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EAN : 9782253069034
576 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (09/11/2016)
3.57/5   22 notes
Résumé :
Dans les Cévennes, a la fin du 17ème siècle. Elie vit avec sa femme, Jeanne, au lieu-dit « Jéricho », dans un domaine que se transmettent les Bragant de génération en génération. La Révocation de l'Edit de Nantes, en 1685, est un séisme pour cette famille protestante. Les huguenots sont traqués et persécutés, harcelés par les Dragons du roi. Il faut abjurer ou fuir ou prendre les armes aux côtés des Camisards qui luttent contre l'arbitraire royal.
La famille ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Dominique_Lin
  05 décembre 2015
Presque un siècle après la promulgation de l'Édit de Nantes par Henry IV, en 1685, Louis XIV le révoque, entraînant pillages, persécutions, condamnations, exécutions des protestants qui refusent de se convertir. Une grande partie d'entre eux préfère l'exil vers des terres accueillantes telles que la Suisse, l'Allemagne ou l'Angleterre.
C'est là que commence le roman de Françoise Bourdon, Les sentiers de l'exil, en Cévennes, près d'Anduze où le mas Jéricho appartient à la famille Bragant depuis des générations.
Jéricho est cette terre promise, cette demeure idéale où se construit une histoire, une famille, pratiquement une légende. La famille y vit sereinement, presque en autarcie, grâce à la culture de fruitiers, de châtaigniers et de mûriers pour l'élevage des vers à soie. La religion protestante est très présente dans le quotidien. Les enfants naissent et les aïeux meurent sur le domaine comme une rivière coule sans fin. Tout pourrait aller pour le mieux, mais les Bragant sont protestants et les ennuis commencent.
Les dragons s'en prennent à Jéricho, symbole de la famille, symbole du temps, de l'immuable, de la tradition.
Pour avancer, et résumer un peu — car ce livre pourrait contenir plusieurs histoires tant le fond est riche —, la famille va éclater et chacun va suivre un chemin particulier. Qui restera, sera enfermé dans un couvent puis s'échappera sur les routes avec une troupe de comédiens, qui s'exilera en Suisse puis en Allemagne, ou en Angleterre, qui sera condamné aux galères à Marseille. Qui restera pour combattre les armées du roi…
Les nombreux personnages de cette famille suivent leur destin. L'histoire alterne entre guerre, résistance, amour, entraide, compassion, sérénité d'une nouvelle terre où les Bragant tentent non seulement de rebâtir un domaine, mais aussi de se reconstruire une histoire qui débute avec les générations qui arrivent.
Les comportements humains, malgré le temps qui passe, se répètent inexorablement. Les exodes liés aux massacres au nom d'une religion, liés à la dictature, au manque de travail ont jalonné le temps des hommes. Se reconstruire, retrouver des repères sans oublier ses racines, recommencer ailleurs en laissant tout derrière, terre, maison, biens, souvenirs, traditions… tel a été et sera encore le destin des peuples qui doivent fuir.
On trouve aussi dans ce roman le combat pour une terre, une religion, un mode de vie, avec les exploits guerriers, les massacres odieux, la délation, l'intérêt égoïste, mais aussi le soutien, la résistance, l'entraide, et surtout, le questionnement sur l'intérêt et la raison de tout cela. Où se situe la frontière entre le bien et le mal ? Doit-on mener un combat dont la nature devient aussi laide que celui de notre persécuteur ?
Chaque personnage de ce roman éclaire une facette de l'être humain pris dans la tourmente. Les forts, les faibles, les scrupuleux, les rêveurs, les utopistes, les besogneux, tous s'y retrouveront.
Ce livre est une ode à la fraternité, à l'entraide des hommes, à l'humanité.
Il résonne avec notre présent, celui du siècle, celui d'aujourd'hui.
Les sentiers de l'exil n'est pas seulement un cheminement extérieur. Il va bien plus loin. Tout homme chassé de son « paradis » se retrouve en exil et part dans une quête pour le retrouver.
Il faut souligner la richesse des détails, des modes de vie au quotidien de toutes ces strates de la société : rois, galériens, médecins, saltimbanques, paysans, soldats, pasteurs… C'est là toute la force des romans de Françoise Bourdon qui ne laisse rien au hasard, surtout pour ce projet auquel elle tenait, né il y a une bonne dizaine d'années. Si son éditrice a hésité à lui donner le feu vert, je peux lui dire aujourd'hui qu'elle aurait dû l'encourager, l'accompagner, lui dire bien avant : « Vas-y Françoise, on te suit ! »
Comme je l'ai dit à Françoise lors de notre rencontre à la librairie Elan Sud d'Orange ce vendredi 4 décembre 2015 : « On reconnaît un roman de qualité lorsqu'il résonne, lorsqu'il éclaire notre vision sur les comportements intemporels de l'homme pour nous renvoyer à nous-mêmes, quand l'auteur ne prend pas parti et laisse le lecteur libre de ses choix, de ses jugements de valeur. On reconnaît un bon livre lorsqu'on en sort grandi. »
Mais c'est là juste ma vision. Les sentiers de l'exil peut aussi n'être qu'un excellent roman historique, dans lequel le destin d'une famille est bouleversé par la révocation de l'édit de Nantes… allez savoir ?
