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Note moyenne 3.53 /5 (sur 17 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 20/01/1964
Biographie :

Nadine Ribault est une écrivaine.

Elle commence des études de lettres à Metz qu’elle poursuit à Paris. Elle enseigne en France puis au Japon, et décide, en 1995, d’arrêter ce travail. Retirée au pied des Alpes japonaises elle écrit son premier recueil de nouvelles, "Un caillou à la mer" (1999).

Elle écrit des nouvelles, des romans, des poèmes, des essais, des carnets et réalise des collages qui ne servent qu'une unique chose : la Poésie. Son sujet primordial reste l’énigme de l’attraction amoureuse qui peut conduire, d’une seule secousse, les personnages vers la chambre du trésor.

Les nouvelles de son recueil "Cœur anxieux" (Ed. Actes Sud, 2004) ont été écrites ou achevées en Nouvelle-Zélande où elle a été la première lauréate à la résidence d’écrivains Randell Cottage à Wellington en 2002.

En 2012, elle publie ses "Carnets des Cévennes" et "Carnets des Cornouailles", aux Éditions Le mot et le reste. Ces livres inaugurent une série qu’elle appelle "Points d’Appui". En 2013, 2016, 2018 paraissent, aux Éditions Le mot et le reste, les tomes 3, 4 et 5.

Toujours en 2012, elle publie, en collaboration avec Thierry Ribault, "Les Sanctuaires de l'abîme - Chronique du désastre de Fukushim" aux Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, ouvrage qui traite de la catastrophe de Fukushima.

De 2016 à 2018, elle publie plusieurs recueils de poèmes. Son roman, "Les Ardents", est paru en 2019.

Ses voyages l’ont menée en Chine, en Nouvelle-Zélande, dans différents pays européens. Après avoir vécu 17 années au Japon, elle vit maintenant près de la mer du Nord, sur la Côte d'Opale.

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Quelques questions à propos de Les Ardents


20/09/2019

C`est sans doute l`un des livres dont vous entendrez trop peu parler en cette rentrée littéraire 2019, et pourtant : Les Ardents envoûte comme un feu puissant. L`action se situe au XIe siècle, dans un Moyen Age des plus sordides et sombres. Isentraud dirige d`une main de fer le royaume de Gisphild, avec la plus grande cruauté. Quand son fils épouse Goda, une étrangère à l`allure « romaine », la marâtre voit rouge. Pendant ce temps, le mal des Ardents (ergotisme) se répand dans la région et dévore de l`intérieur la population, alors que la guerre s`approche inexorablement. Sous des airs de conte pour adultes terrifiant, Les Ardents peut aussi se lire comme un métaphore politique dans laquelle les royaumes maudits évoquent ces gouvernements qui provoquent leur propre chute, en dépit du bon sens.

Dans Les Ardents vous développez un style singulier, peu courant chez les écrivains contemporains (et donc d’autant plus saisissant), très influencé par les contes et légendes du Moyen Age mais tout à fait accessible à un lecteur d’aujourd’hui. Vous étiez-vous déjà essayée à cet exercice avant ce livre ? Quelle était l’idée fondatrice de celui-ci ?

J’ai commencé à écrire Les Ardents il y a 15 ans, après avoir entendu parler de la légende de Godeleine qui prend sa source à Wierre-Effroi, un village près de Boulogne-sur-Mer, et s’achève à Gistel, en Belgique, au XIe siècle. L`histoire d’une jeune fille de noble famille qu’un seigneur de mœurs plus sauvages, d’origine viking, venu des Flandres Maritimes, parvient à épouser et emmener dans son piètre domaine où sa mère, prenant en haine la jeune fille dont l’allure dénonce les origines romaines, décide de la conduire au martyre. À partir de ce maigre squelette et d’un texte latin du moine Drogon plus qu’elliptique, j’ai mis un pas dans l’histoire et mon porte-plume en a rêvé les contours. D’autres personnages ont alors surgi du noir, se sont aimés, haï, sans que j’y puisse grand-chose.



Ces Ardents, ce sont les malades de l’ergotisme, aussi appelé « feu de Saint-Antoine », qui fit des ravages en Europe. En lisant ces descriptions de membres qui se gangrènent, de peau en lambeaux et de feu intérieur dévastateur, on pense parfois aux tableaux de Jérôme Bosch ou Pieter Brueghel. Au-delà des œuvres littéraires, avez-vous été influencée par d’autres arts durant l’écriture ?

