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Bernard Raffalli (Éditeur scientifique)
ISBN : 2080702823
Éditeur : Flammarion (01/01/1976)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 67 notes)
Résumé :
Choix de lettres, préface, chronologie, histoire des lettres, dictionnaire des personnages par Gilbert Sigaux
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
  27 juin 2013
J'ai une tendresse particulière pour Madame de Sévigné. Cette pauvre femme a accumulé les malheurs dans sa vie. Jugez plutôt : Née le 05 février 1626, celle qui se nommait alors Marie de Rabutin-Chantal perd son père un an plus tard et sa mère à l'âge de sept ans. Elle est alors élevée par sa famille maternelle et recevra son éducation des religieuses de la Visitation dont la fondatrice n'était autre que sa grand-mère paternelle, Jeanne de Chantal.

Belle et cultivée, (et je ne parle pas de sa fortune), elle attire inévitablement les partis. A dix huit ans, elle épouse le marquis Henri de Sévigné. Hélas, il la ruine à moitié et la délaisse. Une des ses aventures amoureuses le conduira d'ailleurs en duel au cours duquel il perdra la vie. La Marquise devient veuve à vingt cinq ans avec deux enfants à charge, Charles et Françoise.

Dès lors, elle n'aura de cesse de bien élever sa progéniture et de remettre de l'ordre dans ses affaires. Lorsque sa fille épouse M. le Comte de Grignan et que le couple déménage en Provence, Madame de Sévigné en éprouve une tristesse extraordinaire, un déchirement des plus douloureux. Les lettres à sa fille sont parmi les plus émouvantes. Cependant, le genre épistolaire ne lui servait pas qu'à communiquer avec sa descendance. Elle lui permettait également de retranscrire tous les événements que vivait sa société.

Cette correspondance, d'une richesse inouïe, ne fut publiée que bien après sa mort (celle-ci étant survenue en 1696, ses lettres ne furent publiées qu'à partir de 1725). J'aime beaucoup lire et relire ces textes.

Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Epictete
  20 décembre 2013
A l'heure des mails rapides et irréfléchis, cela fait du bien de se replonger dans des textes épistoliers de grande qualité. On y traite de tout, de choses plus ou moins importantes.
En tout cas cela donne envie de reprendre du papier et sinon une plume, au moins un stylo et d'écrire à nouveau à quelques connaissances.
D'autant quand cette lecture correspond à une période de voeux.
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Aela
  15 février 2011
Madame de Sévigné, une grande dame qui fut une infatigable épistolière, une pionnière des reportages. Un grand art du récit, qu'elle sait rendre captivant (voir citation: le suicide de Vatel).
Un grand art pour manier le sensationnel.
Que de talent déployé pour maintenir l'intérêt (et l'amour) de sa fille Madame de Grignan, exilée en Provence...!!
Le XVIIème siècle a été une période importante pour la correspondance privée: Louis XIII crée la Poste aux Lettres, qui facilite la centralisation du pouvoir mais aussi la libre circulation des idées, ce dont a bénéficié notre intarissable marquise.
Enfin pour souligner encore plus, si besoin était, le talent de notre marquise, citons Virgina Woolf qui, en 1942 s'exprimait au sujet de Mme de Sévigné:
"Cette grande dame, cette robuste et féconde épistolière, qui, à notre époque aurait sans doute été une romancière parmi les plus grands, prend plus de place dans la conscience vivante des lecteurs d'aujourd'hui que tout autre personnage de son époque disparue.." (The death of the Mother and Other Essays 1942)
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Adrienne
  27 septembre 2012
Dès les premières lettres de la Marquise à sa fille j'ai eu envie d'entendre sa voix à elle, la belle Françoise qui a causé tant de douleur à sa mère en suivant son époux dans sa lointaine Provence.
Malheureusement, il semblerait que celle-ci a détruit toute cette partie de la correspondance pour ne conserver que les lettres de sa mère.
Quel dommage! me dis-je au fil de ma lecture.
Et parfois, ou même souvent, l'envie me vient de les imaginer, ces lettres de madame de Grignan, et de les écrire moi-même Langue tirée
Le 6 février 1671, deux jours après le départ de sa fille, madame De Sévigné lui écrit ceci:
"Ma douleur serait bien médiocre si je pouvais vous la dépeindre; je ne l'entreprendrai pas aussi. J'ai beau chercher ma chère fille, je ne la trouve plus, et tous les pas qu'elle fait l'éloignent de moi. Je m'en allai donc à Sainte-Marie, toujours pleurant et toujours mourant: il me semblait qu'on m'arrachait le coeur et l'âme (...); j'y passai jusqu'à cinq heures sans cesser de sangloter: toutes mes pensées me faisaient mourir. (...) mais en entrant ici, bon Dieu! comprenez-vous bien ce que je sentis en montant ce degré? (...) Comprenez-vous bien tout ce que je souffris? Les réveils de la nuit ont été noirs, et le matin je n'étais point avancée d'un pas pour le repos de mon esprit."
pages 69 et 70 de mon édition GF 282
Que répondre à une mère qui ne se satisfait pas d'une "médiocre douleur"?
Qui ne veut pas "entreprendre de la dépeindre" mais qui ne fait que ça dans toute sa lettre... ainsi que dans toutes les autres?
Qui vous reproche de ne pas assez étaler la vôtre, de douleur, et qui, si vous en parlez avec les termes qui lui plaisent, vous reproche d'avoir préféré suivre un époux au lieu de rester près d'elle?
A-t-on le droit d'être heureuse loin d'elle et de le lui dire?
Lien : http://adrienne.skynetblogs...
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Kaya
  02 juillet 2013
Les lettres de Mme de Sévigné, c'est un peu l'ancêtre de la presse People, en plus classe !
Certaines lettres sont drôles et légères, d'autres sont plus angoissées : l'amour, la mort, la famille, le mariage, tous les grands thèmes passent sous la plume légère mais juste de Mme de Sévigné !
J'avoue ne pas avoir lu l'entièreté de l'oeuvre : cette correspondance se savoure par petites bouchées, entre deux romans, lorsque l'on a envie de s'immerger dans le xviie, pas toujours si différent de notre xxie siècle...
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critiques presse (1)
NonFiction   20 juillet 2011
Comme Thierry Sarmant le souligne lui-même, les historiens n’apprendront rien de particulier en ces pages. L’amateur en revanche trouvera des textes de référence qu’il faut connaître et qu’il sera désormais aisé de retrouver ; les professeurs un corpus à utiliser en classe ; le littéraire une langue de qualité remise dans le contexte de son énonciation. Une ambition limitée mais un livre qui remplit parfaitement la mission de diffusion qu’il s’assigne
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   27 juin 2013
(...) Je me suis mise à vous écrire au bout de cette petite allée sombre que vous aimez, assise sur ce siège de mousse où je vous ai vue quelquefois couchée. Mais, mon Dieu, où ne vous ai-je point vue ici ? et de quelle façon toutes ces pensées me traversent-elles le cœur ? Il n'y a point d'endroit, point de lieu, ni dans la maison, ni dans l'église, ni dans le pays, ni dans le jardin, où je ne vous aie vue. Il n'y en a point qui ne me fasse souvenir de quelque chose de quelque manière que ce soit. Et de quelque façon que ce soit aussi, cela me perce le cœur. Je vous vois ; vous m'êtes présente. Je pense et repense à tout. Ma tête et mon esprit se creusent, mais j'ai beau tourner, j'ai beau chercher, cette chère enfant que j'aime avec tant de passion est à deux cents lieues de moi ; je ne l'ai plus. Sur cela, je pleure sans pouvoir m'en empêcher ; je n'en puis plus, ma chère bonne. Voilà qui est bien faible, mais pour moi, je ne sais point être forte contre une tendresse si juste et si naturelle. Je ne sais en quelle disposition vous serez en lisant cette lettre. (...)

