AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782864325475
152 pages
Éditeur : Verdier (04/09/2008)
3.91/5   27 notes
Résumé :
La scène se passe à Urbino, au palais ducal, à la fin du mois de juin 1502. Dans l'effet de souffle des guerres d'Italie, les petits États tremblent sur leur base ; ils seront à qui s'en emparera hardiment. Insolent et véloce comme la fortune, César Borgia est de ceux-là. Le fils du pape donne audience à deux visiteurs. Le premier est un vieux maître que l'on nomme Léonard de Vinci, le second un jeune secrétaire de la Chancellerie florentine du nom de Nicolas Machia... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Warrenbismuth
  13 juillet 2019
Léonard de VINCI et Nicolas MACHIAVEL se sont rencontrés à plusieurs reprises en Italie au début du XVIe siècle, pas précisément pour y faire du tourisme mais bien pour travailler ensemble. Seulement, il n'existe pas de traces tangibles sur ces rencontres. Aussi l'historien et écrivain Patrick BOUCHERON se propose de servir de guide. de faits avérés en simples suppositions, par ce voyage dans le temps il imagine ces rendez-vous.
Le duo débute plutôt en forme de trio, avec César BORGIA, dit le Valentinois (on se croirait propulsés dans un AUDIARD), dont la figure est par ailleurs très présente dans le roman « le prince » de MACHIAVEL (BOUCHERON y reviendra). le fameux prince, c'est lui. Il est aussi le fils du futur pape Alexandre VI et duc de Romagne à l'époque qui nous intéresse présentement. Mécène de Léonard de VINCI, il a pour secrétaire un certain MACHIAVEL.
Alors que VINCI est déjà reconnu pour ses oeuvres et ses idées avant-gardistes, BORGIA combat ses adversaires de manière violente et implacable. Mais ce qui est mis en exergue dans ce récit, ce sont bien les années 1502 à 1504, où les trois hommes ont semble-t-il tramé des plans ensemble, tout d'abord au palais ducal d'Urbino où ils ont fondé des projets, dont celui de dévier le fleuve Arno pour assécher la ville de Pise et provoquer l'embourbement des soldats un peu plus loin dans la plaine.
BORGIA va rapidement quitter la piste, en 1507, BOUCHERON le range au placard pour ne plus s'intéresser qu'à MACHIAVEL et de VINCI, surtout à ce dernier pour tout dire. de la commande d'une immense fresque « La bataille d'Anghiari » pour orner la salle du Grand Conseil de Florence, BOUCHERON nous dit tout, y compris qu'elle ne fut jamais terminée, revenant sur la compétition de deux géants peignant dos à dos dans cette salle, l'autre étant Michel-Ange appelé pour un projet parallèle synonyme d'esprit de compétition.
Le livre vient surtout alimenter une interrogation historique : VINCI et MACHIAVEL ont-ils travaillé de concert ? Ont-ils comploté ? Ont-ils côte à côte décidé de l'avenir de l'Arno, MACHIAVEL pour l'idée et VINCI pour les plans ? Quoi qu'il en soit, BOUCHERON semble avoir une réelle tendresse pour VINCI, c'est lui qu'il suit lorsqu'il est seul, c'est avec lui qu'il semble marcher, non sans efforts compte tenu de l'esprit de « bougeotte » du Léonard, jamais les deux pieds dans le même sabot. Pour les liens directs entre Léonard et Nicolas, l'auteur rappelle qu'il opte pour le terme de contemporanéité : « Contemporanéité est un mot qui boite et qui grince, mais c'est le bon mot. Il exprime l'une des ambitions de ce petit livre : comprendre ce qu'être contemporain veut dire ».
Un petit livre pourtant très érudit. Je n'ai pas la prétention d'avoir tout compris de cette période faste de la Renaissance un peu mystérieuse pour moi, presque absconse même. Si je me suis parfois perdu dans les dédales de la lecture, c'est bien par le talent d'historien de BOUCHERON qui sait se faire précis, revenant sur des détails apparemment sans intérêt. En tout cas, il mène son lectorat de main de maître dans les sous-sols de Florence et d'ailleurs, dans ce XVIe siècle tumultueux. M'est avis que des personnes plus connaisseuses de cette période comprendront bien mieux que moi et se régaleront (d'ailleurs, et malgré ma relative ignorance, je me suis moi-même fort régalé). Car si ce bouquin est présenté comme un roman, c'est pour mieux faire passer la difficulté de condenser en 200 pages l'Histoire italienne de la fin du XVe siècle aux premières décennies du XVIe. Sorti originellement chez Verdier en 2008, il fut publié en poche en 2017 par le même éditeur pour un voyage à peu de frais au coeur de la Renaissance italienne. Il ouvre une voie très instructive pour découvrir d'un peu plus près cette période.
J'ai choisi de présenter ce roman aujourd'hui car il s'inscrit dans une dynamique d'actualité (oui je parle un langage moderne. Et chébran, disait François MITTERRAND en son temps) : en effet, en cette année 2019 nous commémorons à la fois les 500 ans de la mort de Léonard de VINCI et les 40 ans des éditions VERDIER, la roteuse va obtenir une place de choix, le gueule de bois n'est pas loin.
https://deslivresrances.blogspot.fr/
Lien : https://deslivresrances.blog..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
SCOman
  07 novembre 2013
Léonard et Machiavel est l'histoire de deux hommes qui se croisent et se recroisent, tissant les grands enjeux politiques et artistiques de la seconde moitié du XVe siècle. En adoptant la forme du récit, Patrick Boucheron, historien et professeur à la Sorbonne, choisit de retracer la vie de ces deux grands noms passés à la postérité. D'un côté Léonard de Vinci, inventeur et artiste de génie, étoile filante de nombreux princes-mécènes, en quête perpétuelle d'un entendement quasi-métaphysique de la nature et de la peinture. de l'autre Nicolas Machiavel, qui pose les fondements modernes de la science politique. Dans cet ouvrage l'auteur ne s'attelle pas à une biographie conventionnelle, puisqu'il dépeint les trajectoires de Machiavel et Léonard sous forme d'un récit teinté de fiction. Au fil des pages, il suppute et réunit les indices permettant de corroborer la thèse selon laquelle les deux Italiens auraient été non seulement collaborateurs mais aussi des proches aux influences réciproques. Ce n'est pas pour rien qu'on retrouve leurs traces communes en Romagne et en Toscane, de 1502 à 1504, lorsqu'ils inspectèrent certaines forteresses et projetèrent de faire tomber la cité rebelle de Pise en endiguant le cours de l'Arno.
Patrick Boucheron fait ici travail d'historien, et il constate que trop peu d'éléments, en fin de compte, ne lui permettent d'affirmer avec certitude la connivence mutuelle qu'il se plaît à [...]
Lien : http://leslecturesdares.over..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Joad
  10 février 2017
La littérature est-elle un danger ou une opportunité pour l'historien?
L'auteur trace son sillon dans une dangereuse et envoûtante tentation, celle de la Renaissance, où se noient Léonard et Machiavel.
Curieusement, c'est du silence, de l'atonie des sources dont il est question: ces colosses aux pieds d'argile n'ont pas l'air de vouloir se "biographer" mutuellement leurs vies.
Là est l'enjeu entretenu par Patrick Boucheron, là est la menace.
Commenter  J’apprécie          20
ivredelivres
  10 février 2009
L'un Léonard...de Vinci bien sûr mais vous aviez deviné, l'autre Machiavel celui qui a permis de créer un nouveau mot dans notre petit Larousse.
Nous voilà transporté à la Renaissance, époque de foisonnement intellectuel et artistique mais aussi de danger, de sang et de poisons.
Un constat : pendant environ 15 ans Machiavel et Léonard de Vinci se sont côtoyés, rencontrés, ont été liés aux mêmes personnes, aux mêmes protecteurs ont travaillé sur les mêmes projets et ...rien pas d'écrits, aucun documents, rien de rien.
Machiavel secrétaire de chancellerie, un peu ambassadeur un peu espion, occupe une fonction risquée à l'époque où les princes se succèdent le plus souvent dans le sang et la fureur.
Léonard, lui a déjà 50 ans , il peint, dessine depuis plus de 30 ans , il a depuis toujours une passion pour les techniques les phénomènes naturels et l'eau en particulier, sans doute l'esprit le plus curieux de son temps.
Patrick Boucheron est persuadé que les deux hommes se sont rencontrés mais voilà... nulles traces de ces rencontres.

