AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2742744460
Éditeur : Actes Sud (16/08/2003)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Charles Douhet est en train de découvrir que l'histoire d'une famille peut se rapporter, se comparer toutes proportions gardées à l'histoire d'une nation. Tout se joue alors à l'échelle privée et de manière feutrée, mais tout y est: tensions, rapports de force, camouflage des informations, conflits, ruptures, tyrannie, soumission, rébellion. Au sein de chaque famille, à tout moment, peut survenir le casus belli.
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  23 novembre 2018
Première lecture en août 2013- Relecture ce mois de novembre 2018
J'introduis ma chronique par l'un des extraits les plus explicites, qui
concentre à merveille le contenu de ce roman, rempli de gâchis, de la tristesse d'une enfant... mais aussi de lumières qui aideront à la construction de la fillette en jeune femme...Ces petites lumières : la fantaisie et la tendresse d'un tonton bienveillant, l'amour des livres,
l'amour silencieux mais bien réel d'un père placide, quelque peu écrasé par la personnalité de son épouse...la magie reconstructive de la parole
étouffée par les mots....

"Il vient de tomber sur la définition de -casus belli- qu'il se souvient d'avoir enseignée en cours d'histoire à ses élèves de terminale. Il la lit : - Acte de nature à provoquer une déclaration de guerre, à déclencher les hostilités entre deux états. Cf. Larousse.
Il demeure là, à contempler la phrase signalée jadis par le coup de crayon rouge: elle lui donne à réfléchir. Il a beaucoup aimé l'histoire, il en connaît tous les dessous et les ressorts. (...)
Charles Douhet est en train de découvrir que l'histoire d'une famille peut se rapporter , se comparer- toutes proportions gardées- à l'histoire d'une nation. Tout se joue alors à l'échelle privée et de manière feutrée, mais tout y est: tensions, rapports de force, camouflage des informations, conflits, ruptures, tyrannie, soumission, rébellion. Au sein de chaque famille,
à tout moment, peut survenir le -casus belli.-" (p. 164-165)

Bonheur et grands plaisirs, au fond, d'être obligé(e) de ranger, trier, s'alléger comme dans ce cas : préparatifs d'un autre tournant de vie et changement de décor d'ici fin 2019 !!
Une sorte de remise à plat de "nos chouchous", des auteurs qui nous accompagnent durablement, l'air de rien, au fil des années... et c'est le cas d'Anne Bragance dont j'apprécie toujours les sujets abordés et la prose poétique, enjouée ou mélancolique, avec une fluidité confondante !.

Dans "Casus belli" comme dans beaucoup des écrits de cette auteure, il est question des douleurs, des blessures, de la solitude de l'enfance, de la tendresse d'un grand aîné , les complicités magiques intergénérationnelles qui sauvent littéralement du désespoir: là, il s'agit d'un tonton gâteau, Vincent, qui a un jeu préféré avec sa jeune nièce, Virginie: jouer avec des mots nouveaux !...Encore et toujours un sujet qui m'est plus que cher : la "thérapie", le soulagement des chagrins, des injustices, des incompréhensions violentes par la lecture et l'écriture...la fiction, la beauté et diversité des histoires racontées, inventées !

"Mais de vraie conversation animée par le désir de se comprendre, d'établir des liens, point jamais. Ce décryptage progressif et si nécessaire du monde qu'interdisait le laconisme familial, la fille ,très tôt, est allée le chercher dans les livres. Petit à petit, elle s'est enthousiasmée d'une famille d'élection constituée des écrivains qu'elle aimait ou admirait. Un auteur représentait pour elle beaucoup plus qu'un nom, un style ou un univers: c'était une voix qui s'adressait à elle sur le ton de la confidence, lui faisant part de son expérience de la joie ou de la douleur et levait parfois le voile sur ce qui lui demeurait opaque. Elle était à à cet âge, si altérée d'échanges qu'entre les pages du livre élu elle fixait des rendez-vous illicites et délicieux à son auteur, lequel devenait alors un interlocuteur privilégié, un ami, un mentor, un maître à penser." (p. 183-184)

Les livres, les mots, l'écriture qui atténuent les non-dits, les manques d'amour d'une mère, les violences sournoises de l'intimité des familles...Il est question du parcours chaotique sentimental, amoureux de cette fillette devenue une adulte "bancale" , [ au propre et au figuré, puisque la fillette s'est mise à claudiquer très jeune, sans raison physique apparente ]
... car elle a attendu toute sa vie un pardon de sa mère pour une rebellion et un geste à l'encontre de son petit frère...quand elle était toute petite...

