AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Jeanne Marrou (Traducteur)Denis Trierweiler (Traducteur)
EAN : 9782020386173
690 pages
Éditeur : Seuil (02/04/2001)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Cette biographie célèbre est devenue un "classique". Elle se situe pour ainsi dire à la hauteur de la personnalité exceptionnelle, du génie littéraire et intellectuel que fut Augustin pour l'Antiquité tardive et de la formidable postérité qui fut la sienne en Occident. Or, depuis la parution de ce livre il y a trente ans, on a redécouvert un nombre considérable de lettres et de sermons inconnus dans les années 1960. Ils jettent une lumière très neuve sur les premièr... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
5Arabella
  15 septembre 2019
Après la biographie de Serge Lancel consacrée à Saint Augustin, j'ai continué avec celle de Peter Brown, plus ancienne, et considérée comme une grande référence internationale sur la vie de l'évêque d'Hippone.
Peter Brown s'attache moins aux écrits, à l'exception des Confessions (livre centré en grande partie sur la vie de son auteur), et plus à l'existence de son personnage, ainsi qu'au contexte de l'époque. D'ailleurs chaque partie de l'ouvrage est précédée par un tableau chronologique qui récapitule les événements les plus importants survenus pendant la période évoquée, mis en regard des événements de la vie d'Augustin. Ces tableaux sont bien utiles et permettent de se retrouver plus facilement dans le contexte historique.
Nous suivons donc Augustin, à partir de sa naissance dans la modeste bourgade de Thagaste, à travers ses études qui le mèneront jusqu'à Carthage, ses relations complexes avec sa mère, ses succès professionnels qui le conduiront jusqu'à Milan, séjour de l'empereur, puis la fameuse conversion dans un jardin de cette ville. Suit le retour en Afrique et toute la carrière ecclésiastique, ponctuée de controverses avec les manichéens, païens, schismatiques, hérétiques qui lui permettront en quelque sorte d'affirmer ses propres positions théologiques. Avec en arrière plan l'effondrement progressif du monde dans lequel vivait Augustin, le déclin de l'empire romain d'Occident sous les coups de boutoir des « Barbares », la séparation de plus en plus prononcée entre l'Orient et l'Occident.
Peter Brown insiste davantage que Serge Lancel sur le caractère offensif et destructeur des luttes de Saint Augustin contre ses adversaires religieux, sur le recours à la violence d'état pour éliminer ses opposants, sur la chape de plomb idéologique qu'il aurait imposée à le pensée de l'Église. Aussi sur un aspect élitiste, un tant soit peu méprisant des foules ignorantes qu'il s'agit de mener par la force et le châtiment s'il le faut pour leur propre bien.
L'ouvrage est incontestablement de grande qualité, et permet de découvrir d'une façon précise et documentée le personnage d'Augustin ainsi que le contexte de l'époque. J'avoue toutefois d'avoir été plus intéressée par l'ouvrage de Serge Lancel, sans doute en partie parce que je l'ai lu en premier, et donc le livre de Peter Brown, même s'il est par moments complémentaire, est tout de même très proche dans le contenu. J'ai aussi davantage apprécié l'écriture de Serge Lancel, très élégante et précise. de plus j'ai trouvé que Peter Brown prenait plus partie, exprimait ses préférences ou jugements, sans toujours complètement les étayer, par exemple il nous dit que Julien d'Eclane n'est pas un personnage sympathique, sans plus développer ce point de vue. le biographe et ses partis pris est en quelque sorte plus apparent dans ce livre.
Mais le personnage et l'oeuvre de Saint Augustin sont d'une telle richesse et complexité (et ont d'ailleurs donné lieu à tellement d'ouvrages) que pour les approcher et tenter de se construire sa propre représentation, différentes lectures sont sans aucun doute nécessaires.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          2310
elisaboncour
  30 octobre 2018
A ce jour, la biographie la plus complète et fournie d'Augustin. On peut comprendre le parcours de ce converti passionné et intransigeant grâce à sa situation dans une époque troublée et dans un christianisme non encore constitué ou figé dans ses dogmes. La lutte d'Augustin contre le manichéisme, l'arianisme, le pélagianisme, etc. explique ses prises de position qui ont été déterminantes pour le christianisme latin et occidental.
