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ISBN : 270734561X
Éditeur : Editions de Minuit (05/09/2019)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Lorsqu’on travaille à la Commission européenne dans une unité de prospective qui s’intéresse aux technologies du futur et aux questions de cybersécurité, que ressent-on quand on est approché par des lobbyistes ? Que se passe-t-il quand, dans une clé USB qui ne nous est pas destinée, on découvre des documents qui nous font soupçonner l’existence d’une porte dérobée dans une machine produite par une société chinoise basée à Dalian ? N’est-on pas tenté de quitter son b... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
hcdahlem
  06 septembre 2019
Juste un petit crochet par la Chine
Jean-Philippe Toussaint s'intéresse à la puissance des lobbys et à la cybersécurité dans «La clé USB». L'occasion de nous offrir une escapade en Chine avant un colloque au Japon et un roman aussi déstabilisant que piquant.
Deux hommes abordent le narrateur dans les couloirs du parlement européen à Bruxelles. Employé au sein d'une unité chargé de la prospective au sein de la Commission, il vient de plaider pour le développement d'une blockchain européenne, sujet qui intéresse particulièrement John Stavropoulos et Dragan Kucka de la société XO-BR Consulting, spécialisée dans le développement de la technologie blockchain, en particulier pour des clients asiatiques.
Bien entendu, il n'est pas nécessaire d'en savoir davantage sur cette technologie pour apprécier ce roman, mais cela permet de comprendre les enjeux d'un marché qui va sans doute avoir un poids déterminant dans l'économie des années futures. La définition qu'en fournit Wikipédia me semble assez précise : «Une (ou un) blockchain, ou chaîne de blocs est une technologie de stockage et de transmission d'informations sans organe de contrôle. Techniquement, il s'agit d'une base de données distribuée dont les informations envoyées par les utilisateurs et les liens internes à la base sont vérifiés et groupés à intervalles de temps réguliers en blocs, formant ainsi une chaîne. L'ensemble est sécurisé par cryptographie. Par extension, une chaîne de blocs est une base de données distribuée qui gère une liste d'enregistrements protégés contre la falsification ou la modification par les noeuds de stockage.» L'application la plus connue du grand public est le bitcoin ou monnaie virtuelle, mais d'ores et déjà les banques, les assurances, le secteur de la santé et celui de l'énergie, mais aussi la logistique et différentes industries travaillent à la mise au point de cette révolution de l'économie numérique.
Un aparté qui permet de mieux cerner les enjeux de la négociation qui se joue dans «l'ombre feutrée et chuchotante de bars de grands hôtels bruxellois anonymes». Car la curiosité aura été la plus forte pour notre homme, avide de savoir ce qui se cache derrière cette mystérieuse société XO-BR Consulting. Et sans doute de redonner un peu de piment à une vie devenue bien fade: «J'avais le sentiment de n'avoir plus d'avenir personnel. Mon horizon, depuis que mon mariage avec Diane était en train de sombrer, me semblait irrémédiablement bouché. Depuis des mois, je me sentais enlisé dans un présent perpétuel. Nous ne nous parlions plus avec Diane, nous ne nous parlions plus depuis l'été (et même avant, je me demande si nous nous étions jamais parlé). Notre couple s'était progressivement défait au cours des années. Notre mariage, ou ce qu'il en restait, finissait de se déliter. Depuis bientôt deux ans, nous vivions côte à côte, comme des ombres, en étrangers, dans le grand appartement de la rue de Belle-Vue, avec Thomas et Tessa, nos jumeaux qui allaient à l'école élémentaire et qu'on se répartissait pendant les vacances…».
L'événement qui va tout faire basculer, c'est d'une clé USB égarée par l'un des interlocuteurs et contenant des centaines de fichiers et d'informations et notamment des photos de l'Alphaminer 88, une machine inconnue jusque-là, un prototype produit en Chine par Bitmain et commercialisé par la société basée à Dalian, en Chine, où Stavropoulos voulait l'inviter.
