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EAN : 9782715229297
158 pages
Le Mercure de France (27/08/2009)
3.47/5   114 notes
Résumé :
Je ne sais pas quand je me suis dit pour la première fois « mon père est fou », quand j’ai adopté ce mot de folie, ce mot emphatique, vague, inquiétant et légèrement exaltant, qui ne nommait rien, en fait, rien d’autre que mon angoisse, cette terreur infantile, cette panique où je basculais avec lui et que toute ma vie d’adulte s’employait à recouvrir, un appel de lui et tout cela, le jardin, le soir d’été, la mer proche, volait en éclats, me laissant seule avec lui... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
3,47

sur 114 notes

Ladybirdy
  07 décembre 2018
Gwenaëlle Aubry part dans un voyage identitaire à la recherche de son père, elle dessine un portrait de cet homme aux différents masques. Ce père qui se prenait tantôt pour James Bond ou un clown était atteint de folie, sous forme de crises mélancoliques. Maniaco-dépressif ou bipolaire, cet homme n'est jamais parvenu à se fondre dans la masse, à saisir les codes de bonne conduite de notre société, à défaut d'être quelqu'un, il sera... personne.
A travers les écrits de son père et des images qu'elle porte en elle, la romancière délie les souvenirs pour en dessiner le portrait de son père. Homme brillant, avocat, philosophe, il était doué d'une redoutable culture et intelligence, son grand malheur fut celui de se noyer dans l'absence rongé par la mélancolie tel un funambule sur le fil invisible de la vie.
Ce roman mérite une certaine concentration pour y saisir toute la profondeur dont fait preuve l'auteure. Il est écrit dans un style intellectuellement ardu. Il n'y est nulle question de larmoiement ni de douloureuse plainte, mais d'un plaidoyer à forte résonance philosophique où les métaphores explosent à la vue. Autant d'images fortes que de chapitres poignants pour que personne devienne un être à part entière.
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madameduberry
  26 mars 2014
Gwennaëlle Aubry compose le portrait éclaté d'un homme absent du monde et séparé de lui même: son père, aujourd'hui disparu. Juriste, avocat et universitaire, ce fils unique de bonne famille eut deux filles mais ne parvint pas à faire souche. Il eut une place dans le monde mais ne parvint pas à l'occuper.A partir des différents personnages auxquels il cherche à s'arrimer, tous pseudo moi de cet homme sans ego, angoissé d'avoir à être quelqu'un, sa fille aînée compose un abécédaire qui donne consistance à la souffrance mélancolique de son père, et un sens à sa dérive et à sa déchéance. Un très beau livre sur la souffrance d'un homme désarrimé.
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andras
  25 septembre 2017
"Personne" est un livre, magnifique et poignant, sur une femme (l'auteur du livre) qui part à la recherche de l'identité de son père qui vient de mourir, un père avocat et professeur de droit dont la vie a été marquée par la "mélancolie" et des périodes de démence (vraisemblablement ce qu'on appelle aujourd'hui des troubles biplaires) qui l'ont contraint à quitter son travail, à perdre la plupart de ses relations, à s'éloigner de ses deux filles et à vivre sur la fin de sa vie presque comme un clochard. Pour ce faire, l'auteur s'appuie sur ses souvenirs, quelques photos et aussi un texte autobiographique que son père à laissé à sa fille avec l'expression "à romancer" comme simple – et étrange – consigne. Lourd héritage. Gwenaëlle Aubry a choisi de parler de cet homme insaisissable, en perpétuelle fuite, en parcourant l'alphabet avec pour chacune des 26 lettres un mot, commençant par cette lettre et donnant la thématique du récit à suivre. Tout dans ce texte est extrêmement subtil, intelligent, sensible.
En recueillant patiemment les fragments de la vie de son père qu'elle est parvenue à déchiffrer, en cherchant à décrire, avec beaucoup d'humilité, les divers masques (ou "persona") dont il s'affublait, Gwenaëlle Aubry parvient à reconstituer une sorte de portrait (plus cubiste qu’impressionniste) de cet homme, et à donner, à défaut d'une cohérence, une présence à cette "personne" qui, tel le Zelig de Woody Allen, réfutant toute identité stable, passait son temps à emprunter les identités des autres. L'auteur, qui est philosophe de métier, nous laisse ici une leçon de philosophie, et donc de vie, dénuée de tout jargon et au plus près des choses qu'elle et son père ont vécues. C'est aussi une très belle leçon d'écriture, où les non-dits résonnent autant que ce qui est dit, où la forme épouse magnifiquement le sujet.