Commenter  J’apprécie          00
michaudgilbert
  12 février 2019
une colonne
Commenter  J’apprécie          00

Citations et extraits (5) Ajouter une citation
5Arabella5Arabella   05 septembre 2019
Sur place, en Afrique, l'Eglise catholique était au point mort, divisée par le schisme, menacée par l'hérésie manichéenne, ses évêques avaient été réduits au rang de dignitaires locaux aux dons et aux ambitions également limités. Ils se contentaient de s'assurer des privilèges et ne semblaient capables de déployer quelque énergie que dans la chicane (aux yeux d'Augustin à Thagaste, la vie d'un évêque paraissait consister essentiellement en voyages d'affaires et les devoirs d'un homme d'Eglise être analogues, en gros, à ceux d'un homme de loi). A l'église, ils se bornaient à célébrer la liturgie et dehors ils arbitraient les procès. Dans tous les domaines l'Eglise rivale, celle des donatistes, était beaucoup plus active : le plus grand exégète africain était un donatiste, Tyconius, dont l'oeuvre devait exercer sur Augustin une influence profonde. Seuls les donatistes semblent s'être attaqués à la tâche difficile de convertir les montagnards des villages qui entouraient Hippone et ceux de l'intérieur du pays.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
5Arabella5Arabella   09 septembre 2019
Mais à l'époque d'Augustin, l'Eglise avait trouvé sa place au sein de la société romaine. Les pires ennemis du chrétien ne se trouvaient plus en dehors de lui mais en lui, dans ses péchés et ses doutes, et le point culminant de la vie d'un homme n'était plus le martyre mais la conversion qui l'avait arraché aux périls de son propre passé.
Commenter  J’apprécie          80
5Arabella5Arabella   12 septembre 2019
A un niveau plus profond, Rome symbolisait la sécurité de tout un monde de vie civilisé. Aux yeux d'un homme instruit, l'histoire du monde connu atteignait tout naturellement son point culminant dans l'Empire romain, exactement comme pour un homme de XIXe siècle, l'histoire de la civilisation trouvait le sien dans la suprématie de l'Europe. Aussi le sac de Rome par les Goths fut-il comme un rappel menaçant, du fait que même les civilisations les plus hautes pourraient mourir un jour. "Si Rome peut périr, écrivait Jérôme, que peut-il rester de sûr ?"
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
5Arabella5Arabella   13 septembre 2019
C'est que, pour Augustin, la nature humaine était dans un abîme d'incertitude : elle avait été cruellement blessée par un événement survenu dans un lointain passé et ne serait guérie, dans un futur également lointain, que par une transformation si totale et si glorieuse, qu'à sa lumière, la plus petite manifestation de l'effondrement actuel de l'homme devrait toujours être considérée comme une cause profonde de tristesse.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
5Arabella5Arabella   04 septembre 2019
Augustin n'a jamais été un homme seul. Lorsqu'il retourna à Thagaste il rassembla autour de lui un noyau d'amitiés durables parmi les garçons de son âge qui avaient été ses camarades d'étude et qui maintenant venaient se joindre à lui comme manichéens. C'était un cercle de jeunes hommes remarquablement intelligents et qui le savaient bien.
Commenter  J’apprécie          20

Video de Peter Brown (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Peter Brown
Quelques vues de l'ouvrage de Peter Brown, À Travers un trou d'aiguille. La richesse, la chute de Rome et la formation du christianisme. traduction Béatrice Bonne, Les Belles Lettres, 2016. En savoir plus : https://www.lesbelleslettres.com/livre/19-a-travers-un-trou-d-aiguille
>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Chefs et penseurs religieux. Religieux (220)
autres livres classés : saint augustinVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
1106 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre