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EAN : 9782020057950
208 pages
Seuil (01/03/1981)
4.17/5   43 notes
Résumé :
Jouer avec le langage, c'est en violer les règles, la norme, c'est tirer parti de ses points faibles, de l'ambiguïté, de l'homophonie. Mais calembours et contrepèteries, mots valises, charades, slogans, comptines manifestent tout autant et même plus que le discours conforme à la norme, la compétence linguistique des sujets parlants. Ne peut jouer de et avec la langue que celui qui la possède à fond. Le jeu, la déviance poétique, sont sous-tendus par une analyse ling... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Comme beaucoup d'autres étudiants de Lettres, j'ai reçu comme conseil, de certains de mes profs, la lecture de ce livre. J'ai attendu longtemps avant de le lire enfin, mais je le gardais dans un coin de ma tête. le temps passant, j'en attendais chaque année davantage.
Aujourd'hui c'est chose faite (ou presque, il me reste encore vingt petites pages, mais comme il n'y pas d'intrigue, il n'y aura pas non plus de rebondissements, et je peux rédiger cette critique en toute sérénité...) et il a parfaitement répondu à ce que j'en attendais!
Pour tout curieux ou amoureux de la langue, des mots, des tournures, et à condition de ne pas être hermétique à toute évolution de la langue, à ses possibles déviances, aux manipulations qu'elle subit que ce soit dans la bouche de poètes, d'enfants ou d'étrangers, ce livre est pour vous, lisez-le si ce n'est déjà fait!
Marina Yaguello a pris le parti de regrouper ici les grandes théories linguistiques et des les rendre accessibles à tous les non-spécialistes. Ca n'empêche pas un essai d'une grande rigueur et d'une grande précision.
Prenant régulièrement les deux récits de Lewis Caroll comme exemple, ainsi que les textes de Robert Desnos, entre autres, l'auteure décortique pour nous le sens, le son, la poétique et tout ce qui relève de l'inconscient dans le choix de tel mot ou telle syntaxe. Elle nous révèle la richesse inépuisable de la langue, ses changements constants.
J'ai pris un énorme plaisir à lire ce livre absolument pas rébarbatif, à tel point que plusieurs fois, le matin, j'ai dû m'arracher à sa lecture avec regrets. J'ai trouvé cette manière d'aborder la langue très fraîche et enthousiaste, on y devine sans difficulté que Marina Yaguello aime sa discipline et n'en finit pas d'être étonnée par ses ressources.
Enfin, Alice au Pays du langage m'a permis de dépoussiérer un peu ce jargon linguistique et poétique que j'ai tendance, le temps passant, à oublier!
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Alice ça glisse ... au Pays des Merveilles ...
Par associations d'idées, je passe d'Alice au Pays des Merveilles à Alice au Pays du Langage à Alice ça glisse* ... Car je pense aux glissements de sens, je pense aussi à Alice qui se laisse glisser dans le tunnel du Lapin Blanc et je pense à moi qui glisse aussi.
Alice est allègrement citée dans cet essai de vulgarisation linguistique mais elle n'est pas la seule à être convoquée au Pays du Langage : il y a Humpty Dumpty, Lewis Carroll, la Reine, Ionesco qui nous fait la Leçon, Robert Desnos ♥, Queneau , il y a des comptines, des proverbes, des histoires drôles, de quoi se faire une petite collection de mots rigolos. L'essai est ludique en plus d'être pédagogique, surtout au début car dès qu'on arrive aux chapitres sur la phonologie, forcément, on grince un peu plus des dents, notamment à cause des consonnes dentales (ces consonnes dont le lieu d'articulation se situe au niveau des dents). Aïe, j'ai mal aux dents car pour prononcer "dents", j'ai dû se faire s'entrechoquer mes dents ... Aïe ... (Oui Marina Yaguello a perdu une étoile dans ma note à cause de la sensibilité de ma dentition). Malgré tout, elle m'a bien amusée avec ses exemples, alors j'ai souri et même ri à la lecture de cet essai, c'est pourquoi je le recommande à ceux qui veulent s'initier à la linguistique ou à ceux qui comme moi sont nostalgiques de leurs cours de linguistique ( oui je suis bizarre comme fille, j'ai de drôles de nostalgies).
