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Note moyenne 4.07 /5 (sur 41 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Frank Lanot est professeur agrégé de lettres modernes au lycée Victor-Hugo de Caen (classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques) et romancier.

Il a publié un roman chez Stock (La Clef, 1997) et deux ouvrages de culture littéraire (chez Hatier et P.U.F.). Il a publié récemment deux romans aux éditions Le Passeur (Une balle de colt derrière l'oreille, 2015 et Retour à Blanchelande, 2018).

Il publie aussi aux Éditions du Jasmin un abécédaire sur le thème du voyage : Le tour du monde en vingt-six lettres, Au fil du temps, illustré par Maryvonne le Quellec, Coll.Karé et Ainsi disait grand-mère, illustré par Maryvonne le Quellec, Coll.Karé.


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Maison de la poésie (4 juin 2019) - Texte et Lecture de Alban Lefranc, extrait du Dictionnaire des mots parfaits (dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet, éd. Thierry Marchaisse, parution mai 2019). Le Dictionnaire des mots parfaits : Pourquoi certains mots nous plaisent-ils tant ? S?adressant à notre sensibilité, à notre mémoire ou à notre intelligence du monde, ils nous semblent? parfaits. Bien sûr, parfait, aucun mot ne l?est ? ou alors tous le sont. Pourtant, chacun de nous transporte un lexique intime, composé de quelques vocables particulièrement aimés. Après ceux consacrés aux mots manquants et aux mots en trop, ce troisième dictionnaire iconoclaste invite une cinquantaine d?écrivains à partager leurs mots préférés. Il vient parachever une grande aventure collective où la littérature d?aujourd?hui nous ouvre ses ateliers secrets. Auteurs : Nathalie Azoulai, Dominique Barbéris, Marcel Bénabou, Jean-Marie Blas de Roblès, François Bordes, Lucile Bordes, Geneviève Brisac, Belinda Cannone, Béatrice Commengé, Pascal Commère, Seyhmus Dagtekin, Jacques Damade, François Debluë, Frédérique Deghelt, Jean-Michel Delacomptée, Jean-Philippe Domecq, Suzanne Doppelt, Max Dorra, Christian Doumet, Renaud Ego, Pierrette Fleutiaux, Hélène Frappat, Philippe Garnier, Simonetta Greggio, Jacques Jouet, Pierre Jourde, Cécile Ladjali, Marie-Hélène Lafon, Frank Lanot, Bertrand Leclair, Alban Lefranc, Sylvie Lemonnier, Arrigo Lessana, Alain Leygonie, Jean-Pierre Martin, Nicolas Mathieu, Jérôme Meizoz, Gilles Ortlieb, Véronique Ovaldé, Guillaume Poix, Didier Pourquery, Christophe Pradeau, Henri Raynal, Philippe Renonçay, Pascale Roze, Jean-Baptiste de Seynes, François Taillandier, Yoann Thommerel, Laurence Werner David, Julie Wolkenstein, Valérie Zenatti<
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
aleatoire   07 octobre 2018
Une balle de colt derrière l'oreille de Frank Lanot
"Le plus dur" répétait Kowalski... Et à chaque fois, comme une écharde supplémentaire dans la chair, il énonçait une horreur nouvelle. A l'entendre, à lire aussi, par la suite, les récits des anciens prisonniers, je me demande comment quelques-uns, physiquement, ont pu survivre. Je me demande aussi comment leurs bourreaux ont pu, eux, moralement, vivre avec ce qu'ils leur ont fait endurer. Boudarel a survécu, il a prospéré, sans remords ni pardon. Ame de bronze, que rien n'entame. Le camp 113 se trouve au nord du Tonkin, en limite de la frontière chinoise. La région, depuis la déroute de Cao Bang, est un sanctuaire viêt, où les Français n'ont plus accès. Le camp 113, à la différence d'autres camps, n'est pas proche d'un village : il est perdu dans la jungle. Perdu, comme le sont ceux qui le composent, des déchets humains.

