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Pierre-Louis Rey (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070337316
Éditeur : Gallimard (02/05/2008)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 1101 notes)
Résumé :
«En février 1905, à Moscou, un groupe de terroristes, appartenant au parti socialiste révolutionnaire, organisait un attentat à la bombe contre le grand-duc Serge, oncle du tsar. Cet attentat et les circonstances singulières qui l'ont précédé et suivi font le sujet des Justes. Si extraordinaires que puissent paraître, en effet, certaines des situations de cette pièce, elles sont pourtant historiques. Ceci ne veut pas dire, on le verra d'ailleurs, que Les Justes soie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (83) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  01 juin 2015
J'ai vraiment du mal à m'enthousiasmer pour les écrits d'Albert Camus. Ça me chiffonne toujours un peu car l'homme m'est sympathique, j'admire sa droiture, sa loyauté et même d'une certaine façon son combat mais quand je me prends à le lire directement, il n'émane de moi qu'un morne et peu satisfaisant : « Mmm ouais, sans plus... »
Je ne peux pas dire, par exemple, que cette pièce, Les Justes, soit inintéressante, non, absolument pas. Mais si je veux être honnête avec vous et avec mon ressenti, je ne peux pas dire non plus que je la trouve captivante, ni émouvante, ni motivante, ni toutes ces choses en " vante " qu'on nous vante. Il ne ressort de moi que le triste " décevante " qui souvent m'épouvante quand il vente le soir au crépuscule...
La réflexion centrale de cette pièce est celle de la justification d'un crime pour raison politique. N'est-on pas tout aussi bourreau que le dictateur si notre moyen d'action est le crime ? Peut-on, pour un bien hypothétique et futur, faire présentement un acte vil et pendable ?
Le contexte retenu par Albert Camus et qui s'appuie sur des faits historiques réels (tous les personnages de la pièce ont réellement existé et l'attentat dont il est question fut perpétré le 17 février 1905 contre le grand-duc Serge Alexandrovitch de Russie) est celui de la révolution russe (revendication pour l'installation du communisme en lieu et place d'une autocratie tsariste de type dictatorial) mais il pourrait tout aussi bien s'appliquer à n'importe quelle révolution. le personnage de Stepan rappelle étrangement notre brave Robespierre, droit dans ses bottes et prêt à tout pour aller jusqu'au bout de l'idée, quitte à être plus dictatorial que le dictateur même.
La question du jugement est également soulevée. de tels fanatiques assassins, espèrent-ils autre chose que la mort ? Est-ce les punir que de les faire mourir ? (Je vous conseille à ce propos Les Sept Pendus de Leonid Andreïev qui répond ou qui prolonge admirablement cette pièce.) À l'époque de l'écriture de la pièce, la peine de mort était encore très largement répandue, même dans les démocraties occidentales qui l'ont depuis, peu à peu, abandonnée.
Ici, la question se pose, et les terroristes révolutionnaires russes de Camus n'ont probablement rien de très différent avec les terroristes kamikazes palestiniens d'aujourd'hui. Ils sont convaincus d'être des justiciers et d'oeuvrer pour le bien public en se faisant exploser contre un bus quelconque et en massacrant un maximum d'innocents.
Si l'on renonce à ce levier d'action, quel autre moyen choisir pour qu'il soit efficace et qu'il abrège rapidement la souffrance des peuples ? En ce sens, Albert Camus amène des questionnements intéressants et bien sentis. Par contre, je reste toujours dubitative sur le « style » Camus, qui m'indispose presque, tellement je le trouve plat, morne, sans âme, sans vie, telle une mue de cigale dont le petit corps musicien aurait déserté la scène.
Bref, pas ma tasse de thé stylistiquement parlant, mais comme je l'avais déjà longuement évoqué pour L'Étranger, je vais m'arrêter là car ces menues considérations ne sont que mon avis, pas toujours très juste, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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fredho
  01 janvier 2014
En Russie un groupe de 5 socialistes révolutionnaires préparent un attentat contre le despote Grand Duc Serge. Kaliayeb un des membres de l'organisation se sacrifie pour lancer la bombe, mais voilà, ce jour là dans la calèche le Grand Duc est accompagné de son neveu et sa nièce, de jeunes enfants. Kaliayeb renonce...
Deux jours plus tard, Kaliayeb passe à l'action et tue le Grand Duc, il sera arrêté.
Chaque membre de cette organisation joue un rôle différent mais est porté par la même cause.
- Kaliayeb est un idéaliste, en tuant le grand duc pense écraser le despotisme et s'identifie à un justicier.
