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ISBN : 2246813840
Éditeur : Grasset (10/01/2018)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 61 notes)
Résumé :
Quand l’enfance a pour décor les années 70, tout semble possible. Mais pour cette famille de rêveurs un peu déglinguée, formidablement touchante, le chemin de la liberté est périlleux. Isabelle Carré dit les couleurs acidulées de l’époque, la découverte du monde compliqué des adultes, leurs douloureuses métamorphoses, la force et la fragilité d’une jeune fille que le théâtre va révéler à elle-même. Une rare grâce d’écriture.
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
sylvaine
  10 janvier 2018
« On devrait trouver des moyens pour empêcher qu'un parfum s'épuise, demander un engagement au vendeur – certifiez-moi qu'il sera sur les rayons pour cinquante ou soixante ans, sinon retirez-le tout de suite. Faites-le pour moi et pour tous ceux qui, grâce à un flacon acheté dans un grand magasin, retrouvent l'odeur de leur mère, d'une maison, d'une époque bénie de leur vie, d'un premier amour ou, plus précieuse encore, quasi inaccessible, l'odeur de leur enfance…" Ce sont ces mots qui m'ont "accrochés" ! Je ne pouvais qu'ouvrir ce livre , c'était inimaginable de ne pas le faire. Comme j'ai bien fait !
Pantin 1969 une toute jeune femme confinée dans un minuscule studio au confort minimaliste attend la fin du terme. Isolée du monde par une famille « bien » elle est harcelée par ses proches ils veulent qu'elle signe …. Signera ou ne signera t'elle pas ? Elle n'aurait pas signé ,cette histoire n'aurait pas pu s'écrire…
Isabelle Carré se raconte , nous raconte elle , son père , sa mère , ses frères, sa maison, les années 70 , celles de son enfance . Une enfance pleine de rêves mais était-ce une enfance rêvée se demande t'elle. Nous la suivons discrète, toujours le sourire aux lèvres mais inconnue et incomprise de tous . C'est la rencontre avec le théâtre qui sera le déclic vital et lui permettra de VIVRE ... Une plume magnifique,un récit nourri du passé mais tourné irrémédiablement vers l'avenir . Alors lorsque j'ai découvert au fil des pages qui était l'auteure je me suis sentie mal à l'aise devant mon inculture cinématographique . Mais au fond n'était-ce pas là un cadeau ? j'ai ainsi pu profiter de ces pages sans arrière pensées ni influences diverses et variées. Je me dois de remercier les Editions Grasset via NetGalley pour cette lecture et surtout Isabelle. Carré pour ces pages lumineuses
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sabine59
  20 février 2018
Toute la grâce lumineuse de l'actrice se retrouve dans ce premier roman autobiographique... Et ce n'est certes pas un livre de plus où l'auteur(e) se regarde le nombril. Pas du tout! Poétique et touchant, il m'a séduite dès le début.
J'évoque la lumière,et pourtant, quelle tristesse, quelle enfance angoissante! Je suis passée par différents sentiments: empathie, compassion, mais aussi colère et incompréhension devant l'irresponsabilité des parents, leur démission . Mais à aucun moment, comme Delphine de Vigan dans " Rien ne s'oppose à la nuit", l'adulte qu'elle est devenue ne fait de reproches, n'accuse. On sent une grande tendresse , en dépit de tout, pour sa mère, comme pour son père.
Les souvenirs de l'enfance et de l'adolescence nous sont rapportés de façon un peu anarchique, de même que la jeunesse de ses parents. Elle écrit :" Mon récit manque d'unité , ne respecte aucune chronologie, et ce désordre est peut-être à l'image de nos vies, en tout cas de la mienne ." Ce que je trouve tout à fait juste. Une famille atypique, borderline, où elle ne connaît aucun repère, entre une mère souvent dépressive ,absente ,et un père à la vie professionnelle en forme de montagnes russes,qui se libère soudain du joug familial en vivant au grand jour son homosexualité, Après une tentative de suicide à 14 ans, comment peut-on excuser les parents de l'avoir laissé habiter seule, pleine de peur et de vide, dans un appartement, à 15 ans?? J'en frémis encore!
