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Robert Amutio (Traducteur)
EAN : 9782267018189
180 pages
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (09/03/2006)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 57 notes)
Résumé :
Roberto Bolaño a écrit un étrange roman noir qui mêle art, histoire et horreur. Un jeune homme, séduisant et mystérieusement lointain, se présente dans un atelier d'écriture que suit le narrateur dans une ville provinciale du Chili. Le coup d'État de Pinochet donne l'occasion à cet étrange artiste de mettre en pratique sa conception radicale de l'art de la cruauté, en assassinant quelques femmes de sa connaissance dans des circonstances que le lecteur, comme le narr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
MarianneL
  26 avril 2013
Lire "Etoile distante" est comme se pencher au dessus d'un trou noir qui ne se referme pas. «La mort est mon coeur» écrit Carlos Wieder aux commandes de son avion dans le ciel du Chili.

Sous le régime d'Allende, dans les ateliers de poésie de Juan Stein et de Diego Soto au Chili, le narrateur rencontre Alberto Ruiz Tagler, poète autodidacte, charmeur élégant, détaché et incertain. le style de Ruiz Tagler séduit les poétesses de ces ateliers, autant qu'il irrite le narrateur et son ami Bibiano, tout en étant le centre de leurs conversations.
En 1973, Pinochet est au pouvoir et Ruiz Tagler a maintenant l'identité de Carlos Wieder. Il est l'incarnation de l'audace et de la confiance en soi pour ceux qu'il fascine, il est l'incarnation du mal pour le mal, la rage pure et inutile, assassin en série, artiste utilisant les photos de ses meurtres pour une exposition (dont Bolaño ne mentionne que les effets sur ses spectateurs), officier du régime et pilote poète écrivant dans le ciel ses vers macabres.
«Quand il revint à Punta Arenas, Wieder déclara que le plus grand danger avait été le silence. Devant la stupeur feinte ou réelle des journalistes, il expliqua que le silence était les vagues du Cap Horn lançant leurs langues vers le ventre de l'avion, des vagues semblables à de monstrueuses baleines melvilliennes ou pareilles a des mains coupées qui essayèrent de le toucher pendant tout le trajet, mais silencieuses, bâillonnées, comme si à ces latitudes la son avait été l'apanage des hommes. le silence est pareil à la lèpre, déclara Wieder, le silence est pareil au communisme, le silence est pareil à un écran blanc qu'il faut noircir.»
Bien qu'il nous tienne à distance du mal en nous laissant imaginer le pire, Roberto Bolaño, autour du destin du Chili et des sympathies néo-nazies du régime Pinochet, ouvre ici un abime - la fascination pour le mal, et l'alliance fatale du mal et de l'art.
«Le mal froid est comme l'ombre de l'humanité et nous accompagnera toujours.» (Roberto Bolaño)
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valaflebu
  11 janvier 2011
Confrontation de la littérature (la poésie) et du mal.
Durant la période Allende au Chili, un jeune homme séduisant et mystérieux se présente dans un club d'écriture. Il se mêle aux apprentis-poètes et suscite à la fois méfiance et admiration. Sa véritable nature, poétique comme politique, ne se révèlera qu'après le coup d'Etat de Pinochet...
"Artiste" de la cruauté et de l'assassinat, il s'en prendra alors à deux de ses condisciples et à d'autres femmes (dont il photographie le martyre), profitant des moments troublés de l'histoire de son pays. Il deviendra un poète admiré et célébré par la junte au pouvoir, notamment grâce à ses performances d'aviateur (il trace des phrases tirées de la Genèse dans le ciel avec son appareil). Ses talents démoniaques et macabres lui permettent toutes les supercheries et lui attirent tous les honneurs. Il sera pourtant contraint à l'exil et disparaîtra en Europe après l'exposition "crue" de ses méfaits...
Étoile distante déroule, au gré des découvertes du narrateur et de l'imagination baroque de Bolaño, le parcours d'un monstre effroyable et grotesque, ayant fait son nid dans le monde de l'art au temps de la dictature. L'humour et la dérision colorent le récit des tours et détours de l'enquête menée par le narrateur dans ce monde littéraire et politique où règne la fascination du mal.
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oiseaulire
  13 février 2018
Un jeune poète chilien à la solde de Pinochet est chargé d'infiltrer des groupuscules poético-trotskistes et d'assassiner leurs membres les plus prometteurs. Faisant coïncider totalement son aspiration artistique et sa mission criminelle, il transforme sa vie en happening macabre. Nous assistons à une longue traque de ce personnage coupable non seulement de meurtres et de tortures, mais aussi d'avoir trahi la poésie et l'art en les mettant au service de la part marécageuse de l'homme. Ce livre fait froid dans le dos. le talent de Bolano est de nous rendre vraisemblable des faits de cauchemar pourtant modestement présentés à travers la subjectivité du narrateur.
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Bartleby
  09 juin 2008
http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/search/label/Bola%C3%B1o
Roberto Bolaño est un écrivain chilien décédé à l'âge de 50 ans en 2003. En France, son oeuvre est éditée chez Christian Bourgois. Trois de ses livres viennent de paraître dans la collection de poche "Titres" : La littérature nazie en Amérique, Etoile distante et Nocturne du Chili. Bolaño est fasciné par les manifestations du mal et plus particulièrement par les liens qu'entretiennent étrangement l'art et le mal. Chacun de ces trois petits livres explore les différentes manières dont le mal et l'art s'accouplent pour donner naissance à ces artistes monstrueux qui nous apprennent tellement sur l'humain.