Finalement, Kowalski, m'a peu parlé : l'allusif, l'évasif, l'implicite, ne sont pas dus aux brouillages de la mémoire, ou à l'indécision du verbe. Bruneau a encore moins parlé. Pourquoi ? Qui d'autre que la victime, pour dire l'horreur subie, et la violence exercée ? Mais je crois qu'on touche là à une fonction essentielle de la parole : se taire. Se taire n'est pas un verbe creux. Vouloir se taire, car les mots viennent de trop loin, de trop bas : si l'argent achète tout, la langue ne nomme pas tout. La langue est faite de la chair des hommes. Se taire, c'est assigner une frontière à l'inhumain. Et par un étonnant détour de la pudeur et de la générosité, c'est leurs bourreaux que Bruneau et Kowalski épargnent, par leur silence. Mieux : ils les sauvent.
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aleatoire   18 octobre 2018
Une balle de colt derrière l'oreille de Frank Lanot


Il a pris un bagage informe, qui hésite entre le sac postal et le sac de marin, et qui se ferme par un noeud indocile. Entre son harmonica et un ceinturon en toile vert maquis, il s'en est échappé son exemplaire des Pensées de Pascal. Je l'ai ouvert, à la page marquée d'un signet. Une phrase y était soulignée en vert. "On mourra seul."

Fulgurance de l'évidence. Et derrière la voix de Pascal, elle-même se faisant l'écho de la pensée de l'homme sans Dieu, j'entends celle de Kazan : pourquoi ces mots l'ont-ils retenu ? Qu'a-t-il glissé de lui dans le linéament vert qu'il a tracé ?

"On mourra seul." Dans ces mouroirs au centre de nulle part, Bruneau et ses compagnons ont dû le ressentir. Pas le penser, non : cela s'éprouve, cette misère, sans fond ni bord, de la solitude totale.

Ne pas mourir seul. A l'insistance du Mal, qui est Néant, il faut opposer l'exigence du lien. Laisser un signe. Pour "après". Il faut entrer dans la paix par le porche de la deuxième vertu.
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Astazie   11 février 2015
Une balle de colt derrière l'oreille de Frank Lanot
On dit que l'eau passe sous les ponts et que le sang sèche vite dans l' Histoire.
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Lantenaclupin   27 janvier 2015
Une balle de colt derrière l'oreille de Frank Lanot
« une balle de colt derrière l’oreille ». Comme si on lui parlait à l’oreille, qu’on lui glissait une confidence, et que lui parvenait notre dernier message. Les ultima verba d’une poignée de survivants à leur bourreau. J’aime beaucoup, quand j’y pense, la symbolique de l’oreille : car Boudarel, qu’a-t‑il été surtout, sinon une voix ? Une voix aigre et fausse, sinistre, qui, jour et nuit, parlait à l’oreille de pauvres hères affamés, et les nourrissait des plus indigestes paroles qui soient, la haine de notre France éternelle et l’apologie du meilleur des mondes de l’Oncle Hô. Une voix qui semait la haine et la mort, et qui mentait comme on empeste. Une voix qui n’entendait rien de nos plaintes et de nos souffrances,une voix sourde à notre misère.
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Lantenaclupin   08 mars 2015
Une balle de colt derrière l'oreille de Frank Lanot
Il m’oubliait, moi aussi, et me parlait comme si j’étais familier de tout ce qu’il évoquait. Le pauvre, qui oubliait comment, et combien, pour des gens de ma génération, sa guerre, son Indo, cette sale guerre, guerre oubliée, guerre orpheline, elle nous était étrangère. Dater, situer, caractériser, ne serait-ce que Diên Biên Phu, qui en est aujourd’hui vraiment capable ? Comme si la mémoire collective avait décidé de passer un grand coup de peinture noire sur cette guerre, comme sur les lettres badigeonnées par la censure, l’effacer, l’abolir, la démémoriser. (P65)
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Astazie   11 février 2015
Une balle de colt derrière l'oreille de Frank Lanot
Si les hommes font la guerre, c'est parce que la guerre fait les hommes.
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aleatoire   18 octobre 2018
Une balle de colt derrière l'oreille de Frank Lanot
Je sortis le récit de René Moreau, 8 ans otage chez les Viêts, que m'avait donné la libraire de L'Opéra fabuleux. Magie des livres d'occasion où se rencontrent la trace d'un autre regard, et quelques signes épars. Des pages étaient cornées, certains paragraphes étaient indicés d'une croix, ou d'un trait vertical en marge. Quelle était cette main qui avait accompagné d'une marque de sympathie ce calvaire de huit années ?
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Zarps   31 mai 2018
Retour à Blanchelande de Frank Lanot
Nous, les femmes, nous ne vous connaissons pas vraiment. Oui, bien sûr, vous êtes nos frères, nos maris, les pères de nos enfants, nos fils, nos amis parfois, nos copains, jamais. Qui êtes-vous quand nous ne sommes pas là ? Comment vivez-vous, selon quels rites, dans quelle planète ? Eh bien, j'ai eu l'impression, ce dimanche-là, de faire connaissance de plus près avec les garçons.
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AuroraeLibri   18 octobre 2016
La culture générale de A à Z: classes prépa, IEP, concours administratifs... de Frank Lanot
MODERNITE

