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EAN : 9782752906564
448 pages
Libretto (05/04/2012)
4.09/5   57 notes
Résumé :

Dans un coin perdu de l'Angleterre, un manoir jadis imposant, aujourd'hui délabré, est divisé en appartements. Les anciens propriétaires des lieux, aristocrates excentriques et désargentés y vivent avec leur fils unique, grand gamin solitaire de trente-sept ans qui ne quitte jamais ses gants de coton achetés par dizaines et jetés à la moindre salissure.

Les autres locataires sont tout aussi étranges : Miss Higg, éternellement collée devan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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LaBiblidOnee
  10 juin 2022
La littérature est un éternel apprentissage : des lettres, de la vie et, plus intéressant encore, des autres et de soi-même. Au gré de différents récits, nous repoussons nos limites jusqu'à lire des choses que nous n'aurions pas pensé aimer. Il y a quelques années par exemple, en lisant que ce roman « ne ressemblait à rien de connu, brouillant magiquement les frontières entre rêve et cauchemar, imagination et maladie, réalisme et fantastique », j'aurais fui. Mais le chemin littéraire parcouru m'a pourtant permis aujourd'hui de m'émerveiller à la lecture de cette curiosité, dont les analyses seront aussi riches et variées que les lecteurs !

Le scénario de départ fait penser à Gormenghast : On accueille un nouvel individu au sein d'un microcosme réglé par sa routine et ses usages, et on observe comment la bulle éclate. le premier personnage de cette histoire est celui du titre : l'Observatoire qui abrite tous les autres « caractères ». Ce bâtiment a subi les affres du temps au gré des époques qu'il a vécues : D'abord manoir du domaine de la famille Orme, entouré d'un parc immense à la campagne, il devient après rénovation par la génération suivante le Manoir de l'observatoire, tandis que la ville tentaculaire se rapproche de son parc ; puis, lorsque l'étau des tentacules urbaines s'est resserré jusqu'à faire de ce curieux bâtiment un simple rond point en périphérie, le désormais nommé l'Observatoire devient un immeuble aménagé en une vingtaine d'appartements par la génération suivante, la dernière. Elle est représentée par Francis Orme, un personnage très particulier dont le portrait ressemble à l'architecture de ce dôme d'observatoire où il vit.

Enfin vivre est bien grand mot quand il se contente d'exister, comme dans un musée, sans toucher à rien, ni influer sur l'histoire, enfermant ses mains dans des gants immaculés chaque seconde que Dieu fait pour n'être pas touché, ni rien tâcher, ne pas s'attacher, lui-même isolé dans son « immobilité intérieure » qui n'est rien d'autre que l'immobilité qu'il souhaite à l'extérieur, autour de lui, pour le restant de sa vie : Que les choses arrêtent de changer sans cesse, de le bousculer, de lui demander de s'adapter, que les gens arrêtent de mourir, les villes de s'étendre, les manoirs de disparaître avec les souvenirs de famille, et les gens de faire battre son coeur. Comme une pendule, le sien s'est arrêté il y a bien longtemps, et personne n'arrive à le remonter, tout comme il ne peut remonter le temps lui-même. On se rend compte que l'observatoire est l'exacte mise en abîme du développement de la ville sur les habitants : On vit très proches les uns des autres mais sans vouloir se connaître, car il est trop risqué de s'impliquer. Et l'on compense ce manque d'affection par l'entassement d'objets que l'on fétichise, souvent jusqu'à l'excès, jusqu'à être envahi d'une masse d'objets inutiles qui nous cachent, nous protègent, puis s'entassent et nous étouffent : déchets, collection, musée… A notre ère d'inflation de la photo numérique, on peut y voir un parallèle avec ces gens qui cherchent à fixer chaque instant par des photos qu'ils accumulent de façon compulsive. L'auteur insère d'ailleurs un tel personnage dans sa galerie. Francis quant à lui travaille dans un musée où tout est figé, immobile, où les gens ne changent jamais car ils sont en cire. Il possède au surplus une étrange collection qui nous intriguera durant de nombreuses pages… Tout l'enjeu de cette lecture sera de comprendre ce qu'elle représente : Que cache jalousement Francis dans la cave poussiéreuse de ce manoir en décrépitude ?