Détaillant encore les fichiers de la clé USB, il est stupéfait de découvrir des lignes de code qui pourraient fort bien ressembler à une «porte dérobée», c'est-à-dire un programme permettant de prendre le contrôle de la machine. Aussi décide-t-il de faire un petit crochet par la Chine avant de se rendre au colloque organisé à Tokyo et durant lequel i avait été invité à prendre la parole.
Jean-Philippe Toussaint a cet art consommé de la construction dramatique. En proposant quelques détails «qui font vrai» et en n'oubliant jamais d'ajouter une pincée d'humour, il va transformer à ce qui pourrait s'apparenter à un roman d'espionnage en vraie quête existentielle. Au dépaysement et à l'instabilité inhérentes à cette mission secrète en Chine viennent alors s'ajouter quelques épisodes tragi-comiques que je me garderais bien de dévoiler, pas plus que l'épilogue – surprenant – de l'un de mes premiers coups de coeur de cette rentrée. Car voilà une manière fort agréable de sensibiliser le lecteur à l'un des enjeux économiques majeurs des années qui viennent. Mais il est vrai qu'avec Jean-Philippe Toussaint, on est rarement déçu !

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Claire45
  14 septembre 2019
Cette clé USB le narrateur l'a ramassée, gardée, analysée. Ce fonctionnaire à la commission européenne de la prospective ( ?) et conférencier sur le blockchain et le bitcoin ( aucune importance si vous ne savez pas de quoi il s'agit!) va, à partir de ces documents, enquêter sur les fuites possibles en informatique par le biais de portes dérobées ( blackdoor). Il organise un "blanc" dans son emploi du temps pour se rendre à Dalian et prospecter librement. Ajoutez à cela qu'il se fait voler son ordinateur dans les toilettes et on est en plein roman d'espionnage. Erreur ! L'angoisse du narrateur passe de la sphère professionnelle du début à la sphère privée, intime et le roman se fait autobiographique en hommage au père. Etonnant !
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VincentGloeckler
  16 août 2019
De « La salle de bain » à ce nouveau livre à paraître début septembre, « la clé USB », l'oeuvre de Jean-Philippe Toussaint pourrait bien être le meilleur témoignage de ce que l'envahissement du monde par les technologies numériques a fait à l'humanité et à sa littérature, si l'on ne retrouvait pas finalement et avec bonheur la sensibilité si particulière de l'auteur… On éprouve d'abord un peu de réticence à ouvrir ce dernier roman, se demandant ce qu'un tel titre annonce sous la plume du magicien Toussaint, ce que cette foutue « clé », trivial véhicule de nos archives courantes, vient faire sur la prestigieuse couverture des Éditions de Minuit… et puis (quand on vous parle de magicien !), on se laisse embarquer dans une enquête aux allures de thriller, oscillant entre le documentaire sur les malversations au royaume des technologies financières et le roman d'espionnage, on s'y laisse prendre, gagné soi-même par l'angoisse grandissante du personnage, contaminé par sa terreur quand il voit, par exemple, une main s'avancer sous la paroi des toilettes pour s'emparer de son ordinateur, qu'il a négligemment posé sur le sol, pour se laisser mener… bien ailleurs que là où l'on pensait ! le récit s'ouvre sur un « blanc », une parenthèse temporelle que le roman va s'évertuer à remplir, mais il s'achève sur un autre « blanc », un effacement infiniment plus important. Entre temps, rien que des petits faits vrais, la réalité d'une Commission européenne, pour laquelle travaille notre protagoniste, confrontée aux manoeuvres, parfois frauduleuses des lobbyistes, et des allusions au cours contemporain du monde, en particulier le pouvoir économique grandissant de la Chine et les attentats djihadistes, mais aussi un peu de fantastique, à commencer par le nom des « méchants », évoquant des intrigues de Fu-Man-Chu, et le véritable plaisir que semble prendre Jean-Philippe Toussaint à saturer sa prose de termes issus du jargon numérique ou de l'univers du virtuel. Et un clin d'oeil, avec une « salle de bain » comme l'un des décors provisoires de la vie de notre narrateur. Et puis au terme de différents rebondissements, une intrigue qui débouche sur… rien, ou plutôt sur l'essentiel, un retour à l'os, et un personnage qui découvre un peu de sa vérité. du grand art, quand des mille feux de l'artifice surgit la nudité du vrai… On n'en attendait pas moins du grand Toussaint !
