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Robert Amutio (Traducteur)
ISBN : 2267021684
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (03/02/2011)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 20 notes)
Résumé :

On trouve, dans ce thriller sans solution, des cadavres et des flics, des scènes sado-masochistes, des plages balayées par l'automne méditerranéen, des campings déserts comme celui où un clandestin chilien écrit ce roman, des hallucinations, des transcriptions de cauchemars, les premiers détectives fantômes qui dérivent. Anvers est comme une explosion initiale dont l'œuvre ultérieure, de La Litt&... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
MonsieurKiwi
  19 mai 2018
Il est étonnant de constater qu'*Anvers* (premier livre de Bolaño, rédigé en 1982) contient à peu près tout ce que développera "Les détectives sauvages", dans une forme parfaitement opposée : 56 courts fragments, contre un monumental triptyque de plus de 900 pages. En réalité, c'est à peu près la seule différence entre les deux livres, qui partagent le caractère polyphonique, l'humour noir et désespéré, le sexe, le goût pour l'énigme policière (dont la solution se dilue et finit par s'échapper), le thème de l'impuissance de la littérature face au mal, et enfin une galerie de personnages marginaux, jeunes, épuisés, errants.
Le livre a lui même la forme d'une errance. Il ne s'agit pas, comme dans "Les détectives sauvages", de fuir en avant, mais plutôt de tourner en rond, dans le brouillard. Cette absence d'issue, cet éclatement complet de la forme romanesque (on peut au fond lire les fragments, qui ressemblent à des poèmes en prose, dans n'importe quel ordre), en font un texte encore plus désespéré que ceux que Bolaño écrira par la suite. Il faut dire que ce livre matriciel est intimement lié à la vie même de Bolaño, qui, au moment de la rédaction d'*Anvers*, vivait dans une espèce d'urgence et de dénuement mêlés - "*ma maladie, en ce temps-là, était l'orgueil, la rage et la violence*", écrit-il dans la préface. C'était le temps où il multipliait les petits boulots alimentaires ; l'un d'eux le mena dans un camping en Catalogne - précisément l'un des lieux récurrents du livre, qui, avec les personnages qui les traversent comme des fantômes, tiennent lieu de leitmotive.
C'est grâce à ces jalons que le lecteur, en s'y raccrochant, peut survivre à l'environnement hostile, aux paysages incertains qu'il parcourt à la suite de Bolaño. Ici, la focalisation change sans cesse, comme dans les rêves. Il faut, à chaque nouveau chapitre, quelques secondes pour la mise au point - tout cela est d'ailleurs très cinématographique. Bien sûr, beaucoup de choses resteront hors champ, inexpliquées - de toute façon les pièces du puzzle ne coïncideront jamais plus - mais il en sera resté quelques images d'une beauté hallucinée, quelques phrases d'une obsédante poésie.
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MarianneL
  25 avril 2013
Ce texte demande une disponibilité totale, comme quand on rêve, et une forme d'abandon. Il faut accepter d'être dépassé, désemparé.
Roberto Bolaño nous livre cinquante cinq fragments de textes avec des motifs qui reviennent ; les plages méditerranéennes, le camping, les villas en bord de mer désertées en automne, un petit bossu, un anglais, une jeune fille blonde, une rousse, des policiers, des fantômes, des cadavres, le vent.
Malgré sa force, cette écriture par fragments n'a pas beaucoup d'adhérence. Elle laisse des sensations, le souvenir se dissout rapidement. Roberto Bolaño donne souvent l'impression qu'il regarde les scènes qu'il décrit à distance, sur un écran. Souvent les histoires se croisent dans un même texte comme les fils d'une trame.
« Anvers » nous dit la difficulté d'avoir une vision du monde quand notre vie n'est elle-même qu'un fragment, et la difficulté de rendre compte du monde comme une oeuvre littéraire.
L'impossibilité de parler, les visages sans bouche, les visages qui ouvrent la bouche et ne peuvent pas parler, ou bien ceux qui parlent et ne sont pas entendus, sont des motifs récurrents de ce texte.
« Tout ce qu'il disait, il le disait en bavant, certaines phrases étaient des hiéroglyphes que personne ne se donnait la peine de déchiffrer. »
Une sensation d'être à bout de forces ou de lucidité, comme après une ou plusieurs nuits blanches.
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williamlee
  15 novembre 2013
J'ai lu ce petit livre d'une traite, fasciné. Et perdu, éperdu.
Un récit labyrinthe qui tient lieu du fantasme, du polar, de l'auto-fiction, du film.
D'une grande étrangeté.
Il faut accepter de ne pas tout saisir, balloté entre des pensées, des impressions, des visions. Ça pourrait être un film de Lynch, cru, nonchalant et non dénué d'humour. On y croise des policiers, une fille rousse, l'auteur, un petit bossu, des personnages comme des fantômes hantant camping, bord de mer et chambre étouffante.
On ne sait pas où ça va et on ne le saura jamais, tout se mêle, s'entremêle, sans solution. Et pourtant...
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simeon
  17 septembre 2013
Imbroglio confus en 56 parties sur 121 pages, je vous laisse faire le calcul.
De quoi parle ce livre, je l'ignore, je me suis forcé pour lire les sept premières parties, j'ai du m'arrêter n'étant pas fan de littérature expérimentale déstructurée.
Grosse déception, j'avais adoré 2666 et le troisième Reich, je me faisais une joie de le lire mais ici la trame narrative est à l'image d'un sac de noeuds fétide dont on ne pense une fois qu'on l'a en main qu'à s'en défaire le plus rapidement possible.
Dans la préface Bolano reconnaît lui même qu'il n'avait pas présenté ce livre à des éditeurs sachant qu'il allait être refusé, évidement, 22 ans plus tard à l'aune de sa mort annoncée et au summum de sa gloire les choses sont devenues plus faciles.
Un livre malheureusement illisible, publié pour de mauvaises raisons.
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Readingintherain
  17 mai 2013
Je poursuis ma plongée dans Bolaño avec Anvers, qui m'a profondément ennuyée et me fait craindre le pire pour la suite, alors même qu'Un petit roman lumpen m'avait tellement plu. Alors, les fans de Bolaño, lequel est le plus proche de son univers ? Plutôt le récit bien construit ou les phrases sans queue ni tête dans des nouvelles d'une page et demie qui semblent n'aller nulle part ? Parce que si Anvers est représentatif, je vais peut-être faire une croix sur la suite, moi…
Pfou, c'est pas avec des billets comme ça que je vais persuader le monde que mon blog est passionnant …
Lien : http://www.readingintherain...
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
TaorTaor   12 mai 2013
De ce qui est perdu, de ce qui est irrémédiablement perdu, je ne désire récupérer que la disponibilité quotidienne de mon écriture, des lignes capables de me saisir par les cheveux et de me remettre debout quand mon corps désormais n'en pourra plus. (Significatif, dit l'étranger.) De manière humaine et de manière divine. Pareille à ces vers de Leopardi que Daniel Biga récitait sur un pont nordique pour se donner du courage, ainsi soit mon écriture.
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Videos de Roberto Bolaño (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roberto Bolaño
Roberto Bolaño : Dino Campana révise sa biographie dans l’asile d’aliénés de Castel Pulci. Lu par Michel Favory.
Poème traduit par Robert Amutio.
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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