« Chéris l'objet et ignore la femme, cela t'épargnera la douleur que produit tout contact humain. Ainsi tu possèderas l'objet d'amour sans supporter les tracas et les tourments de l'amour. »

Peut-on et doit-on se protéger de tout sentiment pour ne jamais souffrir ? Que sommes-nous sans les objets : plus profonds ou plus rien ? Comment Francis en est arrivé là ? Se demande le lecteur, car on lui dépeint un portrait à la limite du réaliste, du cauchemar voire, n'ayons pas peur des mots, de l'absurde. Nous n'aurions jamais eu la réponse à cette question si une nouvelle locataire n'était pas arrivée, véritable révélateur thérapeutique qui, en chamboulant les habitudes de chacun, va provoquer les réactions inattendues de tous… Et faire resurgir des souvenirs, éclairant le présent à la lumière du passé. Par le récit croisé des souvenirs des principaux protagonistes, entrecoupés du récit du présent qui en découle, nous reconstituons cette drôle d'histoire à laquelle, finalement, nous trouverons un sens, le nôtre : Celui que chaque lecteur apporte à chacune de ses lectures grâce à son bagage personnel. Dans cet observatoire à double sens, dont la construction de l'architecte CAREY offre une parfaite mise en abîme, on scrute à la loupe ces événements et réactions humaines en chaine qui parfois nous enchainent. Jusqu'à ce que tout s'écroule, toutes nos belles constructions mentales protectrices, nos barrières artificielles, ces murs qui nous enserrent. Lieux, objets, gens : on va tous mourir un jour, alors en attendant, même si l'on ne peut pas tout contrôler, autant vivre, non ?

« Je suis vivante ! Je ne veux pas être morte. Ne restez pas assis immobiles comme cela. Bougez s'il vous plaît. Montrez-moi que vous êtes humains ! Pourquoi restez-vous assis sans rien faire ? »

