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René de Ceccatty (Traducteur)Ryôji Nakamura (Traducteur)
ISBN : 2070380785
Éditeur : Gallimard (22/09/1988)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 84 notes)
Résumé :

"Le svastika est une croix qui tourne. Comme le pouvoir sentimental entre les mains des quatre protagonistes. L'un après l'autre, ils font régner la tyrannie sur leur quatuor : Sonoko, la narratrice, se confie à un grand écrivain, dans un immense monologue qui constitue le roman lui-même. Roman entièrement parlé donc. Amoureuse folle de Mitsuko, jeune bourgeoise ravissante qu'elle rencontre à un cours de peinture, Sonoko devient le jouet d'une machination di... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Cricri124
  06 janvier 2019
Quand j'ai commencé ce livre, publié en 1928, je m'attendais à plonger dans les moeurs et la culture du Japon des années 20. Elle est d'une certaine façon présente mais loin d'être omniprésente. Je dois dire que ce livre m'a prise à contrepied, et contre toute attente, il ne m'a pas déplu pour autant. Sa force est indéniablement son intrigue…en trompe l'oeil ! Une construction assez proche du thriller psychologique finalement.
Le début ? Sonoko confie à un homme, présence silencieuse et bienveillante, l'imbroglio amoureux qu'elle a vécu. Un soliloque vibrant dans lequel elle raconte son amour éperdu pour la belle Mitsuko, un amour absolu, proche de la vénération, irrépressible, indispensable, un amour comme une évidence. Mais Sonoko est mariée. Pas question pour autant que « Mister husband » comme le surnomme Mitsuko, s'oppose à cette relation.
« Je me moquais moi-même de ma pusillanimité… Et puis, aimer un homme en cachette de mon mari aurait été mal, mais quelle importance qu'une femme s'éprenne d'une autre femme ? Un mari n'a pas le droit de critiquer l'intimité qui se développe entre deux femmes. » p43.
L'entrée en scène d'un quatrième personnage va modifier l'équilibre déjà précaire de ce triangle amoureux.
Dès la page 2 nous savons que cela va mal finir puisqu'on apprend que Mitsuko, le grand amour de Sonoko, est morte. Mais l'auteur nous tient en haleine jusqu'à la fin sur les raisons et les circonstances de cette mort.
Ce livre très contrasté juxtapose la beauté à la laideur. L'auteur explore à sa manière les compromissions de l'âme humaine, joue sur le fil de l'ambigüité, sur ce que l'homme et l'amour ont de beau et de laid. Cela se reflète aussi dans les personnages. Ils ont un coté théâtral, volubile, démesuré... merveilleux, à la limite de la caricature, et masquent pourtant un jeu tortueux qui se révèle par à-coups. Alors que j'en attendais tout autre chose, ce quatuor amoureux aura pourtant été une belle surprise. Aah ! Amours et manipulations…
« La véracité des êtres se trouve dans le mensonge. »
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Stockard
  09 octobre 2019
L'Amour vu par la lunette à lentille tordue de Junichirô Tanizaki...
Sonoko est une femme calme, douce et sans histoires qui mène une vie calme, douce et sans histoires. Et c'est bien là le noeud du problème. Sonoko s'ennuie. Entre un mari mollement avocat et une belle maison dans laquelle elle ne trouve rien d'intéressant à faire, la monotonie devient chaque jour plus pesante. Alors à la réflexion et histoire d'enrichir un peu son quotidien, pourquoi ne pas s'inscrire dans une école d'arts et y suivre les cours de peinture ? Aussitôt dit... Allez hop, armée de gouaches et de pinceaux, voilà que Sonoko se trouve une occupation journalière, elle-même vite transcendée par la passion qu'elle commence bientôt à vouer à l'énigmatique Mitsuko, autre élève de ladite école.
Et bim, c'est pile à ce moment que de vie sans reliefs, Sonoko entre dans le baladinage. Les deux femmes vont rapidement (trop rapidement en fait, ce qui pour moi décrédibilise déjà un peu le début de cette histoire) connaître une passion dévorante, car Sonoko vivant comme dans un rêve ne voit pas encore la manipulation dont elle est victime. Enfin, censément victime car de manipulation je n'en ai pas vu moult. Soit, Mitsuko cache son jeu et ne parle surtout jamais de Watanuki, son amant virilement déficient avec lequel elle se repait de ses amours saphiques. Ah, Watanuki ! Individu haut en couleur, monomaniaque et un poil fissuré du casque, peut-être le personnage le plus abouti de ce roman, en tout cas le plus fascinant sans aucun doute. Bref, entre affaires cachées, mensonges et domination, Sonoko finit par descendre de son petit nuage et, entraînant son mari à sa suite, entre à son tour et sans remords dans l'enivrant tango des intrigants.
Si Svastika reste dans l'ensemble une oeuvre intéressante et se lit avec une petite délectation perverse, on n'atteint jamais vraiment le niveau d'immoralité promis au départ.
Seul bémol car à côté de ça, en mêlant tradition ancestrale au pays du Soleil Levant et fastueuse modernité occidentale, l'alliance fonctionne parfaitement pour un roman écrit dans les années 20 qui aurait sans aucun mal trouvé sa place lors de la dernière rentrée littéraire. Sûr qu'on aurait pas distingué l'anachronisme.

En résumé, j'en attendais sûrement trop mais il faut bien avouer que Tanizuki avait les capacités d'aller tellement plus loin dans la folie et la perversion auxquelles chaque personnage se prête impeccablement. Pourtant encore une fois, peut-on juger sur ces bases un roman quasi centenaire ? Peut-être pas et pour l'époque, j'imagine avec délectation le petit séisme littéraire qu'il a dû provoquer.
Et pour finir, cette universelle leçon qui n'a pas pris une ride, qu'on se le dise : Il n'y a pas d'amour heureux !
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littlecat
  17 janvier 2016
Une curieuse histoire d'amour. Un amour particulier, un amour absolu, impitoyable. Un roman sur l'homosexualité féminine qui a certainement pu déranger à sa sortie, fin des années 1920.
Tanizaki nous raconte la liaison dangereuse entre Mitsuko, amoureuse mais manipulatrice et Sonoko, un peu naïve et malheureuse dans son couple.
Autour des ces deux femmes gravitent le mari de Sonoki et le prétendant de Mitsuko, un homme qui cache un secret.
Des relations amoureuses mais aussi des rapports de force.
Svastika, une croix à quatre branches, symbole bouddhiste, repris lors du 3ème reich : quatre héros qui participent à une machination.
Encore un beau livre de cet auteur que j'affectionne particulièrement
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nounours36
  18 février 2014
Une relecture, je l'avais dévoré il y a bien longtemps, je le déguste maintenant. Je redécouvre une ou plusieurs histoires d'amour, de manipulations, de mensonges, d'homosexualité, de perversion, d'amour à trois, de masochisme, de beauté, de chair .
Le livres est découpé en petits chapitres, tel des petites scènettes mettant en scène des personnages avec leur amour, leur crainte, leur séduction, et leur désespoir.
L'écriture est fine, ambiguë, racontée par une des protagoniste Sonoko à la fois manipulatrice et victime consentante, qui nous transmet ses contradictions et ses envies. Sonoko en parle si bien, et avec tant de tendresse et de nostalgie.

Lien : http://nounours36.wordpress...
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klagg36
  20 août 2012
Voici un livre qu'il faut savourer…
Le jeu, la séduction, la morale japonaise y dansent dans une intrigue qui emporte chaque personnage aux frontières de ses propres contradictions et envies…s'il ne s'agit de besoins.
Manipulations, égoïsmes, fiertés, beautés, relations masochistes…Un condensé des vies parfois curieuses que nous menons…
Enfin, l'écriture est belle. Tout est donc réuni pour vous faire aimer ce livre.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Cricri124Cricri124   06 janvier 2019
Elle était émouvante dans sa beauté. Elle m’a fait de la peine, mais en découvrant sa peau blanche et sa chair pulpeuse à travers la déchirure du drap, j’ai été prise du désir de le lacérer plus cruellement encore et j’ai bondi vers elle pour l’arracher avec brutalité. J’étais saisie d’un tel élan frénétique que Mitsuko, intimidée, ne s’opposait pas à mes gestes. Nous nous contentions d’échanger des regards si intenses qu’ils paraissaient empreints de haine et nous ne nous quittions plus des yeux un seul instant. Finalement, un sourire s’est dessiné sur mes lèvres, un sourire victorieux, car j’avais obtenu gain de cause, mais aussi un sourire glacé et malveillant : j’ai lentement ôté ce qui enveloppait ses membres ; quand m’est enfin apparu son corps sculptural de vierge, mon sentiment de triomphe a cédé la place à l’émerveillement qui m’a fait pousser un cri :
— Ah ! je te hais ! Tu as un corps si beau. Je voudrais te tuer.
Tout en disant cela, d’une main je serrais son poignet qui tremblait et de l’autre j’approchais son visage de mes lèvres. Et je l’ai embrassée. Mitsuko s’est mise à hurler à son tour d’une voix surexcitée :
— Tue-moi, tue-moi ! Je veux être tuée par toi !
Et son souffle tiède effleurait mon visage. Des ruisseaux de larmes roulaient sur ses joues. Nous nous tenions enlacées, les bras de l’une autour de la taille de l’autre et nous buvions nos larmes.
Chapitre 6, p32
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andmanandman   13 août 2013
Elle me dépassait de quelques centimètres, et de plus, les femmes qui sont belles, même si elles n'ont pas l'intention de se vanter de leur apparence, se révèlent tout de même par leur comportement sûres d'elles, à moins que ce ne soit qu'une impression chez quelqu'un qui, comme moi, est intimidé.
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Cricri124Cricri124   01 décembre 2018
Jusque-là, je m’agitais et je saisissais toutes les occasions de sortir pour un concert ou autre, mais depuis que vous m’aviez reçue, Monsieur, j’avais changé du tout au tout, et je passais mes journées chez moi à peindre ou à faire des exercices de piano, ce que mon mari commentait ainsi :
— Depuis quelque temps, tu es devenue plus féminine.
Chapitre 1, p7
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littlecatlittlecat   11 janvier 2016
Elle se prenait pour la beauté du siècle, elle était orgueilleuse et elle était triste s'il n'y avait pas quelqu'un prêt à l'adorer. Elle pensait que c'était pour elle déchoir que de faire le premier pas.
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StockardStockard   06 septembre 2019
Et puis, aimer un homme en cachette de mon mari aurait été mal, mais quelle importance qu'une femme s'éprenne d'une autre femme ? Un mari n'a pas le droit de critiquer l'intimité qui se développe entre deux femmes. C'est avec ce type d'arguments que je me berçais d'illusions.
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