Delphine de Vigan m'avait fortement impressionné par le livre qu'elle avait écrit sur la maladie maniaco-dépressive de sa mère ("Rien ne s'oppose à la nuit"). Gwenaëlle Aubry, par ce livre plus concentré et de ce fait, peut-être encore plus percutant et perturbant, m'a tout simplement ébloui.
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brigittelascombe
  23 octobre 2011
Personne: l'alphabet d'un enfant qui pleure au fil des mots,l'alphabet d'une femme qui mitraille à l'aveuglette quitte à choquer, un alphabet qui tape fort sur la lettre N,celle d'un Napoléon d'opérette, pour écrire en catimini le nom de François Xavier Aubry, célèbre juriste inconnu d'une fille en manque de père et de repères, un alphabet qui tape tendre sur la lettre G, celle du gisant qui réveille d'affectueux souvenirs.
Personne: un puzzle fait d'éclats de folie entre le A génial d'Antonin Artaud Gwenaëlle Aubry glisse la plume en souffrance qui cherchait son envol sur des "cahiers noircis" et le Z de Zélig "l'homme caméléon" tour à tour conspué,acclamé,psychotique.
Personne: un portrait éclaté, sorte de tableau pointilliste, celui d'un James Bond au nez rouge, éternel enfant mort avant l'heure, mi-flic mi-voyou au profil à la Dustin Hoffman,illuminé en attente de chatiment, chercheur de terre promise au visage bouffi par les médicaments, mouton noir anticonformiste, inventeur d'enfance idéale, habitué des divagations, homme sans qualité déchu par son goût de la déchéance, maître du vide, triste inconnu.
Personne: un étrange jeu de piste, celui de Gwenaëlle Aubry qui décrie ce Personne en gros,en gras,en dur sur la première de couverture pour lui donner le fin mot et cloturer le débat en écrivant sur cette personne, cette figure du père: "peut-être a-t-il trouvé dans le désert blanc de la mort,ce que depuis toujours il cherchait:le droit,enfin,de ne plus être quelqu'un?
Personne et quelqu'un résonnent-ils en écho?
Livre exutoire, fait de copiés-collés originaux qui délivre des non-dits tout en recollant les morceaux d'une enfance brisée?
Emouvant!
Un livre qui rappelle Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan qui raconte sa mère maniaco-dépressive, suite à son suicide, pour la réhabiliter.
Rappel:Gwenaëlle Aubry (agrégée et docteur de philosophie,auteur de plusieurs autres ouvrages) a obtenu le Prix Fémina 2009 pour Personne.
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zellereb
  28 mars 2016
Ce livre traînait dans ma bibliothèque depuis des années, mais je ne me décidais jamais à le lire. Je pense l'avoir acheté à sa parution. C'est un écrit autobiographique qui parle du père de cette auteure, dont au final je ne sais pas quoi penser.
Sans vouloir poser aucune étiquette de mon propre chef, puisque c'est clairement dit, le père souffrait de psychose maniaco-dépressive, et faisait beaucoup de séjours en hôpital psychiatrique. Sa fille lui rend ici un hommage au travers de personnages divers. le roman est construit autour de petits chapitres allant de A à Z. On est informés sur ce trouble assez étrange où le malade alterne des périodes tout à fait normales et mène une vie comme vous et moi, et d'autres où il fait tout à l'excès, que ce soit en négatif ou en positif, là où il devient dangereux pour lui-même. D'ailleurs, le père s'est suicidé durant une phase de mélancolie.

L'écriture m'a attirée dans le début du livre, où je l'ai trouvée magnifique de sensibilité et de chaleur. Puis, mon intérêt s'est amenuisé au cours des pages, car je n'arrivais plus à situer très bien ce père, dont le profil se perdait un peu derrière les personnages choisis.
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
LadybirdyLadybirdy   07 décembre 2018
Quand j’ai appris que masque en latin se dit persona, j’ai aussitôt pensé à lui. Un instant j’ai cru comprendre son anxiété des codes, de l’ordre, des hiérarchies. S’il s’escrimait ainsi à jouer les grandes personnes, c’est peut-être que sous son masque, il n’y avait personne : et ce « personne »-là, ce n’était pas l’anonymat salvateur et rusé d’Ulysse mais un vide, une béance. S’il avait tombé le masque, alors on se serait peut-être aperçu que le roi est nu. J’ai vu mon père ainsi, dénudé, détrôné, tombé, mon père devenu rien et rien que rien, mon père vidé de l’abcès d’être quelqu’un.