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Même si cet essai sur la linguistique date du début des années 80, et qu'il pourrait tout à fait être aujourd'hui étoffé de bien d'autres faits, anecdotes, habitudes langagières et autres memes verbaux, il n'en reste pas moins très complet et très intéressant.
En plus d'être intéressant il est aussi amusant ; de fait, il est basé sur l'humour et les jeux de mots (calembours, charades, contraintes littéraires, définitions de mots croisés, néologismes, slogans, etc.) et sur les romans de Lewis Caroll : Alice au Pays des Merveilles et de l'autre côté du miroir.
Il est normalement écrit pour des gens qui n'y connaissent rien en linguistique (même s'il utilise du vocabulaire assez spécifique parfois) et surtout pour que l'on se rende bien compte (si on en doutait encore) que c'est nous, les locuteurs et locutrices qui faisons la langue, et non pas telle ou telle institution académique, car c'est bien l'usage qui finit par faire loi.
Avec force exemples provenant d'Alice..., de poèmes (surtout surréalistes), de textes oulipiens, l'autrice nous montre la linguistique via le prisme de l'humour, l'humour grâce au langage. Elle nous explique les fonctions du langage (expressive, incitative, référentielle, phatique (qui ne sert finalement pas à rien), métalinguistique et ludique, et bien d'autres choses encore que je ne peux vous résumer ici, évidemment.
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J'ai commencé ce livre pour que mes cours de linguistiques soient un peu moins abscons. Je n'avais aucune notion, j'étais le lecteur type visé par l'autrice. Je ne dirais pourtant pas que j'ai tout saisi, loin de là. Toutefois, il est vrai que ce voyage au pays du langage m'a instruit et quand il ne m'instruisait pas car je ne comprenais pas tout, tout du moins, il m'amusait. Il est rapide à lire, facile. Après, il s'agit de concepts et je pense que ces concepts sont assez complexes pour nécessiter parfois deux explications. Ce n'est donc pas du fait de l'autrice mais de mes connaissances personnelles que ce livre m'a semblé un peu dur.
Il m'a quand même ouvert des portes.
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Ouvrage lu car la linguistique m'intéresse (j'étudie les Sciences du Langage), et que j'ai recommandé à mon père, friand amateur de jeux de mots. D'un point de vue disciplinaire, rien à redire, je connaissais déjà un peu de linguistique mais une personne n'y connaissant rien pourrait le lire en comprenant tout. D'un point de vue culturel, les divers exemples littéraires (notamment de la fameuse Alice, au pays des merveilles ou de l'autre côté du miroir) sont enrichissants et font prendre conscience de tous les problèmes que peut soulever une simple parole.

Comme écrit dans une critique du Catalogue des idées reçues sur la langue, Marina Yaguello sait vulgariser. Un livre que je recommande.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
En français du Sénégal, on relève par exemple: "gaucher" pour "tourner à gauche", "linger" pour "faire la lessive", "indexer" pour "critiquer", "cadoter" pour "faire cadeau".
Il faut se féliciter et non s'affliger de ce phénomène qui est une preuve de dynamisme de toute langue, bien préférable au paresseux emprunt; et qui donne, en plus, des motifs de rire ou de se réjouir!
p.68
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Le duel verbal, cet affrontement rituel en paroles, tel qu'il se pratique, par exemple, chez les jeunes Turcs pré-adolescents, exige de ceux-ci une virtuosité dans l'art d'enchaîner et de faire rimer les reparties et les insultes. Il s'agit d'un rite de passage, d'une initiation qui ouvre l'accès au monde des hommes. Chez les jeunes Noirs des ghettos américains, la pratique de l'insulte rituelle, qui accompagne la traversée de l'adolescence, a une fonction de défoulement. Elle est un substitut à l'agressivité et exige également un maniement virtuose de la langue: rimes, calembours, doubles sens, figures de style s'enchaînent à une cadence rapide.