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Alfonso
  16 septembre 2019
Jean-Philippe Toussaint, une fois de plus, procure à son lecteur le plaisir de voir jaillir l'émotion là où on ne l'attend pas. Avec la complicité des Éditions de Minuit et des "étiquettes" de Babelio, qui suggèrent que nous aurions affaire à un roman qui porterait sur l'Union Européenne, les "nouvelles technologies" (la fameuse blockchain) et la "prospective". Rien n'est plus illusoire. C'est d'autre chose qu'il s'agit. L'inquiétude du narrateur à l'idée de disparaître des radars, le temps de 48 heures, sur la trace d'une escroquerie technique, n'est-elle pas le paravent d'une autre angoisse, plus silencieuse, et d'une fragilité presque invisible ? Il faut lire ce livre...
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appeaustrophes
  20 septembre 2019
Parfois on peut vraiment avoir un doute sur la fiabilité des critiques littéraires. Je me suis jeté sur ce bouquin à la fin du Masque, pensant lire un joyau. Faut vraiment pas exagérer. Et puis en résumé c'est comme l'histoire d'un couillon des hautes écoles; les gens très intelligents font souvent des inadaptés sociaux, et des sentiments, le narrateur le dira lui-même. Il existe un petit suspens sur fond de blockchain et bitcoins (imbitables...même en regardant sur internet, j'ai rien pigé). Mais c'est surtout l'enchaînement de prises de mauvaises décisions qui agace un peu. La fameuse scène des toilettes m'a laissé pantois. Comment peut-on être aussi couillon?? En fait je crois que le narrateur m'a trop énervé...
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critiques presse (5)
Liberation   18 septembre 2019
Les lecteurs de Jean-Philippe Toussaint savent qu’il s’agit d’un art poétique : partir du plus compliqué, tel que le monde et ses techniques nous l’offrent ou nous l’imposent, pour aller, tout en finesse, avec un humour difficile à définir, ni trop ni trop peu, vers l’émotion la plus simple.
Lire la critique sur le site : Liberation
Actualitte   13 septembre 2019
Quelques péripéties mineures agrémentées d’un suspense mollasson, mais qui ne déboucheront pas sur un éventuel climax qu’on attend depuis le départ et qui ne vient jamais.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Bibliobs   10 septembre 2019
L’auteur de « la Salle de bain » publie un savant et sinueux roman d’espionnage, qui nous introduit dans les coulisses de la Commission européenne.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeSoir   10 septembre 2019
« La clé USB » mêle informatique de pointe et roman policier, modernité et retour à soi dans une écriture et des jeux hitchcockiens. Et c’est un absolu plaisir de lecture.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LaLibreBelgique   30 août 2019
Avec “La Clé USB” qui sortira le 5 septembre, Jean-Philippe Toussaint entame un nouveau cycle littéraire. Il change radicalement de thème et aborde, à la manière d’un roman d’espionnage, les technologies du futur.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   06 septembre 2019
Je sortis de la poche de ma veste les feuillets que j’avais remplis ce matin. Je les étalai devant moi sur le pupitre, les fis glisser, les répartis avec soin. Je m’apprêtais à poursuivre, quand je me sentis soudain complètement vide. Je n’avais plus aucune idée de ce que j’allais dire. Je portai une des feuilles à mes yeux, et je m’aperçus que mon écriture manuscrite était à peine lisible. Je ne parvenais pas à me relire. J’inclinai la feuille vers la lumière zénithale d’un projecteur pour mieux déchiffrer mes notes, et je découvris que ce n’était pas la bonne feuille, je reposai la feuille sur le pupitre, en pris une autre. Je n’avais toujours pas enchaîné, cela faisait plus de trente secondes que je me tenais debout en silence sur la scène. J’imaginais qu’une vague de réprobation muette devait s’élever de l’assistance. p. 160-161