Le mot moderne naît au XVIe siècle. Sa racine modo signifie "récent".

Dans son sens le plus courant, moderne signifie "actuel" mais aussi "meilleur que l'ancien". Le moy moderne est donc un mot qui sous-tend la valeur accordée au changement, considéré comme nécessairement facteur de progrès.



UNE NOTION CLE DANS L'HISTOIRE OCCIDENTALE



Le mot a une acceptation savante. La culture occidentale devient moderne lorsque commence à s'effacer l'autorité de la tradition, que les sociétés ne promeuvent plus un idéal de stabilité, qu'elles passent d'un monde théocentré à un monde anthropocentré. Mais si la modernité est considérée comme un tournant majeur dans l'histoire, elle est essentiellement un mode d'interprétation de cette histoire, et la valeur ou le sens qu'on lui donne, comme sa datation, varient selon les domaines dans lesquels on l'interroge.



Pour l'historien, les Temps modernes s'ouvrent avec l'humanisme, inséparable de la prise de Constantinople par les Turcs (1453), de l'avènement du 3Nouvel Adam" proclamé dans De l'éminente dignité de l'homme de Pic de la Mirandole (1486), des boulversements économiques et sociaux induits par les Grandes Découvertes dont celle de l'imprimerie (1454) ou du Nouveau Monde par Christophe Colomb (1492), de l'héliocentrisme de Cpernic (1543°. S'ensuit l'explosion du cosmos grec, hierarchis" et qualitativement différencié. L'épistémologue français Koyré, dans ses Etudes galiléennes (1939), parle alors d'une "mutation de l'intelelct humain".



La Réforme protestante (1517), qui met le sujet humain dans un véritable face-à-face avec Dieu, ouvre su la dimension égalitaire essentielle aux valeurs modernes, comme à la promotion du travail et de la responsabilité, socles sur lesquels s'édifieront les valeurs démocratiques.



Pour la philosophie, ce sont Bacon (Novum organum, 1620) et Descartes (Discours de la Méthode, &§"è), qui marquent l'entrée dans la modernité. Le cartésianisme promeut un sujet pensant qui a vocation à maitriser la nature par son travail, par la technique; il fait de la culture occidentale une culture prométhéenne, qu'on l'interprète comme porteuse des valeurs de progrès ou d'espèrance, ou comme marquée par une dangereuse démesure. Avec lui, la culture occidentale fait du sujet humain la référence du savoir.



