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Jean-Gérard Chauffeteau (Traducteur)Gilbert Vivier (Traducteur)
EAN : 9782234021341
318 pages
Stock (30/11/-1)
3.69/5   27 notes
Résumé :
Quatrième de couverture:

« Être mort, pensa-t-il, c’était savoir que rien, jamais, ne serait autrement. Il pensa : Moi, je suis vivant. » Là où la guerre de Sécession bat son plein, quelque part en Virginie, Adam Rosenzweig décide de lutter pour la libération des Noirs. Animé par une grande soif de liberté et de justice, ce jeune Allemand d’origine juive pénètre au cœur d’une nature sauvage, soumise à la furie indomptable de l’Histoire. Dans un monde ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Mimeko
  21 mai 2018
Grosse déception avec ce roman, présenté comme un grand roman sur la guerre de Sécession et l'idéalisme du jeune Adam Rosenzweig, jeune allemand avec un pied-bot parti pour se battre pour les droits des Noirs ; entre les nombreuses coquilles et les lourdeurs de la traduction (et pourtant ils étaient deux !), la lecture de ce roman a été pénible. La seule chose que je retiens est la construction assez originale par petites saynètes qui reconstituent au final l'image complète.
Mais je suis loin de recommander cette lecture, très dispensable...
Coquilles :
p70 : Les gens qui ont maltraité les Noirs avaient immobile... au lieu de "un mobile"
p 162 : S'il l'avait craint, il aurait décroché des mûries deux pistolets de cavalerie... au lieu "des murs"
p 181 : Même à cette heure - l'heure du repos - il y avait moins départies de cartes... au lieu "de parties de cartes".
p 256 : Puis, sans transition, sapeur disparut... au lieu de "sa peur".
p 280 : Une savait pas ce qu'il lui faudrait faire... au lieu de "Il ne savait pas ce qu'il lui"...
Lourdeurs de traductions :
Il fit un temps au lieu de : il fit une pause...(faire un temps au marathon je comprendrais...)
p 203 : Sur cette pensée, Adam Rosenzweig se sentit rasséréné . Il se sentit rendu à un commencement d'espoir.
p 214 : Et pendant qu'Adam remuait ces réflexions, une nouvelle pensée commença de croître sous son crâne.
p 229 : Une étrange exaltation le visita. Il se sentit trembler au bord d'une révélation.
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LeScribouillard
  20 juin 2021
Adam Rosenweig veut se battre pour la liberté des hommes. de TOUS les hommes. Étant lui-même juif et handicapé, il subit la discrimination au quotidien, mais ce n'est rien face à ce qui arrive aux Noirs de l'autre côté de l'Atlantique. Il décide de rejoindre l'armée glorieuse des États-Unis, afin de faire cesser la rébellion confédérée. Un parcours qui s'annonce noble, épique et avec une immense récompense à la fin : celle d'avoir servi la plus merveilleuse de toutes les nations du monde. Attendez une seconde.
La réalité qui attend le jeune immigré en Amérique est bien plus prosaïque : Robert Penn Warren nous dépeint une guerre de Sécession sclérosée, raciste des deux côtés, où les soldats attendent des mois dans la crasse avant d'aller se faire tuer. La Bavière dont Adam vient n'est pas reluisante non plus, avec sa xénophobie mesquine et ses religieux ombrageux. Des hommes et des femmes brisés sillonnent ainsi un monde sans prestige ni héroïsme. de forêt et même de nature, il ne sera finalement que peu question (on ne saura même pas pourquoi diable on a mis un dada sur la couverture), mais toujours avec un lyrisme élégiaque contrastant avec le prosaïsme ambiant.
Adam erre en tentant de trouver un sens à sa vie. le jeune homme au départ sûr dans ses convictions bascule peu à peu dans un parcours initiatique doublé d'une descente aux enfers. Tentant de faire triompher son humanisme, il va se dresser contre la volonté divine qui semble interdire aux vivants la justice ; sans doute le plus humain de tous les hybris. Mais ses idéaux extrêmement nobles (se battre contre des idées plutôt que des hommes, offrir à tous l'égalité) se heurtent à la bêtise et la méchanceté de ses contemporains, et au fait que lui-même finisse par y prendre goût. On veut aider tous les êtres humains, et au final on ne parvient pas à regarder dans les yeux quelqu'un de plus mal en point que soi. Parce que la misère est trop grande. Parce qu'on préfère vivre dans nos idées.
