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Anne Kichilov (Traducteur)Charles H. de Brantes (Traducteur)
EAN : 9782866423728
288 pages
Cahiers du cinéma (05/02/2004)
4.41/5   61 notes
Résumé :
Désormais, Andrei Tarkovski, tout au long de son œuvre cinématographique - Andrei Tarkovski, Solaris, Le Miroir, Stalker - rédigera des notes de travail, des réflexions sur son art, restituant dans le même mouvement son itinéraire d'homme et d'artiste. Exilé en Italie où il réalise Nostalghia en 1983, puis en France, il rassemble ses écrits qui seront d'abord édités en Allemagne puis dans les pays d'Europe occidentale. Il y aborde une large réflexion aussi bien sur ... >Voir plus
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
Et quand on parle de genre au cinéma, il s'agit en général de productions commerciales, tels que la comédie de situation, le western, le drame psychologique, le policier, la comédie musicale, le film d'horreur ou de catastrophe, le mélodrame, etc.

L'image filmique authentique se construit sur la destruction du genre, sur la lutte contre le genre. Et l'idéal que l'artiste s'efforce ici d'exprimer ne peut a l'évidence être confiné aux paramètres d'un genre.

Quel est le genre, par exemple, de Bresson ? Aucun. Bresson est Bresson. Il est un genre en lui-même. Antonioni, Fellini, Bergman, Kurosawa, Dovjenko, Vigo, Mizoguchi, Satyajit Ray, Buñel ne ressemblent qu'à eux-mêmes. La seule notion de genre a la froideur d'un cadavre. Les artistes sont des microcosme mis : comment peut-on les enfermer dans les limites conventionnelles d'un genre ? (...) Prenons Chaplin. Est-ce de la comédie ? Non. C'est du Chaplin, ni plus ni moins. Un phénomène unique, impossible à refaire.
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Pour être libre, il suffit de l'être, sans en demander l'autorisation à personne. Il faut se faire une hypothèse sur son propre destin et s'y tenir, sans se soumettre ni céder aux circonstances. Une telle liberté exige de l'homme de véritables ressources intérieures, un niveau élevé de conscience individuelle, et le sens de la responsabilité devant lui-même et par là devant les autres.
La tragédie est hélas que nous ne savons pas être libres. Nous réclamons une liberté qui doit coûter à l'autre mais sans rien lui abandonner en échange, voyant déjà là comme une entrave à nos libertés et à nos droits individuels. Nous sommes tous caractérisés aujourd'hui par un extraordinaire égoïsme. Or ce n'est pas cela la liberté. La liberté signifie plutôt apprendre à ne rien demander à la vie ni à ceux qui nous entourent, à être exigeant envers soi-même et généreux envers les autres. La liberté est dans le sacrifice au nom de l'amour. p 169
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Deux choses essentiellement frappent l'attention dans les images de Léonard de Vinci. D'abord, l'étonnante capacité de cet artiste à scruter un objet de l'extérieur, ou de côté, avec un regard comme venant d'au-dessus du monde. Une caractéristique que partagent des artistes tels que Bach ou Tolstoï. Ensuite, le fait que ses images peuvent être perçues de façon ambiguë, voire contradictoire. Il est impossible, en effet, de dire l'impression finale que produit sur nous ce portrait, impossible même de dire si cette femme nous plaît, si elle nous est sympathique ou désagréable. Elle nous attire et nous repousse à la fois. Elle possède quelque chose d'indiciblement merveilleux, et en même temps de rebutant, de presque diabolique. Diabolique, non pas au sens romantique, séducteur, mais plutôt qui est au-delà du bien et du mal. Ce charme négatif qui a quelque chose de dégénéré… et de beau. J'ai eu besoin de ce portrait dans “Le Miroir” pour introduire la part d'éternel des instants qui se succèdent devant nos yeux ; mais, en même temps, pour le juxtaposer à l'héroïne du film et souligner chez l'une comme chez l'autre (l'actrice Margarite Terekhova) cette même faculté de pouvoir être simultanément charmante et repoussante.
Il serait inutile de chercher à analyser le portrait de Léonard de Vinci en essayant de le décomposer dans ses divers éléments. Cela n'expliquerait rien. Car l'impact émotionnel que l'image de cette femme produit sur nous tient précisément à l'impossibilité de choisir en elle quelque chose de déterminé, d'achevé. Impossible d'extraire un détail hors de son contexte, de préférer un moment d'émotion à un autre, ni de le fixer définitivement pour soi, comme pour se mettre en un rapport d'équilibre avec l'image qui nous est donnée. C'est ainsi qu'elle nous ouvre à la possibilité d'une relation avec l'infini, qui est la vraie fonction de l'image artistique, dans son sens le plus élevé, nous découvrir l'infini… vers lequel s'élancent en hâte joyeuse et passionnée la raison et les sentiments.
