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EAN : 9782080646767
411 pages
Éditeur : Flammarion (08/01/1992)
3.94/5   17 notes
Résumé :
Après les biographies qui'l a consacrées à quelques grands écrivains russes - Dostoïevski, Pouchkine, Lermontov, Tolstoï, Gogol -, Henri Troyat a entrepris de nous conter l'histoire fascinante de l'un des plus mystérieux d'entre eux, Anton Tchékhov, célèbre par ses nombreuses nouvelles et par cinq pièces de théâtre : Ivanov, La Mouette, Oncle Vania, Les Trois Soeurs et La Cerisaie. Histoire assez courte par la durée puisque Tchekhov vécut quarante-quatre ans (1860-1... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
mh17
  05 mai 2021
La biographie de Troyat (1984) est celle d'un écrivain qui raconte bien les histoires. Elle est de facture classique, chronologique, fluide, agréable à lire et bien documentée. Les références savantes, en particulier la correspondance, s'intègrent parfaitement dans la narration sans heurt et sans ostentation. Troyat est un écrivain pudique . Il ne nous dit pas ce que l'on doit penser, il suggère les contradictions de l'homme et nous laisse méditer tranquillement, comme Tchekhov le fait lui-même dans ses nombreuses nouvelles ( plus de 250) et ses pièces de théâtre. Tchekhov est un homme paradoxal. Il est à la fois plein de générosité envers les autres mais il aime prendre ses distances, se retirer quand il se sent étouffer. Il est très attaché à sa famille, à son clan dont il est devenu le chef très jeune. Pourtant, il aurait pu en vouloir à ce père violent, bête et bigot qui a conduit la famille à la misère. A ses deux frères aînés brillants qui ont préféré prendre le large et laissé mère et petits frères et soeur à leur triste sort. Tchekhov est lucide et cruel dans certaines de ses lettres mais il se reprend aussitôt. Faire la morale à des alcooliques ne sert à rien. Montrer qu'on est là est plus utile. Il déteste se plaindre et se réfugie dans l'étude puis dans un travail acharné. Tchekhov vit jusqu'à sa mort entouré de toute sa famille exubérante, de cousins éloignés, d'artistes de passage et de pique-assiettes. On mange bien, on boit bien , on raconte des histoires. Et puis Anton étouffe, cherche à s'isoler, voyage, mais, aussitôt arrivé à destination, sa famille lui manque et il ne pense qu'à rentrer. Avec les femmes c'est pareil, il prend la tangente dès qu il est question de s'engager. Quand il se marie enfin à Olga l'actrice, il sait qu'ils ne vivront pas souvent ensemble : elle joue à Moscou, il est contraint de vivre à Yalta à cause de la tuberculose. Il ne prend pas de position politique dans cette période troublée. Il ne veut rien démontrer mais il agit au mieux qu'il peut. Il soigne les petites gens gratuitement, construit des écoles dès qu'il a de l'argent. Après la mort de son frère Nicolas, Il semble s'imposer le voyage à Sakaline où il va soigner les bagnards avant de témoigner sur leur triste sort, le plus froidement possible pour mieux marquer les esprits. Il semble vivre les honneurs et sa popularité comme un fardeau et ironise souvent sur la comédie moscovite ou pétersbourgeoise. Il préfère écrire jusqu'à l'extrême limite de ses forces en conservant jusqu'au bout auprès de son entourage son beau masque triste et souriant.
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LERICHEcathy
  18 novembre 2018
Livre non captivant ; biographie sous forme de journal avec trop d'importance à la jeunesse et aux relations familiales.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
mh17mh17   10 mai 2021
"Je redoute la mort de Tolstoï. s'il mourait, il y aurait un grand vide dans ma vie. En premier lieu, je n'ai aimé aucun homme autant que lui. Je suis un incroyant, mais de toutes les croyances, je considère la sienne comme la plus proche de mon coeur et la mieux faite pour moi. En second lieu, aussi longtemps que, dans la littérature, il y a un Tolstoï, il est facile et agréable d'être un écrivain. Et, même si l'on a conscience de n'avoir rien fait dans le passé et de ne rien faire dans le présent, ce n'est pas vraiment terrible, car Tolstoï, lui, crée pour tous. Ce qu'il accomplit est une justification à tout ce qu'on espère et attend de la littérature. En troisième lieu, Tolstoï tient une position ferme, il a une autorité immense et, tant qu'il vivra, le mauvais goût en littérature, la vulgarité, qu'elle soit insolente ou larmoyante, toutes les vanités grossières et irritantes seront refoulés à distance et enfouis dans l'ombre. Seul son ascendant moral est capable de maintenir à un certain niveau les divers courants et humeurs littéraires. Sans lui, les écrivains seraient un troupeau sans berger ou une affreuse bouillie dans laquelle il serait difficile de voir clair".
(Lettre du 28 janvier 1900 à Menchikov, Tolstoï est gravement malade).