Où trouver la grandeur morale, finalement ? Peut-être la liberté n'est-elle qu'illusoire, ainsi que le clame un chapitre final mystique. Et peut-être aussi qu'il nous faut accepter notre condition. Même quand elle est inacceptable ? le livre se conclut sans véritablement proposer d'éthique sur comment aider son prochain, mais il punit sévèrement l'orgueil et rappelle à l'Homme sa petitesse malgré ses hautes aspirations.
La grande forêt n'est pas un livre facile, ni même agréable. Il frappe autant par le sublime qu'il fait naître dans de simples paysages que par la bassesse de ses personnages. Comme le désert des tartares, il conte une désillusion existentielle ; comme Walden, il faut le lire dans le monde sauvage après une longue marche pour réellement l'apprécier. Ce que je n'ai que trop peu fait et qui demandera peut-être une relecture dans un futur lointain. En attendant, ça fait toujours un plus à ma culture…
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Liver
  15 juin 2014
Roman intrigant car très loin de celui attendu: la guerre de Sécession n'est pas visible, pourtant elle est là, à la fois si proche et si lointaine. Eclate seulement ce qu'elle fait des hommes qui l'approchent et en fond ce qu'il restera vraiment en eux une fois qu'elle entrera dans L Histoire et y sera "adoucie". Et là, l'exercice est magistral, le choix non conventionnel des personnages et des situations est remarquable et l'écriture sobre sur les faits et les personnages prend des allures lyriques sur les descriptions.
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MadameTapioca
  12 avril 2021
À l'été 1863, Adam Rosenzweig quitte la Bavière et part aux États-Unis pour se battre pour la liberté pendant la guerre civile. Poussé par un idéalisme révolutionnaire hérité de son père, il espère aider une cause qu'il croit aussi simple qu'il sait qu'elle est juste. Mais son pied-bot va l'empêcher d'être engagé dans l'armée de l'Union. Il n'aura pas le droit de combattre. Il va vivre la guerre hors champs et devenir témoin d'un monde dont la complexité ne se conforme pas facilement à ses idéaux de liberté.
L'intrigue - s'il y en a une - réside dans la recherche d'Adam de «ce qu'un homme doit savoir pour être un homme» et dans sa vision utopique de la liberté. Mais le propos n'est vraiment pas évident à saisir. La plume de Warren baigne dans une métaphysique déconcertante qui n'aide pas à percer les personnages complexes qu'il a créé. de Robert Penn Warren je n'avais lu que « Tous les hommes du roi », livre que je place dans mon panthéon littéraire. Je ne m'attendais donc pas à ramer autant avec ce roman. Ce fut à la limite du pénible pendant toute la première partie et même si mon intérêt c'est enfin réveillé vers la fin, je suis passée à côté, tout comme le héros passe à côté de la guerre. L'écriture est parfois assez « ordinaire » dans le premier quart du livre (et on ne dira rien des coquilles). Les choses s'améliorent après, le livre devient plus captivant et l'intention de l'auteur s'éclaire jusqu'à une conclusion qui concentre tout l'intérêt du roman.
Même si la rencontre ne s'est pas faite avec ce livre, je suis contente d'avoir pu me faire une deuxième impression sur cet auteur et je ne compte pas rester là, bien décidée à lire les autres titres.
Traduit par Jean-Gérard Chauffeteau et Gilbert Vivier
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c128057
  06 juin 2021
Ayant adoré 'Tous les hommes du roi' (édité par Toussaint Louverture), je me suis donc lancé dans un 2ème livre de Robert Pen Warren.
Tout autre roman, mais j'ai retrouvé le même plaisir à lire cet auteur sudiste.
Ce livre parle de l'abolition de l'esclavage, de la guerre civile, des juifs d'Allemagne émigrant dans le nouveau monde, ... mais surtout, il parle de la liberté de chacun. J'ai trouvé beaucoup de plaisir dans ce livre, mais qui reste cependant nettement un cran en-dessous de 'Tous les hommes du roi', prix Pulitzer 1947.
Je vais poursuivre ma découverte de cet auteur qui reste relativement peu connu en Europe, mais est considéré comme un auteur classique aux USA.
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   04 mars 2017
Adam avait contourné l'arbre. Il n'écoutait plus. Silencieusement, il s'approcha de l'endroit où était assis le jeune homme pâle. Le jeune homme n'écoutait pas, lui non plus. Il contemplait d'un air profondément absorbé un brin de paille qu'il faisait rouler entre le pouce et l'index. Adam s'accroupit doucement à côté de lui. Le jeune homme ne parut se rendre compte de rien. Adam avança une main, comme pour lui toucher le bras ou pour le tirer par la manche, mais il se retint, attendant que l'autre découvre sa présence.
