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ISBN : 1534627391
Éditeur : CreateSpace Independent Publishing Platform (18/06/2016)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 6 notes)
Résumé :
En vacances avec sa mère Myriam et sa sœur Julie dans le village de son enfance, Soraya, une journaliste trentenaire, enquête sur le meurtre de Guillaume Aubert, fils de héros de la Résistance locale à l'occupant nazi. Antoine Mandelevic, ancien maire du village et professeur d'Histoire de Soraya quand elle avait vingt ans et qu'elle était la petite amie de Stéphane, a été accusé en 2003 avant d'être acquitté aux Assises.
Aidée de Stéphane qu'elle n'a cessé d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
kielosa
  04 janvier 2018
Laure Barachin que nous avons l'honneur et le plaisir de compter parmi nous, sur Babelio, comme Melpomene125, a jusqu'à présent 2 romans à son nom : "Le Chemin des Étoiles", que j'ai chroniqué en juin dernier, et "Un été en terre catalane". Mais "mon petit doigt m'a dit" que peut-être un 3ème suivra, probablement cette année-ci même, du moins je l'espère, et je ne suis sûrement pas le seul.
L'année dernière, j'ai déjà eu du mal à rédiger un billet sur son autre oeuvre, du fait que nous étions amis sur Babelio, je vous laisse deviner quels sont mes sentiments pour m'attaquer à sa terre catalane, maintenant que notre amitié sur Babelio sest confirmée et "solidifiée," si on dit cela en Français ! Pourtant, ma chronique sera rigoureusement objective et sans pitié, comme il se doit !
Myriam Raynaud, gérante d'une agence de pubs, suggère à sa fille, Soraya, 33 ans et journaliste de retour des États-Unis, d'enquêter sur la mort de Guillaume Aubert, fils de résistants et professeur de sociologie. Seulement, ce Guillaume avait eu la mauvaise idée de coucher avec l'épouse du maire et on l'a trouve étranglé. La situation rend le mari trompé évidemment suspect, mais Antoine Mandelevic sort de son procès acquitté à 2 reprises, mais "condamné au bénéfice du doute". Soraya, douée, hésite cependant : que pourrait-elle découvrir de nouveau, 9 ans après les faits et, en plus, une enquête pareille risque de devenir dangereuse. Est-ce que la police a mal fait son travail et le juge d'instruction bâclé son dossier ? Voilà 2 questions qu'il conviendrait d'élucider à notre jeune intellectuelle, si elle décide, toutefois, d'approfondir cette histoire.
Par ailleurs, Antoine Mandelevic a été son directeur de mémoire lors de sa maîtrise d'Histoire et elle vient d'apprendre que ses grands-parents et parents ont appartenu aux Oustachis, un mouvement fasciste et raciste croate, solidaire d'Hitler, et coupable de beaucoup de morts, parmi les juifs, tziganes et serbes orthodoxes lors de la Seconde Guerre mondiale, et dont elle a une profonde horreur.
Les retrouvailles avec son grand amour d'antan, Stéphane, qui à l'époque combinait ses études avec un job de barman, et sa proposition de l'aider font qu'elle décide de "réaliser une enquête équilibrée qui tordra le coup aux rumeurs et calomnies... " ou les accréditera..." comme lui coupe à juste titre Stéphane.
Bien que cette oeuvre ne soit pas à proprement parler un thriller, il est évidemment exclu que je dévoile un mot de plus sur le déroulement et les résultats de l'enquête de notre courageuse Soraya.

Le livre est, en effet, beaucoup plus qu'une simple histoire à suspense. Déjà dans son "Le Chemin des Étoiles", j'avais été frappé par les dons psychologiques de cette jeune auteure. Dans cet ouvrage-ci, elle récidive : certains passages des relations amoureuses entre Soraya et Stéphane sont émouvants, attendrissants et tout simplement "beaux". de même, les relations difficiles et delicates entre Myriam et Soraya, mère et fille, font preuve d'une bonne jugeote psychologique.
Comme passionné d'histoire contemporaine, ses excursions historiques m'ont naturellement fort intéressé et tout en jetant un regard original sur ce passé récent, je n'ai pas pu relever la moindre erreur factuelle ou interprétative que ce soit par rapport à la solution finale de la question juive par les nazis ("die Endlösung") ou les excès des Oustachis.
