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Gilles Goullet (Traducteur)
ISBN : 2702137091
Éditeur : Calmann-Lévy (17/08/2006)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Il était une fois sur les bords du fleuve Moss, une cité fantastique du nom d'Ambregis qui entretenait une troublante ressemblance avec le monde que vous pensez connaître. Bâtie avec le sang de ses premiers habitants et marquée pour des siècles par les répercussions de cette lutte, Ambregis est devenue une métropole d'une cruelle beauté - refuge pour les peintres et les voleurs, les compositeurs et les meurtriers... Vous y croiserez des Saints vivants, des écrivains... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Walktapus
  16 juillet 2014
Alerte ! OVNI intersidérant en provenance directe de la planète des hommes champignons et des riens carnivores. Complètement barré, complètement déconnant, complètement grave, complètement cohérent.
Sur la forme, la Cité des Saints et des Fous est un foisonnement de nouvelles courtes et longues, et d'autres pièces : une notice historique, une étude zoologique consacrée au calmar géant d'eau douce (avec une bibliographie de 30 pages !), une monographie sur le peintre Martin Lac (entrecoupée de son expérience vécue lors de la lutte de Rouges et des Verts), un glossaire, une biographie fantaisiste de l'auteur, etc.. Tous ces éléments s'ajustent à la manière d'un puzzle. Il y a même un message codé. Je l'ai décodé. ça m'a pris des heures. Quel sadique ! (mais je tire mon chapeau au traducteur qui l'a décodé et recodé). Il y a plein de mises en pages différentes, des dessins, des fac-similés de couvertures de revues, une notice rigolote sur les polices de caractères utilisés.
Tout cela se passe à Ambregris, sur le fleuve Moss, cité anarchique et turbulente de temples et d'artistes, fondée sur une ancienne et mystérieuse ville, et recouvrant bien des mystères. Mais c'est aussi une réflexion sur la création littéraire. L'auteur se met même en scène et on ne sait pas si... je vous laisse la surprise.
Ce livre est classé dans la fantasy... ok... mais dans son sens étymologique alors. Ca n'a à peu près aucun point commun avec la fantasy qu'on trouve sur les rayons du même nom. Technologiquement, on est au début du 20ème siècle. Les personnages sont des peintres, des poètes, des historiens, des prêtres, des zoologistes, des antiquaires, des chanteurs d'opéra, des compositeurs. Et des écrivains. D'un point de vue littéraire, c'est très ambitieux. Ca fait plus penser à Borges qu'à Tolkien ou Martin. Gene Wolfe à la rigueur.
Il y a autant d'humour et de références, que de moments tragiques et horrifiques. Les moins ? J'ai mis très longtemps pour le lire : les nouvelles peuvent être scotchantes, mais difficile d'accrocher à l'ensemble. Et je n'ai pas toujours apprécié l'humour un peu lourdingue. Et puis les bouquins qui parlent d'écrivains ou de création littéraire, ça ne m'enthousiasme pas trop.
-- Extrait du guide Hoegbotton de la Cité des Saints et des Fous, par Anonyme
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Philemont
  07 janvier 2013
La Cité des Saints et des Fous c'est Ambregris. Ambregris c'est une ville tentaculaire où la folie peut se trouver au coin de n'importe quelle sordide ruelle. On y croise toutes sortes de créatures : des nains, des champigniens, des calmars, des hommes et des femmes aussi. Et chacun d'eux peut sombrer dans la démence ou le meurtre à n'importe quel moment. Ambregris c'est aussi La Cité des Saints et des Fous de Jeff VanderMeer, oeuvre aussi folle que son sujet le laisse présager.
La Cité des Saints et des Fous est avant tout un recueil de nouvelles. Dradin, amoureux est une romantique histoire d'amour qui se transforme en cauchemar lors du festival du calmar d'eau douce. Dans le Guide Hoegbotton de l'Ambregris des Premiers Temps, un historien écrit l'Histoire d'Ambregris avec moultes détails comme "ce qu'il se passe lorsqu'une armée dotée d'une puissante cavalerie se bat contre une force avant tout navale : rien". La transformation de Martin Lac nous montre comment un artiste sans talent devient subitement l'un des peintres les plus en vogue d'Ambregris. Dans L'étrange cas de X, un psychiatre interviewe l'auteur de… La Cité des Saints et des Fous, afin de déterminer s'il faut le libérer ou le maintenir à l'hôpital.