Les œuvres de Jérôme Bosch et de Pierre Brueghel, bien sûr, me fascinent depuis longtemps et j’ai semé mon parcours de moments où j’ai pu laisser leur atmosphère baigner mon regard. Le retable d’Issenheim à Colmar aussi, où figure un petit ardent boursouflé et pustuleux. Les tableaux fous de John Martin ou Monsu Desiderio. Pour la musique, Wagner, Tristan et Iseult. Pour les écrivains, les écrits du Moyen Âge, les textes du XIe et XIIe siècle, comme ceux de Chrétien de Troyes, la légende du roi Arthur, les textes de Christine de Pizan, les farces, les fabliaux érotiques du Moyen Âge, Le songe de Poliphile au XVIe siècle, les romans gothiques de la fin du XVIIIe siècle, Mary Shelley, Julien Gracq, mais aussi les textes, pour moi fondateurs, comme ceux des premiers romantiques allemands et des surréalistes et des libres penseurs que furent George Orwell, William Morris, Lewis Mumford, Elisée Reclus qui demandait avec lucidité déjà : « Où fuir ? La nature s’enlaidit. » Quand on passe 15 années de sa vie à venir et revenir à l’écriture d’un même ouvrage, on a besoin de bien « manger » (où le « bien » est question de qualité plus que de quantité).



Vous présentez un Moyen Age des plus terrifiants, où la menace pèse sans cesse sur le château de Gisphild et sa région, des lieux maudits dont chacun prédit sans cesse la chute. Considérez-vous cette époque comme particulièrement sombre dans l’histoire de l’humanité, ou bien était-ce avant tout une toile pour habiller nos cauchemars ?

Les deux. Nous portons, dans notre présent, le passé de ceux qui nous ont précédés. Indéniablement, le fond sombre de l’humanité réside en chacun de nous, mais chacun ne s’attaque pas au problème de la même manière. Je voulais ne pas oublier aussi que, hommes comme femmes, certains sont des monstres de violence et de cruauté dont il faut stopper l’élan destructeur. Et ce n’est pas, comme le font certains écrits contemporains, en se targuant de pénétrer l’esprit des monstres que l’on s’en tirera le plus efficacement.



Plus que les chevaliers et autres forgerons qui parlent beaucoup mais agissent peu, les figures féminines apparaissent comme centrales et particulièrement redoutables : entre la cruelle Isentraud à la tête du royaume, Goda « la Romaine » et son suicide à petit feu, et Abrielle aux airs de sorcière. Ces femmes sont ambivalentes et complexes : quelle relation entretenez-vous avec vos personnages ?

Une relation puissante, car, au fur et à mesure que l’écriture avance, le personnage surgit d’un ailleurs emprunt d’ivresse dont j’ignore absolument tout. Femmes, hommes… ce sont des êtres humains avant tout qui, confrontés à la violence autant intériorisée qu’extériorisée, effectivement peuvent s’avérer complexes et ambigus. Cependant, si je porte de l’admiration au personnage d’Abrielle, ce n’est pas parce qu’elle est une femme, mais parce qu’elle ne se détourne jamais de ce qu’elle est et de ce qu’elle cherche. Du début à la fin, elle reste la même et son amour pour le chevalier sert la même cause que toujours : détruire le despote, se rire de son ridicule et lui opposer un bouleversement total de l’ordre des choses.



Depuis le titre Les Ardents jusqu’à la toute dernière phrase, le feu s’impose comme l’élément dominant du livre. Il réchauffe mais tue aussi à petit feu les malades, de l’intérieur, consume les amoureux et anime les amants… Quelle était votre intention en le mettant ainsi, partout et tout le temps, en action ?

Pas de vie sans ardeur, à mes yeux. Vivre et chercher l’ardeur de la vie, c’est une unique et même chose. L’amour ardent se nourrit du grand refus de ce monde tel qu’il est. Ce n’est pas une fuite. C’est un face-à-face avec soi-même, en même temps qu’un instrument de résistance. Basculer dans ce qu’il y a de plus grand, au risque de s’y abîmer, comme le font Abrielle et Bruny dans Les Ardents, c’est l’action suprême à laquelle vise toujours un amour digne de ce nom.



Au fond, la guerre paraît ici un danger dont on parle beaucoup mais qu’on pratique peu, qui se révèle beaucoup moins meurtrière que les forces de la nature. On pense notamment à ce terrible hiver que vous décrivez… Etait-ce une manière de donner une possible revanche à nos écosystèmes aujourd’hui menacés par l’activité humaine ? Ou plus simplement l’envie de laisser deviner sa puissance ?