Pour les amateurs de dépaysement, il y a aussi de quoi se régaler, car à part des terres catalanes, l'auteure nous emmène aux États-Unis, à Phnom Penh, la capitale du Cambodge, et indirectement en Croatie.
Ne croyez surtout pas qu'en abordant la petite histoire et celle avec un H majuscule, ses analyses psychologiques et son investigation policière, Laure Barachin nous serve un méli-mélo indigeste à la Yannick Haenel dans son "Tiens ferme ta couronne". La grande différence est que ce dernier bouquin a reçu le Prix Médicis 2017, tandis que la première en est réduite à l'auto-publication ! Des sous pour l'un, des frais pour l'autre. Je préfère m'arrêter là, avant de devenir carrément méchant devant une telle injustice !
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MarcelineBodier
  20 décembre 2017
Un roman qui mêle la petite histoire et la grande, le parcours personnel, celui de la famille dont on est issu et celui de celle qu'on ne connaît pas, et enfin les drames de l'histoire... ça ne pouvait que me parler ! J'ai même été très troublée de m'être engagée, sans l'avoir vu venir, dans une série de lectures ainsi basées sur la quête des origines et la manière dont les tragédies traversées par nos ancêtres se retrouvent en nous (De la poussière et du vent de Cathy Borie, L'origine de la violence de Fabrice Humbert...).
Mais chaque livre a sa manière propre de composer ce mélange. Chez Laure Barachin, l'originalité est que plusieurs personnages sont héritiers des drames de leurs ancêtres, et que cela se traduit de manière différente pour chacun d'entre eux, la gamme des effets étant même étonnamment large, depuis la rédemption par l'ignorance jusqu'au crime. C'est ce qui fait de ce roman un livre passionnant, que je suis ravie d'avoir découvert grâce à mes amis babeliens (kielosa et Hardiviller, pour n'en citer que deux).
Un été en terre catalane appartient probablement à la large constellation des romans policiers, puisqu'il y a meurtres et enquête - par une journaliste. Mais c'est bien plus que cela : l'enquête de la journaliste est aussi une quête de sa propre histoire ; et c'est un livre plein de références cultivées, qui permettent de donner un sens profond aux événements dramatiques qui y sont relatés. Il se lit vite, facilement, et j'ai beaucoup apprécié le style d'écriture, où les dialogues sont enrichis d'une analyse des réactions internes et des contradictions ressenties par les protagonistes. Bref, une belle découverte, que je vous recommande !
Dernière chose, Laure Barachin a auto-édité son roman par d'autres moyens que ceux auxquels j'ai eu recours en passant par Librinova : comme quoi l'auto-édition a de beaux jours devant elle !
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jo18
  05 octobre 2016
Un été en terre catalane est un roman passionnant. Quand j'avais commencé un chapitre, il fallait à tout prix que je le termine. J'avais envie de connaître la suite. L'intrigue policière ménage bien le suspense, l'histoire d'amour entre Soraya et Stéphane est émouvante. Ce livre est riche de plusieurs thèmes très intéressants : entre autres, les relations problématiques entre mère et fille, les questions d'intégration ou d'exclusion sociale avec, notamment, le personnage d'Antoine Mandelevic qui est devenu une sorte de paria local depuis que tout le monde est persuadé qu'il a tué son adjoint à la mairie, Guillaume Aubert. Est-ce vrai, malgré l'acquittement judiciaire ? L'ancien maire, d'origine croate, cultive le mystère, même s'il a plaidé non coupable. Son passé familial est trouble et opaque. S'est-il débarrassé de son encombrant adjoint pour l'empêcher de révéler des secrets liés à la Seconde Guerre mondiale : son père et son grand-père étaient-ils des criminels de guerre en fuite ?
Quant à Soraya, la journaliste, elle tente de relancer sa carrière après un licenciement en enquêtant sur ce meurtre. Il implique un homme qui fut son professeur d'Histoire quand elle avait vingt ans. Au fur et à mesure de ses investigations, elle se rend compte que d'autres personnes pourraient avoir éliminé Guillaume Aubert. Citoyen engagé, contre le fascisme mais aussi la corruption, les conflits d'intérêts, il n'hésitait pas à dénoncer les malversations dont il était le témoin. N'avait-il pas cependant, lui aussi, une part de mystère ? Était-il aussi intègre qu'il en avait l'air ? Tout le monde finit par sembler suspect aux yeux de la journaliste, y compris ses proches, même l'homme qu'elle aime, Stéphane.