Lien : http://asautsetagambades.hau..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
vincentf
  25 janvier 2018
Raconter la rencontre de deux génies est bien sûr tentant, mais la raconter alors qu'on en ignore presque tout ouvre des portes sur l'imaginaire et sur l'histoire derrière lesquelles il est passionnant de guigner.
Que sait-on ? Que tous deux se trouvaient à Urbino en juin 1502, que tous deux ont suivi un temps César Borgia, que tous deux se sont occupés d'un projet de contournement de l'Arno et que la signature de Machiavel apparaît sur la commande florentine de la Bataille d'Anghiari, que Léonard n'a jamais achevée. Bref, on ne sait rien.
Pourtant, Léonard et Machiavel sont les inventeurs, avec quelques autres, de la modernité, l'un en peignant la réalité sans se laisser berner par les honneurs, lentement, afin de saisir l'action, la bataille, la guerre, dans ce qu'elle a de sale, de poussiéreux et de sans-gloire, l'autre en ancrant la politique dans la réalité des rapports de force, dans l'action réelle de ceux qui arrivent au pouvoir et dans ce qu'ils doivent faire ou ne pas faire pour le conserver.
Tous deux ont cru un temps à César Borgia, homme nouveau, homme d'action, éphémère étoile filante dont la chute fut aussi la séparation des deux génies, leur émiettement, la fin d'un âge d'or que d'aucuns appelèrent Renaissance.
Lien : http://www.lie-tes-ratures.c..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