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Si on vous présente deux mots inconnus: "mil" et "mal", et qu'on vous dit que l'un veut dire "grande table" et l'autre "petite table", il y a tout à parier que vous associerez "mal" à l'idée de grandeur et "mil" à l'idée de petitesse (expérience de Sapir). Ceci étant lié, bien sûr, au degré d'ouverture des voyelles ("i" est fermé, "a" est ouvert).
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Réversible dans le délire religieux, la glossolalie peut être permanente dans les cas les plus aigus d'aphasie. Il s'agit alors d'une déstructuration totale du langage, d'où toute intentionalité, donc toute interprétation sémantique est bannie. L'agrammaticalité est totale.
Exemple de glossolalie pathologique :

Il y a quelqu'un qui me contrôle ... Un gars qui m'a parlé dans la tête : "Tu vas travailler pour moi." ... J'ai senti quelque chose qui rentrait dans mon corps, comme une vision qui rentrait dans mon corps ... Il était en dedans de moi ... J'entendais toujours des voix ... Je parlais comme ça, avec des termes. Ca sort toujours tout seul ... oui, je suis poussé à parler ... la première langue que j'ai commencé à parler, c'est :
La / k↓RabyzebiRjasj↓/ /lik↓m/ /banal/ de /Roek↓keRjasj↓/ /ƹtrabeRekal/ /bRakal/ /Rjanik/ et / binercmenal/ /brakal/ de / Roekckerjasjc/ /mambRan/ d'une /bRideRigasjc/ /pineRcmenal / /bRaval /. En /Roekcpterjanis/ /etRabeRegal/ /bRakal/ /Rjanik/ et /bineRcmanal/ /brabal/ de /Roekcmderjanis/ /ƹtRaberygal/ / bineRcmenal/ /bRakal/ /Rjanik/ et /bineRcmenal/donne des /bRideRigasjc/ /nesƹ/ /pampaRe/ /pteRi/ /bRakal/
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Demandez aux gens autour de vous s'ils connaissent beaucoup de mots terminés en o. On vous répondra : "Mais non, voyons, à part métro, style (qui sont des abréviations), piano ( qui est un mot étranger), dodo ( qui est un mot d'enfant), je n'en vois guère." Effectivement, on n'en voit ni n'écrit guère, mais on en entend et on en prononce tout le temps. Phonétiquement, la finale [o] est une des plus répandues en français. Faites le même test avec les mots terminés en e : "Mais oui, il y en a des quantités." En réalité, aucun, car e est toujours muet en fin de mot (sauf dans le Midi). Contrairement aux apparences, tous les mots en e se terminent en réalité par une consonne. Et les mots se terminant par une consonne graphique se terminent en réalité le plus souvent par une voyelle puisque la plupart des consonnes finales sont muettes. Les locuteurs scolarisés ont donc de leur langue une image complètement déformée, car le mot écrit s'imprime dans la conscience et vient interférer avec la réalité phonique, qui, elle, est trop évidente pour être perçue sans effort.
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Video de Marina Yaguello (1) Voir plusAjouter une vidéo

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En français les mots ont un genre. Est ce affaire de pure convention comme le prétendent les grammairiens (qui sont en général des hommes)ou bien l'illustration de la misogynie masculine? Sur le plateau trois femmes, féministes :Nicole Lise BERNHEIM et Mireille CARDOT auteurs de " Mersonne ne m'aime,"polarde" dont Bernard PIVOT raconte la trame et Marina YAGUELLO auteur de "les mots et les...
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