Finalement, très bas, presque en murmure, il dit: "Vous... vous étiez ici, lors de la bataille?"
Le jeune homme tourna lentement les yeux. Il regarda Adam comme s'il le voyait de très loin, puis il remua l'épaule gauche ; sa manche s'agita, vide, flasque, imperceptiblement.
"Vous croyez que c'est un ours qui me l'a arraché?", dit-il d'un ton dépourvu d'expression.
Il avait reporté les yeux sur le brin de paille qu'il roulait entre le pouce et l'index. Adam baissa la tête et regarda aussi le brin de paille.
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Alice_Alice_   05 mars 2017
Mais il attendit en vain le soulagement. Son malaise empira. Tout à coup, il se rappela ce qu'il avait éprouvé lors de sa fuit de l'Elmyra en voyant que personne ne le poursuivait, que personne même ne criait pour signaler sa fuite. De nouveau, il eut la sensation d'être dépourvu de toute valeur, la triste sensation d'être un fantôme. Oui, conclut-il, c'était l'existence d'Aaron Blaustein qui lui avait permis, à lui, Adam Rosenzweig, de se sentir réel, qui lui avait permis de savoir qui il était.
Et maintenant, il se retrouvait seul.
Il leva le visage vers le ciel où la nuit munificente piquait des millions d'étoiles, et il se demanda comment on pouvait être seul et cependant pas tout à fait seul. Il se demanda comment on pouvait être dépourvu de toute valeur et cependant valoir quelque chose.
Il pensa: Il faut que j'élucide cette question. Si je suis destiné à vivre.
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Alice_Alice_   05 mars 2017
"Ouais, fiston, dit le caporal, c'est par là qu'on s'en ira. C'est par là que le général Grant va t'emmener... Et je te le jure, je souhaite de tout mon coeur qu'il ait un peu plus de cervelle que le général Hooker... Hooker nous a conduits tout droit dans la grande forêt et quand on a été dans les bois, les rebelles nous sont tombés dessus. J'y étais, moi, à Chancellorsville, et je t'assure que ça chauffait. Et si Grant nous ramène par là-bas, ce sera un nouveau Chancellorsville... Avec toutes ces broussailles, tous ces chênes nains, ces pins nains, on y voit pas à trois pas. Se lancer dans ces bois à la poursuite du général Lee, bonsoir ! C'est comme si on essayait de se glisser en rampant dans une grotte pour s'attaquer à un ours, et que cette grotte soit justement celle que l'ours connaît dans tous ses recoins."
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nadejdanadejda   19 mars 2011
Si la montagne n'avait pas étincelé d'un éclat aussi blanc.
Si là-bas, au-dessous des blancs sommets, la ligne irrégulière des forêts de sapins n'avait pas paru d'un bleu aussi noir.
Si le ciel, au-dessus des miroitements neigeux du Zelzsteinberg, n'avait pas été d'un bleu tout neuf, déchirant d'innocence. Si un léger nuage, tel un flocon de crème fouettée, n'avait pas flâné très haut dans ce bleu purifié, éblouissant. Si l'univers n'avait pas été d'une beauté absolue.
Si aucune de ces choses n'avait été ce qu'elles étaient, lui, Adam Rosenzweig, aurait pu se réfugier en son moi profond, dans les paradoxes de l'Histoire et de la connaissance, dans cette sagesse qui est résignation.
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nadejdanadejda   20 mars 2011
p172 Une fois, il avait observé à la dérobée le visage de Simms Purdew, le seul homme au monde qu'il détestait. Il avait d'abord vu la mâchoire épaisse, veule, mal rasée, s'ouvrir et se refermer pour émettre une raillerie obscène,......, et puis, tout d'un coup, il n'avait plus vu les traits de cet être abominable. Il avait vu, en quelque sorte, le visage d'un petit garçon --- celui que Simms Purdew avait été jadis ---, un petit garçon aux cheveux d'un blond fauve, aux yeux bleus éclatants de gaieté, et dont la bouche souriait innocemment au milieu des taches de rousseur.
Durant cette brève vision, Adam avait entendu une voix dire en lui : Je ne dois pas le détester, je ne dois pas le détester sinon je mourrai.
Son coeur s'était ouvert à la joie.
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