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mh17mh17   05 mai 2021
Cette révolte du bon sens contre l'utopie n'empêchait pas Tchekhov de vouer à Tolstoï une tendresse déférente. Ayant relu Guerre et Paix, il écrivit à Souvorine :"Chaque nuit je me réveille et je lis Guerre et Paix. Ma curiosité est aussi grande et mon étonnement aussi naïf que lors de ma première lecture. C'est merveilleusement bien !"* En vérité plus il admirait Tolstoï comme romancier, plus il le récusait comme penseur. On eût dit qu'en s'éloignant de la littérature Tolstoï ne trahissait pas seulement sa vocation, mais le trahissait lui, Tchekhov, qui le tenait pour le plus grand écrivain de Russie.

*Lettre du 23 octobre 1891
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mh17mh17   08 mai 2021
Si Tolstoï refusait à son confrère tout talent de dramaturge, il le tenait pour un remarquable conteur. Les récits de Tchekhov faisaient ses délices. Après avoir lu "Dans le ravin", il écrivit à Gorki : "Quel beau conte Tchekhov a donné à (la revue) La Vie ! "J'en suis extraordinairement heureux ! " Il comparait Tchekhov à Maupassant. " L'illusion de la vérité est complète chez Tchekhov, disait-il à Goldenweiser. Ses textes produisent l'effet d'un stéréoscope. On dirait qu'il jette les mots en l'air n'importe comment, mais, comme un peintre impressionniste, il obtient de merveilleux résultats avec ses coups de pinceau."
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mh17mh17   08 mai 2021
Au milieu du concert de louanges qui s'élevait à présent autour d'Oncle Vania, une seule fausse note : l'opinion de Tolstoï. "Où est le drame ? demanda-t-il furibond, à l'acteur Sanine. En quoi consiste-t-il ? L'action piétine !" Et, comme Nemirovitch-Dantchenko s'efforçait de défendre son auteur, il lui répondit sèchement qu'il n'y avait pas dans Oncle Vania de situation tragique et que c'étaient les guitares et les grillons qui en tenaient lieu. Quand on rapporta ce propos à Tchekhov , il s'en divertit sans acrimonie. A quelque temps de là, parlant de Tolstoï avec l'écrivain Gnéditch, il lui dit que le vieux maître ne pouvait souffrir son théâtre. "Il y a une chose qui me console, ajouta-t-il. Tolstoï m'a dit : "Vous savez, je déteste Shakespeare, mais vos pièces sont encore pire que les siennes." En évoquant cette condamnation péremptoire, Tchekhov partit d'un éclat de rire tel qu'au dire de Gnéditch son lorgnon lui glissa du nez.
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Vidéo de Henri Troyat
Retrouver l'émission ici : https://www.web-tv-culture.com/emission/theresa-revay-la-nuit-du-premier-jour-52411.html
Après deux titres contemporains, Theresa Révay a choisi le roman historique dont elle est devenue l'une des meilleures représentantes. Avec « Valentine ou le temps des adieux » en 2002, les lecteurs découvrent alors une jeune auteur dont le travail d'écriture, le romanesque des situations, la psychologie des personnages et le cadre historique n'est pas sans rappeler Henri Troyat, Maurice Druon ou Françoise Chandernagor. Pour ma part, j'aime à dire que Theresa Révay peut être considérée comme la petite cousine de Ken Follett !
Après la révolution bolchevique dans « La louve blanche », l'Angleterre des années 20 dans « Dernier été à Mayfair », le Berlin de 1945 dans « Tous les rêves du monde » ou la fin de l'empire ottoman dans « L'autre rive du Bosphire », Theresa Révay n'a pas son égale pour nous faire voyager dans le temps et dans le monde. Par un sens de l'intrigue parfaitement construit, elle sait inventer des destins romanesques aux prises avec la grande histoire, sans rien sacrifier à la qualité de l'écriture.
Voici le 10ème roman de Theresa Révay, « La nuit du premier jour ». Nous sommes à Lyon à la toute fin du XIXème siècle, où Blanche s'étiole dans la bourgeoisie locale des soyeux, auprès de son mari Victor. de ce mariage arrangé sont nés deux enfants, Oriane et Aurélien que chérit leur mère. Et pourtant, par amour pour Salim, venu de son Orient natal pour affaires avec les soyeux, Blanche va tout quitter.
Au-delà de cette intrigue romanesque et des rebondissements liés à des secrets de famille bien enfouis, Theresa Révay nous entraine dans un formidable tourbillon de sentiments et de larmes, au coeur du premier conflit mondial mais aussi dans le soleil de la Syrie et du Liban, où le sang va couler également. Face à une Europe qui se déchire, à l'autre bout de la Méditerranée, Blanche va devoir affronter la révolte arabe face à l'empire Ottoman de Jamel Pacha.
Magnifique portrait de femme luttant par amour, pour ses enfants comme pour l'homme de son coeur, le nouveau roman de Theresa Révay est une grande fresque qui résonne avec notre époque contemporaine et nous offre un magnifique moment de lecture.
« La nuit du premier jour » de Theresa Révay est publié chez Albin Michel.
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