Une fois lues ces quatre nouvelles, qui occupent à peine la moitié du volume, nous arrivons alors aux annexes. Celles-ci sont divers textes retrouvés dans les effets personnels de X après sa disparition de l'hôpital psychiatrique, et sur lesquels les psychiatres s'arrachent les cheveux. L'ouvrage s'achève alors sur une note à propos des polices de caractères où l'on apprend que le célèbre "Times New Roman mêle l'atmosphère grossière d'un bifteck coriace à la structure d'une pomme de terre, son bouquet minéral se combinant à une texture moelleuse". Enfin l'éditeur, Calmann-Lévy, présente l'auteur sous la forme d'un avis de recherche.
Le tout est abondamment illustré et très joliment mis en page. En outre, la folie du propos n'empêche pas X d'utiliser un vocabulaire riche, de soigner la moindre petite phrase et de montrer un sens de la structure impressionnant. de ce point de vue il montre les mêmes qualités que l'un de ses illustres modèles, Vladimir Nabokov, auquel les références plus ou moins explicites sont nombreuses.
La Cité des Saints et des Fous est donc une grande réussite, une tragi-comédie qui ne peut laisser indifférent, dans n'importe quel sens du terme. Pour ma part, c'est dans le bon.
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Nausicaah
  01 août 2017
Ambregris n'est pas un livre, mais un univers qui existe dès lors que ce roman est lu. Jeff VanderMeer a un réel pouvoir grâce aux mots, qu'il façonne et rend vivant, à tel point que ce livre marque les esprits de manière importante. La Cité des Saints et des Fous est dur, horrible, drôle, parfois un peu long, mais il est avant tout magique et complètement déroutant. Un des pilier de la weird fiction, c'est un livre à lire. Il tient au ventre, peut être long et difficile, chaque nouvelles ajoutant ou contredisant certaines autres, on en ressort après un long voyage grandit et intrigué par ce bel OVNI de la littérature. Il est à lire absolument.
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Charybde2
  09 juin 2014
Je sais bien qu'il ne faut pas (trop) galvauder la notion de chef d'oeuvre, mais bon, là, le mot s'impose...
Tous les chemins de l'imaginaire furieux mènent à Ambregris.
Désormais sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2014/06/09/note-de-lecture-la-cite-des-saints-et-des-fous-jeff-vandermeer/
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trident_job
  28 avril 2014
"La Cité des saints et des fous de Jeff VanderMeer", c'est un livre de timbré !
Les premières nouvelles sont bizarres, on cherche là ou l'auteur veut en venir, puis on se prend à l'histoire, celle qui est au deuxième plan, celle de l'auteur !
Etonnant, bourré d'annexes qui alimentent le récit et l'éclairent parfois de quelques détails bienvenus.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   09 juin 2014
Dradin, amoureux, sous la fenêtre de son amour, les yeux levés vers elle tandis que la foule grouillante déferle autour de lui, multitude rouge vif aux vêtements rugueux qui le bouscule et le meurtrit sans même qu’il s’en aperçoive. Car Dradin la regarde ELLE, qui prend la dictée d’une MACHINE, un impénétrable bloc gris duquel sortent les écouteurs enserrant sa délicate tête ovale. Dradin reste abasourdi, stupéfait par ces yeux d’un bleu séraphin, ces longs cheveux d’un noir de jais cascadant sur les épaules, ce mélancolique visage pâle que masque, sur la vitre, le reflet du ciel de plus en plus gris. Elle se trouve trois étages plus haut, sertie dans la brique et le mortier, presque un monument, assise près de la fenêtre juste au-dessus de l’enseigne "Hoegbotton & Fils, distributeurs". Hoegbotton & Fils, la plus grande affaire d’import-export de toute l’anarchique Ambregris, la plus ancienne des cités, à laquelle on avait donné le nom de la partie la plus précieuse et la plus secrète de la baleine. Hoegbotton & Fils : des caisses et des caisses de perversités expédiées pour l’amusement des décadents depuis la très lointaine Surphasie et les régions inférieures de l’Occident, ces endroits qui en un rien de temps se mouillent, mûrissent et pourrissent. Et pourtant, conjecture Dradin à propos de son amour, elle semble d’extraction plus satisfaisante, non pas casanière, mais mal à l’aise à l’étranger, à moins de voyager au bras de son amant. A-t-elle un amant ? Un mari ? Ses parents sont-ils toujours en vie ? Aime-t-elle l’opéra ou les pièces de théâtre paillardes données près des quais, où des ouvriers chargent de leurs membres grinçants les caisses de Hoegbotton & Fils sur des chalands tout près de se mesurer au puissant fleuve Moss qui s’écoule, léthargique et limoneux, jusque dans le tourbillon rapide de la mer ? Si elle aime le théâtre, je peux au moins lui offrir cela, pense Dradin, bouche bée et les yeux levés vers elle, sans se soucier de ses cheveux longs qui lui tombent sur le visage. À une telle distance du fleuve, la chaleur le flétrit, mais il ignore la sueur lui enserrant le cou.
