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EAN : 9782355848209
900 pages
Éditeur : Sonatine (15/10/2020)

Note moyenne : 4.36/5 (sur 55 notes)
Résumé :
Dans un petit village de Pennsylvanie, Shana surprend sa sœur, Nessie, quittant d'un pas résolu leur maison. Lorsqu'elle tente de l'intercepter, la petite fille ne réagit pas à sa présence. Mutique, absente, le regard vide, elle avance... Croyant à une crise de somnambulisme, Shana commence à la suivre. Rapidement, elles sont rejointes par un deuxième errant, frappé des mêmes symptômes que Nessie. Puis un autre. Bientôt, ils sont des centaines à converger vers la mê... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
michemuche
  12 avril 2021
Vous aimez la marche ? si oui vous allez être comblé. Une sacrée balade de plus de mille pages, il faut juste prévoir de bonnes chaussures et beaucoup de sucres lents. Tout commence en Pennsylvanie, Nessie une adolescente a une crise de somnambulisme, Shana sa soeur ainée inquiète va la suivre et devenir sa bergère. Bientôt d'autres personnes vont se joindre au troupeau. La traversée des Etats unis commence. Somnambules, bergers,, policiers, journalistes et médecins. ça en fait du monde et il arrive parfois de faire de mauvaises rencontres.
Chuck Wendig a écrit " Les somnambules" en 2019 bien avant la pandémie du covid, bien avant l'entrée en force de suprémacistes au capitole. Dans ce roman l'auteur dans une grande clairvoyance nous fait découvrir une Amérique pas si éloignée de celle que nous connaissons. Epidémie, racisme, fake news, religion.....
Je pense que ce roman " Les somnambules" va avoir une belle carrière à l'instar de " Fléau" de Stephen King.
Un grand merci à babelio et à sa masse critique et un grand merci à la maison d'édition sonatine qui m'a fait passer un excellent moment en compagnie de Benjie, Shana, Matthieu, Marcie et Black Swan.
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gruz
  04 mars 2021
Immense ! Par sa taille et par son contenu, au sens propre comme au figuré.
Enorme ! Par sa profondeur et sa dimension, de son épaisseur à sa substance.
Les somnambules n'est pas un livre commun, et se lancer dans un tel projet tient autant de l'inconscience que du génie. Surtout du génie pour un Chuck Wendig qui tient la barre de la première à la dernière ligne, sans jamais la lâcher, sans jamais que son récit ne dérive.
1164 pages. Mille cent soixante-quatre. Et pas une de trop, pas l'ombre d'un sentiment de remplissage, pas la moindre pointe d'ennui. Vous penserez peut-être que j'en rajoute, mais franchement j'en aurais bien pris pour quelques centaines de pages de plus.
Devoir sortir de ce livre, dire adieu aux personnages, c'est comme avec les longues et formidables séries qui s'achèvent au bout de quelques saisons. Un déchirement.
Dans ce roman fleuve, il y a tout. L'écrivain a su y imprimer et alterner tout ce qui fait un exceptionnel divertissement intelligent. Sans jamais aucune impression de redite. Action et réflexion, sentiments et émotions, surprises et imagination, violence et bonnes ondes, évasion et analyse.
Impossible de ne pas penser aux pavés de Stephen King, le fléau en tête (d'ailleurs, Wendig le fait citer dans la bouche d'un de ses personnages). Si la filiation doit se faire, il faut alors parler d'une sorte de Fléau 2.0, totalement ancré dans son époque et dans la société américain actuelle.
Mais le voir comme une copie serait totalement réducteur, et une injure à l'incroyable travail et à la dimension inouïe de cette histoire.
Des femmes et des hommes se mettent à marcher, le regard vide, sans qu'aucun stimulus ne vienne les perturber. de plus en plus nombreux. Sans qu'on puisse trouver l'origine de ce « mal ». En parallèle, se déclenche une pandémie.
N'imaginez pas que l'auteur cherche à surfer sur un sujet sanitaire d'actualité, le livre a été écrit en 2019, avant la COVID. Et pourtant… Par bien des égards, il est visionnaire, et pas seulement à ce sujet-là.
Le monde prend une direction terminale. C'est le contexte pesant de cette intrigue. Mais les effets de cette pandémie, pourtant omniprésents, ne sont cependant pas au centre. Même si le travail de recherches de l'auteur force le respect et est passionnant (et, oui, ludique aussi).
Le coeur palpitant du roman, ce sont les personnages. Ses neurones tissent leur toile à travers cette intrigue gigantesque. Ses tripes nouées sont le vrai mal qui ronge les Hommes. Pas un virus, ou alors il est mental. Celui qui se propage dans nos sociétés, où la violence prend de plus en plus de place, à nouveau…
Face à l'inconnu, les êtres humains réagissent différemment, et se révèlent. Peur, rejet, haine. Ou curiosité, entraide, respect. La scission se fait, on le voit tous les jours.
Chuck Wendig dépeint un futur très proche qui amène à méditer sur de nombreux derniers événements (qu'il a anticipé…). La Présidente des Etats-Unis est démocrate. Son adversaire républicain est une sorte de clone de Donald, vilain petit canard terrifiant qui joue avec le feu. Flammes qui deviennent vite incontrôlables, face à un monde qui s'effondre, et aux suprémacistes blancs qui émergent de l'ombre et prennent les armes. Ça ne vous rappelle rien ? L'auteur, visionnaire, pousse le bouchon plus loin, mais la ligne est déjà à l'eau.
Ce livre pourrait n'être qu'un récit à grand spectacle. Il l'est, mais pas à la manière des blockbusters hollywoodiens. Ici, l'humain est au centre de tout, dans ses pires comme ses meilleurs traits. Cette « marche » est avant tout l'occasion de développer des relations humaines fortes (ou au contraire de les réduire à néant, selon les protagonistes). Les émotions sont omniprésentes, complexes, puissantes.
Et quelle inventivité, toujours au service de ces personnages ! Une imagination débordante, mais jamais gratuite. L'écrivain a pensé son récit et ses ingrédients dans les moindres détails. En réalisant l'exploit de ne jamais perdre le fil ni le rythme. Sincèrement, je n'ai, je crois, jamais lu un livre aussi gros sans n'y déceler la moindre longueur. Ça rend cette lecture totalement immersive, au point de ne pas supporter qu'elle s'achève.
Une telle combinaison de thématiques aussi fortes, des scènes aussi incroyables qu'inattendues, c'est presque sans pareil. Jusqu'au final, admirable de subtilité et d'intelligence.
L'immense roman de Chuck Wendig ne marquera pas que par son poids. Ce divertissement qui pèse sur nos épaules et nous pousse à réfléchir sur notre monde en déliquescence, marquera les esprits ouverts.
Pour moi, Les somnambules n'est pas qu'un des livres de l'année, mais bien un des meilleurs de la décennie, rien que ça. Admiration et remerciements éternels.
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JustAWord
  18 mars 2021
Il arrive parfois que certains romans arrivent à point nommé sur le marché.
Les Somnambules (ou The Wanderers en version originale) compte définitivement parmi ceux-là.
En 2019, l'américain Chuck Wendig — surtout connu en France pour quelques romans Star Wars — publie un énorme pavé de 1165 pages.
Son sujet ? Une pandémie mondiale frappe l'humanité et fait s'effondrer la société, scindant l'Amérique en deux.
Quelques mois plus tard, la CoVid 19 débarque et le roman de Chuck Wendig s'avère prophétique à plus d'un titre.
Aujourd'hui traduit par les éditions Sonatine, Les Somnambules convoque aussi bien Stephen King que Justin Cronin pour une histoire post-apocalyptique terrifiante et pourtant passionnante.

Si la pandémie m'était contée
C'est par un jour ordinaire pour Shana Stewart que débute Les Somnambules.
Cette jeune américaine se réveille comme tous les jours avant de découvrir que sa soeur, Nessie, n'est plus dans sa chambre. Étonnée, Shana retrouve Nessie pieds nus à l'extérieur de la maison, marchant vers la route principale…comme une somnambule !