Mais au-delà de la souffrance, de la solitude, il y a les mots, consignés dans un cahier. Il y a l'imagination débordante d'une enfant qui se réfugie dans ses rêves et va pouvoir s' exprimer dans un cours de théâtre,en étant autre, il y a ce sourire lisse qu'elle affiche face aux fracas des jours, aux peurs qui dévorent le corps,et comme je la comprends, ayant plaqué le même sourire sur le visage, pour cacher des tourments profonds...
Et surtout, il y a cette belle écriture, délicate, sensible, qui souffle avec légèreté sur le poids du passé, qui transcende et illumine. Lucide mais inspirée, renouant les fils de la mémoire, tentant de trouver sa voie intime. Elle explique qu'elle est enfin revenue à l'écriture de soi:" Je continue et je reviens à moi, dans un aller-retour heureux, enfin fluide."
Cette musique intérieure, ténue et nostalgique, ces accords vibrants et brisés de l'enfance continuent à résonner longtemps dans le coeur du lecteur...
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AudreyT
  11 février 2018
*****
Isabelle est une jeune fille qui qualifie elle-même sa famille de peu banale : elle vit avec ses deux frères et ses parents dans un immense appartement parisien aux murs rouges, aux tableaux peints par son père artiste, aux sons de la musique du moment et des frappes sur les touches de piano par son frère. Mais tout n'est pas simple, ni rose, ni fluide : sa mère semble parfois leur parler comme à des fantômes, les yeux vides, et son père s'enferme dans la salle de bain, à la recherche d'un corps de magasine. Isabelle se sent seule, abandonnée, et a du mal à trouver sa place. Ou sont les bras dont elle a besoin pour être réchauffée ? Ou sont les baisers qui lui assureraient qu'elle est une enfant aimée ?
Il est difficile de parler de ce premier roman, tant on le sent autobiographique. Et pourtant !!! Il est sublime !!!
L'écriture est maîtrisée, la narration navigue entre les époques, les personnages, les points de vue, sans que jamais le lecteur ne soit perdu. Isabelle Carré est une auteur pudique et douce, dont on imagine sans mal le sourire sur les lèvres quand elle écrit. Elle nous livre son enfance, son adolescence, sans jamais un mot déplacé, sans jugement de valeur ou accusions non fondées. Elle nous fait cadeau de ses blessures, de ses cicatrices et de ses failles. On ne l'apprécie que d'avantage.
Et si Isabelle Carré, de son écriture poétique, nous fait une place à ses côtés, c'est peut être qu'elle a tant cherché la sienne, qu'elle connaît le prix et la force qu'elle peut nous apporter...
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hcdahlem
  15 janvier 2018
La vie et rien d'autre
Pour ses débuts en littérature, Isabelle Carré nous livre un roman d'apprentissage étonnant et détonnant.
Une fois n'est pas coutume, commençons par la dernière page du roman d'Isabelle carré, celle des remerciements, pour noter d'abord qu'elle a participé à l'atelier d'écriture «Marcher sur la queue du tigre» de Philippe Djian. Quand ce dernier explique qu'il n'apprend pas à écrire à ses élèves «mais à éviter les écueils, à gagner du temps et à réfléchir à ce qu'ils font à l'aide d'exercices dont ils doivent respecter l'énoncé. Il n'y a pas de manière d'apprendre à écrire, plutôt une façon d'apprendre à ressentir», on ne peut que constater ici combien elle a pu faire son miel de ces conseils.
En remerciant sa mère, qui «a compris ce qu'elle voulait faire», Isabelle Carré nous livre une seconde clé. Comme elle l'a expliqué au micro de Léa Salamé sur France Inter, elle n'a pas voulu une «vérité vraie», mais raconter des impressions. «Ce sont beaucoup plus des émotions que des faits» expliquera-t-elle en revendiquant sa subjectivité.
Concrètement, cela donne un premier chapitre où la petite fille qu'elle est encore se promène main dans la main avec sa mère jusqu'au moment où cette dernière lâche sa petite menotte. «Ma mère ne me voit pas, elle ne me sauvera d'aucun danger, elle n'est pas vraiment là, elle ne fait que passer, elle est déjà passée. Elle s'en va.» Ne cherchons pas plus loin l'explication du titre du roman. Tous les acteurs de cette tragi-comédie sont des rêveurs. La mère qui vit dans un monde parrallèle, fait plus de dépressions que d'exaltations. le père qui va se transformer au fil des ans physiquement et mentalement jusqu'à finir par avouer son homosexualité et quitter le domicile pour rejoindre son ami. Et Isabelle qui ne trouve pas sa place dans ce tourbillon et choisit de rêver sa vie plutôt que de l'affronter. C'est ainsi qu'elle choisit, par exemple, de prendre son envol du second étage de son domicile… La dure réalité, la chute qui s'en suit, aura pour conséquence de briser sa carrière de danseuse.