Juste avant la naissance de ce dernier, Virginie s'est mise à boiter... Seul son père en souffre atrocement à l'intérieur de lui-même... alors que la mère balaie cela du doigt, affirmant que sa fille fait la comédie.... Comment les blessures de l'enfance nous abîment , restent vivaces....nous forgent en nous laissant des failles significatives !
"Pourtant, il faut de l'or pour survivre, l'or d'un regard, d'un geste, d'une parole, il faut le pardon, absolument. "(p. 29)
Une histoire triste...certes, mais la plume, le style ainsi que les finesses d'analyse d 'Anne Bragance des comportements humains me subjuguent chaque fois... Des observations, des questionnements universels...
Dans ce roman, nous sommes bien près de la célèbre phrase d'André Gide : "Famille, je vous hais... !"
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          370
Ladybirdy
  12 juin 2018
Une famille incapable de panser les maux, des mots plongés dans le mutisme, l'amour maternel oublié.
Une mère hermétique aux sentiments et à l'amour, ne reste que le brassage de l'impossible contre-courant d'une enfance figée dans les blessures.
Quand les siens ne sont pas à la hauteur de nous porter, s'évertuer à se sauver soi-même : lire encore et encore pour assouvir ce manque qui cogne. Même si les maux s'accrochent jusqu'à faire boiter une petite fille qui voulait juste comprendre et entendre des sentiments.
Une petite fille qui invoque anges et oiseau bleu pour la pardonner à la place d'une mère qui elle, invoque son dieu en pleurant sur son pauvre sort d'avoir enfanté une enfant imparfaite. Un mari dans l'ombre, un père sauveur de papillons et spectateur de la noyade de sa famille.
Et un constat bien triste de devoir se taire pour rester en vie, de ne devoir rien entendre, rien apprendre pour ne pas éveiller la culpabilité d'avoir échoué.
Ce n'est pas une jolie histoire. C'est une histoire de non-dits, de maux qui ont pris le gouvernail des mots. Un pardon impossible dans une famille où seules les banalités s'entendent.
Une histoire somme toute impossible à vivre lorsque les portes sont verrouillées : celles du coeur.
Sous le charme une nouvelle fois de la plume d'Anne Bragance qui livre ici encore, une histoire bien écrite, avec une justesse littéraire plus qu'appréciable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          129
myriampele
  29 octobre 2017
Une petite fille rebelle, une mère soucieuse du bien, un père aimant mais plutôt discret et un adorable petit frère au caractère angélique. Et voilà une famille dont les rapports reposent sur une grosse bêtise jamais pardonnée, une honte enfouie. L'écriture est simple et originale, à chaque chapitre un membre de la famille exprime avec ses mots les étapes de cette histoire simple. Bon mais tellement triste!
Commenter  J’apprécie          160
feanora
  02 juillet 2012
Une note de tristesse émane de ce livre qui traite des rapports tendus au sein d'une famille.Virginie, une petite fille malheureuse et incomprise par sa mère se met à boiter à la naissance du petit frère. Chargée de le garder quelques heures, elle le mettra dans la poubelle et attendra la punition et le pardon. La mère tait ses mauvaises actions au père qui semble ainsi échapper ainsi aux problèmes familiaux.
A la retraite, il découvre la similitude qui existe entre les tensions familiales et la vie de la société.
Commenter  J’apprécie          90
Bookycooky
  26 décembre 2014
Un très beau livre mais tres triste sur la famille,la vie et le manque de communication entre des êtres qui en théorie devraient être très proche les uns des autres!
Commenter  J’apprécie          94
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   22 novembre 2018
Mais de vraie conversation animée par le désir de se comprendre, d'établir des liens, point jamais. Ce décryptage progressif et si nécessaire du monde qu'interdisait le laconisme familial, la fille , très tôt, est allée le chercher dans les livres. Petit à petit, elle s'est enthousiasmée d'une famille d'élection constituée des écrivains qu'elle aimait ou admirait. Un auteur représentait pour elle beaucoup plus qu'un nom, un style ou un univers: c'était une voix qui s'adressait à elle sur le ton de la confidence, lui faisant part de son expérience de la joie ou de la douleur et levait parfois le voile sur ce qui lui demeurait opaque. Elle était à à cet âge, si altérée d'échanges qu'entre les pages du livre élu elle fixait des rendez-vous illicites et délicieux à son auteur, lequel devenait alors un interlocuteur privilégié, un ami, un mentor, un maître à penser. (p. 183-184)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
fanfanouche24fanfanouche24   23 novembre 2018
Il vient de tomber sur la définition de -casus belli- qu'il se souvient d'avoir enseignée en cours d'histoire à ses élèves de terminale. Il la lit : - Acte de nature à provoquer une déclaration de guerre, à déclencher les hostilités entre deux états. Cf. Larousse.
Il demeure là, à contempler la phrase signalée jadis par le coup de crayon rouge: elle lui donne à réfléchir. Il a beaucoup aimé l'histoire, il en connaît tous les dessous et les ressorts. (...)
Charles Douhet est en train de découvrir que l'histoire d'une famille peut se rapporter , se comparer- toutes proportions gardées- à l'histoire d'une nation. Tout se joue alors à l'échelle privée et de manière feutrée, mais tout y est: tensions, rapports de force, camouflage des informations, conflits, ruptures, tyrannie, soumission, rébellion. Au sein de chaque famille, à tout moment, peut survenir le -casus belli.- (p. 164-165)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
fanfanouche24fanfanouche24   23 novembre 2018
Elle consacre tout son argent de poche à l'achat de livres, elle en rapporte de nouveaux chaque fin de semaine, sans compter ceux qu'elle emprunte à la bibliothèque. Que faire , mon Dieu, pour abattre ces remparts de papier qu'elle dresse contre nous ? (...)
La vérité, c'est que Virginie nous fuit, elle se réfugie dans ses fictions pour mieux nous échapper et proclamer son absence. (p. 56)
Commenter  J’apprécie          200
fanfanouche24fanfanouche24   23 novembre 2018
L'art d'écrire ne s'enseigne pas du haut d'une chaire d'amphithéâtre. L'apprenti romancier qui prétend l'acquérir ne l'obtient que de haute lutte
par la fréquentation assidue des chefs d'oeuvre, voire celle des oeuvres mineures, qui seule pourra contribuer à son édification. Il faut accompagner le livre dans tous ses méandres, il faut accepter de s'immerger jusqu'à l'asphyxie dans la cadence, le phrasé (...) La lecture a été la seule école où Virginie Douhet se soit sentie à son aise et dont elle ait beaucoup appris. (...) Bien que non passive, surtout pas passive, elle s'est longtemps, doucement laissé irradier par ses lectures. (p. 101)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
myriampelemyriampele   29 octobre 2017
Elle dit à sa belle-soeur ou à sa voisine, bref à tout partenaire de bonne volonté et disposée à l'écouter: Virginie ne s'ennuie jamais, elle a son imagination. Comme on dirait d'une clocharde: Elle n'est pas si misérable, elle a son magot dans la doublure de sa pelure.
Commenter  J’apprécie          50
Videos de Anne Bragance (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anne Bragance
Une affection longue durée Marque-page 05-07-2011
autres livres classés : pardonVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Freud et les autres...

Combien y a-t-il de leçons sur la psychanalyse selon Freud ?

3
4
5
6

10 questions
291 lecteurs ont répondu
Thèmes : psychologie , psychanalyse , sciences humainesCréer un quiz sur ce livre