Impossible à arrêter, la jeune Nessie est vite rejointe par d'autres personnes. Tous semblent frappés par une mystérieuse maladie qui transforme ses victimes en marcheur implacable dénué de toute réaction ou pensée.
Bientôt, un troupeau de malades se forme au coeur des États-Unis, vite rejoint par leurs proches respectifs — les bergers — puis par les hommes du CDC et par la police.
Que se passe-t-il donc chez ces gens dont la peau semble imperméable aux aiguilles et que toute tentative d'arrêt transforme en bombe humaine ?
Pour le découvrir, Benjamin Ray, un ancien du CDC est recruté par Sadie Emeka, la responsable d'une Intelligence Artificielle employée pour prédire les pandémies à travers le monde : Black Swan. Ensemble, il se penche sur le phénomène et découvrent vite qu'il défie toute logique scientifique et médicale !
Pour couronner le tout, l'inquiétude croit de façon exponentielle parmi la population américaine. En quête de réponse, Matthew Bird, un pasteur d'une petite ville, parcourt la Bible et finit par relire l'Apocalypse selon Saint-Jean. Pour lui et son nouvel acolyte, le dangereux suprémaciste Ozark Stover, les somnambules sont une menace pour le peuple américain et un complot d'une puissance étrangère que la présidente démocrate Hunt ne peut (ou ne veut) pas arrêter.
Alors que le candidat républicain Ed Creel s'insurge contre l'inaction des autorités, le troupeau grossit encore et encore…et la peur se propage comme un feu de forêt.
Si ce genre de postulat vous dit quelque chose, c'est parce que Chuck Wendig, par coïncidence ou par prescience, tape en plein dans le mille de ce que notre monde vit actuellement avec la CoVid 19.
Dans Les Somnambules, l'épidémie se vit à travers les yeux de plusieurs personnages qui ne sont pas forcément les plus puissants mais qui offrent une large variété de points de vues sur la situation, du scientifique du CDC à la rock star usée en quête de gloire en passant par le pasteur américain paumé.
Ce qui affleure ici, c'est la volonté de Wendig de donner une vision plurielle de la crise sanitaire et y adjoignant à la fois une perspective intimiste, scientifique, sociale et politique.
Par son ampleur cependant, le roman pourra en décevoir certain puisqu'il s'agit ici avant tout d'une histoire américaine avec la vision d'un américain sur l'Amérique elle-même. Pourtant, cette plongée dans l'Amérique moderne entre en résonnance avec notre société occidentale puisqu'en substance, on retrouve les mêmes mécanismes de défense face à la peur d'un danger inconnu et impénétrable.
Au coeur de la peur
Plus qu'un roman sur une pandémie, Les Somnambules se penche sur ce qu'il se passe lorsque les gens sont confrontés à l'inconnu.
Avec une lucidité à toute épreuve, Chuck Wendig décrit la tentative de rationalisation de l'américain moyen face à un phénomène qui fait peur et, plus particulièrement, face à la maladie.
Toute une partie du roman est d'ailleurs consacrée à l'épopée de Matthew Bird, un pasteur dont la femme en dépression a bien du mal à s'en sortir sans médicament et dont le fils, Bo, a de très mauvaises fréquentations.
Petit à petit, Chuck Wendig se sert du personnage de Matthew pour pénétrer dans la sphère complotiste et ceux qui veulent à tout pris trouver un responsable à un fléau qu'ils ne comprennent pas. En s'enfonçant dans le monde d'Ozark Stover, suprémaciste blanc et lieutenant d'Ed Creel, pseudo-Donald Trump aussi dangereux qu'opportuniste, le roman terrifie le lecteur par sa capacité à taper dans le mille, rappelant à la fois la situation qu'a traversé les USA ou le Brésil dirigés tous deux par des présidents ayant renié le réel, mais également une certaine catégorie de populistes à la française qui se servent de la peur d'une population terrifiée pour recruter et fomenter une révolution qui n'a rien de bénéfique en définitive.
