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ISBN : 2070440826
Éditeur : Gallimard (30/06/2011)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Mauricette Beaussart, 75 ans, a disparu de l'hôpital où l'on soigne sa santé mentale. Son ami Christophe Moreel entreprend de la retrouver. Au fil de sa quête, le passé et le présent de Mauricette s'entrecroisent, tissant peu à peu le portrait d'une femme riche de ses grandes souffrances et de ses petits bonheurs.
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
quiliravivra
05 octobre 2014
Je n'ai pas lu de façon continue ce livre qui me mettait mal à l'aise par le sujet évoqué et la façon de le traiter.
Les souffrances de cette femme âgée et maniacodépressive résonnaient en moi pour des raisons personnelles et familiales. Mais bien m'en a pris d'aller jusqu'au bout de ce témoignage bouleversant qui manie en désordre mais efficacement plusieurs procédés narratifs : le récit impersonnel, la narration des proches et le journal intime de Mauricette entrepris au cours de son séjour en établissement public de santé mentale (ex asile de fous)
Mauricette est à la fois une patiente au sens de malade mais elle est bien d'avantage car elle a la patience de vouloir guérir !
Grâce bien sur aux méthodes thérapeutiques modernes prodiguées par l'établissement (relaxation, hydrothérapie,pratique de la musique ou de la peinture...).
Mais c'est à travers ses propres mots qu'elle écrit sur un cahier et ceux qu'elle ose enfin exprimer de vive voix à sa psychologue que Mauricette va enfin pouvoir enterrer sa vie d'avant et avoir envie de vivre.
Emille Delaleau , c'est le prénom et le nom de la psychologue et cette caractéristique n'a rien d'anodin, elle est prémonitoire. Car Mauricette se sent coupable d'avoir entrainé la mort de son petit frère Emile noyé dans l'eau.
Et c'est grâce à Emilie Delaleau que la vie de Mauricette noyée de culpabilité va enfin pouvoir sortir de l'eau.
Ce livre est parcouru tout du long de noirceur mais finalement c'est la lumière des mots qui finit par vaincre la douleur des maux.
Et c'est un très beau livre que je recommande à condition d'avoir la patience .....
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brigetoun
24 mars 2012
L'histoire de Mauricette Beaussart (celle qui a été présente sur http://etoilepointetoile.blogspot.fr/ ), vieille femme maintenant, dit-elle, est-elle d'ailleurs ou plutôt vieillissante - d'outre 60 ans et portant toutes ces douleurs, ce passé, ces morts, cette culpabilité.. mais aussi la mère, le grand-père jardinier, les enfants auxquels elle a enseigné, qu'elle a aimé, faute d'en avoir...) - qui vient de s'échapper, de partir tranquillement, du service psychiatrie de l'hôpital d'Armentières, et l'inquiétude de Christophe son ami (et cette partie est divisée entre des renseignements donnés comme un récit un peu impersonnel, distancié, et ce qui filtre à travers les mots, les gestes de Mauricette pendant son séjour à l'Hôpital), alternant avec, en italique, les pensées, le débat intérieur, les notes qu'elle a portée dans son cahier jaune pendant son séjour (écriture recréée par Lucien Suel, parente de celles des malades de Marco Ercolani dans «j'entends des voix», et autres livres, sans caricature, comme vécues)
Et la tendresse, la beauté, tourmentée à des degrés divers, de tous les personnages, et celle que nous éprouvons, que j'éprouve, que Lucien Suel éprouve pour Mauricette.
La beauté de ce qu'elle écrit, comme ceux qui ont lâché les rênes, et comme une qui a vécu avec la découverte et l'amour des livres et de la poésie.
Avec, à la fin, au moment de son départ volontaire, ces pages qu'elle a arrachées du cahier, qui s'ouvrent sur l'acceptation, l'apaisement, l'espoir (et comme j'ai lu sans suivre l'ordre de parution, le développement de Mauricette chez Lucien Suel, dans «Blanche étincelle», j'avais en souvenir cette renaissance, qui ne nie pas le passé, ce goût des bonheurs, de l'amitié, du jardin..)
