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Jean-Pierre Goldenstein (Éditeur scientifique)
ISBN : 2266090216
Éditeur : Pocket (10/03/1999)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.09/5 (sur 162 notes)
Résumé :
De la peste, du pus et des poux : tel pourrait être le leitmotiv de cet invraisemblable petit brûlot, tout entier nourri de violence, d'idées morbides et de délires à la limite du supportable. Et que n'ont pas supporté les bien-pensants de l'époque, les mêmes qui, à Charleville, méprisaient Rimbaud et l'accusaient, comme on accusa Lautréamont, de vouloir tuer la poésie. Mais le vertige et la démes... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Nelcie
21 mars 2016
Bon. Vous parler de ce livre ne va pas être aisé, car son contenu est fichtrement obscur, aussi bien par son contenu que par sa forme. Obscur et complexe, certes, mais une oeuvre que j'ai trouvée génialissime.
Maldoror, c'est l'histoire du mal, de la cruauté, de la perversité. Au début, tu ne sais pas trop ce qu'il est ou qui il est, car il semble prendre différentes figures, se métamorphose d'une fois sur l'autre. Est-il un homme ? Est-ce une sorte d'âme du mal ? A la fin, tu n'en sais pas plus qu'au début, en fait… Et en plus, une fois il s'adresse directement au lecteur, en utilisant le Je, n'hésitant pas à partager avec son lectorat ses pensées les plus sombres. Et la fois suivante, le récit est raconté à la troisième personne, faisant de Maldoror un personnage plus distant, et donnant ainsi une impression de juger ou d'analyser les actes de Maldoror.
Un conseil, ne cherchez pas une intrigue dans ces chants, car il n'y en a pas. chaque chapitre raconte des bribes d'histoires, tour à tour cruel, tyrannique, sauvage…(ajoutez ici tous les synonyme du mot Mal). Ces hauts méfaits, qui parfois semblent n'avoir ni queue ni tête, sont entrecoupés des réflexions, bien souvent négatives, de Maldoror. Ou de l'auteur lui-même… on peut se poser la question, tant la frontière entre les deux apparaît par moment bien fine.
Alors voilà, Les chants de Madoror c'est sombre au possible, c'est une lecture qui ne se laisse pas apprivoiser facilement, mais c'est quand même vachement bien, parce que c'est diablement bien écrit.
D'abord ça s'appelle des chants, et le titre est juste, car il s'agit bien ici d'une épopée racontée en proses. C'est une sorte de chanson de gestes, un peu comme la chanson de Roland, mais avec un héros qui, au lieu de sauver des vies, fait le mal autour de lui.
Le texte part dans tous les sens, c'est vrai. Plusieurs fois, enfin, presque tout le temps, je me suis demandée où voulait en venir l'auteur, avec toutes ces digressions, avec ces actes d'une barbarie sans nom. J'ai été non pas choquée, mais abasourdie par les détails foisonnants de scènes macabres, dont les descriptions font tout simplement froid dans le dos. C'est une non-histoire obscure, mais bon sang qu'elle est bien écrite, cette non-histoire !! Même les passages les plus sordides sont emplis de poésie. Les mots sonnent beau et cru en même temps. Je me suis surprise à apprécier cette apologie du Mal, comme une vile tentation que l'on répugne à bannir. Je savais que les monstres étaient omniprésents, prêts à surgir à tout moment de cette lecture, mais je ne pouvais lâcher ce livre, parce que la prose de Lautréamont est belle, qu'il use de mille et unes façons pour tenir le lecteur en alerte. Quand ce n'est pas une description machiavéliquement belle d'un crime, mettant en avant toute son horreur, ce sont les pensées de Maldoror, et ses digressions intellectuelles qui prennent forme, et là encore, on se laisse porter par la prose. Enfin, il y a ces moments de pure poésie, où l'on se dit qu'enfin, Lautréamont laisse tomber son obscurantisme pour nous offrir quelques moments de répits. Avant de réaliser qu'en réalité, ce n'est que pour mieux prendre le lecteur à revers, et lui balancer de manière plus subtile la part sombre de Maldoror.
Essayer de comprendre Les chants de Maldoror, c'est limite impossible. Mais c'est quand même génial. En réalité, c'est génial par ce que c'est complètement tordu… et faut être tordu de vouloir absolument tout comprendre à cette oeuvre.
Lien : http://voyageauboutdelapage...
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Multipass
07 décembre 2013
Si la lecture de ces contes s'avère parfois laborieuse, c'est qu'il ne faut pas, comme l'auteur l'indique, découvrir ces « pages sombres » sans maintenir une diligente « tension d'esprit ». Une fois cette consigne suivie, se plonger dans ces interminables phrases, formées de méandres piégeuses et de circonvolutions promptes à égarer, devient un véritable délice. le style est à l'image du recueil, les phrases à l'image des contes, affranchies des codes, dans la prose comme le contenu.
Le texte est cru et cruel, et certaines âmes trop réceptives pourraient s'imbiber du mal et du mal-être que dégagent ces pages. D'aucuns voient chez Ducasse un défaut de maturité ; mais il semble plutôt qu'il a cessé, lors de la création de ce recueil, de repousser ses pulsions les plus noires, qu'il y a adhéré, et les a magnifiées par une plume faisant violence à la langue française commune.
Accrochez-vous lors de votre lecture, vous serez transporté !
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cathdb
11 septembre 2014
Je n'ai pas pu le lire ! Trop de cruauté gratuite, une apologie du sadisme que tout le talent de l' auteur n'arrive pas à faire passer !
