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3.82/5 (sur 1114 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Brest , 1974
Biographie :

Alex Cousseau est un auteur de littérature jeunesse français.

Après des études d’arts plastiques et d’audiovisuel et des postes d’enseignant, Alex Cousseau s’est lancé dans l’écriture et a publié plusieurs albums à l'École des Loisirs dont son premier livre Les Trois Loups en 2002 et plusieurs textes aux éditions du Rouergue.

Il vit aujourd'hui près de Quimperlé.

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Entretien avec Alex Cousseau, à propos de son roman Le fils de l`ombre et de l`oiseau



21/11/2016

Votre roman met en scène Poki et ses descendants sur plusieurs générations. L’aventure prend place en Amérique du sud, et plus précisément autour de la Patagonie. Vos héros visitent tour à tour l’île de Pâques, Sala y Gomez, ou encore la ville de Valparaiso. Pourquoi avoir choisi cette région du globe ? De quoi vous êtes-vous inspiré pour décrire ces décors exotiques ?

Tout a commencé par un autre roman, Les trois vies d`Antoine Anacharsis, où pour sa troisième vie mon personnage faisait une escale par Valparaiso avant de revenir là où il est né, près de Madagascar. Pour le faire passer de l’océan Pacifique à l’océan Atlantique, je le faisais alors traverser rapidement le continent sud américain au dix neuvième siècle. Mais en faisant des recherches sur cette époque et ce continent, j’ai découvert qu’il y avait là matière à un autre roman. C’est devenu Le fils de l`ombre et de l`oiseau.


Poki et son fils Pawel connaissent des destins incroyables, tous deux portés par d’inébranlables rêves. Comment sont nés ces personnages ? Comment avez-vous imaginé leurs incroyables aventures ? Connaissiez-vous chaque étape de leur parcours en commençant à rédiger le roman ?

Je n’écris pas de plan ou de scénario, je ne sais pas ce qui va se passer. Même quand je place des balises pour me repérer, elles ont tendance à se déplacer. Je préfère me laisser porter par mes recherches, par mes personnages, par la vie. Pour ce roman, entre les premières idées et le point final, il s’est passé presque trois ans. J’ai besoin de ce temps pour écrire. Je me perds, je fais du hors-piste, j’expérimente, je rate beaucoup, et j’avance au ralenti mais c’est une vraie aventure. Je suis le premier surpris par le destin de mes personnages, et c’est un plaisir immense.


Ces rêves sont la pierre angulaire de la vie de vos personnages. Chacun possède les siens et ne vit que pour les réaliser. Pawel cherche d’ailleurs à se détacher des rêves de sa mère et pense qu’il ne sera devenu lui-même que lorsqu’il aura identifié ses propres rêves. Pourquoi avoir soulevé cette question ? Quel importance accordez-vous aux rêves aujourd’hui ?

Une vie sans rêve est triste à mourir, non ? Il me semble que dans les rêves, on trouve cette curiosité, cette étrangeté, cet émerveillement, cette poésie, cet élan dont on a besoin tous les jours. Je me nourris des rêves pour écrire des fictions. La réalité m’intéresse tout autant, mais entre les deux je ne choisis pas. Disons que je suis comme un pagayeur sur son kayak. Un coup je rame à droite, un coup je rame à gauche, un coup dans les rêves et un coup dans la réalité. Si je ramais du même côté, je finirais par tourner en rond.


Plusieurs de vos personnages sont fascinés par le fait de voler. Une partie du roman se déroule d’ailleurs à l’époque des premiers avions. Pourquoi avoir donné ce rêve à vos personnages ? Pourquoi avoir choisi cette époque ?

C’est une envie que beaucoup d’entre nous partagent, il me semble. S’envoler, flotter dans les airs, faire l’oiseau, ça me parle énormément. Les avions, pas spécialement, je n’ai pas choisi l’époque pour ça. Mais les débuts, oui. Les débuts de l’histoire de l’aéronautique, ce sont d’abord des hommes qui font tout pour réaliser des rêves un peu fous, et là je m’y retrouve.


Votre roman est en réalité le récit que font les petits-enfants de Poki à voix haute et constitue finalement une histoire dans une histoire. Pourquoi avoir choisi la voie du récit pour votre roman ? Cette forme s’est elle imposée à vous ou bien est-ce un choix volontaire ?

L’idée, c’était de suivre plusieurs générations sur un siècle. Voir ce qui se transmet (de la grand-mère au père aux petits-enfants). Les souvenirs, les rêves, les faits. Ce qui se répète, et les ruptures. Ce qu’on a envie de croire, et ce qui se transforme. Comment, par le récit, la réalité peut être soulevée et devenir légende.


Dans votre roman, le réel se mêle souvent à l’imaginaire et vos personnages débattent d’ailleurs de ce sujet à plusieurs reprises. Est-ce un doute que vous appréciez ressentir en tant que lecteur ? Est-ce un flou que vous aimez entretenir en tant qu’auteur ?

Ah oui alors ! En tant que lecteur tout autant qu’en tant qu’auteur, j’adore me balader à la frontière. Dans l’imaginaire, cet espace où coexistent le réel et l’irréel.


Ce récit n’est pas votre premier roman d’aventure. Qu’est ce qui vous plait particulièrement dans ce genre ?

Ce qui me plaît, c’est l’aventure dans tous les sens du terme. L’aventure de l’écriture qui ne ressemble pas à un voyage organisé. Partir sans savoir, sans connaître, parfois même sans objectif précis. Et découvrir, apprendre, se laisser surprendre.


Alex Cousseau et ses lectures

Quel est le livre qui vous a donné envie d’écrire ?