La peur qui habite l'histoire des Somnambules force les personnages à faire des choses irrationnelles ou, au contraire, à tenter de trouver le soutien de personnes lucides dans une société qui perd pied.
Entre les podcasts douteux, les fake news sur le net et les déclarations populistes, Chuck Wendig élargit le scope de son intrigue et parvient à saisir le danger sous-jacent à son intrigue : celui d'une opportunité unique pour ceux qui savent instrumentaliser la peur.
C'est aussi l'occasion de rappeler que ce sont les mêmes qui nient le réchauffement climatique et permettent, au final, la contamination humaine par un vecteur infectieux destructeur… encore une fois, le roman s'avère prophétique (le vecteur étant ici la chauve-souris, encore envisagé à l'heure actuelle pour le CoVid-19).

Un page-turner calibré comme un coucou suisse
Ce qui impressionne clairement dans ce pavé de plus de 1100 pages, c'est la faculté de Chuck Wendig à alterner ses intrigues pour les faire converger vers un but final évident (l'affrontement des factions en présence) mais néanmoins passionnant.
La force de ses personnages, de la famille Stewart au doux-dingue de Pete Corley, réside dans le fait de toujours parvenir à ajouter une nouvelle dimension à l'intrigue générale en refusant de se contenter d'un simple suivi d'une catastrophe planétaire.
En mêlant réflexion sur la prise en charge sanitaire, influence du politique sur la tenue des opérations et manipulations de l'opinion, Les Somnambules jonglent avec une efficacité remarquable entre ses thématiques et rythme à la perfection ses péripéties, disséminant les cliffhangers et les retournements de situations pour garder le lecteur éveillé jusqu'au bout. Si certains y verront davantage un artifice narratif quasi-sériesque, les autres apprécieront à coup sûr la capacité du roman à tenir en haleine sur la longueur.
Dieu et la science sont dans un bateau…
Enfin, dernier gros point fort de ce roman décidément monstrueux, sa capacité à réfléchir sur Dieu notamment dans une nation où la religion reste une préoccupation fondamentale.
Dans Les Somnambules, l'adage qui veut que « Dieu a créé l'homme » se prolonge par l'homme qui créé Dieu à son tour. Les interrogations philosophiques qui découlent de la création et des actions de l'intelligence artificielle Black Swan en disent long sur le sujet.
De même, l'évolution théologique du pasteur Bird et l'ambivalence de Benjamin Ray tiraillé entre Dieu et son rôle de scientifique permettent quelques belles discussions sur le sujet.
Enfin, c'est aussi le choix de Benjamin à Longacre de travestir la science pour un but noble qui fera débat une bonne partie de l'histoire, rejoignant en ce sens le questionnement de la mini-série Chimerica où un journaliste trafiquait une photo pour dénoncer une guerre terrible. le mensonge pour le bien est-il envisageable dans une société qui ne s'émeut plus de grand chose et qui cherche le buzz à tout pris ? Doit-on utiliser les armes de ses ennemis ?
En face, la faction suprémaciste met non seulement en lumière le racisme ordinaire aux États-Unis mais aussi son prétexte commode pour des personnes qui, au fond, ne cherchent qu'à propager haine, violence et asseoir leur propre pouvoir.
Paradoxalement, Les Somnambules a beau diviser son monde, il n'en oublie jamais l'espoir au coeur, celui d'une minorité capable de s'unir autour de personnes chères et de protéger un futur qui, pourtant, semble bien compromis. En ce sens, le roman de Chuck Wendig laisse un espoir à l'humanité et une voie de secours… mais celle-ci suffira-t-elle ?
Roman foisonnant, passionnant, intense et horriblement prémonitoire, Les Somnambules s'impose d'emblée comme un roman post-apocalyptique qui fera date. Chuck Wendig a tout compris des mécanismes de la peur et de la pandémie, qu'elle soit infectieuse ou idéologique… et le résultat est véritablement impressionnant.