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VACHARDTUAPIED
08 avril 2013
J'ai toujours autant le vertige à sa lecture..
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mireille.lefustec
18 septembre 2011
Il y a XXXXXannées,je n'avais pas pu le lire:trop de cruauté
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Citations & extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
greg320igreg320i14 septembre 2014
Il est beau comme la rétractilité des serres des oiseaux rapaces; ou encore, comme l'incertitude des mouvements musculaires dans les plaies des parties molles de la région cervicales postérieure; ou plutôt comme ce piège à rats perpétuel , toujours retendu par l'animal pris, qui peut prendre seul des rongeur indéfiniment, et fonctionner même caché sous la paille; et surtout , comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie !
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gavarneurgavarneur03 janvier 2016
Depuis Racine, la poésie n' a pas progressé d'un millimètre . Elle a reculé. Grâce à qui? aux Grandes-Têtes-Molles de notre époque. Grâce aux femmelettes, Châteaubriand, le Mohican-Mélancolique ; Sénancourt, l'Homme-en-Jupon ; Jean-Jacques Rousseau, le Socialiste-Grincheur ; Anne Radcliffe, le Spectre-Toqué ; Edgar Poë, le Mameluck-des-Rèves-d'Alcool ; Mathurin, le Compère-des-Ténèbres ; Georges Sand, l'Hermaphrodite-Circoncis ; Théophile Gauthier, l'Incomparable-Epicier ; Leconte, le Captif-du-Diable ; Goethe, le Suicidé-pour-Pleurer ; Sainte-Beuve, le Suicidé-pour-Rire ; Lamartine, la Cigogne-Larmoyante ; Lermontoff, le Tigre-qui-Rugit ; Victor Hugo, le Funèbre-Echalas-Vert ; Misçkiéwicz, l'Imitateur-de-Satan ; Musset, le Gandin-sans-Chemise-Intellectuelle ; et Byron, l'Hippopotame-des-Jungles-Infernales.
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marinos22898marinos2289813 septembre 2016
Vieil océan, tu es si puissant, que les hommes l’ont appris à leurs propres dépens. Ils ont beau employer
toutes les ressources de leur génie...incapables de te dominer. Ils ont trouvé leur maître. Je dis qu’ils ont
trouvé quelque chose de plus fort qu’eux. Ce quelque chose a un nom. Ce nom est : l’océan ! La peur que tu
leur inspires est telle, qu’ils te respectent. Malgré cela, tu fais valser leurs plus lourdes machines avec grâce,
élégance et facilité. Tu leur fais faire des sauts gymnastiques jusqu’au ciel, et des plongeons admirables
jusqu’au fond de tes domaines : un saltimbanque en serait jaloux. Bienheureux sont-ils, quand tu ne les
enveloppes pas définitivement dans tes plis bouillonnants, pour aller voir, sans chemin de fer, dans tes
entrailles aquatiques, comment se portent les poissons, et surtout comment ils se portent eux-mêmes.
L’homme dit : «Je suis plus intelligent que l’océan.» C’est possible ; c’est même assez vrai ; mais l’océan lui
est plus redoutable que lui à l’océan : c’est ce qu’il n’est pas nécessaire de prouver. Ce patriarche observateur,
contemporain des premières époques de notre globe suspendu, sourit de pitié, quand il assiste aux combats
navals des nations. Voilà une centaine de léviathans qui sont sortis des mains de l’humanité. Les ordres
emphatiques des supérieurs, les cris des blessés, les coups de canon, c’est du bruit fait exprès pour anéantir
quelques secondes. Il paraît que le drame est fini, que l’océan a tout mis dans son ventre. La gueule est
formidable. Elle doit être grande vers le bas, dans la direction de l’inconnu ! Pour couronner enfin la stupide
comédie, qui n’est même pas intéressante, on voit, au milieu des airs, quelque cigogne, attardée par la
fatigue, qui se met à crier, sans arrêter l’envergure de son vol : «Tiens !... Je la trouve mauvaise ! Il y avait
en bas des points noirs ; j’ai fermé les yeux, ils ont disparu.» Je te salue, vieil océan !
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VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED08 avril 2013
Au clair de la lune, près de la mer, dans les endroits
isolés de la campagne, l'on voit, plongé dans d'amères
réflexions, toutes les choses revêtir des formes jaunes,
indécises, fantastiques. L'ombre des arbres, tantôt vite,
tantôt lentement, court, vient, revient, par diverses formes,
en s'aplatissant, en se collant contre la terre. Dans le
temps, lorsque j'étais emporté sur les ailes de la jeunesse,
cela me faisait rêver, me paraissait étrange; maintenant, j'y
suis habitué. Le vent gémit à travers les feuilles ses notes
langoureuses, et le hibou chante sa grave complainte, qui
fait dresser les cheveux à ceux qui l'entendent. Alors, les
chiens, rendus furieux, brisent leurs chaînes, s'échappent
des fermes lointaines; ils courent dans la campagne, çà et
là, en proie à la folie.
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VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED08 avril 2013
Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu
momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se
désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les
marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison;
car, à moins qu'il n'apporte dans sa lecture une logique
rigoureuse et une tension d'esprit égale au moins à sa
défiance, les émanations mortelles de ce livre imbiberont
son âme comme l'eau le sucre. Il n'est pas bon que tout le
monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls
savoureront ce fruit amer sans danger
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Videos de Comte de Lautreamont (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Comte de Lautreamont
Émission, "Une vie, une œuvre" diffusée en 1992, sur France Culture.
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