Avant de répondre à votre question, juste une précision : le monde des Ardents est un monde en guerre, comme le nôtre aujourd’hui. La guerre est là, à l’horizon, pendant tout le roman et quand il se clôt, elle envahit le domaine de Gisphild. Elle sera, à n’en pas douter, meurtrière. Et donc, oui, c’était une manière de parler de la destruction de la nature et du paysage, figés dans les glaces de l’effroi. Parce que la poésie, la nature et le paysage me sont chers, j’entretiens avec la description, dans mes lectures, dans l’écriture de mes carnets, mes romans, mes poèmes, un lien puissant. L’industrialisme a toujours été et reste, à mes yeux, un assassin de paysages. Or, quand le paysage est détruit, le moi s’anéantit. La nature n’est même plus menacée, ce stade est largement dépassé, elle est d’ores et déjà, pour grande partie, amputée de ses trésors. Plus l’homme, lors d’un désastre, est touché, plus ce dernier est considéré comme un désastre, ce qui implique le dédain grandissant pour les désastres effroyables qui ne touchent que la nature (pollution des mers, des océans, des terres, des sous-sols, déforestation, etc). Face à l’homme désormais, la nature semble toute petite et très fragile, ce qui est un comble quand on y songe bien et va à l’encontre de ce que considéraient les peuplades primitives. Ne faisant pas grand cas de ce problème majeur, certains ont d’ores et déjà préféré tourner les talons vers le cosmos et ses planètes envoûtantes, fourbissant à frais mirobolants les armes pour le grand transbahutement à venir, nouvel objectif pour les irréfragables et toujours mêmes amoureux de la gloriole qui ne jurent plus que par la conquête de l’espace extra-terrestre où il s’agira de vivre tout sauf « humainement ».



Inis le Chevrier : « Le propre des Ardents, murmura-t-il, c’est qu’ils ont absorbé Satan. Nouvelle vérité, nouvelle engeance, flamme ardente, soufre chaud. Leur breuvage, sans faille, les conduit à la révolte puis aux funérailles. » Baudime l’Ardent : « Ce ne sont pas nos idéaux qui doivent voler en éclats, ce sont les têtes des bourreaux. » Après avoir lu ça, on peut difficilement contourner la métaphore (ou la parabole) politique du livre. Aujourd’hui, qui seraient les Ardents selon vous ?

Les Ardents d’aujourd’hui, ce sont ceux qui mènent leur lutte à l’action. L’industrialisme a jonché la planète de désastres plus tragiques les uns que les autres. Ceux qui prennent les décisions qui mènent au désastre doivent être stoppés net par quel que moyen que ce soit. Leur dramatique approche du monde ne peut se poursuivre. Les Ardents d’aujourd’hui ce peut être des poètes, des voyants, des éclaireurs de chandelle dans la nuit de l’hiver, comme Annie Le Brun. Ce peut être des essayistes actifs comme René Riesel, qui participait à la révolte de 1968 et aux destructions de champs d’OGM plus tard, et Jaime Semprun qui, créant les Éditions de l’Encyclopédie des Nuisances a consacré sa vie à mettre au jour ces nuisances. Ce peut-être également tous les anonymes qui forment les black blocs qui, comme les ikki au Japon, au XIVe siècle, défendaient le principe de la mort du système par mille entailles. On adhérait au groupe de manière libre. L’égalité y était entière entre des membres n’appartenant à personne. Leur fronde était paysanne. Aujourd’hui, la fronde doit être anti-industrielle. Ce n’est ni une révolte de jeunes paumés, ni un activisme « citoyen ». On n’y fait pas de l’impuissance un programme, mais de la puissance de l’ardeur un point d’appui où planter le pieu qui fera dérailler la machine. Ils ont une vue poétique du monde tel qu’il devrait être et, libres ou prisonniers, n’en démordront jamais.



Quelques questions à propos de vos lectures


Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?

Les Hauts de Hurle-Vent, d’Emily Brontë.



Quel est le livre que vous auriez rêvé d’écrire ?

Melmoth ou l`Homme errant de Charles Robert Maturin.



Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Arthur Rimbaud.



Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Les chants de Maldoror, me semble-t-il.



Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

S’il m’arrivait, par malchance, d’éprouver la honte de ne pas avoir lu un livre, je le lirais aussitôt, mais j’ignore ce sentiment.



Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Anthologie de l’amour sublime de Benjamin Péret et sur ce poète, Benjamin Péret, l’astre noir du surréalisme de Barthélémy Schwartz paru chez Libertalia. Mais chaque lecteur fait son chemin individuel en fonction de ce qu’il est, différent des autres, raison pour laquelle les injonctions médiatiques pour que toutes et tous lisent la même chose sont intolérables. La perle méconnue ne le reste pas de celui qui se met en quête de la trouver.



Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

Qu’est-ce qu’un « classique » de la littérature ?



Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Je peux choisir une citation dans le livre que je lis aujourd’hui et que je vous cite à la question suivante, et qui pourrait devenir une citation fétiche : « La forme de gouvernement qui convient le mieux à l’artiste est l’absence totale de gouvernement. »



Et en ce moment que lisez-vous ?

L’homme et son âme devant la société, écrit par Oscar Wilde, publié par Jean-Jacques Pauvert en 1971. Les « Tyrannies industrielles » envisagées par Wilde comme futur possible, sont désormais notre quotidien à combattre, quelle que soit la crainte désespérée que nous ayons de ne pouvoir rien y changer.



Découvrez Les Ardents de Nadine Ribault aux éditions Le Mot et le Reste




Entretien réalisé par Nicolas Hecht


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Citations et extraits (7) Ajouter une citation
mumuboc   05 septembre 2019
Les Ardents de Nadine Ribault
Bienheureuse en effet, celle qui a eu faim, soif, celle que l'on a fait souffrir, bienheureuse, oui, celle qui a crevé et caché son tourment, ses larmes, sa douleur pour éviter à autrui certains désagréments.(...)Car, si vous voulez le savoir, notre jeune dame ne devrait pas être pleurée comme vous le faites, mécréants ! Vous devriez danser au pied de sa couche. Car, au lieu de se protéger, elle a œuvré à disparaître. (p151)
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mumuboc   05 septembre 2019
Les Ardents de Nadine Ribault
Ceux qui avaient attrapé cette maladie, un beau matin, sombraient dans la mélancolie et l'accablement. Ils voyaient la première tache sur un membre qui s'étendait, noirâtre, brûlante et puante. Ils cessaient de sentir le bout de leurs doigts et entendaient des voix. La gangrène s'installait. Ils sentaient la chaleur les cuire et l'étisie s'annonçant, leur peau commençait à partir. (p92)
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mumuboc   05 septembre 2019
Les Ardents de Nadine Ribault
(...) tu négliges aussi qu'être au pouvoir, c'est veiller à un si subtil équilibre qu'un grain de poussière suffit à le rompre. Il n'est pas facile de régner. Il faut surveiller, espionner, douter de tous et tuer et tuer encore. Voir mourir satisfait mon œil le plus souvent, mais il arrive , parfois, que devoir tuer soit fatigant. Or, on ne peut régner sans tuer. Ta révolte n'entraînera pas ce que tu crois, certainement pas la fin de qui tu crois, mais d'autres, plus proches, indispensables (p188)
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mumuboc   05 septembre 2019
Les Ardents de Nadine Ribault
Au squelette d'autrui, Isentraud, dame de Gisphild, être sans pitié, aiguisait ses canines. Au cœur faible, elle opposait le mur de son mépris. A l'esprit retors, elle réservait la torture puis une cellule sombre jusqu'à ce que mort s'ensuive. Au fauteur de troubles, elle désignait la place publique où le spectacle d'une pendaison ou d'une roue rappelait l'intérêt et suscitait le goût de la soumission.(p9)
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mumuboc   05 septembre 2019
Les Ardents de Nadine Ribault
Au loin, le long corps de la mer brillait d'un flot de soleil couchant, métallique, aveuglant et devant de soleil qui penchait de fatigue, des barques effleuraient l'eau de leurs coques ventrues. Une jonchée d'oiseaux s'envolait. Vague par vague, au jusant, la mer s'épluchait et les euphorbes que cueillait parfois la jeune fille dans les dunes, fleurissaient.(p190)
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lilianelafond   07 octobre 2019
Les Ardents de Nadine Ribault
...après seulement, on envoyait les charognards, les faux justiciers, les faiseurs de mythes, les moines, après que l’esprit fut rendu fou, l’âme abîmée, la vie gâchée, le corps légendée, la couleur passée, après le décrépissage et l’impitoyable décapage. On chantait le martyre. On fabriquait le mythe.
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lilianelafond   07 octobre 2019
Les Ardents de Nadine Ribault
Brûlants de frénétiques découvertes, pénétrant d’un coup les entrailles de leurs âmes respectives, ils firent de leurs corps les voies du devenir, enlaçaient à leurs doigts les rubans de la ferveur.
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