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Stelphique
  13 avril 2021
✨Ce que j'ai ressenti:
« Peut-être que nous sommes vraiment remplaçables. »
Et si on allait marcher un peu pour en discuter, juste toi et moi…Je sais, les temps sont agités et le chaos s'emmène à n'importe quel coin de rue, on croirait l'Apocalypse arriver…Je sais, ça y ressemble, mais pour autant gardons la foi, jusqu'au bout de l'histoire…Et ne perds pas ton chemin, ni le sel, ni la lumière, la vérité sera bientôt accessible, à condition de pas avoir craindre l'investissement personnel qu'il faut déployer pour suivre Les Somnambules
J'étais Moi, mais j'aurai pu être Eux, la seconde suivante, alors forcément, ça change les perspectives…Avec cette marche, il va te falloir revoir tes convictions, tes horizons, tes horaires, la façon même dont tu regardais le ciel aussi, et marcher, marcher, marcher, jusqu'à ce que les pieds t'en tombent…Ne t'inquiètes pas de trop, il y a une certaine solidarité auprès de la horde, et puis, l'aventure sera tellement grandiose que perdre un peu de confort à l'instar d'une plus grande liberté, est-ce que ça ne vaut pas mieux, au final? Je suis heureuse d'avoir pris ce risque quelque peu dément, et je ne le regrette pas un instant…
Parce que, des fois, tu le sais, une seule étoile peut tout changer. Des fois, un seul être humain aussi. Même si la fin du monde s'avance que t'as mille questions dans ta bouche qui ne franchiront pas le seuil de tes lèvres parce que les réponses seront dans tous les cas dissimulées, ne pas vivre cette expérience, ça serait se priver d'une émotion contagieuse d'admiration. de profonde admiration. Pour le génie et la prescience de cet auteur. Littéralement fabuleux. J'ai rarement fait lecture ou randonnée plus exceptionnelle que celle-ci. Par tous les diables, je pourrais la refaire dans la foulée, tellement j'ai été subjuguée.
Et c'est le coeur pur, que je te dirai que la clarté est passée dans mon sang, la laissant danser, être le feu…Je pourrai le chanter à tue-tête, par dessus les tempêtes et devenir la dissidence, si la comète ou Black Swan, le voulait…Toujours est-il que je vais mettre ce livre sur un piédestal. Parce qu'il est la puissance, la force, l'humanisme. En temps de pandémie mondiale, cette histoire est le kaléidoscope à plusieurs entrées d'une crise sociale, politique, intime, scientifique, religieuse mais il place toujours et, avec sensibilité, l'humain au coeur de la lumière. Un scintillement permanent qu'on retrouve à chaque page tournée. 1168 pages, et des gens. Des gens imparfaits qui s'aiment, qui marchent, qui doutent, qui évoluent, qui questionnent, qui se révèlent, qui s'éteignent, qui tuent, qui détruisent, qui réparent, qui luttent, qui exultent…Un feu d'artifices d'émotions!
« Au-dessus d'eux, le ciel commençait lentement à s'éclairer alors que le soleil leur envoyait la promesse – ou la menace- d'un jour nouveau. »
Je ne sais pas ce que nous réserve demain, quelle porte le futur va ouvrir et vers quelle direction ira l'humanité…Mais si jamais, tu voulais y réfléchir, avant de devenir fantôme, tu pourrais éventuellement commencer à marcher aux côtés des somnambules et ressentir l'éblouissement…L'amour que j'ai mis dans cette chronique devrait normalement suffire. J'ai foi en l'amour et en ce livre. Bonne route!
Lien : https://fairystelphique.word..
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Melieetleslivres
  26 mars 2021
J 'ai commandé ce livre ainsi que d'autres des Ed Sonatine, parce que je suis rarement deçue par leurs thrillers. Celui-ci, juste sorti ce mois-ci, m'a fait penser à Stephen King. Mais je n'avais pas vu qu'il faisait près de 1200 pages. 1165 pages exactement. Ni qu'il pèserait une tonne ! Mais j'ai plongé dedans direct.
