sauvera tous.
Lire la critique sur le site : Telerama
LaPresse   06 septembre 2016
Station Eleven nous déroute, nous happe, puis laisse sa trace bien après la quatrième de couverture refermée
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeJournaldeQuebec   29 août 2016
Station Eleven est un excellent roman.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaPresse   24 août 2016
Une oeuvre littéraire qui, vaste et ambitieuse, parvient à ne jamais perdre le coeur de vue. Et qui, puisant à plusieurs sources, étonne et rafraîchit.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeDevoir   23 août 2016
L’art comme mécanisme de survie. C’est peut-être ce qui subsiste de plus fort dans Station Eleven.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LeJournaldeQuebec   22 août 2016
L’un des romans les plus terrifiants et bouleversants de la rentrée.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Chatelaine   04 août 2016
En dépit de la dévastation et de la violence, la douceur émerge au moindre signe de renouveau. Le climat est envoûtant.
Lire la critique sur le site : Chatelaine
Citations et extraits (142) Voir plus Ajouter une citation
ChatDuCheshireChatDuCheshire   05 mai 2021
August déclarait que, sur une infinité d'univers parallèles, il en existait forcément un où il n'y avait pas eu de pandémie et où il aurait pu devenir physicien comme prévu, ou alors un autre où il y avait eu une pandémie mais avec un virus ayant une structure génétique subtilement différente, une minuscule variante qui le rendait moins destructeur - en tout cas, un univers où la civilisation n'avait pas pris fin de manière aussi radicale.
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ChatDuCheshireChatDuCheshire   02 mai 2021
"Non, ils ne peuvent me toucher pour avoir battu monnaie", lança Dieter par-dessus son épaule. Il apprenait le rôle de Lear, bien qu'il ne fût pas assez vieux. Il marchait un peu devant les autres acteurs, murmurant des mots doux à son cheval préféré. Celui-ci, Bernstein, avait perdu la moitié de sa queue, le premier violoncelle ayant remplacé les cordes de son archet la semaine précédente.
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CrazynathCrazynath   29 avril 2021
Miranda est une personne qui a très peu de certitudes, mais l'une d’entre elles est que seuls les gens indignes se dérobent quand la situation devient difficile.
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CrazynathCrazynath   29 avril 2021
Quand il regarda à travers la vitre, il fut apaisé par le paradis intérieur, les fleurs tropicales brouillées par le verre embué, les frondes de palmiers qui lui rappelèrent des vacances à Cuba, des années auparavant.
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CrazynathCrazynath   27 avril 2021
De chaque coté de la route, la foret était une masse ténébreuse, vivante, remplie de bruissements indéchiffrables et de silhouettes d'un noir d'encre qui se découpaient sur le clair de lune éclatant.
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Entretien avec Emily ST. John Mandel.
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