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hcdahlemhcdahlem   06 septembre 2019
À la Commission européenne où je travaille, on me croyait au Japon. Ma famille aussi pensait que j’étais à Tokyo. Le colloque international Blockchain & Bitcoin prospects auquel je devais participer était prévu de longue date. J’avais été invité à intervenir comme expert européen lors de la deuxième journée de ce colloque qui devait se tenir à l’International Forum de Tokyo. C’est le professeur Nakajima, de l’université Todaï, qui avait organisé mon voyage. Il avait élaboré mon programme et prévu, en marge de mon intervention au colloque, une conférence dans son université. Depuis quelques années, dans le cadre de mes activités au Centre commun de recherche, je m’intéressais de près à la technologie blockchain. Je travaillais depuis longtemps dans le domaine de la prospective stratégique, d’abord dans un centre de réflexion et d’études prospectives à Paris et maintenant au sein de la Commission européenne. Cela faisait plus de vingt ans que je travaillais sur l’avenir. Et, en vingt ans, que de malentendus ! Combien de fois avais-je dû préciser que la prospective, si elle avait bien l’avenir comme sujet d’étude, n’était en rien de la divination. Combien de fois, dans les dîners en ville, à Paris et à Bruxelles, m’avait-on demandé, puisque j’étais spécialiste de la question, ce que l’avenir nous réservait. Dans le meilleur des cas, la question ne portait pas, grâce au ciel, sur l’avenir dans sa totalité (le territoire, je le sais d’expérience, est assez vaste), mais sur tel ou tel de ses aspects particuliers, environnemental ou géopolitique, que ce soit le réchauffement climatique ou l’évolution de la question syrienne. Je ne suscitais en général dans mes réponses que déception et réprobation silencieuse, voire une méfiance à peine dissimulée, quand je répondais, fort de la rigueur de mon approche scientifique, que je n’en savais rien. Aux sourires entendus, aux échanges de regards furtifs et aux mines amusées que je surprenais par-dessus la table, je n’opposais pas de résistance. Je ne cherchais pas à m’expliquer, encore moins à convaincre. Tout au plus voulais-je bien concéder que l’intuition, parfois, m’était utile. Je travaillais sur l’avenir, la belle affaire. Même parmi mes collègues de la Commission européenne, on ignorait généralement de quoi il s’agissait. Il n’était pas rare que tel ou tel directeur général, intrigué par l’unité que je dirigeais, vînt me trouver dans mon bureau pour me demander en quoi cela consistait, exactement, la prospective, ajoutant mine de rien, car c’était souvent la véritable raison implicite de leur visite : « Et en quoi cela pourrait m’être utile ? » Chaque fois, comme un préalable bien rodé, je prenais le temps de dire ce que la prospective n’était pas, je commençais par la définir de façon négative. Ce que la prospective n’était pas, je le savais par cœur — quant à savoir ce qu’elle était ?
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hcdahlemhcdahlem   06 septembre 2019
INCIPIT
Un blanc, oui. Lorsque j’y repense, cela a commencé par un blanc. À l’automne, il y a eu un blanc de quarante-huit heures dans mon emploi du temps, entre mon départ de Roissy le 14 décembre en début d’après-midi et mon arrivée à Narita le 16 décembre à 17 heures 15. On ne sait jamais tout de la vie de nos proches.