Une autre tentative de suicide, par la prise d'une grande quantité de pilules, l'obligera à séjourner dans un hopitâl psychiatrique. Où elle fera une belle rencontre. Car c'est bien à un roman d'apprentissage que nous avons affaire, à l'étude d'un parcours qui – pour dramatique qu'il soit – a fait d'Isabelle Carré l'actrice «discrète et lumineuse» que l'on connaît.
En explorant ses souvenirs, elle va refuser la narration chronologique pour laisser les fortes impressions dominer, pour essayer d'attrapper ces moments intenses avant qu'il ne soit trop tard : « le temps ne fera que nous en éloigner, à moins d'être un bon rêveur, celui qui se souvient toujours de ses rêves, de rêves si clairs et précis qu'ils permettent de s'y attarder encore, d'entrer à nouveau dans ces pièces de l'enfance, sans autre clé que le désir constant d'y revenir. »
Les parfums et les odeurs, les lieux et les personnes: la romancière nous propose un concentré d'émotions qui par vagues successives vont dessiner le portrait de cette famille très particulière. Dont elle aimerait beaucoup trouver le mode d'emploi. Jusqu'au moment où elle comprend que c'est mission impossible, qu'elle ne changera pas son passé et que ce roman est aussi celui de sa «vraie» vie.
« Puisque tout est vrai, et que les acteurs "font semblant de faire semblant", comme l'écrit Marivaux
Lien : https://collectiondelivres.w..
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nilebeh
  18 février 2018
Quand on évoque Isabelle Carré, ce sont toujours les mêmes mots qui reviennent : solaire, lumineuse, discrète. Comme si le soleil était discret !
Pourtant c'est vrai que cette actrice qui a une bonne quarantaine et ressemble toujours à une jeune fille nous émeut et nous touche par son apparente fragilité, son sourire à la fois pudique et radieux (décidément, on ne peut s'empêcher d'utiliser un vocabulaire solaire!), son regard franc et direct qui se plante dans vos yeux avec une désarmante sincérité.
Alors, puisque tout semble si clair, pourquoi a-t-elle éprouvé le besoin de nous livrer ses souvenirs ? Comme pour, peut-être, rétablir une certaine vérité...
Et elle a bien fait car nous découvrons que cet aspect lisse et apparemment simple cache un passé difficile, une enfance traumatisante, une adolescence perturbée, des premiers pas compliqués dans le début de l'âge adulte.
On est toujours l'héritier de ses parents, on reçoit en héritage leurs forces mais aussi leurs faiblesses, leurs fêlures, leurs manques. Et sur ce point, la petite Isabelle n'a pas été épargnée avec une famille maternelle très « fin de race » mais qui tient à préserver son image d'aristocrate en jetant dehors la fille déshonorée, sa propre mère. Une mère qui donc va toute jeune devoir s'occuper d'un enfant non désiré, et d'elle-même aussi, sans y avoir été le moins du monde préparée. Un autre enfant (Isabelle) d'un nouveau compagnon, puis encore un et une vie qui, enfin, semble se stabiliser.
Mais rien n'est si simple, et les déchirures continuent : problèmes de santé mentale pour la mère qui manque de jeter sa fille par la fenêtre, traumatisme ensuite quand elle apprend que son mari est homosexuel (à une époque où c'est encore une maladie qu'on « attrape »!!) et qu'elle le chasse. Isabelle se retrouve à 14 ans dans un internat psychiatrique après une tentative de suicide, mène une vie d'adolescente perturbée, désespérément seule. Son père lui offre, pour ses quinze ans, le droit d'habiter seule dans son studio ! A quinze ans ! C'est un miracle qu'elle n'ait pas totalement dévissé.
Ce qui l'a sauvée, c'est sans aucun doute son désir de se réaliser en tant qu'artiste, par la danse d'abord - qui lui sera refusée en raison de sa jambe abîmée par un accident - par le théâtre et le cinéma ensuite.
Les confidences d'Isabelle Carré sont touchantes, écrites avec une grande simplicité de ton, sans pathos ni complaisance, et on ressent chez elle une grande sincérité. le texte est, de façon précieuse et jolie à la fois, émaillé de références au cinéma et au théâtre et s'accompagne d'une bande-son variée et plaisante qui vient le compléter.
On a juste envie de remercier Isabelle pour ce cadeau qu'elle nous fait, entre autobiographie et souvenirs reconstruits, accompagnés d'une réflexion permanente sur ce qui a été, avec une prise de distance très mature et solide. On ne peut que lui souhaiter le meilleur, pour elle et la famille qu'elle a fondée.
Lu dans le cadre des « 68 1ères fois ».
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critiques presse (4)
Bibliobs   14 février 2018
L'actrice publie "les Rêveurs", un premier roman très autobiographique qui rencontre un joli succès.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro   13 février 2018
Dans un roman autobiographique, l'actrice se remémore un passé douloureux. Elle universalise, avec une rare grâce d'écriture, ses doutes, ses peurs et ses fantasmes.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Culturebox   09 février 2018
Isabelle Carré a pris la plume et publie "Les Rêveurs". Dans ce livre qui commence comme un roman, et qui s'achève plutôt comme un récit autobiographique, la comédienne raconte son enfance et son adolescence dans les années 70 dans une famille un peu décalée.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaLibreBelgique   17 janvier 2018
Isabelle Carré a fait de son enfance un roman: "Les rêveurs ne font pas que rêver, ils finissent par réaliser leurs rêves"
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
MatatouneMatatoune   22 février 2018
Au milieu de l'émission, il avoue qu'avec ce récit il a cherché à se rapprocher de son père, puis il ajoute que ce père s'est suicidé à cause de sa participation à cette guerre, et sans doute aussi de son impossibilité à s'exprimer sur le sujet, malgré les années. J'étais dans la cuisine, saisie comme lui, on sentait vibrer dans l'avoir de Mauvignier l'émotion d'avoir livré un tel secret. " Peut-être est-ce cette douleur qui est à l'origine, précise-t-il ensuite au cours de l'interview, de tout ce que j'ai écrit, cette tragédie familiale qui est à l'origine du fait même d'écrire. Je me suis mise à paniquer, mais tais-toi toi, ne dis plus rien, pourquoi se raconte-t-il ainsi, ce secret c'est la source de son inspiration, sa moelle épinière, ce qui lui donne de l'élan, la colère nécessaire pour écrire des histoires, faire son métier et aller mieux après...Ce secret est le point de départ du processus qui l'amène va rester des jours et des nuits entières devant son bureau, ou dans un parc, penché sur son ordinateur en équilibre, genoux serrés , dans le métro et dans les trains, certains soirs au milieu des gens qui se défendent aux terrasses des cafés en s'aidant d'un verre d'alcool, tandis que lui, à l'écart, continue d'essayer, des heures durant, de trouver le mot juste.
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MatatouneMatatoune   22 février 2018
Constater une fois de plus combien c'est insupportable de voir les gens qu'on aime partir à la dérive. Que faire ?
Rien.
Mais rien, c'est lui donner raison.
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MatatouneMatatoune   22 février 2018
Je lui aurais dit merci," et surtout que ça ne vous trouble pas, la plupart des gens n'entendent rien lorsqu'ils écoutent la radio, ils se brossent les dents, font la cuisine, les autres ont la mémoire courte, au fond tout le monde s'en fout, et ceux qui ont reçu les choses, vraiment perçu ce dont il s'agissait, sont certainement comme moi, à l'heure qu'il est, reconnaissants. Je ne sais pas si vous pouvez le sentir, probablement pas, si vous pouvez sentir qu'ils vous accompagnent...?"
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MatatouneMatatoune   22 février 2018
Et puis, il y a toujours les joies, comme des éclaboussures de soleil, les secondes chances, si précieuses que je préfère les faire et continuer de les contempler en silence.
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sabine59sabine59   19 février 2018
Dans ce grand appartement rouge où chacun a sa chambre, les portes se referment sur des pensées tristes, souvent mélancoliques. Les rêves et les secrets ne se partagent plus, car personne ne trouve d'interlocuteur. Seul le miroir réfléchit et renvoie un regard qui se pose enfin.
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