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EAN : 9782070394395
118 pages
Éditeur : Gallimard (12/04/1996)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 87 notes)
Résumé :
Tu dis n'importe quoi, c'est tellement agréable, d'ailleurs n'importe quoi, ce n'est jamais n'importe quoi: tu es là, tu passes d'une chambre à l'autre, tu parles toute seule, et voilà ce que tu entends lorsque tu parles toute seule, de la chambre rouge à la chambre jaune, dans le passage : hier j'étais heureuse. Aujour¬d'hui je suis amoureuse, et ce n'est pas pareil. Et c'est même tout le contraire.»
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
saphoo
  13 août 2019
Quand vous enchaînez quelques lectures médiocres, alors vite ouvrez un petit Bobin est le ciel d'un coup redevient bleu. La lecture est une thérapie, et cet auteur fait partie de mes inconditionnels. Remède miracle, il apaise, offre de la joie, de la sérénité, du rêve, de la zen attitude.
Isabelle Bruges, c'est une étrange histoire comme le petit Poucet, sauf que là, elle n'a pas eu le temps de semer des cailloux et que ce sont les parents qui se sont volatilisés, alors viennent ensuite Hansel et Grethel mais sans la vilaine sorcière, Isabelle, son frère et sa soeur sont recueillis. La vie s'écoule, sans trop d'ombrage. Eglantine n'avait plus personne, tout le monde y trouve son compte. Les enfants ont une famille d'accueil, Eglantine a de la vie dans sa maison. C'est bien sûr une fiction, contée avec beaucoup de poésie, de tendresse et de réflexions sur les liens qui se font, se défont.
Une belle histoire comme toujours avec Mr Bobin.
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Yuko
  06 décembre 2011
Isabelle Bruges fait partie de ces livres qu'on ne referme jamais tout à fait... Il s'immisce en nous comme un souffle de vie, nous laisse songeur, révolté, rêveur... Les mots délicatement déposés sur nos coeurs nous enveloppent d'une douceur feutrée... Magnifique Isabelle, femme avant d'être petite fille, miraculée de la vie, sauvée par une charmante sorcière, une grand-mère et son lion, un attachant Saint-Bernard.
Un miracle parmi l'impossible, un espoir de vie qui devient une vie toute entière...
Une oeuvre poétique fascinante pour un auteur qui n'a de cesse de m'étonner par la sincérité de son écriture et sa puissance narrative. Venez à la rencontre d'Isabelle, ses secrets cachés au creux d'un cerisier, son existence sauvée des ravages par les mots... ses attentes d'amoureuse. Une rencontre comme on en fait peu, tissée de mots et de sentiments uniques pour un tableau magnifique !
Lien : http://art-enciel.over-blog...
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synopsis
  17 décembre 2019
Dans la même lignée que la plupart des commentaires... La douceur des textes de Christian Bobin est toujours une heureuse découverte, et tend à nous faire lire et relire ses écrits.
Trois frères et soeurs, Isabelle 13 ans, Anna 9 ans, et 5 ans partent en famille pour Bruges. Mais ils n'iront pas à Bruges... Les parents ont laissé un billet d'excuse sur la table, avec papiers et argent. Oui, ils les abandonnent lâchement sous prétexte que Madame a un cancer du cerveau. Isabelle est la seule à lire ce courrier, et le déchire de suite pour n'en laisser aucune trace. Elle va voir une vieille dame bienveillante, s'expliquent à peine et s'adoptent de suite. Cette vieille dame s'appelle Eglantine. 79 ans, vit seule avec le chien de son fils. Son fils, c'est un marin, il est comme une bourrasque éphémère qui ne prévient ni quand il vient ni quand il part. Au départ Isabelle ne l'apprécie guère, mais accepte la demande de la vieille dame : il devient son précepteur pour qu'Eglantine garde son fils plus longtemps près d'elle. 5 années passent. Isabelle a 18 ans, et n'écrit plus dans son carnet intime, elle préfère parler avec un arbre sans famille dans le jardin (somme toute assez beau). Et je préfère ne pas tout raconter !
Réflexions sur l'appartenance, la famille, l'amour, l'attachement..
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Marech20
  02 juillet 2018
Il y avait longtemps que je n'avais pas lu un petit Bobin... et quel plaisir de le retrouver. D'autant plus par l'intermédiaire d'un (court) roman.
Toujours aussi beau et poétique.
Cela risque d'en surprendre beaucoup, mais je l'ai lu en même temps que je lisais des textes de Patti Smith. A priori, rien à voir. Et pourtant... pour moi, ils sont cousins. Tout en étant très différent, je trouve qu'ils ont une belle manière de dire les choses, de les imaginer...
