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EAN : 9782858520510
416 pages
Éditeur : Editions René Château (28/03/2005)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 60 notes)
Résumé :
Cela fait dix ans que Michel Audiard, le Dialoguiste n°1 du cinéma français nous a quittés. Irremplaçables, son talent et sa verve manquent cruellement au cinéma français d'aujourd'hui. Pour l'apprécier davantage, René Chateau a sélectionné ses meilleurs dialogues, des Tontons Flingueurs à Mélodie en Sous-sol en passant par Les Grandes Familles ou 100.000 Dollars au Soleil... Cet ouvrage, complété par de nombreux textes, interviews, polémiques, etc.... vous permettr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Nowowak
  12 mai 2020
Le serveur me demande un autographe. Il sourit à décrocher la lune. Je m'en fous de ses fesses, j'ai commandé un bojolpif ça urge. J'ai le gosier aussi sec qu'un camp scout quand la cheftaine passe la revue. Il me dit qu'il adore San Antonio. J'ai envie de lui jouer un air de mandale pour lui apprendre à ne plus me confondre avec Frédéric Dard. Il dit qu'il m'a tout lu. La belle jambe. C'est la cinquième fois aujourd'hui. Bientôt il va me parler de mon adjoint cradingue et demander à Madame Irma si Bérurier doit rappliquer ou s'il peut apporter mon verre de rouge. On me confond avec Dard que l'on confond avec San-A. Les gens sont cons, ils ne méritent pas de nous lire. A ces cuistres, je rêve de leur faire avaler le bouillon de onze heures. Dard et moi on ne boxe pas dans la même catégorie. Je lui rends dix kilos. Puis on n'a tout de même pas la même tronche.
Autant confondre Eddy Merckx et Raymond Poulidor. Faut être cintré pour ne pas voir que l'un des deux pousse l'autre dans les montées. Quant au serveur qui me zieute façon homard en frétillant de la queue, il m'a tout l'air de la jaquette flottante. Il me voit déjà dans son plumard. Je n'ai rien contre les fiottes, faut de tout pour défaire le monde, mais si cette lope (pas d'embrouille, j'ai rien contre les mignons) me regarde encore comme si j'étais un bulot ou un mannequin de chez Dior, je vais lui en coller une sévère. Marcher à reculons ça n'a jamais été mon hobby. Je laisse ça aux amateurs de gigot à la menthe et aux coiffeurs pour dames.
Ça crachouille. La terrasse du troquet est vide. Aussi vide qu'une arrivée du Tour de France quand tu ne suis que les français. Si je dézingue le larbin de mes fesses cela ne fera pas un pli. Deux trois taloches en pourboire pour en finir avec son bourre-mou et je serais aux anges. On n'y verra que du feu. J'ai la torgnole violente et soudaine. Ce sera juste un regrettable accident. La mort de Louis XVI aussi, me direz-vous. Je pourrais demander à Lino de m'épauler, il a toujours un flingue sous son imperméable. Avec lui les bastos c'est plus facile à donner qu'à recevoir. Cet hiver les flocons sont en retard mais les macchabées seront en avance ! Il lui faudra cinq minutes pour plier l'affaire. Lino aime bien quand les caves disent oui ou non selon qu'il attend qu'ils disent oui ou non. Les bouffeurs de nems ne font pas exception.
Je vais aux gogues, bravo l'arsouille si t'as deviné l'embrouille ! L'intrus qui en veut à mon trou me suit à la trace. C'est quoi cette farce ? Je renifle du vilain, ça embaume l'entourloupe ! L'individu me colle au fion. Je hais les suceurs de roues. Il ne veut tout de même pas que je fume le calumet de la paix sous son teepee ? Il me montre une photo du commissaire et voudrait que je la barbouille. La face enfarinée façon geisha dans un film de Mizoguchi, il ressasse que son préféré c'est « San Antonio chez les nudistes« . Il doit me confondre avec Paul Préboist. Il devient de plus en plus louche le loufiat. Il me pousse en cuisine pour que je lui signe son livre d'or. C'est sa gueule que je vais lui dédicacer si ce Belphégor des corridors insiste !
Tu parles d'une cambuse ! C'est quoi cette turne infecte ? Ça renifle le demi pas frais, la tambouille coréenne, ça pullule de malfaisants, ça sent le troll des montagnes, le néfaste, le parasitaire, le niquedouille ! Ils doivent préparer un chihuahua au court-bouillon ! Je n'aurais pas mon flegme légendaire je tirerais le canon, je ferais mijoter ces suce-larbins dans la marmite aux mites ! Suffit ! Arrête ta mandoline Joséphine ! On n'a pas gardé les écrevisses ensemble ! On va faire péter les bouchons ! Y a le choléra qui est de retour. Et ça ne sent pas la crevette ! La peste s'abat sur le pauvre monde. Confucius a viré sa cuti. Je vais descendre la malle du grenier, celle qui a connu Verdun, je vais défourailler le dézingueur vengeur, le famas des familles, la grenade vérolée, celle qui a renvoyé les boches derrière leur mur de Berlin pour collectionner des statues aztèques et des bottes en caoutchouc.
C'est quoi ce pastis ? Il a une vocation de kamikaze mon niakoué ? Moi les nippons je ne peux pas les encadrer même en peinture depuis qu'ils nous ont chouravé l'Indochine et la médaille d'or à Tokyo en 64 ! Si ce malappris m'approche, je vais le découper au laser, je vais lui apprendre le savoir-vivre et tout de suite après le savoir mourir ! Sa gueule va devenir une enseigne ! Un écriteau pour beignes en tous genres ! On le vendra en poster le soir au-dessus des jonques. le comptoir des ramponneaux ! Pétard de vérole ! Purée de sacristie ! Sa cambuse pue presque autant que les taudis des petits vieux ratatinés où des boîtes de conserve éventrées voisinent avec des pots de yaourts vides, des sacs de croquettes pour chats et des compotes périmées depuis l'avant-guerre. Ça sent le moisi comme dans le ventre d'un cachalot. Il ne manque que les napperons verdâtres, les collections d'arlequins et les bibelots datant des momies qui cohabitent avec des félins méphitiques qui pissent où le vent les mène sur ce territoire de mort.
Je me dépêche de me répandre dans les commodités prévues à cet effet bien que l'envie de me dégourdir le braquemart soit contrariée par une odeur de fennec et de hyène qui auraient bouffé un mulot pas frais. L'absence de fenêtre ne manque pas d'ironie. Quand je remonte le sinistre individu m'attend en haut de l'escalier, son surin en pogne. Son rire jaune me fout le tracsir. Ce rouleau de printemps peut se brosser pour la séance de cirage de pompes et je garde mes yeux braqués sur lui tels deux frelons prêts à piquer. Quand on voit la gueule du livreur on devrait interdire aux quiches de faire des lardons ! Sa tronche de pizza aux fruits de mer sauce aigre-douce ne me revient pas. Il fait partie des mectons que je ne peux pas blairer. Si on leur donnait une pièce à chaque énormité qui sort de leur garage à miel ils pourraient partir en vacances aux Seychelles ! Moi les gueules justes bonnes à bousiller le printemps je les parfume à l'exil !

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Seabiscuit
  02 septembre 2018
Ce fut pour moi, un cadeau de Noël ! Un cadeau sympa, façon titi parisien,envoyez caisse et bonjour M'sieurs dames ! Jean Gabin, Bernard Blier, Lino Ventura, Paul Frankeur, Annie Girardot, Pierre Brasseur, Jean Desailly, Fernandel, Micheline Presle, Maurice Biraud, Martine Carol, Françoise Rosay et tant d'autres. Cette liste n'est pas "Un appel aux morts" ni un tableau de chasse mais une toute petite partie seulement de la vitrine du cinéma français avec, en bouche, les mots de Michel Audiard. le livre se prend à n'importe quelle page et vous plonge dans vos souvenirs de cinéphile. Ce n'est pas un chef d'oeuvre dans la construction mais plutôt comme un sommaire qui invite à aller plus loin, découvrir l'univers de rythme que Monsieur Audiard savait mettre en branle pour donner de la voix à des personnages tantôt clochard, tantôt président du conseil, flic , voyou ou barbouze. C'est une tranche de l'histoire du cinéma français, une vitrine d'un Paris de carte Postale. Une bribes de mots et vous avez juste une envie, cueillir dans votre vidéothèque un vieux film pour le partager avec des amis. Ce que je retiendrais de Michel Audiard c't d'abord son style, ensuite sa culture et mais surtout la rapidité avec laquelle il était capable de pondre un dialogue d'une qualité rare.
"Mais dis-donc, on est tout de même pas venu pour beurrer les sandwichs !"
Non, on est là pour parler d'un immense talent. Je vais finir par ce que je crois profondément et par les mots de l'artiste : "Le boulot, c'est un truc qu'il vaut mieux commencer jeune. Quand tu démarres tout môme, c'est comme si t'étais né infirme : tu prends le pli et t'y penses plus."
Adieu mon pote ou à bientôt !
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alberthenri
  26 juillet 2015
Depuis quelques années, les mêmes snobs qui ne supportaient pas Audiard de son vivant, l'admirent et le citent en toute occasion, c'est agaçant, mais je n'y peux rien, et puis c'est connu, comme le chantait Brassens "les morts sont tous des braves types", passons sur le sujet.
Audiard, c'est vrai a parfois fait dans la facilité, la redite, la roublardise, il le reconnaissait lui même. Mais, cet écrivain contrarié avait un réel talent d'auteur, pour s'en convaincre il faut écouter attentivement ses dialogues (d'où, contrairement à une idée reçue l'argot est le plus souvent absent) ou lire ses romans. J'ai découvert Audiard à 13 ou 14 ans en regardant "les tontons flingueurs", ce fut une sorte de révélation, je ne savais pas qu'on pouvais faire partir les mots comme des feux d'artifice...
Bien sur, plus tard, j'ai découvert Céline et j'ai compris d'où venait la petite musique, d'ailleurs, Audiard a rendu hommage à Céline dans certains des films qu'il a réalisés, ainsi, dans "comment réussir quand on est con et pleurnichard", avec Carmet, Marielle, Rochefort, Birkin, Audran (quelle distribution tout de même!) il est question d'une concierge qui se nomme Mme Bérange, et bien c'est un personnage de "Mort à crédit", il y en a d'autres amusez vous à les trouver !
Audiard était un grand lecteur, il était autodidacte (comme moi tiens!) et lisait aussi bien des romans populaires que des auteurs plus ambitieux comme Proust, c'est cette culture à la fois livresque et empirique qui a fait d'Audiard ce qu'il fut un Auteur de grand talent ne vous en déplaise!
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Gripoil42
  10 juillet 2016
Audiard vulgaire ? Que n'a t-on pas entendu sur le personnage ? Pourtant rares sont ceux qui manient la langue française avec autant de "virtuosité". Les mots de cet auteur se savourent, ils sont empreints de la truculence et de cette forme d'"épicurisme" verbal ou écrit que l'on ne retrouve plus guère qu'auprès de "gastronomes" littéraires avertis. Parce que oui, Michel Audiard se déguste par petites touches, pas de goinfreries, il faut prendre le temps de lire cet ouvrage et ainsi découvrir un univers où la langue française, derrière une simplicité apparente, se montre beaucoup plus complexe que ne pourrait le laisser penser un coup d'oeil trop rapide. Car ce monsieur connait ses classiques, ça se lit et s'entend...
Vulgaire Audiard ? A chacun son opinion... Cet ouvrage est une "référence" en ces temps où le langage est "torturé"... Tiens... Pourquoi ne pas s'en servir dans les écoles et au collège ?...
A consommer sans modération. Si ! Si !...
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Canaju
  20 novembre 2011