Un page-turner étrange mais addictif !
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HundredDreams
  08 juillet 2022
Ce roman fait sans aucun doute partie de ceux que je n'aurais jamais découvert sans les lecteurs de Babelio, un roman étrange et déroutant.
« L'observatoire » est une histoire de rencontres, d'amitiés, d'amour et de perte.
*
Le monde de Tearsham semble figé dans le passé, tel un îlot cubique perdu au milieu d'un parc arboré autrefois vaste, mais qui s'est réduit au fil du temps, comme peau de chagrin.
Ce domaine était la propriété ancestrale de la famille Orme, mais l'accumulation de nombreuses dettes a contraint le père à transformer la demeure naguère magnifique, en petits appartements devenus vétustes avec le temps, où vivent quelques pensionnaires marginaux et bizarres.
L'un d'entre eux, Francis Orme, le narrateur, est un artiste performeur dans un musée de cire. Il se plaît à se transformer en statue vivante au milieu des statues de cire. Il vit avec ses parents et s'occupe d'eux.
Les autres locataires sont tout aussi étranges et excentriques : apathiques, les deux parents semblent vivre dans deux mondes parallèles qui se frôlent sans jamais se rencontrer ; Peter Bugg, un précepteur à la retraite, se plaint continuellement ; Claire Higg vit par procuration devant son poste de télévision ; le portier est un homme amoureux plutôt revêche et peu loquace. Mais le personnage le plus marquant et le plus insolite est sans contexte « numéro 20 », une femme qui pense être un chien suite à un traumatisme crânien.
Leur quotidien est prévisible, monotone, routinier, ennuyeux sans qu'ils s'en rendent compte.
« Nous nourrissions l'espoir que le nouveau résident serait vieux ou moribond, ou qu'il mourrait dès la première nuit. Nous nourrissions l'espoir que le nouveau résident jetterait un coup d'oeil à l'immeuble et s'enfuirait à toutes jambes. Si cela venait à se produire, nous aurions certes été vexés quelques instants, mais soulagés pour le restant de nos jours. »
Alors, lorsque Anna Tap, une nouvelle locataire, emménage dans la résidence, son arrivée est perçue d'emblée comme une menace et Francis sollicite ses voisins pour chasser l'intruse.
Et ils ont raison, cette étrangère va secouer leur petit monde si ancré dans la routine, perturbant leur quotidien, bousculant leur vie si calme, faisant remonter également à la surface des souvenirs enfouis depuis longtemps au fond d'eux, des vérités oubliées qui se font à nouveau entendre.
*
Edward Carey n'a pas son pareil pour nous introduire avec tendresse et bienveillance dans les histoires de chacun.
« Ils forment un groupe singulier de personnages étranges qui semblent droit sortis d'un conte de fées bizarre et macabre… »
Ils paraissent tous enfermés dans leur propre monde de solitude, de silence, de tristesse, de regrets, d'obsessions, de phobies, de tocs qui les singularise.
En entrant dans leur intimité, on ressent de l'empathie pour eux, malgré leur attitude repliée et peu communicante.
Le personnage principal, Francis Orme, apparaît comme un homme obsessionnel aux manies vraiment bizarres : il ne supporte pas la vue de ses propres mains et les cache par des gants d'une blancheur immaculée. Il est également incapable de refreiner son besoin de voler les biens précieux des autres pour les ajouter à son musée privé.
« N'allez pas croire que je passais mon temps à ramasser tous les objets abandonnés. Ils devaient répondre à certaines exigences. Les morsures sur le cockpit, la roue manquante avaient donné à l'objet une histoire bien à lui. Il avait été aimé. Il devenait signifiant. »
Au fur et à mesure qu'on le découvre, les émotions du lecteur change, alternant tristesse, sympathie, indulgence, et irritation face à son attitude.
Les autres pensionnaires ont également d'autres manies que vous découvrirez en lisant le roman.
*
L'écriture d'Edward Carey se met au diapason de l'état psychologique de Francis. C'est donc un récit assez froid, dénué d'émotions, morose mais sincère, convenant parfaitement à cette atmosphère sombre et triste.
« L'observatoire » est un roman d'ambiance, l'intrigue est très simple, il n'y a que peu d'actions. Son intérêt est ailleurs, dans un mélange subtil et délicat de plusieurs ingrédients : un cadre qui oscille entre le gothique et le baroque, une atmosphère sombre mais fascinante, des personnages minutieusement décrits.
Je suis entrée dans cet univers un peu comme Alice au pays des merveilles qui, en décidant de suivre le lapin blanc, découvre un monde fantastique incroyable. Mais contrairement à Lewis Carroll, le monde vu par Edward Carey est teinté de gris, à la Tim Burton.
J'ai aimé cette atmosphère terne et déroutante, cet univers gothique qui m'a rappelé celui de "Gormenghast" de Mervyn Peake.
J'ai aimé le décor fait de ruine, à la fois obscur, crasseux, laid, intrigant, mais étrangement séduisant.
J'ai aimé ces personnages si singuliers, si mornes, si maussades, et au final si touchants.
J'ai aimé l'écriture où transparaissent la nostalgie et la mélancolie.
*
Pour conclure, « L'observatoire » ne ressemble à aucune autre histoire. Je suis tombée sous le charme de ce roman incroyable, animé par une étrange folie.
Une lecture dépaysante.
Un grand merci à Onee et Paul. Cette lecture m'a beaucoup plu et je ne l'aurais jamais lu sans vous.
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gouelan
  15 septembre 2020
L'observatoire, immeuble délabré, gît comme un rond-point où les voitures bourdonnent. La ville le grignote, elle étend sa masse grise et tourbillonnante, elle étend la vie moderne là où il n'y a plus que passé et décrépitude.
Avant cela l'Observatoire était le manoir de Tearsham, propriété de la famille Orme. Elle comptait de nombreux Francis et des terres verdoyantes alentour. Cinq rangées de portraits ornaient les murs du hall d'entrée. Ils sont devenus poussière, le temps a fait son oeuvre, la famille Orme n'a plus qu'un Francis pour lui donner un héritier, un garçon premier né. Francis Orme le dernier rejeton d'une famille aristocrate.