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Il est évident que l'art ne peut rien enseigner, puisqu'en quatre mille ans l'humanité n'a rien appris du tout ! Nous serions tous des anges, si nous avions été capables d'assimiler l'expérience de l'art et d'évoluer dans le sens des idéaux qu'il véhicule...
Il est absurde de penser qu'on puisse apprendre à l'homme à être bon. Il serait ridicule, par exemple, de vouloir apprendre à une femme à être "fidèle", à partir de l'exemple "positif" de Tatiana Larina chez Pouchkine... L'art ne peut que nourrir, bouleverser, émouvoir. p46
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C'est une erreur de dire qu'un artiste "cherche" son sujet. Celui-ci mûrit en lui, comme la gestation d'un enfant jusqu'à l'accouchement. L'artiste n'est pas le maître, mais le serviteur d'une situation. La création est pour lui la seule forme d'existence possible. Chacune de ses oeuvres est en lui comme une poussée irrésistible. Et l'enchaînement de ses actes ne trouve sa légitimité que s'il a foi en son sujet, car seule la foi cimente les images en un système, voire en un système de vie.
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Videos de Andreï Tarkovski (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andreï Tarkovski
Une création de Corentin Pichon. Réalisation : Céline Ters. Technique : Frédéric Changenet. (Le film sonore à écouter ici : https://www.youtube.com/watch?v=0MClo....) « Le poète est un homme qui a l'imagination et la psychologie d'un enfant. » Andreï Tarkovski (in “Le Temps scellé”). « Mon devoir est de faire en sorte que celui qui voit mes films ressente le besoin d'aimer, de donner son amour, et qu'il perçoive l'appel de la beauté. » (Ibid. p. 183). Sur les traces d'un film fantôme d'Andreï Tarkovski : “Vent clair”. Diffusion sur France Culture le 16 novembre 2016. Toujours en quête de projets et de travail depuis ses difficultés avec son film Andreï Roublev, le cinéaste Andreï Tarkovski accepte en 1970 d'écrire un scénario pour un ami réalisateur du Tadjikistan, Viktor Akhadov. Il s'agissait d'adapter un autre roman de science-fiction, “Ariel”, qu'Alexandre Beliaev avait publié en URSS dans les années 40. Avec à nouveau pour co-scénariste l'écrivain Friedrich Gorenstein. L’action initiale avait lieu quelque part en Asie. Des enfants recevaient une formation dans une école spécialisée, pour devenir magiciens, prophètes ou hypnotiseurs... Andreï Tarkovski imagina un film plus «biblique». Il s’intéressa tellement au film qu’il décida de le réaliser lui-même. Mais ce scénario “Vent clair” ne pourra jamais devenir film… Pendant tout le restant de sa vie, ce film fantôme va hanter le cinéaste. 46 ans après la première version du scénario “Vent clair”, le cinéaste Philippe Grandrieux, un moine à Florence, le chef opérateur Bruno Delbonnel, le scénariste Etienne Comar ou encore, Andreï, le fils du cinéaste Tarkovski, cherchent à leur manière les traces mystérieuses de ce film fantôme, et nous plongent au cœur même de ce script bouleversant, véritable éclat de toutes les obsessions de Tarkovski.
AVEC
Andreï Tarkovski fils
Étienne Comar, scénariste et cinéaste
Bruno Delbonnel, chef-opérateur
Philippe Grandrieux, cinéaste
Et le Père Bernardo de l'Abbaye San Miniato de Florence
Traduction de l'italien par Francesca Fossati
Voix de Masha Vasyukova
Extrait du “Journal” d'Andreï Tarkovski lu par Laurent Lefrançois. À paraître aux Éditions Philippe Rey en février 2017.
Le scénario “Vent clair”, extrait d' “Oeuvres cinématographiques complètes” est publié aux Éditions Exils.
Remerciements à Marie Guéden, Maya Szczepanska, Philippe Tureau-Dangin et Charles-Hubert de Brantes.
Informations :
Pour les trente ans de la mort d’Andreï Tarkovski, les Editions Philippe Rey feront paraître en février 2017, une nouvelle version remaniée du “Journal”, “Le temps scellé”, et “Récits de jeunesse”.
L’intégrale des films d’Andreï Tarkovski (8 DVD) en coffret Agnès b. DVD.
Source : France Culture
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