Lettre de Madame de Sévigné à Madame de Grignan.
24 mars 1671
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CalibanCaliban   30 octobre 2016
A Paris, ce mardi 4° décembre 1668.
...Mais voici encore un autre article sur quoi je veux que vous me contentiez, s'il vous reste un brin d'amitié pour moi .Je sais que vous avez mis au bas du portrait que vous avez de moi, que j'ai été mariée à un gentilhomme breton, honoré des alliances de Vassé et de Rabutin . Cela n'est pas juste, mon cher cousin . Je suis depuis peu instruite de la maison de Sévigné, que j'aurais sur ma conscience de vous laisser dans cette erreur . Il a fallu montrer notre noblesse en Bretagne, et ceux qui en ont le plus ont pris plaisir de se servir de cette occasion pour étaler leur marchandise . voici la nôtre :
Quatorze contrats de mariage de père en fils; trois cent cinquante ans de chevalerie; les pères quelquefois considérables dans les guerres de Bretagne, et bien marqués dans l'histoire; quelquefois retirés chez eux comme des Bretons; quelquefois de grands biens, quelquefois de médiocres; mais toujours de bonnes et de grandes alliances . Celles de trois cent cinquante ans , au bout desquels on ne voit que des noms de baptême,sont du Quelnec, Montmorency, Baraton et chateaugiron . Ces noms sont grands; ces femmes avaient pour maris des Rohan et des Clisson . Depuis ces quatre, ce sont des Guesclin, des Coëtquen, des Rosmadec, des Clindon, des Sévigné de leur même maison, des du Bellay, des Rieux , des Bodégat, des Plessis-Tréal et d'autres qui ne me reviennent pas présentement, jusqu'à Vassé et jusqu'à Rabutin . Tout cela est vrai, il faut m'en croire [...] Je vous conjure donc, mon cousin, si vous me voulez obliger, de changer votre écriteau, et si vous n'y voulez point mettre de bien, n'y mettez point de rabaissement . J'attends cette marque de votre justice , et du reste d'amitié que vous avez pour moi .
Adieu,mon cher cousin . Donnez-moi promptement de vos nouvelles , et que notre amitié soit désormais sans nuages .
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AelaAela   15 février 2011
Le Roi arriva jeudi au soir. La chasse, les lanternes, le clair de lune, la promenade, la collation dans un lieu tapissé de jonquilles, tout cela fut à souhait. On soupa. Il y eut quelques tables où le rôti manqua, à cause de plusieurs dîners où l'on ne s'était point attendu. Cela saisit Vatel. Il dit plusieurs fois: "Je suis perdu d'honneur; voici un affront que je ne supporterai pas;" Il dit à Gourville: "La tête me tourne, il y a douze nuits que je n'ai dormi. Aidez-moi à donner des ordres." Gourville le soulagea en ce qu'il put.
Lettre du dimanche 26 avril 1671, à Madame de Grignan
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crapettecrapette   01 juillet 2016
Nous avons fort causé ; une de nos folies a été de souhaiter de découvrir tous les dessous de cartes de toutes les choses que nous croyons voir et que nous ne voyons point, tout ce qui se passe dans les familles, où nous trouverions de la haine, de la jalousie, de la rage, du mépris au lieu de toutes les belles choses qu'on met au-dessus du panier, et qui passent pour des vérités. Je souhaitais un cabinet tout tapissé de dessous de cartes au lieu de tableaux ; cette folie nous mena bien loin, et nous divertit fort.
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