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vivianpb
  27 décembre 2017
Roberto Bolano est déjà le plus grand. Étoile distante est la continuation de la Littérature nazie en Amérique. Ou pour etre précis, le prolongement de l'ultime biographie. On y part a la recherche d'un poète appelée Carlos Wieder ou parfois Alberto Ruiz-Tagle que la narrateur a rencontré dans un atelier d'écriture du temps de Salvador Allende. Personnage sombre et cruel qui ne cesse d'echapper a notre comprehension.Comme souvent avec Bolano, il réécrit le polar pour le transformer en jeu. Poétique mais pas seulement. d'où une écriture ludique qui enchante le réel et transforme un diner dans une pizzeria lugubre de Perpignan en un rebondissement épique.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   07 mai 2015
Le jour où on ne le vit plus déambuler dans les rues de Concepción, ses livres sous les bras, toujours mis avec soin (au contraire de Stein qui s’habillait comme un clochard), sur le chemin de la faculté de médecine ou en train de faire la queue devant un théâtre ou un cinéma, quand il s’évanouit dans l’air enfin, personne ne le regretta. Pas mal de gens se seraient même réjouis de sa mort. Non pour des raisons strictement politiques (Soto était un sympathisant du parti socialiste, mais seulement cela, un sympathisant, même pas un électeur fidèle, je dirais que c’était un gauchiste pessimiste), mais pour des raisons d’ordre esthétique, pour le plaisir de voir mort quelqu’un de plus intelligent et de plus cultivé que soi, et à qui manque la finesse sociale de le cacher. Écrire ceci maintenant peut passer pour un mensonge. Mais c’était ainsi, les ennemis de Soto auraient été capables de lui pardonner même ses mots les plus acerbes ; ce qu’ils ne pardonnèrent jamais, ce fut son indifférence. Son indifférence et son intelligence.
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Charybde2Charybde2   07 mai 2015
La première fois que j’ai vu Carlos Wieder ce devait être en 1971 ou peut-être en 1972, du temps où Salvador Allende était président du Chili.
À cette époque-là il se faisait appeler Alberto Ruiz-Tagle et fréquentait parfois l’atelier de poésie de Juan Stein, à Concepción, la capitale du Sud, comme on dit. Je ne peux pas dire que je le connaissais bien. Je le voyais une ou deux fois par semaine, quand il venait à l’atelier. Il ne parlait pas énormément. Moi oui. La plupart de ceux qui venaient parlaient beaucoup : pas seulement de poésie, mais de politique, de voyages (et personne n’imaginait en ce temps-là ce qu’ils seraient plus tard), de peinture, d’architecture, de photographie, de révolution et de lutte armée ; cette lutte armée qui devait nous amener des temps nouveaux et une vie nouvelle, mais qui, pour la plupart d’entre nous, était une sorte de rêve ou, plus exactement, une sorte de clé qui nous ouvrirait la porte des rêves, les seuls qui justifiaient la peine de vivre.
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rkhettaouirkhettaoui   20 août 2018
En 1968, alors que les étudiants élevaient des barricades et que les futurs romanciers français brisaient à coups de brique les fenêtres de leurs lycées ou faisaient l’amour pour la première fois, il décida de fonder la secte ou le mouvement des Écrivains Barbares. C’est ainsi que, pendant que les intellectuels s’emparaient des rues, l’ancien légionnaire s’enferma dans sa minuscule loge de concierge de la rue Des Eaux et commença à donner forme à sa nouvelle littérature. L’apprentissage se déroulait en deux temps apparemment simples. L’enfermement et la lecture. Pour la première étape il était nécessaire de faire des provisions pour une semaine, ou alors de jeûner. Il était aussi indispensable, pour éviter les visites inopportunes, d’avertir que l’on n’était disponible pour personne, ou bien que l’on partait en voyage pour une semaine ou que l’on avait contracté une maladie contagieuse. La deuxième étape était plus compliquée. D’après Delorme, il fallait se fondre avec les œuvres maîtresses. On y parvenait d’une manière extrêmement étrange : en déféquant sur les pages de Stendhal, en se mouchant avec des pages de Victor Hugo, en se masturbant et en répandant le sperme sur les pages de Gautier ou Banville, en vomissant sur les pages de Daudet, en urinant sur les pages de Lamartine, en se coupant avec des lames de rasoir et en éclaboussant de sang les pages de Balzac ou de Maupassant, en soumettant, en somme, les livres à un processus de dégradation que Delorme appelait humanisation.
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LaFaroLaFaro   06 mai 2020
Bref, comme dit Bibiano en citant Parra, ainsi passe la gloire du monde, sans gloire, sans monde, sans un misérable sandwich à la mortadelle.
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TaorTaor   13 mai 2013
Une minute ne s'était pas écoulée lorsque Tatiana von Beck ressortit. Son visage était pâle et décomposé. Elle regarda Wieder - on aurait cru qu'elle allait lui dire quelque chose mais qu'elle ne trouvait pas les mots - et puis elle essaya d'atteindre la salle de bains. Elle n'y parvint pas. Elle vomit dans le couloir et tout de suite après quitta en chancelant l'appartement, aidée par un officier qui s'offrit galamment à la raccompagner chez elle, malgré les protestations de la jeune femme qui aurait préféré partir seule.
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Video de Roberto Bolaño (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roberto Bolaño
Roberto Bolano - Entre parenthèses .Ignacio Echevarria vous présente l'ouvrage de Roberto Bolano "Entre parenthèses" aux éditions Bourgois.http://www.mollat.com/livres/roberto-bolano-entre-parentheses-9782267021455.html
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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