L'histoire :
Dans un petit village de Pennsylvanie, Shana surprend sa soeur, Nessie, quittant d'un pas résolu leur maison. Lorsqu'elle tente de l'intercepter, la petite fille ne réagit pas à sa présence. Mutique, absente, le regard vide, elle avance… Croyant à une crise de somnambulisme, Shana commence à la suivre. Rapidement, elles sont rejointes par un deuxième errant, frappé des mêmes symptômes que Nessie. Puis un autre. Bientôt, ils sont des centaines à converger vers la même destination inconnue, tandis que leurs proches, impuissants, leur emboîtent le pas. Mais leur traversée du pays réveille la violence qui sommeillait au coeur de la société américaine. Et si certains sont terrorisés par la menace d'une épidémie mystérieuse, d'autres y voient l'opportunité d'imposer leur vision du monde, à n'importe quel prix.
Et alors, mondieuseigneur, quel bouquin ! Juste incroyable. Je m'étais un peu préparée à subir l'essoufflement de l'auteur, de l'histoire, à devoir sauter des pages, voire des chapitres, ou même à abandonner (je l'ai cent fois fait, j'en ai même lançé par la fenêtre, ou jeté à l'autre bout de la pièce)
Dans un futur assez proche, Pennsylvanie. On fait la connaissance de Shana, presque 18 ans, qui, avec sa soeur Vanessa, dite Nessie, 15 ans, aide son père à la ferme familiale, pour faire les fromages artisanaux depuis que leur mère est partie, deux ans plus tôt. Mais ce jour-là, Nessie ne la rejoint pas. Nessie n'est même pas là. Nulle part dans la maison. Ni même à la ferme. Et Shana aperçoit sa silhouette là bas, loin sur la route. Nessie est en pyjama. Pieds nus. Et elle marche, en avant, sans réagir aux cris de sa soeur. Elle semble regarder à travers Shana. Les yeux fixes. Elle ne s'arrête absolument pas. Shana essaye de la forcer en la prenant dans ses bras de toutes ses forces : en réaction Nessie se met à grimper en température, devient brûlante, ses yeux se mettent à saigner, et elle pousse un hurlement presque inhumain. Shana la lâche, court chercher son père, l'empêche de stopper Nessie, mais c'est la panique. Surtout lorsqu'une femme des environs, passant par un champ, arrive et suit Nessie, avec ce même regard mort, suivant la même direction. Shana décide de ne pas quitter sa soeur, marcher avec elle, jusque "ça s'arrête". Qu'elle se réveille enfin. Pour la protéger. Mais le nombre de "somnambules" augmente. Peu à peu au fil des jours. Lorsqu'ils sont une vingtaine, la plupart suivis par un membre de leur famille, les médias sont là, attirés par le phénomène, le CDC (Center for Desease Control = agence de contrôle des maladies et épidémies) est là, avec Benjamin, dit Benji, Sadie, et d'autres : medecins, biologistes, avec leur caravane/laboratoire. On parle du "troupeau" pour les somnambules, qui marchent jour et nuit, sans manger, ni boire, ni se soulager. Les amis, la famille qui les accompagnent parfois sont appelés les "Bergers". Les autorités de santé sont incapables de faire des analyses : les aiguilles pour les prises de sang se cassent sur la peau des marcheurs somnambules.
Le monde entier s'interroge. Les religieux s'y mettent, surtout les pasteurs de divers branches du Christianisme. Les suprémacistes blancs manifestent avec eux. Des pancartes parlant de l'Apocalypse, de la fin du monde, de la colère de Dieu se mêlent, au bord des routes que prennent les somnambules, les bergers et le cortège des voitures, avec celles criant au Complot du pouvoir en place, à un coup des terroristes du Moyen Orient, des Noirs, de tout ce qui n'est pas "Blanc". Certains Pasteurs prennent le pouvoir dans les médias, un candidat populiste de cette branche est en train de grimper dans les sondages.
