AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2266214934
Éditeur : Pocket (27/09/2012)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 45 notes)
Résumé :
Au cours d'une nuit d'errance dans les rues de Paris, entre Montsouris, Pigalle et Montparnasse, Michel Audiard invoque ses fantômes et ses souvenirs.

Requiem, complainte ou rêverie hallucinée, La nuit, le jour et toutes les autres nuits ressuscite un Paris populaire marqué dans sa chair par les années noires de l'Occupation.

On y croise Quenotte, fille d'un "charbon, vins, liqueurs" de la rue Saint-Jacques, tondue le dernier jour d'ao... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Lorraine47
  27 avril 2015
J'ai comme beaucoup, une tendresse particulière pour Michel Audiard, le dialoguiste à la gouaille inimitable des Tontons Flingueurs, j'en passe et des meilleures.
Aussi quand j'ai aperçu "La nuit, le jour et toutes les autres nuits", sa biographie écrite en 1978 sur les étagères de ma soeur bien aimée, je n'ai pas su résister.
J'ai alors découvert un homme d'une rare sensibilité, élevé par son parrain dans le XIV ème qui m'est aussi devenu cher.
Audiard nous relate tout particulièrement les années d'occupation et la Libération, période trouble et fondatrice pour notre homme.
Nous nous prenons d'amitié pour Myrette, au splendide regard myosotis qui brûla la vie par tous les bouts et finit massacrée pour avoir eu un "cul international", surtout sur le versant germanique.
On sent la révolte sourdre sous le ton cynique et désabusé de notre homme, quand certains ont su si vite retourner leur veste... Alors que lui, Michel a cultivé la fidélité aux morts quoiqu'ils aient fait par amitié tout simplement.
Les bourgeois déchus devenus des mythos de premières vous arrachent un brin de pitié à tel point qu'ils vous sembleraient presque sympathiques!
Seul Audiard sait nous rendre intéressants des individus pathétiques en nous parlant une langue qui vient du coeur!
Et puis, il y a la face noire de Michel, son pessimisme, son mal être, sa nostalgie du passé qui le poussent à honorer les morts avec plus de courtoisie que les vivants. Il n'avait pas la grosse tête, non, notre Michel, c'était un homme simple avec une vraie générosité, un franc-parler aussi direct qu'un uppercut, un gentleman populo qui repose désormais auprès de ses copains à Montrouge.
Tiens, la prochaine fois, j'irai lui rendre une petite visite, histoire de causer un peu du temps qui passe.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          540
Litteraflure
  11 septembre 2018
Les nostalgiques du célèbre dialoguiste, de sa verve et de sa gouaille, ne seront pas en reste. le scénariste des tontons flingueurs refait l'histoire de l'après-guerre en nous comptant les déboires de Myrette, la prostituée aux yeux couleur d ‘huître, de Sophie, l'ancienne joueuse de basket reconvertie dans l'amour saphique, sans oublier Paloma qui décide un jour d'entrer dans les ordres : « Depuis longtemps persuadé que les deux faits majeurs du vingtième siècle sont la déconfiture du catholicisme et la prolifération des partouzes, l'entrée de Paloma en religion bouleverse tout un concept. Mais la douce ne pêcherait-elle pas par ignorance ? Amazone multinationale ayant caracolé de Floride en Scylla imaginerait-elle la vie conventuelle dans le vison et le crêpe de Chine ? » Quant à Mimile : « c'était un persévérant. Tournant depuis longtemps autour de la connerie, ce ne fut qu'en 42 qu'il y fit une entrée solennelle ». Drôle, irrévérencieux, le roman de Michel Audiard est réjouissant à une époque où le politiquement correct englue les esprits.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
Davd
  15 mai 2012
Nous connaissons tous Audiard, le scénariste/réalisateur mais dans ce livre on touche à l'homme... du moins à ce qu'il veut nous faire voir de lui.
Son enfance et, surtout, l'époque de l'Occupation, où la personnalité du bonhomme va se former : sexe, petites magouilles et surtout amour(s).
La Libération et son cortège de "résistants de la dernière heure" aussi immondes que les collaborateurs et autres brutes nazis va, après un épisode horrible, lui donner un dégoût profond des "honnêtes gens", des salopards bien-pensants.
C'est bourré de personnages truculents (vrais ou pas) : notamment l'inénarrable matrone lesbienne conceptrice de godmichet pour gens de la haute.
On découvre aussi son combat contre la dive bouteille, un vieux démon intime et sa piètre opinion de son métier et du milieu du cinéma.
Audiard est un vieux réac' parfois, un peu geignard, de mauvaise foi et menteur.
Et puis, "une biographie ça s'invente" comme disait Céline.
Commenter  J’apprécie          30
Custine
  23 novembre 2017
Sincèrement, je n'ai pas aimé ce livre. Je me suis forcé a aller au bout mais il me tombait des mains. Sur le style c'est de la turlute Célinesque, et j'attendais le style de l'auteur Audiard.
Sur le fond j'ai aimé la vision du monde , c'est la mienne. L'homme est une espèce ratée, nuisible , criminelle , et la bombe , la finale, n'est plus très loin. Pour s'en convaincre , il suffit de dérouler l'escalade criminelle exponentielle sur les deux derniers siècles.
Il reste de bons passages sur les putes; la bijouterie à pattes Paloma, Hortense, Myrette et Sophie Clodomir reine du god.
J'au lu ici quelque part "chef d'oeuvre" .. Faut pas pousser mémé . Audiard l'homme en était un de chef d'oeuvre, il nous a laissé des wagons de gerbes d'étoiles comme dialoguiste et ça suffit bien pour l'aimer à vie.
Commenter  J’apprécie          30
Raphiot
  30 septembre 2015
Un CHEF-D'OEUVRE!!!! Quand Audiard se rapproche au plus près de Céline. Un livre qui devrait faire parti des classiques à avoir dans sa bibliothèque
Commenter  J’apprécie          70
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
aleatoirealeatoire   13 avril 2018
Aujourd'hui que rien ne m'intéresse plus, je garde le souvenir d'instants magiques, fugitifs, insaisissables dans l'instant où ils se déroulent et dont l'éternité ne se fixe que prise au piège de la mémoire...
... Un endroit à skier dont j'ai parfaitement tout oublié, sinon qu'il s'agissait du versant français des Alpes. A la descente d'une "navette", un matin très tôt... l'aube encore indécise striée par des rafales de talc... un hôtel en béton recouvert de bois, imitation chalet, avec un bar au centre duquel ronronnait un poêle en faïence... rien d'authentique, mais je me fous complètement de l'authenticité des choses... il faisait chaud dedans et froid dehors... j'étais dedans et j'étais bien... derrière le bar en rondins, style Winippeg-Ségalo, une cassette dévidait un adagio... probablement de Mozart... quand c'est très beau et qu'on est pas bien sûr, c'est presque toujours du Mozart... la neige et la musique avaient la même lenteur, la même légèreté... et puis un con de barman m'a demandé si je désirais du lait dans mon café et tout s'est arrêté !... La neige continuait de tomber, le piano de jouer, mais ce n'était plus que de la neige et du piano..