Ce livre est un recueil des meilleurs dialogues d'Audiard, icône populaire unique et atemporel .On redécouvre avec bonheur son phrasé assassin et très "brut de décoffrage" où tout le monde en prend pour son grade : les cons, les intellectuels, les bourgeois, les prolos, les hommes, les femmes...Les mauvaises langues diront que c'est vulgaire.
Moi je vous dis : c'est infiniment drôle et brillant.
Mais ce livre ne se lit pas d'une traite. Il faut savoir le déguster au détour d'un passage et tomber, avec délectation, sur un passage savoureux de cynisme et d'humour. Oui, car Audiard excelle terriblement dans l'art de la mauvaise foi.
L'autoportrait et les témoignages proposés dans le livre sont, quant à eux, l'occasion de découvrir l'homme sous un autre jour : un personnage authentique, sensible et attachant. Et oui, on connait bien les films et les dialogues d'Audiard mais on connait moins le personnage.
Rafraichissant, c'est un livre à découvrir absolument !
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
TarquinTarquin   02 mai 2013
Bernard BLIER : Les Tontons flingueurs
— Non mais ! T'as déjà vu ça ? En pleine paix ! Il chante et puis crac ! Un bourre-pif. Mais, il est complétement fou ce mec ! Mais moi, les dingues, je les soigne, j'm'en vais lui faire une ordonnance, et une sévère. Je vais lui montrer qui c'est Raoul. Aux quatre coins de Paris qu'on va le retrouver, éparpillé, par petits bouts, façon puzzle. Moi, quand on m'en fait trop, je correctionne plus, je dynamite, je disperse, je ventile !
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TarquinTarquin   02 mai 2013
Jean GABIN - Françoise ROSAY : Le Cave se rebiffe
— J't'enverrai un gonze dans la semaine. Un beau brun avec des bacchantes. Grand, l'air con.
— Ça court les rues, les grands cons.
— C'lui là, c'est un gabarit. Un exceptionnel. Si la connerie se mesurait, il servirait de mètre étalon ! Y serait à Sèvres !
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CegesteCegeste   12 septembre 2014
Pierre BRASSEUR