C'est alors que le CDC est avisé d'une nouvelle possible épidémie. Depuis quelques années, des chercheurs ont créé une Intelligence Artificielle Prédictive. Cette machine passe à longueur de temps en revue toutes les données, privées ou publiques, Américaines ou mondiales qu'il peut trouver. Les murs Facebook, les tweets, tous les réseaux sociaux. le moindre compte rendu à propos de n'importe quoi. Et cette IAP, appelée Black Swan, prévient d'un début d'épidémie. En Amérique.
Et si l'auteur, Chuck Wending, a publié ce livre en 2019, on est saisis par la coïncidence. C'est troublant, c'en est même terrifiant. Parce que c'est respiratoire, c'est les masques, c'est les tests par écouvillons dans le nez, etc.
Et tout ce qu'un Stephen King pourrait écrire à propos du Covid 19 actuel, cet auteur l'écrit. le chaos, la montée des nationalistes, les frontières, les religions qui font dix fois plus d'adeptes, les sectes du Doomsday, Trump et sa colonie de gens prêts à n'importe quoi pour avoir le pouvoir et l'argent, et débarrasser l'Amerique de tous ceux qui n'ont pas la peau blanche, les pro-armes-jusqu'aux-dents, tout y est. Tout ce qui se passe, tout ce qui POURRAIT se passer.
Comme Stephen King (qui est plusieurs fois cité dans ce livre par des personnages, surtout "Le Fléau") Chuck Wending aime ses personnages. Les principaux, Shana et sa soeur, Benji le medecin, Sadie, qui a conçu Black Swan, et aussi Mattew, le pasteur et sa femme dépressive Autumn, Marcy, ex policière blessée lors un passage à tabac, Corley, vieux rockeur sur le retour....
Pas une seule page n'est inutile. Pas de "remplissage". Un style clair, fluide, parfait pour cette histoire.
Bref. Je le recommande. À tous ceux qui aiment les livres de SF, d'anticipation, les thrillers. C'est passionnant, et vraiment impossible à lâcher .
Lien : https://melieetleslivres.wor..
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
PieuvrellePieuvrelle   18 avril 2021
Pour lui, les bibliothèques étaient un moyen d'évasion : des endroits calmes, à défaut d'être totalement silencieux, et bien sûr, on y était entouré de livres.
Ces merveilleux, merveilleux livres.
Chaque livre était un coffre qui recelait un trésor de connaissances. L'avènement des bibliothèques modernes ne le dérangeait pas : l'introduction d'ordinateurs et autres "écrans" dans celles-ci ne faisait qu'accroître l'accès à l'information.
Cela faisait longtemps qu'il considérait que c'était là la condition indispensable à l'existence d'une société informée, une société inspirée à la fois par l'empathie et par l'esprit critique. La possibilité de savoir des choses qui étaient de l'ordre de la vérité ! - comptait pour lui parmi ce qu'il y avait de plus précieux au monde. Mieux encore, les bibliothécaires avait un rôle, dont ils s'acquittaient généralement à la perfection, qu'Internet était bien incapable d'assumer : ils étaient les videurs qui empêchaient la désinformation d'entrer. Ou, pour formuler les choses autrement, ils étaient les meilleurs vecteurs de transmission de la vérité. Benji avait toujours estimé que, tout comme les maladies avaient besoin de vecteurs robustes pour survivre, se développer et se propager, la force d'une société véritablement saine reposait sur de puissants vecteurs permettant aux bonnes informations de faire de même : survivre, se développer et se propager. Les sociétés malades étoufaient ceux qui disaient la vérité, dissimulaient des faits et coupaient court à tout débat (souvent de la pointe de l'épée ou du fusil). Comme disait l'autre, l'information veut être libre.
Une sociéte saine l'avait compris et faisait en sorte qu'il en soit ainsi.
Et les bibliothèques étaient le brillant et parfait exemple de cette contribution.