Au cours de mes rondes de nuit, je ressasse des machins comme ça, vrais ou faux, à faire paraître la route moins longue. Sans quoi je fatigue et désespère. Bien sûr, je pourrais aller voir un film ou me faire sucer, mais après faudrait tailler la route quand-même, ça n'avancerait pas à grand chose. Du temps que je buvais c'était bien pratique, la lanterne magique se mettait en marche toute seule. Pas besoin d'aller aux renseignements, les fantômes venaient à moi avec leurs visas. Maintenant j'ai besoin d'aide-mémoire. Un jour je ne me souviendrai peut-être plus de rien du tout.

"Un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche", j'ai écrit ça dans le temps. J'arrive finalement devant chez moi. Je dis devant chez moi par habitude, je devrais dire devant l'immeuble, puisque je ne m'y suis jamais senti chez moi. Heureusement le parc Montsouris nettoie tout ça à grands coups de verdure. A tel point que, si ça continue, la lumière orangée du réverbère juste en face n'arrivera plus à percer le feuillage du grand catalpa qui, chaque printemps, gagne davantage sur la rue. Je l'ai vu planter, cet arbre. Il n'était guère plus gros que la bite à Bébert.
Je pisse à petites gouttes sous le catalpa, sans envie, histoire de gagner du temps.

Pour le reste,... je mange ma soupe... je m'habille... je me déshabille... je fais des trucs intéressants comme de me raser... de vider les cendriers... de regarder mes chaussures... voyez, des occupations...