MODERNITE POLITIQUE ET REDEFINITION DU RELIGIEUX



La modernité, en politique, s'ouvre avec Le Prince (1513) de Machiavel. En contestant l'administration des Etats chrétiens, en refusant la légitimation du pouvoir par un ordre divin (absolutisme), ce dernier inaugure une pensée du pouvoir politique comme efficacité.*Le Léviathan de Hobbes, en 1651, poursuit cette démarche de déthéologisation : le pouvoir politique n'est plus même ordonné à une téléologie, à la poursuite de ce que les Anciens appelaient la vita bona, la "vie bonne". La "liberté des Modernes", selon la formule de B.Constant (1819) délimite désormais un espace privé, sur lequel le politique ne doit pas avoir prise. (...) Marcel Gauchet appelle "renversement libéral" (La Démocratie d'une crise à l'autre, 2007) le phénomène par lequel est abolie la transcendance qui fondait le groupe : désormais, c'est la liberté individuelle qui est à la source de ce que Rousseau appelle le "contrat social" (1762). (...)

Ainsi la modernité refuse l'hétéronomie : elle refuse que les hommes continuent à trouver -ou à prétendre trouver- la source de leur ordre politique et moral dans une transcendance à laquelle la Révélation leur donnait accès. Elle confine ainsi la religion, notamment la religion chrétienne dans l'espace privé : elle le réduit, selon les termes de l'article X de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, à une "opinion". (...) : les convictions religieuses relèvent d'une sphère de l'intime, elles ne jouent plus le rôle de ciment collectif qui leur était dévolu, elles ne garantissent plus le sentiment d'appartenance : en pays de tradition catholique, la nation rompt avec ses racines religieuses; le pouvoir est religieusement neutre. Il participe de ce que Weber (1864-1920) a appelé "le désenchantement du monde".



LA PERTE D'UN ORDRE TRANSCENDANTAL



La formule de Weber renvoie à la possibilité que nous aurions, "nous", Modernes, "pourvu seulement que nous le voulions", de "nous prouver qu'il n'existe en principe aucune puissance mystérieuse et imprévisible qui interfère dans le cours de la vie; bref (de nous prouver) que nous pourrions "maîtriser" toute chose par la "prévision" " (L'Ethique protestante et l'esprit du capitalisme, 1904). Ainsi, la cartésianisme aurait induit l'abandon de la foi en un principe fondateur de l'ordre du monde, et, au-delà du recul du théologique, l'abandon de toute théologie. La science qui désacralise la nature, serait donc le facteur essentiel d'un désenchantement du monde qui se veut émancipateur. Au-delà du matérialisme méthodologique qui est de principe en matière scientifique et métaphysique devrait faire école dans tous les domaines de la pensée, réduire le monde à une matière indifférenciée que nous aurions vocation à manipuler indéfiniment. On reconnaît là la pensée scientiste -la croyance selon laquelle la science aurait réponse à tout- dont toute une tradition intellectuelle est largement redevable au positivisme, naguère ambiant.



CRISE DE LA MODERNITE, HYPER OU POSTMODERNITE ?



(...), cette réduction du monde à une matière offerte à l'infini des manipulations est contestée, au moins dès le mouvement romantique. La crise écologique a radicalisé la volonté de rompre avec l'idéal des Modernes. Les idéeaux de travail et de progrès, la foi dans les sciences et les techniques, (...) sont déclarés caduques. (...)

Lipovetsky s'interroge désormais sur l'hypermodernité : l'individu occidental, confronté à l'injonction sociale de la réussite et d'épanouissement, serait marqué par la démesure dont les addictions sont le symptôme. L'hypermarchandisation, l'hyperconsommation auraient gagné tous les secteurs de l'existence : on consommerait de l'éthique ou de la sagesse sur le même mode que des plaisirs : mais cette fuite en avant échouerait à rendre heureux.



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aleatoire   18 octobre 2018
Une balle de colt derrière l'oreille de Frank Lanot
Il avait déposé la fatigue du sac et la moiteur de la piste. Il avait quitté la colonne de prisonniers hagards et faméliques. Il était ailleurs dans une quiète songerie, lointaine et bienfaisante. "Rêver" n'est pas pour rien un palindrome : le rêve est une autre vie, et dans un autre sens.
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