Des pans entiers de leur existence ne nous sont pas accessibles. Il demeure toujours des zones d’ombre dans leur vie, des blancs, des trous, des absences, des omissions. Même chez les personnes qu’on croit le mieux connaître, il subsiste des territoires inconnus. Mais chez nous-mêmes ? N’est-on pas censé tout connaître de notre propre vie ? Ne doit-on pas être tout le temps joignable, par téléphone, par mail, par Messenger ? N’est-on pas tenu maintenant d’être localisable en permanence ? N’est-il pas indispensable, quand on voyage, que nos proches sachent à tout 9 moment où nous nous trouvons, dans quel pays, dans quelle ville, dans quel hôtel ? Ce qui m’est arrivé pendant ces quarante-huit heures, où per- sonne de ma famille ni de mon environnement professionnel ne savait où j’étais, n’était pas une de ces disparitions volontaires, comme il en sur- vient plusieurs milliers chaque année en France.
Ce n’était pas non plus une de ces amnésies passagères, un trou de mémoire, une éclipse fugitive de la conscience due à l’abus d’alcool, quand, après une soirée trop arrosée, on ne se souvient plus au réveil des événements de la nuit, qui nous réapparaissent dans les vapeurs de notre mémoire embrumée, comme si les choses que nous avions vécues la nuit précédente (et parfois les plus voluptueuses, comme une aven- ture sexuelle éphémère), étaient advenues malgré nous et avaient par la suite été effacées de notre mémoire. Non, je n’ai souffert d’aucune amnésie de cette sorte pendant ces quarante-huit heures.
Au contraire, je me souviens de ces deux jours avec netteté et précision, certaines images me reviennent même avec une clairvoyance hallucinatoire. Mais il y a ce blanc, ce blanc volontaire dans mon emploi du temps, cette parenthèse occulte que j’ai moi-même organisée en gommant toute trace de ma présence au monde, comme si j’avais disparu des radars, comme si je m’étais volatilisé en temps réel. Je n’étais, pendant quarante-huit heures, officiellement, plus nulle part — et personne n’a jamais su où je me trouvais.
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hcdahlemhcdahlem   06 septembre 2019
J’avais le sentiment de n’avoir plus d’avenir personnel. Mon horizon, depuis que mon mariage avec Diane était en train de sombrer, me semblait irrémédiablement bouché. Depuis des mois, je me sentais enlisé dans un présent perpétuel. Nous ne nous parlions plus avec Diane, nous ne nous parlions plus depuis l’été (et même avant, je me demande si nous nous étions jamais parlé). Notre couple s’était progressivement défait au cours des années. Notre mariage, ou ce qu’il en restait, finissait de se déliter. Depuis bientôt deux ans, nous vivions côte à côte, comme des ombres, en étrangers, dans le grand appartement de la rue de Belle-Vue, avec Thomas et Tessa, nos jumeaux qui allaient à l’école élémentaire et qu’on se répartissait pendant les vacances… p. 45-46
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SPQRSPQR   08 août 2019
Dans la voiture, tandis que Gu me reconduisait à l'hôtel, je songeais que le réel était toujours supérieur à toutes les représentations qu'on pouvait s'en faire.
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Videos de Jean-Philippe Toussaint (54) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Philippe Toussaint
Les Colloques de Bordeaux :
Jean-Michel Devésa, Université de Limoges, France « La Voix ?humaine, abandonnée? de Jean-Philippe Toussaint »
Jovanka Sotola, Université Charles de Prague, Tchéquie « Les Mécanismes de séduction de Jean-Philippe Toussaint, écrivain »
Jimmy Poulot-Cazajous (Université Toulouse Jean-Jaurès, France), « Dans le combat entre toi et la phrase, sois décourageant »
Pierre Bayard (Université de Paris VIII-Vincennes, France), « L?Art de la procrastination »
Christophe Meurée (Archives & Musée de la Littérature, Bruxelles) et Maria Giovanna Petrillo (Université de Naples, Parthenope), « ?Dire je sans le penser? : qui es-tu, Monsieur Jean-Philippe Toussaint ? »
Aurélia Gaillard (Université Bordeaux Montaigne, France), « Jean-Philippe Toussaint écrivain-coloriste infinitésimal ? »
Retrouvez les livres : https://www.mollat.com/Recherche/Auteur/0-1329378/jean-philippe-toussaint
Note de musique : ©mollat
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