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mangeclous
19 août 2011
Bookmark the permalink. *.*août
14
by memoire2silence
» A Deûlémont, Christophe Moorel s'extirpa du fauteuil club pour se diriger vers la bibliothèque. Les années avaient passé mais cette bibliothèque continuait de refléter la personnalité de son amie, offrant à la vue celles et ceux qui avaient contribué à la formation de son esprit. Marie Noël voisinait avec Sophie Podolski, Samuel Beckett et Georges Bataille fréquentaient Thomas Merton et Georges Hyvernaud. Recueils de poèmes et romans noirs, littérature prolétarienne et Pères de l'Eglise, bandes dessinées érotiques, manuels de jardinage et traités d'architecture, tous les ouvrages étaient mêlés sans distinction, ni préséance, dans la bibliothèque de Mauricette. On y rencontrait aussi ceux qu'André Blavier appelle ‘ les fous littéraires ‘ et des internés célèbres comme Germain Nouveau, Emile Nelligan, Antonin Artaud, Carl Solomon…
Reconnaissable à son dos marqué d'une paire d'étoiles séparées par un point, le gros classeur contenait le manuscrit en cours de Mauricette. ETOILE POINT ETOILE. *.* ; elle avait eu l'idée de ce titre pendant le stage de 1988, ayant noté qu'en informatique, le signe * peut remplacer n'importe quel mot. Ainsi, *.* désigne n'importe quel fichier et par là, tous les fichiers existant dans la mémoire de l'ordinateur.
Depuis la fin des années soixante-dix, Mauricette avait commencé de fabriquer ce livre qui voulait décrire le monde actuel dans sa totalité, une oeuvre composée majoritairement de textes trouvés, découpés dans les journaux de petites annonces, les prospectus de supermarché, les catalogues de vente par correspondance, des listes de courses, des extraits des magazines ou des livres qui lui tombaient sous la main. Au fil du temps, Mauricette avait incorporé à son livre d'autres documents, des fragments du journal intime qu'elle tenait épisodiquement et puis surtour l'anthoveaulogie.
Lorsqu'elle lisait un roman ou un recueil de poèmes, chaque fois qu'apparaissait le mot ‘veau', elle relevait scrupuleusement la phrase qui contenait le vocable, avec indication du numéro de page et en l'accompagnant des donnés bibliographiques, auteur, titre, éditeur, année de publication. Christophe ne connaissait pas le pourquoi de cette manie qui la faisait se focaliser sur ce mot de quatre lettres. Pour lui, cela faisait partie de son personnage au même titre que les trous dans sa biographie, ou les périodiques accès de mélancolie succédant à des journées d'intense activité.
Mauricette ne collait pas tous ces éléments dans son manuscrit. Elle les recopiait intégralement, souvent, à la machine à écrire, parfois au stylo-bille, s'agissant de son journal intime. La pratique de l'informatique lui avait fourni un nouvel instrument, le traitement de texte, et partant, le titre général d'ETOILE POINT ETOILE qui ‘collait' véritablement à son projet globalisant. Ce travail en cours lui donnait sans doute la sensation de recréer la réalité, de lutter contre l'éparpillement qui est la marque du monde contemporain.
Elle n'avait jamais envoyé ETOILE POINT ETOILE au moindre éditeur. Cependant quelques extraits, sans doute procurés par Alfonsina Vandenbeulque, une de ses relations, figuraient dans l'ouvrage Cadavre Grand m'a raconté, une Anthologie de la poésie des fous et des crétins dans le nord de la France (sic) éditée en 2006 au Corridor Bleu par les soins du poète Ivar Ch'Vavar. Il est également certain que la publication en 1991 de ses Lettres de l'asile lui avait donné un début de notoriété dans le domaine de la littérature marginale.
Non sans une certaine émotion, entre un Traité de la taille des arbres fruitiers et un Slang Dictionary, Christophe dénicha un exemplaire de cet opuscule sur le second rayon de la bibliothèque de Mauricette, un livre mince de format oblong, à la modeste couverture grise, publié à Lyon par les Editions de Garenne. Christophe Moreel était à l'origine de cette publication.
(La patience de Mauricette / Lucien Suel. – La Table Ronde, 2009. – (Coll. Folio, n° 5273))
On s'attache, on s'attache… à Mauricette… tout au long de la lecture… le blog de Lucien Suel est ici. Sur Ivar Ch'Vavar, voir aussi ici. Et là, d'autres chemins possibles…
Silence

Lien : http://flaneriequotidienne.w..