L'Observatoire est divisé en appartements tous plus miteux les uns que les autres. de drôles de locataires y ont imprimé leurs marques, leurs solitudes, leurs histoires ternes et lugubres, leurs secrets honteux, leurs crimes silencieux. Chacun cache et lèche ses blessures comme un chien galeux. C'est poisseux, nauséabond, d'une tristesse s'engluant dans un temps quasi immobile, ou dont les aiguilles tournent dans le sens inverse.
Derrière ce récit décalé, farfelu, d'une noirceur improbable, se cache une émotion pure. Francis Orme, le fils, porte des gants blancs. Il collectionne des objets trouvés, des objets volés. Étiquetés, mis sous plastique, ces objets s'amoncellent, ils sont comme un paravent, un mur. Ils sont comme un secret du bonheur des autres, une part d'amour. À travers un télescope, un microscope, des jumelles, des lunettes, avec des gants, lui et son père flottent au-dessus de la réalité. Ils l'aménagent pour qu'elle soit plus supportable.
Dans l'Observatoire on retrouve la plume particulière d'Edward Carey, celle qui s'intéresse aux ordures, aux objets, aux personnages atypiques, bancals mais tellement émouvants dans leurs difformités, leurs invraisemblances. Ils interpellent. Une plume qui rend la noirceur poétique.
Derrière le silence et la poussière, on entend le bruit de l'amour et de la souffrance. On entend notre monde grouiller.
Un récit noir et farfelu à ne pas manquer ainsi que la trilogie des Ferrailleurs du même auteur, tout aussi captivante que l'Observatoire.
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alberthenri
  12 février 2021
Muni de ses gants de coton blanc toujours immaculés, Francis exerce la curieuse profession de statue vivante.
Nous suivons au gré de ses pérégrinations, son histoire, celle de sa famille et de sa demeure : une ancienne propriété luxueuse, devenue par la force des choses un immeuble d'appartements loués.
Au cours de ce récit, nous faisons la connaissance de personnages improbables aux destinées tragicomiques.
Résolument original, "L'observatoire" est une réussite, même si pour ma part, j'ai trouvé que les dernières lignes laissent une impression amère de tristesse, sentiment qui sous-tend déjà la majeure partie du livre.
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blandine5674
  26 août 2022
Impossible de dire pourquoi j'ai dévoré ce livre qui m'a conquise. Est-ce son histoire ? Son style ?Francis, le narrateur, vit dans cette résidence délabrée qu'on appelle L'observatoire avec ses parents immobiles et lui, qui par son métier est immobile aussi puisqu'il est statue dans un musée. Il possède plusieurs particularités. Je nomme les trois principales. Il collectionne des objets qu'il numérote dans son musée personnel qu'il vole parfois et ne quitte jamais ses gants blancs. Les autres locataires ne sont pas mal non plus. On est loin des clichés de la beauté ici. L'angoisse des locataires est à son comble quand ils apprennent l'arrivée d'une nouvelle voisine. Après son arrivée rien ne sera plus pareil... ⭐️ ⭐️ ⭐️ ⭐️
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
HundredDreamsHundredDreams   06 juillet 2022
Le manoir de l’Observatoire était un cube de quatre étages, massif, d’inspiration néoclassique. Un cube d’une saleté repoussante. Des taches noirâtres suintaient le long de ses façades comme autant de plaies putrides, et ses murs gris étaient ornés de graffitis rouge et jaune, que des vandales anonymes bombaient à la faveur de la nuit. Dont le plus remarquable était : L’amour existe pour vous aussi ! Les seules caractéristiques intéressantes du bâtiment, hormis sa laideur et sa taille imposante, étaient les quatre colonnes qui soutenaient son portique. Des colonnes éraflées et fissurées, dont une surtout penchait dangereusement. L’immeuble possédait une autre bizarerie, le dôme posé sur le toit d’ardoises, juste au-dessus du hall d’entrée. Ce dôme, jadis, avait été un observatoire. Un observatoire aujourd’hui privé de télescopes, et qui s’était transformé en havre où les pigeons déposaient religieusement leurs déjections, leurs petits, leurs moribonds et leurs morts.
Autrefois en pleine campagne, le manoir de l’Observatoire était entouré d’un parc, de granges, d’écuries et de champs. Sournoisement, avec le temps, la ville avait gagné du terrain, recouvrant chaque année de nouvelles prairies, jusqu’à atteindre le parc qu’elle étouffa sous l’asphalte, et les dépendances, qu’elle finit par détruire. Seul le bâtiment principal, le cube gris et massif, resta debout. Les habitants élevèrent un mur circulaire de dix pieds de haut tout autour de l’immeuble, une barricade pour signifier que la ville n’irait pas plus loin. Mais la ville continua sa percée, bien au-delà de chez nous, en construisant encore plus de routes et plus de maisons. Au fur et à mesure que la ville progressait, les routes aux environs du manoir de l’Observatoire devinrent plus larges et plus fréquentées que jamais, un fleuve de plus en plus impétueux qui finit par former un bras mort au milieu duquel se dressait, tel un îlot retranché, le manoir de l’Observatoire. Un rond-point, un refuge oublié de la ville, mais prisonnier du tourbillon de son inexorable avancée.
J’imaginais souvent notre maison sous les traits d’un vieillard, robuste et chauve. Un vieillard assis, ses bras flasques serrés autour de ses genoux arrondis, fixant désespérément le ballet ininterrompu des voitures, les immeubles environnants, plus petits et plus modernes, et la foule qui se presse sur les trottoirs. Il soupire pesamment ; il n’est pas sûr de savoir pourquoi il vit encore. Il ne va pas bien, ce vieillard, il va mourir. Il souffre de maux innombrables, sa peau est décolorée, du sang s’écoule de ses organes et se répand dans tout son corps.
Ainsi était notre maison, et nous y vivions raisonnablement heureux jusqu’à ce qu’un appartement changeât d’occupant.

(Suite de l'incipit)
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gouelangouelan   15 septembre 2020
Prenez une feuille et tenez-la en l’air, en direction du soleil. Vous verrez la feuille dans ses moindres détails, tout ce qu’il y a à l’intérieur, toutes ses nervures, rien de cette feuille ne vous échappera. Anna ressemblait un peu à cela après que je lui eus parlé, ce soir-là. Son visage affichait une expression d’angoisse telle que je pus deviner tout ce qui se passait dans son cerveau et dans son corps ; combien elle était malade, combien il était facile de la soulever ou de s’en débarrasser.
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tex_242tex_242   15 janvier 2009
408. Un médaillon de saint Christophe.
409. Une paire de bretelles à rayures multicolores.
410. Une plume d’autruche.
411. Un casque de soldat.
412. Un flacon d’arsenic.
413. Des esquisses préliminaires faites par un peintre.
414. Une lame de scie circulaire.
415. Une spatule de sculpteur.
416. Un porte-mine en argent.
417. Des moules pour une tête en cire.
418. Plusieurs mèches de cheveux blonds
419. Un pied en cire.
420. Un œil de verre.
421. Un serre-tête en soie.
422. Une machine à compter les billets de banque.
423. Plusieurs mèches de cheveux bruns.
424. Une carte postale représentant la fondatrice d’un musée de figures de cire.
425. Un kaléidoscope.
426. Une photographie en noir et blanc (un portrait de famille).
427. Une paire de gants de cuir noirs.
428. Un paquet de cigarettes (non entamé).
429. Une dent d’engrenage métallique.
430. Une bouillotte.
431. Un plan d’architecte.
432. Un lot de boîtes d’allumettes (toutes vides).
433. Plusieurs mèches de cheveux roux.
434. Une rose fanée.
435. Un trophée provenant d’une compétition sportive.
436. Un bracelet en argent.
437. Un arc et une flèche.
438. Une poire en cire.
439. Une paire de lunettes à monture d’écaille.
440. Un imperméable d’enfant.
441. Une laisse de chien.
442. Une touche de piano.
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gouelangouelan   08 septembre 2020
Que cette jubilation à faire des phrases vint à franchir le seuil du manoir de l'Observatoire, et nous allions vivre des temps difficiles. J'imaginais les portes s'ouvrant, les secrets s'étalant au grand jour. Il est bien connu que ce genre de conversation qui se déroulait sous mes yeux favorise la détente, et la détente est dangereuse. Détendus, nous baissons la garde. Surtout au beau milieu d'une conversation. La conversation détendue conduit à l'ouverture. Et dans ce cas, nous révélons souvent ce qui devrait rester caché.
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HundredDreamsHundredDreams   06 juillet 2022
Je portais des gants blancs. Je vivais avec mon père et ma mère. Je n’étais pas un petit garçon. J’avais trente-sept ans. Ma lèvre inférieure était enflée. Je portais des gants blancs, pourtant je n’étais pas majordome. Je ne jouais pas dans une fanfare. Je n’étais pas maître d’hôtel. Je n’étais pas magicien. J’étais le gardien d’un musée. Un musée d’objets précieux. Je portais des gants blancs pour ne salir aucun des neuf cent trente-six objets de ma collection. Je portais des gants blancs pour ne rien avoir à toucher de mes doigts. Je portais des gants blancs pour ne pas avoir à poser les yeux sur mes mains.

(L'incipit)
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