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rambaudstephane
  16 mai 2020
Mon premier bouquin de Christian Bobin. Un style bien à part qu'il m'a fallu tout d'abord apprivoiser, une douceur et une poésie que j'ai finalement appréciées, moi, qui vais souvent vers des écritures plus tranchées et torturées. Une prose reposante comme une ballade d'automne, que je renouvellerai avec plaisir, pour apaiser les brûlures de l'été, pour apaiser les froidures de l'hiver.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
aimeryjoesselaimeryjoessel   29 mai 2020
Je croyais qu'on était pauvre quand on avait besoin d'argent. Je me trompais. On est pauvre quand l'argent n'a plus besoin de vous.
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aimeryjoesselaimeryjoessel   29 mai 2020
On ne répond pas à une évidence. On la regarde, on la contemple. On la partage silencieusement, de préférence silencieusement.
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genougenou   17 juillet 2018
Il y a dans la vie des gens qui croient nécessaire, pour être entendus, d'adopter un ton sérieux, de prendre la voix de Dieu le père. Ces gens-là sont à fuir. On ne peut décemment les écouter plus d'une minute, et d'ailleurs ils ne parlent pas: ils affirment. Ils donnent des leçons de morale, des cours de pédagogie, d'ennuyeuses leçons de maintien. Même quand ils disent vrai ils tuent la vérité de ce qu'ils disent. Et puis, merveille des merveilles, on rencontre ici ou là [..] des gens qui se taisent comme dans les livres. Ceux-là on ne se lasserait pas de les fréquenter. On est avec eux comme on est avec soi: délié, calme, rendu au clair silence qui est la vérité de tout.
Folio 2820 page 100
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mandarine43mandarine43   28 juillet 2011
[ Incipit ]

La pluie arrive vers les sept heures du soir. D'abord hésitante, quelques gouttes sur le pare-brise, quelques trouées de clarté dans la saleté des vitres — pas de quoi mettre en route les essuie-glace. Anne et Isabelle somnolent sur la banquette arrière. Adrien est, comme toujours sur les photos, assis entre les deux soeurs. Un feu follet va et vient dans ses yeux, une lueur d'amusement. Le sommeil des grandes filles le rassure. Il ne peut rien arriver de mauvais, quand ceux qui nous aiment ont cédé au sommeil. S'ils dorment c'est après s'être assurés que rien d'effroyable ne pouvait nous atteindre, et, d'ailleurs, leur repos n'est pas une absence — plutôt comme une flamme qui diminue d'intensité, sans jamais s'étouffer. Adrien regarde droit devant lui, entre le père et la mère. L'autoroute est déserte. La vitesse de la voiture égalise le paysage. Ce sont les mêmes champs depuis maintenant deux heures. Les mêmes collines au loin. Le paysage est immobile. La vitesse annule les circonstances, les lieux. La vitesse va droit à l'essentiel. De la terre au ciel qui glisse sur la terre. Du bleu marine de l'autoroute au ciel bleu fauve. Un insecte s'écrase sur le pare-brise. Un ange qui perd ses ailes. Un ange sans joie, une tache de sang brun. Adrien le regarde. Il compte les secondes, jusqu'à l'arrivée d'une goutte d'eau sur le petit cadavre. Si je parviens à dix, je me marie avec Isabelle.
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YukoYuko   06 décembre 2011
Ils roulent à droite, à gauche, selon les obstacles rencontrés. Ils vont le plus vite possible, mais, si vite qu'ils aillent, il y en a une qui les précède sur le chemin, il y en a une qui va d'un pas pressé, si pressé qu'ils ne peuvent la rejoindre quand bien même ils iraient à la vitesse de la lumière. Celle-là est plus rapide que la lumière, celle-là est comme l'ombre - depuis toujours arrivée. Elle entre une demie heure avant eux dans l'hôpital. Elle ne demande pas son chemin, elle sait le numéro de la chambre, d'ailleurs elle est attendue, elle traverse les couloirs, frôle un brancardier, on ne la remarque pas et pourtant chacun s'écarte imperceptiblement à son passage, les rires se font moins fort, les paroles s'éteignent une seconde, juste une seconde, voilà, elle est arrivée. Elle entre sans frapper, jette un coup d'oeil sur la petite fille en train de lire, sourit devant tellement d'enfance, se tourne vers l'autre lit, dévisage celle qui la reconnait, et elle se met au travail, elle donne la dernière touche à son chef d'oeuvre. Elle a modelé le visage d'Eglantine depuis tant d'années, presque un siècle, ravinant la peau desous les yeux, usant légèrement la commissure des lèvres, blanchissant un à un les cheveux, maintenant elle n'a plus grand chose à faire, un détail, une ultime retouche, enlever son manteau noir, le faire passer devant les yeux d'Eglantine, jetre une encre noire dans l'infini du regard, une goutte d'ombre dans la prunelle des yeux et attendre : le regard s'obscurcit, la ténèbre serpente dans les veines, cisaille le souffle, arrive au coeur qu'elle mord d'un seul coup, voilà, du bon travail, pas un cri, pas un mot.
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