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mollymoon
18 mai 2014
Dans le cadre d'un projet " culture à l' hôpital "Lucien Suel a répondu à l' idée de produire une oeuvre littéraire qui parle de la douleur mentale et de l'histoire du lieu . Pour ce faire il a été accueilli en résidence d'artiste à l'EPSM d' Armentières, a rencontré les patients et les soignants et s'est immergé pendant six mois dans l'univers psychiatrique . Ainsi est né son roman « La patience de Mauricette » .
Cette vielle dame " petite fille de longue date " nous dévoile petit à petit son passé , les raisons de la douleur qui lui embrouille parfois la tête . L' intrigue est assez plate : Mauricette disparaît , son ami la recherche .... C'est au travers de cette recherche et surtout des pages du cahier de Mauricette que l'auteur nous brosse le portrait d'une femme pas banale et terriblement attachante . Il reste suffisamment mystérieux sur certains détails de sa vie pour piquer la curiosité et donner l'envie d'en savoir plus . Ne reste donc plus qu'à imaginer car nous n'en saurons pas plus ...
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BVIALLET
27 avril 2012
Mauricette Baussard, 75 ans, ancienne institutrice, a disparu de l'hôpital psychiatrique où elle était soignée. Ce n'était pas son premier séjour. Son ami Christophe Moreel part à sa recherche. Au fur et à mesure de son enquête, la réalité du passé et du présent de Mauricette apparaît un peu comme la trame d'une vie pleine de drames, de grandes souffrances et de petits bonheurs. En effet, Mauricette a perdu très jeune sa mère morte en accouchant de son jeune frère dont elle se reprochera toute sa vie la noyade alors qu'il n'avait que trois ans...
Un livre qui ressemble plus à un témoignage qu'à un roman à proprement parler. Dans sa postface, l'auteur explique qu'il a lui-même fait un long séjour en HP pour y trouver la matière de son ouvrage. Après chaque chapitre, s'intercale un morceau du « journal » de la patiente. Texte aussi décousu que totalement incohérent qui a dû demander un travail important à l'auteur (lui-même poète et dadaiste punk) à moins qu'il n'ait été inspiré d'un authentique texte de patient. Cette dualité mise à part, le style du reste est agréable, le personnage de Mauricette attachant et celui de Christophe totalement inconsistant. L'intrigue est d'une simplicité biblique mais on peut être intéressé par la thématique de la culpabilité et de la repentance qui arrive à détruire une personnalité aussi sûrement que la maladie d'Alsheimer. Pas gai.
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Citations & extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
SophieLesBasBleusSophieLesBasBleus06 février 2013
Je ne suis pas enfermée. Je suis protégée. J'en ai besoin. Je reprends des forces. Je ne veux pas projeter de sang sur les murs de ma chambre. Je ne veux pas retourner mon lit. Je ne veux pas sauter par la fenêtre. Je ne veux pas rester ainsi avec les mains sur les yeux dans le noir de mes fautes, de toutes mes erreurs. Je veux exister en moi.
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brigetounbrigetoun24 mars 2012
.. tu vois comme c'est beau, c'est calme, mais c'est une illusion. Regarde la cicatrice sur la branche. On dirait un moignon. Les arbres souffrent. La guerre des champignons cancérigènes. Regarde le bourrelet, c'est une cicatrice qui se referme. Quelquefois, la cicatrice ne se referme jamais.
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brigetounbrigetoun24 mars 2012
Il me faut trois mille fleurs pour décorer mon chariot de Reine des Nieulles et des Poètes Ordinaires. Je vole au-dessus du champ de bataille. Je vais peut-être m'écraser. Non, je dois me reconcentrer, pas seulement tracer avec ma fourchette des rigoles de mots dans la purée.
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brigetounbrigetoun24 mars 2012
Mauricette demandait l'explication, voulait connaître le pourquoi du chagrin. Elle était toujours au bord de la flagellation, de l'auto-mutilation, avec un regard scalpel, regard laser fixé sur le détail révélateur de la misère humaine, le gravier dans la chaussure, le bout de pain mouillé à l'orée d'une narine, ou la couleur bleutée du liquide vaisselle.
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brigetounbrigetoun24 mars 2012
Ce n'est pas du hasard Emile Emilie. Je les fais circuler à l'intérieur de moi, mon corps je veux dire : noyade dans l'estomac, accident au genou, mort subite dans le bras gauche, cancer dans la rétine, boyaux rouges. L'innocence perdue avec des cheveux gris.
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