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EAN : 9782020099134
148 pages
Seuil (01/04/1988)
3.85/5   50 notes
Résumé :
La langue est le bien commun de tous les hommes : chacun, en tant que sujet parlant, s'en fait donc une certaine idée. Mais, comme les langues sont nombreuses et diverses, cette idée se traduit souvent par un jugement de valeur, "d'où le besoin de classer, de comparer, d'opposer et donc de hiérarchiser les langues comme on l'a toujours fait des races, des peuples ou des individus". De là, nombre de préjugés, d'idées ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
La linguistique au service de la tolérance, un beau sujet!
Qu'est-ce que vous en pensez? le français est-il une langue plus pure que l'anglais par exemple? le russe une langue plus complexe que le woolof? L'italien plus harmonieux que l'allemand?
D'emblée, Marina Yaguello précise que l'objectif de ce livre est de combattre "les préjugés , les simplifications, les idées fausses [qui] peuvent présenter un danger de nature idéologique , nuire à la compréhension de l'autre, donner des arguments à toutes les formes de racisme, contribuer à l'obscurantisme. "
D'abord, une langue, qu'est-ce que c'est? Qu'est-ce qui la différencie d'un patois, d'un dialecte? le français est-il justement un patois qui a réussi?
Et puis que penser de l'influence des langues les unes sur les autres? Faut-il l'accepter? On pense bien sûre à tous ces anglicismes actuels, et à ce propos, je note deux réflexions que j'ai trouvées intéressantes:
-"Le système phonétique n'est qu'exceptionnellement touché par des influences étrangères. le Français a cependant intégré deux sons nouveaux par l'intermédiaire de mots d'emprunt: le dj de jean et de jazz et le ing de camping et parking".
-"En fait, ce qui est inquiétant, ce n'est pas le phénomène de l'emprunt en lui-même, dont toute langue se nourrit, mais la perte d'aptitude à "digérer" les mots étrangers en les intégrant phonétiquement et orthographiquement. Qui se souvient que "boulingrin" et "paquebot" (empruntés au dix-septième siècle) viennent respectivement de "bowling-green" et de "packet-boat"?"
Ce petit livre nous en apprend des tonnes sur les langues parlées sur Terre, et nous précise par la même occasion à quoi correspond le travail du linguiste. Un vrai bijou d'ouverture sur le monde et la parole, à garder dans sa bibliothèque pour tout ceux qui ont le goût des langues.

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Cette oeuvre est intéressante à plusieurs titres. Quoiqu'en en ayant étudié plusieurs langues au temps de la faculté de lettres —que je n'ai pas forcément retenues par la suite—, je ne me suis jamais posé certaines questions sur la nature des langues ou du langage de manière générale, et ces questions ont non seulement été posées tout au long des vingt-quatre chapitres du livre : elles ont aussi été répondues. À titre personnel, donc, je peux dire que cela m'a été fort utile de découvrir ce petit Catalogue des idées reçues sur la langue, de la linguiste Marina Yaguello, publié aux Éditions du Seuil (Points) il y a déjà un petit moment puisque la première édition est de 1998 (l'exemplaire auquel j'ai eu accès avait été imprimé en juin 2004).

Qu'est-ce qu'une personne qui, avec d'autres centres d'intérêts ou un parcours académique différent, et qui ne s'est pas forcément penchée à se renseigner sur les langues pourrait trouver dans ce livre ? D'abord, rassurez-vous, nous ne sommes pas devant une lecture compliquée, tant s'en faut. Si le lecteur a un tantinet de curiosité sur l'univers des langues, leur histoire et leur évolution, alors il apprendra quelques notions clé sur la linguistique : ce qu'elle examine, comment elle le fait, depuis quand, etc. Tout cela très succinctement et de façon assez claire.

Yaguello fit un super boulot avec cet ouvrage pour toutes ces raisons-là, mais également de par le fait qu'elle déconstruisit certains clichés qui ont la vie dure. Voyons seulement quelques-uns parmi eux : les linguistes seraient forcément des polyglottes (ou pire, ils séraient tous des puristes) ; la langue aurait un « génie » qui lui serait propre et qui ne changerait pas, voire très lentement ; il y aurait des langues plus importantes —toujours celles qui ont plus de locuteurs— par rapport à d'autres qui sont régionales ou minoritaires et qui sont dans cette condition car « moins aptes » à exprimer la modernité, etc. Une des idées centrales de l'oeuvre, d'ailleurs partagée par tout linguiste sérieux, est que n'importe quelle langue aura toujours la capacité d'exprimer tout, d'une façon ou d'une autre, et qu'aucune langue sera destituée de cette capacité naturelle à raconter le monde. Si les langues meurent aujourd'hui à pas de géant et avec elles les cultures qu'elles véhiculent, c'est une autre paire de manches... D'images d'Épinal sur les langues, le livre en regorge, il s'occupe d'en exposer une au début de chaque chapitre pour les déconstruire au fur et à mesure. Une à une, elles deviennent absurdes à nos yeux ou critiquables tout au moins.

Lorsque le lecteur ne s'y retrouve pas à cause de quelques termes plus techniques présents çà et là dans le texte, il peut les chercher dans le glossaire. Ils y sont tous.

Ce joli catalogue n'étant pas très gros (à peine 150 pages), la bibliographie placée en fin de volume tombe vraiment à pic. Elle contient des titres techniques tant en français (la majorité) qu'en anglais de Louis-Jean Calvet, Roman Jakobson, Claude Hagège, André Martinet, Ferdinand de Saussure, et j'en passe et des meilleurs.