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andrasandras   25 septembre 2017
Tout homme porte une terre promise, une terre où peut-être ses pas ne le conduiront jamais, à laquelle nulle histoire, nulle origine ne l'enracine, dont certains rêves, seulement, parfois, lui apportent la couleur, le parfum (ceux dont on se réveille intègre, vierge, apaisé, avec le sentiment d'avoir eu en partage une vie d'essence plus haute, sans heurts ni secrets, baignée de transparence), une terre à laquelle, si par hasard il la touche un jour sans avoir su avant la reconnaître ni la nommer, il sait qu'il appartient, dont la lumière, le relief sont les siens, où il peut sans entrave se mouvoir, respirer, dont les pierres, les arbres, la langue le charment et le libèrent comme si lui-même, dans un passé immémorial, avait parlé cette langue, été l'un de ces arbres, l'une de ces pierres, et c'est alors comme si la vie d'avant, la vie d'ailleurs, glissait de lui, le laissant nu, natif, lustré, tout ce temps perdu ailleurs, à s'agiter, à grimacer, alors que rien ne compte que d'être ici, à vivre, regarder, respirer, ici où le temps ne passe plus, ou passe sans histoire, ni dates, ni années car c'est le lieu d'un passé sans mémoire mais dont le corps est tissé, c'est si simple finalement, ce lieu il suffirait d'y rester, cette terre de s'y ancrer, pourquoi revenir ?
Cette terre, pour mon père, était au-delà des mers, elle avait le relief de la Kabylie, la lumière du Maroc et de l'Algérie, la blancheur du désert.
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ZilizZiliz   21 novembre 2011
On ne perd pas un père, encore moins un père qui était, ou qui s'était, lui-même perdu. C'est de son vivant, peut-être, qu'on l'avait perdu, qu'on ne savait plus qui il était, où il était. A présent qu'il est mort, on réunit ce qu'il a laissé, miettes et cailloux semés dans les forêts de son angoisse, trésors et épaves, on construit le vide, on sculpte l'absence, on cherche une forme pour ce qui, en nous, demeure de lui, et qui a toujours été la tentation de l'informe, la menace du chaos, on cherche des mots pour ce qui, toujours, a été en nous la part secrète, la part muette, un corps de mots pour celui qui n'a pas de tombe, un château de présence pour protéger son absence. (p. 20)
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sabinasabina   21 mai 2012
Tout homme porte en lui un terre promise, une terre où ses pas ne le conduiront jamais, à laquelle nulle histoire, nulle origine ne l'enracine, dont certains rêves, seulement, parfois, lui apportent la couleur, le parfum,...une terre à laquelle, si par hasard il la touche un jour sans avoir su avant la reconnaitre ni la nommer, il sait qu'il appartient, dont la lumière, le relief sont les siens, où il peut sans entraves se mouvoir, respirer, dont les pierres, les arbres, la langue le charment et le libèrent comme si lui-même, dans un passé immémorial, avait parlé cette langue, été l'un de ces arbres, l'une de ces pierres, et c'est alors comme si la vie d'avant, la vie ailleurs, glissait de lui, le laissant nu, natif, lustré, tout ce temps perdu ailleurs, à s'agiter, à grimacer, alors que rien ne compte que d'être ici, à vivre, regarder, respirer, ici où le temps ne passe plus, ou passe sans histoire, ni dates, ni années, car c'est le lieu d'un passé sans mémoire mais dont le corps est tissé, c'est si simple finalement, ce lieu il suffirait d'y rester, cette terre de s'y encrer, pourquoi revenir ?
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luocineluocine   11 décembre 2009
Quand je disais « mon père » cette année-là, les mots tenaient bon, je ne sais pas comment le dire autrement, j’avais l’impression de parler la même langue que les autres, d’habiter un monde commun (alors que d’ordinaire, prononçant ces deux mots, je voyais s’ouvrir un écart infranchissable …… « mon père » c'est-à-dire mon délire, ma détresse, mon dément, mon deuil, mon disparu).
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Videos de Gwenaëlle Aubry (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gwenaëlle Aubry
Sylvia Plath (1932-1963), la vie comme un mauvais rêve (Toute une vie / France Culture). Diffusion sur France Culture le 26 février 2022. Un documentaire de Pauline Chanu, réalisé par Annabelle Brouard. Prise de son : Marc Garvenes et Tahar Boukhlifa. Mixage : Philip Merscher. Archives Ina : Sophie Henocq. Avec la collaboration d'Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France. Photographie : Sylvia Plath en 1954. Granger-Bridgeman Images. Sylvia Plath, née le 27 octobre 1932 à Jamaica Plain, dans la banlieue de Boston, et morte le 11 février 1963 à Primrose Hill (Londres), est une écrivaine et poétesse américaine, autrice de poèmes, d'un roman, de nouvelles, de livres pour enfants et d'essais. Si elle est surtout connue de façon internationale pour sa poésie, elle tire également sa notoriété de "The Bell Jar" (en français, "La Cloche de détresse"), roman d'inspiration autobiographique qui décrit en détail les circonstances de sa première dépression, au début de sa vie d'adulte. Sa vie, son œuvre et son esthétique poétique et littéraire sont le sujet de milliers d'études dans le monde entier. Elle publie son premier recueil de poèmes, "The Colossus", en Angleterre en 1960. Depuis son suicide en 1963, Sylvia Plath est devenue une figure emblématique dans les pays anglophones, les féministes voyant dans son œuvre l'archétype du « génie féminin écrasé par une société dominée par les hommes », les autres voyant en elle une icône dont la poésie, en grande partie publiée après sa mort, fascine comme la bouleversante chronique d'un suicide annoncé.
Invitées :
Valérie Rouzeau, traductrice et poétesse, autrice de "Sylvia Plath, un galop infatigable" (Jean-Marc Place, 2003). Traductrice pour les ouvrages de Sylvia Plath "La Traversée" dans "Arbres d'hiver" (Poésie/Gallimard, 1999), "Ariel" (Gallimard, 2009). Traductrice de Ted Hughes, "Poèmes (1957-1994)" avec Jacques Darras (Gallimard, 2009) Sylvie Doizelet, romancière, autrice notamment de "La Terre des morts est lointaine" (collection "L’un et l’autre", Gallimard, 1996). Elle a traduit le recueil de Ted Hugues, "Birthday Letters" (Gallimard, coll. Poésie, 2015) adressé à Sylvia Plath. Elle a également préfacé "Sylvia Plath, Arbres d'hiver précédé de La traversée", traduction de Françoise Morvan et Valérie Rouzeau (Gallimard, coll. Poésie, 1999) Claire Fercak, romancière, autrice notamment de "Rideau de verre" (Verticales, 2007) et plus récemment "Ce qui est nommé reste en vie" (Verticales, 2020) et "Après la foudre" (Arthaud, 2021) Gwenaëlle Aubry, romancière, philosophe, autrice notamment de "Lazare mon amour" (L’iconoclaste, 2016), "Perséphone 2014" (Mercure de France, 2016) et plus récemment "Saint-Phalle : monter en enfance" (Stock, 2021) Sonia Wieder-Atherton, violoncelliste. Elle a notamment conçu le spectacle "Danses nocturnes", avec Charlotte Rampling, où se rencontrent les œuvres de Benjamin Britten et de Sylvia Plath
Un très grand merci au Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir (28 place St Georges, Paris 9ème) pour nous avoir permis d’utiliser des extraits de Letters home, film réalisé par Chantal Akerman en 1984, à Sonia Wieder-Atherton et Charlotte Rampling pour l’extrait de "Danses nocturnes", spectacle conçu en 2013.
Lecture des textes et poèmes (extraits) par Odja Llorca.
Archives :
Extraits de "Sylvia Plath – The Spoken Word" (Label British Library, 2010) Interview de Sylvia Plath par Peter Orr pour la BBC (1962) Interview de Sylvia Plath et Ted Hughes pour la BBC dans l’émission "Poets in partnership" (18.01.1961) Lecture des poèmes du recueil "Ariel" par Sylvia Plath "Danses nocturnes", Sonia Wieder-Atherton et Chalotte Rampling, poèmes de Sylvia Plath et musique de Benjamin Britten
Musique : "Overturn" d'Alexandra Stréliski (album "Inscape")
Sources : France Culture et Wikipédia
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