Il y en a beaucoup. Je me rappelle surtout de mes lectures de lycée. La découverte de Franz Kafka, de Samuel Beckett, du William Faulkner de Tandis que j`agonise, de la folle et douce écriture de Richard Brautigan, et de quantité de poètes qui m’ont donné le goût des mots. Pas forcément des auteurs catalogués «jeunesse», donc.


Quel est l’auteur qui aurait pu vous donner envie d’arrêter d’écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?

Je n’ai jamais eu ce sentiment, parce que je crois qu’on peut essayer d’écrire humblement et avec exigence, mais sans se prendre pour tel ou tel auteur exceptionnel. J’écris sur mon petit bonhomme de chemin.


Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

À quinze ans, j’ai commencé un cahier où je note toutes mes lectures (le titre, le nom de l’auteur, le mois et l’année où je l’ai lu). Et le premier livre qui figure sur ce cahier est un de ceux qui m’a marqué, Les Oiseaux, de Tarjei Vesaas.


Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Je crois que c’est justement Les Oiseaux.


Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

Aucune honte ! Il y a plein de classiques que je n’ai jamais lu, et tant pis ! Il y a tant et tant de livres à lire (et pourtant je lis énormément), une vie ne suffit pas...


Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Des perles, j’en ai tout un sac, alors c’est difficile de choisir ! Dans mes dernières grandes émotions littéraires, disons Annabel de Kathleen Winter.


Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

Aucune idée. Je préfère parler de ce que j’aime que de ce qui me déçoit.


Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Fétiche, non. Mais je peux répéter celle que j’ai mise en exergue du Le fils de l`ombre et de l`oiseau, elle est de Jim Harrison dans un recueil de poèmes qui s’intitule Théorie et pratique des rivières : «La tête est une ancre de nuages / que les pieds doivent suivre. / Voyagez léger, dit-il, / ou ne voyagez pas.»


Et en ce moment que lisez-vous ?

Cet automne j’ai dévoré plusieurs nouveautés grâce à ma compagne qui est bibliothécaire. Parmi mes préférés, Le fils de mille hommes de Valter Hugo Mãe, Un travail comme un autre de Virginia Reeves, Sur cette terre comme au ciel de Davide Enia, et Voici venir les rêveurs d’Imbolo Mbue. J’ai aussi découvert Susan Fletcher, avec Un bûcher sous la neige. Et actuellement je suis en train de lire Le garçon de Marcus Malte Malte.



Entretien réalisé par Marie-Delphine

Découvrez Le fils de l`ombre et de l`oiseau de Alex Cousseau aux éditions Le Rouergue :


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Le nouvel opus des aventures de Charles par Alex Cousseau et Philippe-Henri Turin, disponible en librairie : https://www.seuiljeunesse.com/ouvrage/le-voyage-fantastique-de-charles-alex-cousseau/9791023517927

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Citations et extraits (239) Voir plus Ajouter une citation
La nature humaine s'avère plus compliquée à déchiffrer que n'importe quel cryptogramme.
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"Je vais naître trois fois. A l'âge de 16 ans, on me tranchera la langue, mais rien ne m'empêchera de raconter mon histoire jusqu'au bout. Rien ni personne. Je vivrai. Je mourrai, et puis je renaîtrai."
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chapitre 1
 
Bientôt je vais naître. Je vais naître pour ma première vie du dehors et connaître la lumière du jour et savoir ce que c’est que d’être vivant à l’air libre.
 
Je m’appelle Taan. Ou Antoine. Ou Anacharsis. Peu importe pour l’instant. Je vais naître trois fois. À l’âge de 16 ans, on me tranchera la langue, mais rien ne m’empêchera de raconter mon histoire jusqu’au bout. Rien ni personne. Je vivrai. Je mourrai, et puis je renaîtrai. Je connaîtrai des joies et des humiliations. Je ferai plusieurs tours du monde. Mon histoire commencera au large de Madagascar, sur une petite île nommée Nosy Boraha, ou Sainte-Marie par les Européens. Une île idéalement placée en marge de la route des Indes. C’est de là que je partirai, et c’est là qu’à la toute fin je reviendrai.
 
Pour l’heure, je suis au chaud au fond du ventre, plié comme le mystérieux bout de papier à l’intérieur du médaillon que ma mère porte autour du cou. De la taille d’un haricot. Je germe. Mon cœur est une petite bosse, mes yeux deux courtes saillies, mes lèvres restent à dessiner, avec les deux minuscules fentes que sont mes oreilles je n’entends pas encore les bruits, mais déjà ma mère communique avec moi.

(Incipit)
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Dans les films, comme dans la vie, il arrive que les cow-boys et les Indiens deviennent amis.
C'est plus rigolo.
Et puis ça tient chaud.
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Notre tête est la plue puissante des forteresses.
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Mon souffle est bien trop faible
pour les incendies
Je ne crache que des mots,
que de la poésie...
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Qu'ils ont l'air bête. Qu'ils sont bas.
Vu d'en haut on ne voit que leurs têtes
Chacun semble si plat
On dirait des omlettes...
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Une idée moisie (...) c'est une idée qui sent le renfermé, parce qu'elle reste dans la tête de quelqu'un de fermé, au lieu de prendre l'air avec les idées des autres. (p.48)
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Je voulais être le roi pour décider des choses impossibles. Je voulais des oiseaux partout, des feux d'artifice.
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Un cheval, mais pas mon cheval. Parce qu'on m'a appris qu'un cheval n'est à personne. Pareil que le vent. Pareil que la pluie et le soleil. On ne dit pas mon vent, ni ma pluie, ou mon soleil. Alors on ne doit pas non plus dire mon cheval.
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