Je donne seulement quatre étoiles et demi au lieu de cinq, parce qu'un livre comme celui-ci gagnerait à être tout de même un peu plus long.
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J'ai choisi de lire cet ouvrage, car il reprenait et complétait aisément des notions abordées dans mon cours de linguistique.

Ce petit livre, écrit dans une langue fluide et compréhensible par tous, et également illustré par de sympathiques dessins qui donnent une plus grande profondeur aux informations rapportées.

Marina Yaguello n'essaie pas de nous faire la morale, mais tente de nous faire ouvrir les yeux sur les préjugés qui découlent des langues. L'homme se fait des jugements de valeur sur les langues : la langue la plus facile à apprendre serait l'Anglais, la plus dure serait le Chinois, les Français seraient nuls en langue étrangère, le Français serait une langue complexe... Des stéréotypes qu'elle taxe de "linguistique spontanée" qu'il faut apprendre à combattre.

Dans le Catalogue des idées reçues sur la langue, l'histoire diachronique condensée des langues, de l'Ordonnance de Villers-Cotterêt de François Ier en 1539 jusqu'à la disparition permanente de langues aujourd'hui, nous donnera une vue d'ensemble du parcours effectué par les langues.
Une approche plus générale montre l'universalité des langues, et les points communs que les langues entretiennent entre elles - comme la catégorie des indos-européens, s'étendant de l'Inde à L'irlande et parlant le proto-langue.
Finalement, elle nous montre l'aspect réflexive des langues, avec l'écriture et la grammaire traditionnelle, qui fixent des règles identifiables et structurent convenablement les langues.

Un livre intelligent, intéressant, qu'il faut prendre le temps de savourer. Un livre métalinguistique qui enrichit profondément notre connaissance de la langue et élargit notre culture générale. J'ai bien apprécié faire cette découverte.
Lien : http://addictbooks.skyrock.c..
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Excellent! J'ai trouvé un défaut, un gros défaut: il est beaucoup trop court! J'étais frustrée d'arriver si rapidement à la fin.
Le livre est bien écrit, les chapitres sont clairs, avec de nombreux exemples, tout en étant rigoureux sur les termes employés.
C'était vraiment agréable de lire ce livre à petit prix (mon édition a une belle couverture turquoise et coûte 6.80€), je pense que ça ferait une belle idée cadeau aussi.
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J'étudie la linguistique en L3 et une professeure nous recommanda ce livre le premier jour. Marina Yaguello est bonne vulgarisatrice, n'omettant jamais l'aspect ludique, ce qui ne l'empêche pas de faire preuve de rigueur. L'ouvrage est facile d'accès, et traite surtout de sociolinguistique et de politique linguistique (domaines se prêtant mieux à la vulgarisation que, par exemple, des théories syntaxiques), ce qui n'est pas un reproche. Les chapitres sont très courts et le livre se termine assez vite. C'est donc une bonne entrée, à condition d'être complétée par des plats principaux indiqués dans une bibliographie thématique de fin d'ouvrage.

Je conseille également "Alice au pays du langage", de la même autrice.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Il est essentiel, pour aborder une langue étrangère, de se dégager des catégories et de la structure de la langue maternelle. On n'a pas toujours su le faire. Pendant longtemps en Europe et singulièrement en France, on a chercher à calquer les grammaires sur celle du latin. De la même façon, les premières descriptions de langues « exotiques », faites souvent par des missionnaires, reflètent la structure des langues de leurs auteurs (par exemple, la description du wolof par l'abbé Boilat au dix-neuvième siècle fait appel aux catégories du français, pourtant inapplicables à cette langue).
Page 73
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De même, dans les romans de science-fiction, la langue des méchants, lorsque l'auteur se donne la peine de nous en donner un échantillon, est délibérément rendue imprononçable et désagréable. Voici comment s'expriment, par exemple, les habitants de la planète Nazar : « Spik antik flok skak mak tab (1)».
(1) L. de Holberg, Nils Klim dans les planètes souterraines, Paris, 1741.
(Page 140)
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Nombre d'aptitudes innées, donc naturelles chez l'homme, ne se développent que dans un environnement culturel. La marche bipède et la communication verbale, c'est-à-dire le langage, en sont deux exemples. Les enfants sauvages, élevés par des animaux, marchent à quatre pattes et ne parlent pas. Ils possèdent l'aptitude au langage mais ils ne la projettent pas dans une langue. Et il ne saurait en être autrement.
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Parce que la langue est le bien commun de tous, chacun de nous, sujet parlants, se fait une certaine idée de la langue, idée qui se traduit pas des jugements de valeur que le linguiste professionnel habité par le souci de l'objectivité scientifique, est amené à taxer d'idées reçues et de préjugés.
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On attribue à un pharaon de l'ancienne Egypte, ainsi qu'au roi Frédéric II de Prusse, une expérience aberrante consistant à isoler un enfant nouveau-né de tout "bain linguistique" afin de découvrir quelle serait la langue parlée spontanément par un individu élevé à l'état naturel, langue qui aurait été alors celle du premier homme. On imagine leur déception.
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Video de Marina Yaguello (1) Voir plusAjouter une vidéo

Le sexe des mots
En français les mots ont un genre. Est ce affaire de pure convention comme le prétendent les grammairiens (qui sont en général des hommes)ou bien l'illustration de la misogynie masculine? Sur le plateau trois femmes, féministes :Nicole Lise BERNHEIM et Mireille CARDOT auteurs de " Mersonne ne m'aime,"polarde" dont Bernard PIVOT raconte la trame et Marina YAGUELLO auteur de "les mots et les...
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