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PieuvrellePieuvrelle   16 avril 2021
Il lui sembla tout à coup qu'il était facile de condamner les êtres humains parce qu'ils constituaient, au bout du compte une force négative ; ce qu'ils étaient capables d'infliger au monde et à leurs congénères avait quelque chose de terrifiant. Le mal faisaient partie intégrante de ce monde. Les guerres et le terrorisme. La torture et la violence. Mais il savait aussi que, statistiquement, les pires représentants de l'humanité ne constituaient qu'un petit pourcentage de celle-ci - si l'on avait l'impression qu'ils étaient plus nombreux, c'est simplement parce que c'est ainsi que fonctionnent les choses. De la même manière qu'un commentaire déplacé peut vous ruiner une belle journée, ou qu'une seule crotte de souris peut gâcher le plus parfait des repas.
En fin de compte, pensa Benji, les gens étaient bons.
Paresseux, parfois. Ignorants, sans doute. Peut-être même enclins à vouloir délibérément fermer les yeux.
Mais ils étaient bons plus qu'ils n'étaient méchants.
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StelphiqueStelphique   13 avril 2021
Au-dessus d’eux, le ciel commençait lentement à s’éclairer alors que le soleil envoyait la promesse -ou la menace- d’un jour nouveau.
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michemuchemichemuche   11 avril 2021
Les bibliothécaires avaient un rôle,dont ils s’acquittaient généralement à la perfection,qu’internet était bien incapable d’assumer : ils étaient les videurs qui empêchaient la désinformation d’entrer.
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michemuchemichemuche   11 avril 2021
Cela faisait longtemps qu’il considérait que c’était là la condition indispensable à l’existence d’une société informée,une société inspirée à la fois par l’empathie et par l’esprit critique. La possibilité de savoir des choses - des choses qui étaient de l’ordre de la vérité.
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L'émission "Le coup de coeur des libraires est diffusée sur les Ondes de Sud Radio, chaque vendredi matin à 10h45. Valérie Expert vous donne rendez-vous avec votre libraire Gérard Collard pour vous faire découvrir leurs passions du moment ! • Retrouvez leurs dernières sélections de livres ici ! • • Les Piliers de la Terre de Ken Follett et Jean Rosenthal aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=16085&id_rubrique=21 • Notre-Dame de Ken Follett et Odile Demange aux éditions Robert Laffont https://www.lagriffenoire.com/1075402-article_recherche-ken-follett-notre-dame-a-short-history-of-the-meaning-of-cathedrals.html • le Voyage de Monsieur Raminet aux éditions Motifs https://www.lagriffenoire.com/1072790-poche-le-voyage-de-monsieur-raminet.html • le Lys de Brooklyn de Betty Smith et Maurice Beerblock aux éditions 10-18 https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=42566&id_rubrique=12 • Tout ira mieux demain de Betty Smith et Maurice Beerblock aux éditions Belfond https://www.lagriffenoire.com/1074538-litterature-anglophone-tout-ira-mieux-demain.html • L'Inconnu de la poste de Florence Aubenas aux éditions de l'Olivier https://www.lagriffenoire.com/1072157-essais-d-actualites-l-inconnu-de-la-poste.html • Victime 55 de James Delargy aux éditions Harper Collins Poche https://www.lagriffenoire.com/1070134-romans-victime-55---deux-suspects-deux-versions-un-serial-killer.html • Les Somnambules de Chuck Wendig et Paul Simon Bouffartigue aux éditions Sonatine https://www.lagriffenoire.com/1073524-litterature-anglophone-les-somnambules.html • • Chinez & découvrez nos livres coups d'coeur dans notre librairie en ligne lagriffenoire.com • Notre chaîne Youtube : Griffenoiretv • Notre Newsletter https://www.lagriffenoire.com/?fond=newsletter • Vos libraires passionnés, Gérard Collard & Jean-Edgar Casel • • • #lagriffenoire #bookish #bookgeek #bookhoarder #igbooks #bookstagram #instabook #booklover #novel #lire #livres #sudradio #conseillecture #editionslivredepoche #editionsrobertlaffont #editionsmotifs #editions1018 #editionsrobertlaffont #éditionsdelolivier #editionsharpercollinspoche #editionssonatine
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