C'est toujours la même chose ! Monsieur prend le séné mais ne passe pas la rhubarbe .Nous sommes tous les deux de la même famille et avons tous les deux de l'argent :toi tu représentes le patronat, moi le capitalisme .Nous votons tà droite ,toi c'est pour préserver la société ,moi pour écraser l'ouvrier. Nous organisons un dîner de vingt couverts : toi tu donnes une réception ,moi j'organise une partouze .Et si le lendemain nous avons des boutons ,toi c'est le homrd ,moi c'est la vérole.

Les Grandes Famille
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rasibusrasibus   10 octobre 2015
- Sachez qu'il y a aussi des patrons de gauche
--Oui, il y a aussi des poissons volants, mais ça ne constitue pas la majorité de l'espèce ...
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ricouricou   21 août 2012
Lino Ventura : Un taxi pour Tobrouk
- Quand dans le désert on trouve un macchabée qu'on ne peut pas identifier, on lui fouille les poches. Si on trouve un ouvre-boîtes, c'est un british, quand on trouve un tire-bouchon_ ben, c'est un français.


Jean Murat : Les Grandes Familles
- L'Algérie, tout est là ! On ne me pardonne pas d'avoir eu raison. Quand la rébellion a éclaté, je leur ai dit : " On en fusille 100 000 au hasard c'est terminé ! "100 000, c'était pourtant raisonnable.
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Videos de Michel Audiard (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Audiard
Michel Audiard - ARTE. 52'58''
Dans la catégorie : CinémaVoir plus
>Représentations scéniques>Cinéma, radio, télévision>Cinéma (744)
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« Quand on parle pognon, à partir d’un certain chiffre, tout le monde ----. »

se tait
respecte
écoute
se tire

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