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LabyrinthiquesLabyrinthiques   09 avril 2012
"Que peut-on dire d'Ambregris qui n'ait été déjà dit ? Le moindre quartier de la ville, si superflu qu'il paraisse, a un rôle complexe, voire équivoque, à jouer dans la vie de la communauté. Et j'ai beau me promener très souvent sur le boulevard Albumuth, l'incomparable splendeur de la cité ne cesse de se rappeler à moi, avec son amour des rituels, sa passion pour la musique, son inépuisable et magnifique cruauté."
Voss Bender, Mémoire d'un compositeur,
volume 1, page 558,
Ministère de la Presse Fantasque.

Incipit du roman
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Charybde2Charybde2   09 juin 2014
2. Une note de bas de page sur le but de ces notes de bas de page : le présent texte en regorge afin d’éviter de vous infliger, touriste nonchalant, un volume de connaissances qui risquerait de vous peser et de vous empêcher d’apprécier les charmes de la ville avec votre habituelle désinvolture insouciante. Afin de contrecarrer vos prévisibles efforts – une fois découvert un sujet intéressant dans le présent récit – de sauter des passages, j’ai extirpé tous les renvois à d’autres publications Hoegbotton polluant telle une invasion de fongus les autres brochures de cette collection.
3. Il me faut ajouter à la note 2 que les informations les plus intéressantes seront uniquement incluses en notes de bas de page, que je m’efforcerai de multiplier au maximum. De plus, les informations évoquées en note seront plus tard développées dans le texte principal, ce qui plongera dans la confusion ceux d’entre vous ayant décidé de ne pas lire les notes de bas de page. Voilà ce qu’il en coûte de tirer un vieil historien du bureau d’enseignant derrière lequel il sommeillait pour le forcer à collaborer à une collection de guides de voyage populaires.
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WalktapusWalktapus   27 juin 2014
Il leva les yeux vers ces petites ténèbres et dit : "Tu es noire, et tous les écrivains ont une petite part de ténèbres en eux, mais tous n'ont pas une part de ténèbres hors d'eux. Qu'es-tu ?". Mais les ténèbres ne répondirent pas. Les ténèbres ne pouvaient qu'écrire. Et corriger. Comme si elles étaient elles aussi écrivains.
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Charybde2Charybde2   09 juin 2014
(9) Apprendre à quitter la chair. Même si j’ai confisqué cette histoire à X au début de son séjour dans notre délicieuse institution, je la joins au cas où elle présente un quelconque intérêt, l’ayant soigneusement séparée de la collection de X. J’ai lu plusieurs fois l’histoire, dans l’espoir de la déchiffrer. Elle contient, ai-je le sentiment, et bien davantage que les nombres tapés à la machine, des indices sur l’endroit où se trouve X. L’histoire est lumineuse… Elle semble presque rayonner de lumière quand on la lit. Je dois admettre vous l’envoyer surtout pour m’en débarrasser.
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ANNIHILATION (2018) Bande Annonce VF
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