Lien : http://dominiquelin.overblog..
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LisonsDesLivres
  10 mai 2018
Un magnifique roman que j'ai refermé à regret et qui figure parmi mes coups de coeur de cette année.
Françoise Bourdon nous emmène à la découverte de la vie des protestants entre la fin du 17ème siècle et le milieu du 19ème en France et en Allemagne au travers de l'histoire de la famille Bragant. Si celle-ci est fictive, les évènements évoqués sont malheureusement bien réels. Persécutions, condamnations à mort ou aux galères, les protestants ont vraiment été pourchassés uniquement à cause de leur religion.
Des faits historiques qui donnent également lieu à la réflexion sur des thèmes toujours d'actualité : la liberté, les droits de l'homme, la tolérance, la liberté de culte, la paix, les génocides...
À la lumière de ce roman, j'ai pris davantage conscience de la chance que nous avons de vivre en paix dans une démocratie et de l'importance de la préserver car rien n'est jamais acquis définitivement.
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muriel123
  07 juillet 2018
On apprend à l'école "l'édit de Nantes" ! Mais nous sommes-nous seulement posés la question sur l'exil, la violence, la séparation des familles, qu'ont vécu tous ces protestants. Une magnifique histoire, même si les personnages sont imaginaires, l'histoire de fond est véridique et fait froid dans le dos. Je ne peux que vous conseiller de lire ce romain très bien écrit par Françoise Bourdon
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mimi5751
  18 novembre 2017
Emprunté à la BB et je peux vous dire que ce livre est formidable. Une écriture fluide qui passe très bien mais aussi on sent que l'auteur s'est bien documenté et nous sommes passionnés par l'histoire, la grande et la petite.
Je peux vous dire que j'ai été franchement écoeurée par les exactions des dragonnades comment peut on lancé des hordes d'assassins sur des gens sous prétexte que ils ont une autre religion que vous et les méchancetés que l'on faisait aux forcats protestants cela aussi c'est injuste.
C'est l'histoire d'une famille de protestants des Cévennes : Les Bragants qui possèdent un beau domaine, Jéricho. D'abord les dragons du roi se jettent sur le Dauphiné, ensuite sur le Poitou puis le Vivarais et les Cévennes seulement là c'est un gros morceau car eux ils se révoltent et là vous êtes prises dans l'histoire et voulez toujours en savoir plus, surtout si vos héros arrivent à s'en tirer et à revenir sur leurs terres en Cévennes...
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Reveline26
  16 novembre 2019
Une erreur manifeste s'est glissée dans ce livre pourtant très documenté page 22 (format poche) : ..." non contents de détruire nos temples comme ils l'ont fait l'an passé à Dieulefit et au Poët Laval ...."
Ceci n'est pas vrai ! pour info voir le site du musée du protestantisme de Poët Laval (26) je cite " Ce temple est l'un des trois seuls à n'avoir pas été démoli à la révocation de l'Edit de Nantes."
Et je confirme, connaissant parfaitement ce temple proche de chez moi...
Pour confirmation voir aussi le musée du désert à Mialet (30), extraordinaire pour la documentation.
Très étonnée que Françoise Bourdon, habitant la Drôme, assez proche de Poët Laval ne soit pas au courant ...
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
LisonsDesLivresLisonsDesLivres   12 mai 2018
Marseille, en cette été 1720, était une ville soumise à la fièvre du commerce. On y trouvait de tout, aussi bien de l'huile et le blé venus du Levant que la soie, la laine, le coton brut, les épices, le café ou le sucre. Tous les corps de métier semblaient s'être donné rendez-vous à Marseille.
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rkhettaouirkhettaoui   06 mars 2016
Ce qu’il aimait avant tout, c’était séduire. Il avait joué avec elle durant plusieurs semaines avant de lui conter fleurette.
Baptiste avait le pouvoir de vous peindre la vie en rose. Léger, drôle, il ne se prenait pas au sérieux, mais débordait de charme. Chaque soir, des spectatrices lui décochaient des œillades porteuses de promesses.
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LisonsDesLivresLisonsDesLivres   12 mai 2018
Une colonie huguenote française importante était établie à Berlin. Il était de bon ton d'engager des gouvernantes ou des répétitrices françaises, un chef français, de se fournir dans des manufactures françaises et de lire en français un livre acheté à la librairie de la Französiche Strasse. Ce quartier était devenu une enclave française.
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LisonsDesLivresLisonsDesLivres   12 mai 2018
Le roi, qui accordait sa grâce à des voyous, des assassins ou des empoisonneurs, refusait avec force de libérer un seul huguenot. Pour lui, ils représentaient la lie du royaume !
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LisonsDesLivresLisonsDesLivres   12 mai 2018
Ainsi, grâce à de nombreuses complicités grassement rémunérées, les galériens protestants entretenaient une correspondance suivie avec la Suisse, l'Allemagne, l'Angleterre et les Pays-Bas, comme avec les protestants de France. Ceux-ci leur envoyaient des lettres d'encouragement, des subsides, fruits de quêtes et de collectes, et surtout des livres.
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