- Stepan est plus radical, il est prêt à tuer même des innocents comme les 2 enfants pour sauver d'autres enfants russes qui meurent de faim. Il n'a aucun état d'âme, pendant 3 ans il a été prisonnier et fouetté, sa femme s'est suicidée pour protester d'où sa détermination.
- Dora joue un rôle important dans le groupe, elle est conciliante et influente, elle oblige les révolutionnaires à réfléchir sur le sens de leur acte. Partagée entre son amour pour Kaliayeb et sa cause, elle est parfois dans la confusion et souffre.
- Annenkov chef du groupe est l'homme de raison et Voinov est vulnérable et hésitant dans son engagement.
Basé sur des faits réels, cette pièce à 5 actes nous amène à plusieurs réflexions sur le terrorisme, le sacrifice, la justice, le despotisme, la peine de mort...
Chaque individu qui défend une cause extrémiste pense toujours qu'elle est juste mais l'est-elle forcément pour les autres !
Se sacrifier pour une idée relève de son propre choix, chacun décide de sa vie ou de sa mort que ce soit pour des raisons personnelles ou idéologiques, mais tuer pour une idée même si la cible est la pire des espèces humaines est-elle justifiée, a-t-on le droit de tuer ou de juger si quelqu'un doit mourir !
Tuer le despotisme par le terrorisme est-ce vraiment un juste aboutissement !
Tuer pour que d'autres vivent donne-t-il raison aux exécutants et pour le coup sont-ils des terroristes ou des résistants contre la tyrannie russe !
Chacun aura sa propre opinion sur le sujet et pourra débattre sur cet attentat à sa guise.
Mais avant tout, tuer pour une cause même juste, n'est-ce pas aussi un meurtre ?
« Les justes » est une oeuvre essentielle qui fait réagir, mais c'est également une tragédie amoureuse celle de Dora et Kaliayeb, une histoire d'amour dramatique puisqu'elle est incompatible avec la cause révolutionnaire qu'ils défendent.
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araucaria
  26 avril 2014
Belle et grande pièce de théâtre qui aborde des sujets sérieux et fait passer des messages. Pièce dédiée à la lutte contre l'oppression. Pièce qui est un plaidoyer pour la fidélité à la cause, fidélité sans faille puisqu'elle peut être couronnée par la mort sur l'échafaud. Pièce qui met en avant l'amitié et la fraternité dans le combat, qui fait réfléchir aussi aux conséquences d'une action. Pièce qui porte un regard sur la justice, la peur, la trahison, le reniement, le recours à la religion. du grand théâtre, du bel ouvrage, de la grande littérature. Une superbe oeuvre d'Albert Camus.
Lien : http://araucaria20six.fr/
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oran
  11 août 2019
Dans sa préface Camus explique « Si extraordinaires que puissent paraître, en effet, certaines des situations de cette pièce, elles sont pourtant historiques. Ceci ne veut pas dire, on verra d'ailleurs, que Les Justes soient une pièce historique. Mais tous les personnages ont réellement existé et se sont conduits comme je le dis. J'ai seulement tâché à rendre vraisemblable ce qui était déjà. »
C' est bien la dramatisation événements historiques qui se sont déroulés en Russie qui sont au coeur de cette tragédie : l'attentat perpétré contre le grand-duc Serge Alexandrovitch, le 17 février 1905 à Moscou par le poète socialiste révolutionnaire Ivan Platonovitch Kaliaïev, membre du parti des Combattants socialistes révolutionnaires.
Plusieurs pistes de réflexion et de recherche après cette lecture.
J'ai voulu, dans un premier temps, retrouver les acteurs historiques, les comparer avec les personnages de la fiction théâtrale et voir, de plus près, les sources nombreuses sur lesquelles s'est appuyé Camus pour composer cette pièce :
- Dostoïevski, bien sûr, mais aussi Rousseau,
- Les souvenirs de l'écrivain révolutionnaire Boris Savinkov, traduits par Nicolas Ivanovich Lazarevitch, ami de Camus, qui lui apporte, sur cette époque, ses connaissances personnelles ,
- Les écrits et témoignages, entre autres, des philosophes Nicolaï Tchernischevski et Mikhaïl Aleksandrovitch Bakounine , de l'activiste Sergueï Guennadievitch Netchaïev , du nihiliste Dimitri Ivanovitch Pissarev, du sociologue Nikolaï Konstantinovitch Mikhaïlovski …
Les Carnets II (1945-1948, notamment pages 222 et suivantes NRF Gallimard Edition 1964) foisonnent d'informations collectées au fur et à mesure de ses investigations, d'idées pour la future rédaction.