J'ai bien aimé le personnage complexe et tourmenté de Soraya, marqué par les drames de son enfance : un père inconnu, une identité problématique, la souffrance de ne pas être aimée, de se sentir seule et différente, le désir de réaliser ses rêves, la peur de ne pas y arriver. Elle y est en apparence parvenue, au prix de cruels sacrifices, mais est-elle pour autant heureuse ? Des flash-back permettent de mieux comprendre ses choix et de découvrir ses failles, derrière une impression de brillante réussite.
Cette lecture fut agréable, malgré les fréquents retours en arrière de la première moitié du livre, et elle m'a donné à réfléchir sur le monde, à la fois contemporain et passé.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
enjie77enjie77   07 juillet 2018
- Arrête, je t'en prie, Soraya, supplia Jean-Paul. Tu nous fais du mal…. A tous les deux. Je n'ai pas commis ces exactions. Je suis né en 1950... Je suis un enfant de l'après-guerre. Non, mon père n'était pas fasciste. Nos ancêtres étaient des républicains modérés, ils se sont engagés contre les monarchistes et le Second Empire de Napoléon III, ils étaient au service de la République. Pas celle de 1793 et de la Terreur ni celle de la répression des insurgés de la Commune en 1871, tout aussi sanguinaire, même si chaque camp a toujours ses raisons. Ils partageaient l'idéologie de Jules Ferry : l'Instruction Publique obligatoire et gratuite pour tous, l'éradication des patois locaux qui maintenaient les paysans analphabètes dans leur catégorie de "bouseux incultes" incapables de communiquer avec les gens instruits de la classe possédante. Ils n'avaient donc aucune chance de les égaler voire de les dépasser puisqu'ils ne parlaient pas le français : la langue des élites, cousine du grec et du latin. Ces méthodes énergiques sont critiquées aujourd'hui. Les occitanistes, comme Sylvie et Guillaume, traitent mon arrière-grand-père de tyran. Ils défendent la beauté de la culture occitane, le poète Frédéric Mistral etc... Je les comprends…. Sauf que les grands-parents de Lise, ta grand-mère, fils et fille de ferme, domestiques, savaient à peine signer leur nom, compter et coudre. Leur horizon et celui de leur descendance étaient bouchés. Alors ces subtilités d'érudits n'étaient pas leur préoccupation quotidienne.



PAGE 183
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Melpomene125Melpomene125   05 juillet 2016
Quatorze ans plus tard, vautrée sur une chaise longue, elle s'interrogeait: qu'était-il advenu de Stéphane? Travaillait-il toujours au même endroit? L'immeuble et le café n'avaient pas bougé, aucun sinistre ne les avait ravagés. De même que les vignes, le soleil et la pluie, ils étaient immuables. Ce constat lui fit penser à un poème de Vigny: "Vivez froide Nature et revivez sans cesse..." Les humains, eux, ne revivaient pas. Lise était décédée et rien ne garantissait que Stéphane soit vivant.
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Melpomene125Melpomene125   05 juillet 2016
Soraya riait, les cheveux au vent. Néanmoins, elle songeait à Lise, sa grand-mère. Jonathan l'accompagnait-il, quelquefois? Elle avait seize ans. Elle lavait le linge des Faure, dans la fraîcheur de l'aube, avant l'arrivée de ses collègues lavandières ou domestiques. Elle était seule et tranquille. Moment poétique. Il habitait à L..., chez les scouts israélites. Il ne se cachait pas en 1941. Ils sortaient ensemble. Cet inconnu était son grand-père.
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Melpomene125Melpomene125   05 juillet 2016
Soraya n'entendait plus sa mère. Brusquement, son esprit s'était envolé. Il voguait vers P... . Elle songeait aux chances et aux instants perdus à jamais, aux amis oubliés qui n'existent que dans le souvenir. Elle songeait à Stéphane, le charmant voisin de Lise... Lise qui était morte depuis douze ans. Qu'en était-il de Stéphane? N'y a-t-il vraiment que la mort qui sépare ceux qui s'aiment?
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Melpomene125Melpomene125   05 juillet 2016
J'étais devenu l'homme à abattre. J'ai été bête de souhaiter que ma femme me comprenne. Elie Wiesel a eu la sagesse de dire que "les enfants des assassins sont des enfants, pas des assassins." Cette subtilité leur a échappé. J'ajouterais que les fils de héros ne sont pas forcément des héros...
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