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ISBN : 2715229291
Éditeur : Mercure de France (27/08/2009)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 100 notes)
Résumé :
Je ne sais pas quand je me suis dit pour la première fois « mon père est fou », quand j’ai adopté ce mot de folie, ce mot emphatique, vague, inquiétant et légèrement exaltant, qui ne nommait rien, en fait, rien d’autre que mon angoisse, cette terreur infantile, cette panique où je basculais avec lui et que toute ma vie d’adulte s’employait à recouvrir, un appel de lui et tout cela, le jardin, le soir d’été, la mer proche, volait en éclats, me laissant seule avec lui... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
madameduberry
  26 mars 2014
Gwennaëlle Aubry compose le portrait éclaté d'un homme absent du monde et séparé de lui même: son père, aujourd'hui disparu. Juriste, avocat et universitaire, ce fils unique de bonne famille eut deux filles mais ne parvint pas à faire souche. Il eut une place dans le monde mais ne parvint pas à l'occuper.A partir des différents personnages auxquels il cherche à s'arrimer, tous pseudo moi de cet homme sans ego, angoissé d'avoir à être quelqu'un, sa fille aînée compose un abécédaire qui donne consistance à la souffrance mélancolique de son père, et un sens à sa dérive et à sa déchéance. Un très beau livre sur la souffrance d'un homme désarrimé.
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andras
  25 septembre 2017
"Personne" est un livre, magnifique et poignant, sur une femme (l'auteur du livre) qui part à la recherche de l'identité de son père qui vient de mourir, un père avocat et professeur de droit dont la vie a été marquée par la "mélancolie" et des périodes de démence (vraisemblablement ce qu'on appelle aujourd'hui des troubles biplaires) qui l'ont contraint à quitter son travail, à perdre la plupart de ses relations, à s'éloigner de ses deux filles et à vivre sur la fin de sa vie presque comme un clochard. Pour ce faire, l'auteur s'appuie sur ses souvenirs, quelques photos et aussi un texte autobiographique que son père à laissé à sa fille avec l'expression "à romancer" comme simple – et étrange – consigne. Lourd héritage. Gwenaëlle Aubry a choisi de parler de cet homme insaisissable, en perpétuelle fuite, en parcourant l'alphabet avec pour chacune des 26 lettres un mot, commençant par cette lettre et donnant la thématique du récit à suivre. Tout dans ce texte est extrêmement subtil, intelligent, sensible.
En recueillant patiemment les fragments de la vie de son père qu'elle est parvenue à déchiffrer, en cherchant à décrire, avec beaucoup d'humilité, les divers masques (ou "persona") dont il s'affublait, Gwenaëlle Aubry parvient à reconstituer une sorte de portrait (plus cubiste qu’impressionniste) de cet homme, et à donner, à défaut d'une cohérence, une présence à cette "personne" qui, tel le Zelig de Woody Allen, réfutant toute identité stable, passait son temps à emprunter les identités des autres. L'auteur, qui est philosophe de métier, nous laisse ici une leçon de philosophie, et donc de vie, dénuée de tout jargon et au plus près des choses qu'elle et son père ont vécues. C'est aussi une très belle leçon d'écriture, où les non-dits résonnent autant que ce qui est dit, où la forme épouse magnifiquement le sujet.
Delphine de Vigan m'avait fortement impressionné par le livre qu'elle avait écrit sur la maladie maniaco-dépressive de sa mère ("Rien ne s'oppose à la nuit"). Gwenaëlle Aubry, par ce livre plus concentré et de ce fait, peut-être encore plus percutant et perturbant, m'a tout simplement ébloui.
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brigittelascombe
  23 octobre 2011
Personne: l'alphabet d'un enfant qui pleure au fil des mots,l'alphabet d'une femme qui mitraille à l'aveuglette quitte à choquer, un alphabet qui tape fort sur la lettre N,celle d'un Napoléon d'opérette, pour écrire en catimini le nom de François Xavier Aubry, célèbre juriste inconnu d'une fille en manque de père et de repères, un alphabet qui tape tendre sur la lettre G, celle du gisant qui réveille d'affectueux souvenirs.
Personne: un puzzle fait d'éclats de folie entre le A génial d'Antonin Artaud Gwenaëlle Aubry glisse la plume en souffrance qui cherchait son envol sur des "cahiers noircis" et le Z de Zélig "l'homme caméléon" tour à tour conspué,acclamé,psychotique.
Personne: un portrait éclaté, sorte de tableau pointilliste, celui d'un James Bond au nez rouge, éternel enfant mort avant l'heure, mi-flic mi-voyou au profil à la Dustin Hoffman,illuminé en attente de chatiment, chercheur de terre promise au visage bouffi par les médicaments, mouton noir anticonformiste, inventeur d'enfance idéale, habitué des divagations, homme sans qualité déchu par son goût de la déchéance, maître du vide, triste inconnu.
Personne: un étrange jeu de piste, celui de Gwenaëlle Aubry qui décrie ce Personne en gros,en gras,en dur sur la première de couverture pour lui donner le fin mot et cloturer le débat en écrivant sur cette personne, cette figure du père: "peut-être a-t-il trouvé dans le désert blanc de la mort,ce que depuis toujours il cherchait:le droit,enfin,de ne plus être quelqu'un?
Personne et quelqu'un résonnent-ils en écho?
Livre exutoire, fait de copiés-collés originaux qui délivre des non-dits tout en recollant les morceaux d'une enfance brisée?
Emouvant!
Un livre qui rappelle Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan qui raconte sa mère maniaco-dépressive, suite à son suicide, pour la réhabiliter.
Rappel:Gwenaëlle Aubry (agrégée et docteur de philosophie,auteur de plusieurs autres ouvrages) a obtenu le Prix Fémina 2009 pour Personne.
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zellereb
  28 mars 2016
Ce livre traînait dans ma bibliothèque depuis des années, mais je ne me décidais jamais à le lire. Je pense l'avoir acheté à sa parution. C'est un écrit autobiographique qui parle du père de cette auteure, dont au final je ne sais pas quoi penser.
Sans vouloir poser aucune étiquette de mon propre chef, puisque c'est clairement dit, le père souffrait de psychose maniaco-dépressive, et faisait beaucoup de séjours en hôpital psychiatrique. Sa fille lui rend ici un hommage au travers de personnages divers. le roman est construit autour de petits chapitres allant de A à Z. On est informés sur ce trouble assez étrange où le malade alterne des périodes tout à fait normales et mène une vie comme vous et moi, et d'autres où il fait tout à l'excès, que ce soit en négatif ou en positif, là où il devient dangereux pour lui-même. D'ailleurs, le père s'est suicidé durant une phase de mélancolie.

L'écriture m'a attirée dans le début du livre, où je l'ai trouvée magnifique de sensibilité et de chaleur. Puis, mon intérêt s'est amenuisé au cours des pages, car je n'arrivais plus à situer très bien ce père, dont le profil se perdait un peu derrière les personnages choisis.
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LydieetsesLivres
  25 juillet 2014
Quand son père meurt, Gwenaëlle Aubry trouve un cahier, un cahier dans lequel son père à transcrit sa vie, ses états d'âme. Ce cahier porte la mention « A romancer ». Dans Personne, Gwenaëlle Aubry essaie de décrire son père en utilisant les 26 lettres de l'alphabet. Ce portrait sous forme d'abécédaire, nous montre 26 facettes de l'homme qu'était son père. le récit se fait à traves des souvenirs de l'auteur, des extraits du cahier de son père et ce qu'elle ressent au moment de l'écriture.
François-Xavier Aubry nécessite bien ces 26 lettres pour être cerné, décortiqué. Il né dans une famille bourgeoise. Il devient avocat, donne des cours à l'université mais rapidement la folie l'emprisonne. Dés lors, il partage sa vie entre clinique ou hôpital psychiatrique et épisodes heureux.
Ce portrait m'a fait pensé aux cadeaux que fabrique les enfants pour la fête des mères dans lesquels on peut lire :
Merveilleuse
Amusante
Mélomane
Attentive
Naturelle
(Toute ressemblance avec des personnes ayant exister ne saurait être que fortuite :-) )
J'ai donc trouvé ce texte plein de tendresses, plein d'amours, plein de questionnements.
Malheureusement, la méthode originale et précise utilisée par l'auteur la force à déstructurer la chronologie et je dois avouer que j'ai du mal à remettre les choses dans l'ordre et à comprendre le personnage qu'était son père. Je peux également dire que c'est très réussi car le dernier point est partagé par l'auteur, son père est unique, personne, multiple.
Même si je n'ai pas été capable de m'attacher à son père, ce texte est un joli témoignage d'amour d'une fille à son père.
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
sabinasabina   21 mai 2012
Tout homme porte en lui un terre promise, une terre où ses pas ne le conduiront jamais, à laquelle nulle histoire, nulle origine ne l'enracine, dont certains rêves, seulement, parfois, lui apportent la couleur, le parfum,...une terre à laquelle, si par hasard il la touche un jour sans avoir su avant la reconnaitre ni la nommer, il sait qu'il appartient, dont la lumière, le relief sont les siens, où il peut sans entraves se mouvoir, respirer, dont les pierres, les arbres, la langue le charment et le libèrent comme si lui-même, dans un passé immémorial, avait parlé cette langue, été l'un de ces arbres, l'une de ces pierres, et c'est alors comme si la vie d'avant, la vie ailleurs, glissait de lui, le laissant nu, natif, lustré, tout ce temps perdu ailleurs, à s'agiter, à grimacer, alors que rien ne compte que d'être ici, à vivre, regarder, respirer, ici où le temps ne passe plus, ou passe sans histoire, ni dates, ni années, car c'est le lieu d'un passé sans mémoire mais dont le corps est tissé, c'est si simple finalement, ce lieu il suffirait d'y rester, cette terre de s'y encrer, pourquoi revenir ?
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andrasandras   25 septembre 2017
Tout homme porte une terre promise, une terre où peut-être ses pas ne le conduiront jamais, à laquelle nulle histoire, nulle origine ne l'enracine, dont certains rêves, seulement, parfois, lui apportent la couleur, le parfum (ceux dont on se réveille intègre, vierge, apaisé, avec le sentiment d'avoir eu en partage une vie d'essence plus haute, sans heurts ni secrets, baignée de transparence), une terre à laquelle, si par hasard il la touche un jour sans avoir su avant la reconnaître ni la nommer, il sait qu'il appartient, dont la lumière, le relief sont les siens, où il peut sans entrave se mouvoir, respirer, dont les pierres, les arbres, la langue le charment et le libèrent comme si lui-même, dans un passé immémorial, avait parlé cette langue, été l'un de ces arbres, l'une de ces pierres, et c'est alors comme si la vie d'avant, la vie d'ailleurs, glissait de lui, le laissant nu, natif, lustré, tout ce temps perdu ailleurs, à s'agiter, à grimacer, alors que rien ne compte que d'être ici, à vivre, regarder, respirer, ici où le temps ne passe plus, ou passe sans histoire, ni dates, ni années car c'est le lieu d'un passé sans mémoire mais dont le corps est tissé, c'est si simple finalement, ce lieu il suffirait d'y rester, cette terre de s'y ancrer, pourquoi revenir ?
Cette terre, pour mon père, était au-delà des mers, elle avait le relief de la Kabylie, la lumière du Maroc et de l'Algérie, la blancheur du désert.
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canelcanel   21 novembre 2011
On ne perd pas un père, encore moins un père qui était, ou qui s'était, lui-même perdu. C'est de son vivant, peut-être, qu'on l'avait perdu, qu'on ne savait plus qui il était, où il était. A présent qu'il est mort, on réunit ce qu'il a laissé, miettes et cailloux semés dans les forêts de son angoisse, trésors et épaves, on construit le vide, on sculpte l'absence, on cherche une forme pour ce qui, en nous, demeure de lui, et qui a toujours été la tentation de l'informe, la menace du chaos, on cherche des mots pour ce qui, toujours, a été en nous la part secrète, la part muette, un corps de mots pour celui qui n'a pas de tombe, un château de présence pour protéger son absence. (p. 20)
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luocineluocine   11 décembre 2009
Quand je disais « mon père » cette année-là, les mots tenaient bon, je ne sais pas comment le dire autrement, j’avais l’impression de parler la même langue que les autres, d’habiter un monde commun (alors que d’ordinaire, prononçant ces deux mots, je voyais s’ouvrir un écart infranchissable …… « mon père » c'est-à-dire mon délire, ma détresse, mon dément, mon deuil, mon disparu).
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zellerebzellereb   28 mars 2016
Et s’il est bien des images que j’ai appris à regarder, d’autres encore que je m’efforce, à tâtons, de déchiffrer, j’ai peine à soutenir le regard de l’enfant qui fut mon père, s’il est bien des choses que je tente de comprendre, que j’ai appris à accepter, je ne peux me résoudre à cette promesse irrémédiablement manquée, à ce qui a fait défaut à cet enfant, à ce qui, à jamais, n’aura pas comblé son attente, sa grande attente muette et confiante, et ainsi je voudrais, moi aussi, ranger les images à rebours, abolir le double espace de nos vies décalées, trouver dans sa mort cela qui annule le temps, passer à travers le mort pour retrouver l’enfant, rejoindre cet enfant au regard désespérément confiant, l’accompagner, le protéger.
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Videos de Gwenaëlle Aubry (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gwenaëlle Aubry
Gwenaëlle Aubry - Perséphone 2014 .Gwenaëlle Aubry vous présente son ouvrage "Perséphone 2014" . Parution le 1er janvier aux éditions Mercure de France. Rentrée littéraire janvier 2016. Notes de Musique : Lili Krau plays Mozart - Piano Sonatas Nos 1-5 Rondo K485.®1967 www.mollat.com Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat You Tube : https://www.youtube.com/user/LibrairieMollat Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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