Je me suis intéressée, plus particulièrement à Ivan Platonovitch Kaliaïev, qui commit l'attentat mortel contre le grand-duc, et j'ai tenté de faire le parallèle avec le héros de la pièce, qui partage avec Romeo, quelques caractéristiques, il en a la jeunesse, le charme, l'ardeur et l'impatience.
Mais moi, j'ai eu un faible pour le jeune Alexis Voinov, idéaliste, fervent mais il doute, il a peur, il est tellement humain !
Et puis, un des aspects que développe Camus dans cette pièce explique clairement cette phrase qu'il prononcera plus tard à Stockholm et qui fera tant polémique car extraite de son contexte, déformée et raccourcie ! « Je crois à la Justice, mais je défendrai ma mère avant la Justice» et voici la vraie version « En ce moment, on lance des bombes dans les tramways d'Alger. Ma mère peut se trouver dans un de ses tramways. Si c'est cela, la justice, je préfère ma mère ».
Et enfin, j'ai retrouvé Maria Casarès interprétant, plutôt incarnant magistralement Dora avec tant de réalisme et de conviction ! Et j'ai relu avec émotion le courrier qu'elle adressa à Camus le jour de la dernière représentation (j'ai eu le bonheur de lire l'original de cette lettre, reproduite dans la correspondance Camus/Casarès page 641) « Ce soir, ce sera l'heure de la mélancolie. La dernière représentation des Justes. Hier déjà j'en ai senti la nostalgie tout le long du cinquième acte ; aujourd'hui ce sera difficile. Trop de choses ont marqué cette pièce et c'est la première fois que j'aurais à pleurer une « dernière », seule. »
De nombreuses lettres -72 échangées entre Camus et Maria Casarès évoquent Les Justes.
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najnaje
  03 juillet 2013
Les terroristes des uns sont les résistants des autres comme disent certains, tout dépend dans quel camps on se trouve, le terroriste c'est toujours l'autre. Cette pièce traite des thèmes très épineux que sont le terrorisme et de résistance, la limite est bien mince entre les deux. Peut-on tout accepter sous prétexte que c'est pour la bonne cause (ex tuer des enfants) et jusqu'où peut-on aller quand on résiste à un oppresseur. J'ai beaucoup aimé cette pièce qui ne laisse pas indifférent.
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Citations et extraits (178) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   25 avril 2014
DORA
Ouvre les yeux et comprends que l'Organisation perdrait ses pouvoirs et son influence si elle tolérait, un seul moment, que des enfants fussent broyés par nos bombes.

STEPAN
Je n'ai pas assez de coeur pour ces niaiseries. Quand nous nous déciderons à oublier les enfants, ce jour-là, nous serons les maîtres du monde et la révolution triomphera.

DORA
Ce jour-là, la révolution sera haïe de l'humanité entière.

STEPAN
Qu'importe si nous l'aimons assez fort pour l'imposer à l'humanité entière et la sauver d'elle-même et de son esclavage.
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Nastasia-BNastasia-B   21 janvier 2013
Je sais maintenant qu'il n'y a pas de bonheur dans la haine.
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Nastasia-BNastasia-B   22 janvier 2013
KALIAYEV : C'est cela l'amour, tout donner, tout sacrifier sans espoir de retour.
DORA : Peut-être. C'est l'amour absolu, la joie pure et solitaire, c'est celui qui me brûle en effet. À certaines heures, pourtant, je me demande si l'amour n'est pas autre chose, s'il peut cesser d'être un monologue, et s'il n'y a pas une réponse, quelquefois.
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Nastasia-BNastasia-B   14 janvier 2013
STEPAN : Je n'aime pas la vie, mais la justice qui est au-dessus de la vie.
KALIAYEV : Chacun sert la justice comme il peut. Il faut accepter que nous soyons différents. Il faut nous aimer, si nous le pouvons.
STEPAN : Nous ne le pouvons pas.
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araucariaaraucaria   25 avril 2014
KALIAYEV
Depuis un an, je ne pense à rien d'autre. C'est pour ce moment que j'ai vécu jusqu'ici. Et je sais maintenant que je voudrais périr sur place, à côté du grand-duc. Perdre mon sang jusqu'à la dernière goutte, ou bien brûler d'un seul coup, dans la flamme de l'explosion, et ne rien laisser derrière moi. Comprends-tu pourquoi j'ai demandé à lancer la bombe? Mourir pour l'idée, c'est la seule façon d'être à la hauteur de l'idée. C'est la justification.
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Videos de Albert Camus (132) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Albert Camus
Dans Je me souviens, accompagné au piano par Richard Lornac, Karine Tuil se remémore le premier livre qui l'a marqué : "L'Étranger", d'Albert Camus et évoque ce qu'est pour elle la littérature. Sa littérature.
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