Citations et extraits (4) Ajouter une citation
fbalestasfbalestas   21 mai 2020
Jamais un coup de pinceau n'abolira la fortune. Machiavel, sans doute, ne croit guère à l'efficacité de ces habiletés érudites, de ces devinettes d'humanistes facétieux qui croient pouvoir circonvenir le peuple en plaçant devant ses yeux quelque image rutilante d'un passé contrefait. Il ne cesse de le répéter, avec obstination : résiste à l'"éclat trompeur des mots" pour accéder à la "vérité effective de la chose".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
ivredelivresivredelivres   10 février 2009
« Léonard et Machiavel n'étaient pas de ces éclaireurs à l'avant-garde, mais au coeur de la bataille, dans la mêlée confuse, où rien ne se discerne nettement sinon la vérité du combat. Ils n'ont pas fait leur temps ; parce qu'ils furent si intensément du leur, ils sont toujours du nôtre. Il y eut entre eux un temps commun, qui les fit contemporains ».
Commenter  J’apprécie          20
CDILyceeMatisseCDILyceeMatisse   17 janvier 2014
Les voici enfin réunis, et pour de longs mois. Mais pourquoi dire enfin ? Qui s'en impatientait, sinon peut-être le lecteur de cette histoire ? Machiavel et Léonard de Vinci se sont rencontrés, longtemps, ils se sont très certainement parlé, souvent. Les échos de ces conversations se retrouveront, plus tard, dans des projets communs qui ne seraient guère compréhensibles sans cette connaissance préalable qu'ils firent l'un de l'autre. Il y sera question de fleuve et de fortune, de guerre et de pouvoir, de la façon de voir le monde tel qu'il est et d'en saisir le rythme.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
lehibooklehibook   31 juillet 2019
Machiavel en est convaincu désormais:César Borgia est le seul, en Italie, qui puisse tenter la fortune,la séduire et la ravir,la détourner de son lit où l'ordre des pères croit encore pouvoir la maintenir.
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Patrick Boucheron (55) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Boucheron
JOURNÉE ITALISSIMO : « DANTE, LE LIEU OÙ NOUS… »
Par Patrick Boucheron & Mélanie Traversier Italissimo ce sera début juillet et – toute l'équipe du festival croise les doigts – en présence du fidèle public de la manifestation. Dans cette attente, le festival adresse un signe à ses spectateurs : une journée de rencontres et de lectures construites autour Dante et Goliarda Sapienza, deux piliers de la culture italienne, que réunit un pont de cinq siècles.

De Dante Alighieri, le « père de la langue italienne », cette année marque le 700e anniversaire de la mort. Sa Divine Comédie, chef d'oeuvre parmi les chefs d'oeuvre, célèbre en trois chants, de l'Enfer au Paradis, en passant par le Purgatoire, la représentation du monde catholique au Moyen-Âge. le texte est devenu une référence incontournable de la culture occidentale, son influence est incommensurable.
Au dernier chant du Paradis, Dante s'écrie : « veder voleva come si convenne/l'imago al cerchio e come vi s'indova », « Je voulais voir comment se joint/l'image au cercle et comment elle s'y… » Elle s'y quoi ? Elle s'y noue ? Que désigne indovarsi, néologisme désignant l'élan, l'élan de se mettre dans le lieu où… ? Et ce lieu, y sommes-nous encore ? Comment traduire ce vers ? Dante guide son lecteur dans le périple de l'invention poétique. La comédienne Mélanie Traversier, et l'historien Patrick Boucheron proposent de prêter l'oreille à cette politique d'un parler commun, pour que la langue souveraine et maternelle renaisse sous nos pas.

Avec le soutien de l'Ambassade d'Italie en France et du Consulat italien.
+ Lire la suite
autres livres classés : renaissanceVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Vous aimez ce livre ? Babelio vous suggère




Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
2329 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre