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Matilde Urrutia de Neruda (Éditeur scientifique)Miguel Otero Silva (Éditeur scientifique)Claude Couffon (Traducteur)
ISBN : 2070378225
Éditeur : Gallimard (10/04/1987)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 172 notes)
Résumé :
"Peut-être n'ai-je pas vécu en mon propre corps: peut-être ai-je vécu la vie des autres", écrit Pablo Neruda pour présenter ces souvenirs qui s'achèvent quelques jours avant sa mort par un hommage posthume à son ami Salvador Allende.
Les portraits d'hommes célèbres - Aragon, Breton, Eluard, García Lorca, Picasso - côtoient les pages admirables consacrées à l'homme de la rue, au paysan anonyme, à la femme d'une nuit.
À travers eux se dessine la personna... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Nuageuse
  13 juillet 2019
Je poursuis ma lecture d'auteurs ayant eu le prix Nobel.
Quel hasard que j'écrive cette critique un 13 juillet, le lendemain du jour de naissance de Pablo Neruda !
Pablo Neruda, de son vrai nom Ricardo Neftalí Reyes Basoalto, se livre avec poésie et malice dans cette autobiographie. Il rend un vibrant hommage à ses amis poètes, dont certains sont tombés dans l'oubli... Il parle de Federico García Lorca avec émotion, assassiné par la milice franquiste.
Je ne savais pas qu'il fut consul en Asie et à Buenos Aires.
Neruda est communiste et aura une vie de voyages entre l'Asie, l'Europe (Madrid et Paris), l'Amérique latine entrecoupée de retour au Chili. Il y retournera pour mourir.
Tout garde son empreinte lumineuse, même dans les moments les plus noirs.
Un grand homme.
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EFar
  25 juillet 2011
De Pablo Neruda, je ne connaissait que vaguement un poème appris sur les bancs de l'école, un poème qui dans ma mémoire dégoulinait du sang des incas. Récemment, un ami m'avait parlé du poète qu'il est, mais le souvenir du sang indien m'a détourné de ses vers, et j'ai préféré entamer son autobiographie.
Et là, j'ai pris une petite baffe. Ce livre a été une très agréable surprise.
Il y a des gens qui écrivent comme d'autres respirent. C'est l'impression que m'a donné le style de Néruda : quelque chose de profondément naturel - et encore, j'imagine que son style doit être un peu amoindri par la traduction. Bref c'est de la poésie en prose
Du coup, son récit est d'une légèreté étonnante, il coule de source. Enfin à vrai dire, il s'assèche un peu sur la fin. Il est comme plus formel, plus officiel. J'ai un peu peiné à finir le texte, mais cette faiblesse finale n'est rien par rapport au bonheur de l'avoir écouté me conter sa vie.
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Macabea
  01 mars 2020
Dans J'avoue que j'ai vécu, le poète Pablo Neruda avoue avoir commis un viol sur la personne d'une pauvre femme tamoul, de la caste des parias, qui chaque jour venait pour lui vider les latrines.
"Un matin, décidé à tout, je l'attrapai avec force par le poignet et la regardait droit dans les yeux. Je ne disposais d'aucune langue pour lui parler. Elle se laissa entraîner sans un sourire et fut bientôt nue dans mon lit. Notre rencontre fut celle d'un homme et d'une statue . Elle resta tout le temps les yeux ouverts, impassible. Elle avait raison de me mépriser."
Cet "aveu" ternit l'éclat du grand poète socialiste solidaire de la lutte des peuples et des malheurs de l'humanité.
Et aussi le déroutant silence - qui en dit long - sur son unique fille Malva Marina, atteinte d'hydrocéphalie, née à Madrid en 1934, de son mariage avec Marika Hagenaar.
En 2019, l'écrivaine néerlandaise Hagar Peeters a choisi de donner voix, dans un roman, En het vergeten zo lang (Es tan largo el olvido), à Malva, cette fille oubliée, délaissée de son père.
Dans une lettre à son amie Sara Ternú, Neruda s'appitoie sur son propre sort; il décrit sa fille comme un "être parfaitement ridicule, une sorte de point-virgule [en raison de la disproportion de la tête] une vampiresse de trois kilos".
Le chilien Antonio Reynaldos a fait des recherches et s'est entretenu avec des témoins, dont le frère adoptif de la petite, qui lui a permis de découvrir dans un vieux cimetière de Gouda dans les Pays-Bas, la tombe de Malva Marina, décédée à l'âge de huit ans. Ses photos publiées pour la première fois, nous troublent par leur confondante ressemblance à Neruda, à couper le souffle. L'enquête de Reynaldos nous apprend aussi les vicissitudes et difficultés sans nombre de Maryka pour subvenir aux besoins de sa fille, aux soins que requérait sa grave maladie. Sans ressources et sans soutiens, elle finit par devoir la confier à la charité d'une famille d'adoption - la famille Julsing - qui s'est occupée de son enfant jusqu'à sa mort. le "grand homme", "l'immense poète" n'avait rien à foutre.

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karkarot
  19 septembre 2018
Pablo Neruda a eu une vie de roman, tant d'aventures, de rencontres, de changements, de luttes, de voyages semblent impossibles pour un seul homme.
Et pourtant il a bel et bien était poète, sénateur chilien et diplomate pour son pays dés le plus jeune âge.
Il a rencontré Picasso, Aragon, Garcia Lorca et tant d'autres...
Il a traversé et vécu en Asie, en Europe, en URSS, en Amérique Latine bien sûr, reçu un prix nobel, publié des dizaines de receuil de poèmes, de romans, une pièce de théatre ; il a organisé des réunions, des lectures publiques, tenté de faire surgir la démocratie et la république dans son pays adoré, le Chili vers lequel il est toujours revenu.
Il a participé à la guerre d'Espagne, et bien d'autres choses...
Publié juste après sa mort, ce livre retrace sa vie et les épisodes qui l'ont marquée.
C'est une biographie parcellaire, des morceaux choisis par Neruda pour se raconter. Des épisodes lumineux, d'autres sombres, quelques passages sujets à controverses et à critiques ("viol" d'une jeune tamoul à Ceylan, exfiltration des communistes de France lors de la Guerre d'Espagne alors que Trostkystes et anarchistes restaient sur le carreau) sur lesquels chacun devra se faire un avis, car Neruda ne donne que le sien, sans s'appesantir. On découvre ainsi le jeune poète, pauvre comme job, puis le diplomate presque exilé et toujours aussi désargenté, enfin le succès vient petit à petit et l'engagement communiste avec. Pacifiste convaincu, il oeuvre au congrès mondial pour la paix et continu à parcourir le monde pour chanter la démocratie et l'humanisme. Il publie encore et toujours des hymnes à l'amour, à Mathilde, sa femme.
On découvre son exil qui a fait récemment l'objet d'un film, la campagne pour Salvador Allende et sa chute...
C'est le roman d'une vie que l'on peut lire là, dans le style dépouillé mais très beau de Neruda, une prose poétique bien sûr, simple et belle qui se lit vite et bien, sans à coup, comme un grand fleuve que l'on descendrai en pirogue. Ses descriptions de paysages sont admirables et les portraits qu'il dresse tout au long du livre très drôles et graves. L'humour et partout présent dans ce bouquin qui s'avale dans un grand maelstrom qui mélange habilement histoire personnelle, Histoire et littérature.
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danielehoslet
  29 mars 2020
Pablo Neruda, incarnation de la nation chilienne au 20è siècle a consigné ses mémoires dans un ouvrage retenu sous le titre français J'avoue que j'ai vécu. Les mémoires permettent au lecteur de connaître le ressenti d'une personne face à un événement. Mais il faut garder à l'esprit que des mémoires ne sont ni une biographie ni une correspondance. Un voyage au Chili m'a guidé vers la connaissance de cet homme prodigieux aux 1000 vies. Il était radicalement communiste mais cela ne l'empêchât pas d'avoir trois somptueuses maisons : La Chascona à Santiago, La Sebastiana à Valparaiso et une troisième à l'Isla Negra. décorées avec goût où il a ressemblé ses souvenirs de bourlingueur du monde. Il a été consul du Chili dans de nombreux pays, a participé à sa manière à la guerre d'Espagne, a fait campagne à la Présidence de la République chilienne aux côtés de Salvador Allende, a reçu le Prix Nobel de Littérature en 1971, a été nommé au prestigieux poste d'ambassadeur du Chili à Paris, récompense de Salvador Allende pour son soutien. La lecture de ses mémoires a été l'occasion de découvrir l'intimité de ce personnage hors du commun même si parfois les détails m'échappaient n'étant évidemment pas une spécialiste de l'histoire du Chili. Il me semble donc qu'il faut donc avoir un but précis pour lire cet ouvrage. Avis tout à fait subjectif bien entendu.
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Citations et extraits (76) Voir plus Ajouter une citation
wellibus2wellibus2   22 septembre 2014
.....Je veux vivre dans un monde où les êtres seront seulement humains, sans autres titres que celui-ci, sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette...........................
.....Je veux que l'immense majorité, la seule majorité : tout le monde puisse parler, lire , écouter, s'épanouir. Je n'ai jamais compris la lutte autrement que comme un moyen d'en finir avec la lutte. Je n'ai jamais compris la rigueur autrement que comme un moyen d'en finir avec la rigueur.
J'ai pris un chemin car je crois que ce chemin nous conduit tous à cette aménité permanente. Je combats pour cette bonté générale, multipliée, inépuisable.
........Il me reste malgré tout une foi absolue dans le destin de l'homme, la conviction chaque jour plus consciente que nous approchons de la grande tendresse. (p344)
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wellibus2wellibus2   22 septembre 2014
.....Je regarde les vagues légères d'un nouveau jour sur l'Atlantique.
Le bateau laisse de chaque côté de sa proue une déchirure blanche, bleue et sulfurique d'eau, d'écume et d'abîmes remués.
Ce sont les portes de l'océan qui tremblent.
Au dessus passent les minuscules poissons volants, faits d'argent transparent.
Je reviens de l'exil.
Je regarde longuement ces eaux sur lesquelles je navigue vers d'autres eaux : les vagues tourmentées de ma patrie.
le ciel d'une longue journée couvre tout l'océan.
Puis la nuit viendra qui cachera de son ombre une fois encore le grand palais vert du mystère. (p332)
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andmanandman   25 février 2014
De la même façon qu'il en coûterait beaucoup aux gens raisonnables d'être poète, il en coûte beaucoup peut-être aux poètes d'être raisonnables. Cependant la raison gagne la partie et c'est la raison, base de la justice, qui doit gouverner le monde.
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Blandine54Blandine54   06 mai 2019
Les mots

...Tout ce que vous voudrez, oui, monsieur, mais ce sont les mots qui chantent, les mots qui montent et qui descendent... Je me prosterne devant eux... Je les aime, je m'y colle, je les traque, je les mords, je les dilapide... J'aime tant les mots... Les mots inattendus... Ceux que gloutonnement on attend, on guette, jusqu'à ce qu'ils tombent soudain... Termes aimés... Ils brillent comme des pierres de couleurs, ils sautent comme des poissons de platine, ils sont écume, fil, métal, rosée... Il est des mots que je poursuis... Ils sont si beaux que je veux les mettre tous dans mon poème... Je les attrape au vol, quand ils bourdonnent, et je les retiens, je les nettoie, je les décortique, je me prépare devant l'assiette, je les sens cristallins, vibrants, éburnéens, végétaux, huileux, comme des fruits, comme des algues, comme des agates, comme des olives... Et alors je les retourne, je les agite, je les bois, je les avale, je les triture, je les mets sur leur tente et un, je les libère... Je les laisse comme des stalactites dans mon poème, comme des bouts de bois poli, comme du charbon, comme des épaves de naufrage, des présents de la vague... Tout est dans le mot... Une idée entière se modifie parce qu'un mot a changé de place ou parce qu'un autre mot s'est assis comme un petit roi dans une phrase qui ne l'attendait pas et lui a obéi... Ils ont l'ombre, la transparence, le poids, les plumes, le poil, ils ont tout ce qui s'est ajouté à eux à force de rouler dans la rivière, de changer de patrie, d'être des racines... Ils sont à la fois très anciens et très nouveaux... Ils vivent dans le cercueil caché et dans la fleur à peine née... Oh ! Qu'elle est belle, ma langue, oh !
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wellibus2wellibus2   19 septembre 2014
.....J'aime tant les mots... Les mots inattendus... Ceux que gloutonnement on attend, on guette, jusqu'à ce qu'ils tombent soudain... Termes aimés... Ils brillent comme des pierres de couleurs, ils sautent comme des poissons de platine, ils sont écume, fil, métal, rosée... Il est des mots que je poursuis... Ils sont si beaux que je veux les mettre tous dans mon poème .
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Et alors je les retourne, je les agite, je les bois, je les avale, je les triture, je les mets sur leur trente et un, je les libère...Je les laisse comme des stalactites dans mon poème, comme des bouts de bois poli, comme du charbon, comme des épaves de naufrage, des présents de la vague
Tout est dans le mot. (p80)
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Vidéo de Pablo Neruda
Quand les saisons se préparent sous la terre..., Pablo Neruda dit par Pablo Neruda
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