Nous n'irons plus au bois... Nous ne jouerons plus à la marelle... ni à colin-maillard... Nous ne fumerons plus de coquelicots... Nous ne dormirons plus avec les petites filles qui avaient les dents du bonheur...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          244
aleatoirealeatoire   08 mai 2018
Un certain temps déjà que je ne joue plus... à rien... depuis qu'une auto jaune a percuté une pile de pont sur l'autoroute du Sud et qu'un petit garçon est mort. C'était par une matinée de grand vent. Voilà. (...)
Avec le petit garçon qui conduisait l'auto jaune il ne s'agit plus d'un songe éveillé ou non - mais d'indissolubilité. Il ne fait pas partie de mes souvenirs, il est indissoluble de ma vie. De chaque instant de ma vie. La fumée que j'avale lui brûle les bronches, mon café du matin le revigore, il me regarde dans la glace pendant que je me rase, il est assis près de moi dans la chaumière sous les arbres lorsque j'écoute les disques dont il ne prenait guère soin. Le petit garçon dispose de moi. Mais non, le terme n'est pas exact !... Ni lui ni moi ne disposons l'un de l'autre : nous continuons de fouler le même territoire, d'aller du même pas. Y compris au cimetière. Et voilà bien où ce petit enfant se situe, dans une zone où n'accèdent pas mes autres morts, à Montrouge, division XVI, je ne jurerais pas, certains jours, venir voir quelqu'un, mais bien plutôt que ce quelqu'un est à mon côté et dépose en même temps que moi le bouquet de chardons sur une tombe où l'un de nous deux attend l'autre, sans qu'il soit tellement évident que ce soit l'un ou l'autre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          292
aleatoirealeatoire   05 mai 2018
Or je sais très bien où j'en suis et s'il advient que je digresse parfois c'est uniquement pour ne pas qu'on s'enlise dans le mélo-raclette, un peu, voyez-vous, comme on saute certaines planches lorsqu'on feuillette les photos de famille. La vérité c'est qu'on devrait jamais les ouvrir, les albums. Et pourtant, si... Là, prisonniers dans les gros machins cartonnés, comme les personnages de fiction le sont dans les livres, ceux qu'on a aimés ne peuvent plus nous mentir, ils avouent enfin de quoi ils sont partis... de vieillesse souvent, mais pas toujours, pas fatalement... on décode les messages qu'on n'avait pas su lire en leur temps... la progression lente des chagrins... avec comme des coups de pluie sur les regards... à mesure que les années dégringolent sur les visages, les sourires se font rares, de plus en plus rares même, jusqu'à s'estomper tout à fait... les joyeux drilles des photos du début, les contorsionnistes, les champions de la grimace à faire rire, les loustics des noces et banquets, tous ces lurons font place à des clowns amidonnés, exemplaires et tristes, de plus en plus effarés dirait-on... jusqu'à ce que l'angoisse s'installe vraiment... les terreurs... les certitudes de l'imminence du naufrage qui monte peu à peu dans les yeux fixés sur le p'tit oiseau...
Les seuls à y échapper, aux paniques, ce sont ceux dont les photos ne vont guère plus loin que le premier tiers d'album... quelques jolies femmes mortes en couche... quelques soldats... certains adolescents dont la présence en ces pages ne s'explique que par la nécessité de les éclairer...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          235
moraviamoravia   09 avril 2016
Parce que j'en ai lu, moi, des lettres ! Hortense m'en a montré, qui avait dû certainement en écrire, la salope, des poulets dans le style : Des Français indigné s'étonnent que M. Zweig, 25, rue Tiquetone, ne porte pas l'étoile jaune, les mêmes épistoliers s'informant un peu plus tard : Les résistants du 25, rue Tiquetone aimeraient savoir pourquoi le locataire du 6e gauche n'arbore plus sa francisque ?
Exquise peuplade .
On ne m'ôtera jamais de l'idée que parmi les quatre-vingt mille voyageurs pour Dachau, Auschwitz, et autres stations gazeuses, la plupart ont commencé le voyage dans une boîte aux lettres.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          390
moraviamoravia   01 avril 2016
J'en bégaie de bonheur de les imaginer exorbités de pétoche, béants de connerie, dans "l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs", lorsque l'ultime et colossal champignon les aspirera avec leurs cosy-corners, leurs scènes de ménage, leurs récépissés de Caisse d'épargne, leurs problèmes sexuels, leurs tickets de tiercé, leurs prostates, leurs machines à laver, leurs transistors !...
Quatre milliards cinq cents millions de têtes de con qui cesseront enfin de polluer le système solaire !...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
Videos de Michel Audiard (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Audiard
Michel Audiard - ARTE. 52'58''
autres livres classés : autobiographieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les citations de Michel Audiard

« Quand on parle pognon, à partir d’un certain chiffre, tout le monde ----. »

se tait
respecte
écoute
se tire

10 questions
84 lecteurs ont répondu
Thème : Michel AudiardCréer un quiz sur ce livre
.. ..