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EAN : 9782218925276
96 pages
Hatier (22/03/2007)
2.97/5   96 notes
Résumé :
Jeune marginal en quête d'absolu, René a une Europe incapable de comprendre ses aspirations et ses tourments.
Ce livre raconte l'histoire de sa vie. "J'ai lu René, et j'ai frémi. Je ne sais si tout le monde a reconnu dans ce personnage quelques-uns de ses traits : pour moi, je r reconnu tout entier." Sainte-Beuve Dossier : l'oeuvre intégrale, des groupements de textes, les repères historiques, culturels et littéraires. l'étude du genre, une préparation au bac... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Fabinou7
  20 janvier 2021
Ô romantisme ! Tes hautes tours ceinturées de lierre, tes jeunes Werther agonis de souffrances, tes méditations si poétiques, tes pleurs qui débordent (Valmore), tes pianos alémaniques, la pureté de tes élans, tes chastes incestes… Oui, parce que (François ?) René aime sa soeur, et sa soeur aime René, voyez. 
Voici un cas d'école que la censure de l'époque, impitoyable avec Baudelaire et Flaubert, peut entendre et laisser publier, pour peu que la chaste pécheresse (et pas le pécheur bien sûr) passe par la case couvent (qui a disparue de nos Monopoly actuels).
René décide pourtant de faire d'un chou un potager et de disserter sur le non-évènement auprès d'un amérindien dont il envie la paisible existence, ce qui est désormais bien établi (la paisible existence des amérindiens du XIXe siècle comparée à celle De Chateaubriand…y aurait de quoi lancer une nouvelle controverse de Valladolid, Bartolomé de Las Casas danse dans sa tombe…).
« Ô temps suspend ton vol ». C'est un ouvrage résolument romantique, le même vertige de la jeune et noble âme face au précipice du temps, les mêmes réflexions sur la passion, celle qui déchire et arrache plus de larmes aux jeunes garçons de bonnes familles qu'il est possible de se le figurer de nos jours.
« La douleur n'est pas une affection qu'on épuise comme le plaisir ». A partir de ce constat, Chateaubriand et d'autres auteurs vont pouvoir offrir (surtout monnayer) à la littérature des centaines de pages de tourments, d'implorations et d'apitoiements infantiles et doloristes, cela sans s'épuiser, sous le regard indifférent d'un Dieu le père, pourtant si souvent appelé en renfort. Les amères leçons des premiers transports amoureux induisent un chemin vers la sagesse passant par l'expérience contrariée.

Le romantisme n'en reste pas moins un courant qui bénéficiera de part son époque, d'une langue merveilleuse, et dont certains auteurs, comme Goethe s'affichent comme parangons de la littérature amoureuse. Ce court roman De Chateaubriand ne parvient à mon humble avis pas à en faire autant.
« Je n'étais occupé qu'à rapetisser ma vie, pour la mettre au niveau de la société » pauvre René, une violette sous la mousse, c'est si dur d'être à la fois humble et exceptionnel… Mais Chateaubriand non plus, ne prend pas son personnage pour une mandarine : « Il vaut mieux, mon cher René, ressembler un peu plus au commun des hommes et avoir un peu moins de malheur » lui réplique son interlocuteur. Imparable : le commun des hommes à l'époque, en pleine exode rurale, happé de tous ses membres au sortir du berceau par les usines naissantes n'a rien à envier aux prolixes vagabondages de notre jeune noble.
Il manque à René l'impétuosité et l'humanisme du jeune Werther, mais surtout il se dégage une forme de complaisance de l'auteur pour son personnage : le héros pathétique est encore trop pris au sérieux par son auteur.
Qu'en pensez-vous ?
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Cer45Rt
  04 août 2019
Le XIXème siècle fut un siècle parfois tourmenté ; certes, ce fut le siècle de Zola, confiant en le progrès ; et de beaucoup de gens de ce type. Mais le XIXème siècle fut aussi le siècle de Huysmans, de Dostoïevski et du René, De Châteaubriand, qui illustre la tourmente face à un monde dont il est difficile de connaître le sens, face à une Histoire, entre royalisme et République, qui ne semble pas avoir de sens, tant elle est touffue, pleine d'événements menant au contraire de tant d'autres événements…
C'est ce qui explique le fameux "mal du siècle", celui de René, de Fiodor Dostoïevski et de Des Esseintes.
René est peut-être la première grande figure de cette angoisse mélancolique au contact d'un monde qui ne semble plus avoir de sens, au contact d'une société qui semble éclater, où l'ordre social change profondément.
Et il est certain que le "mal du siècle" est un sujet idéal pour un auteur romantique… Et, avec ce sujet idéal, Chateaubriand réussit et montre son style parfait, lyrique, plein d'exclamations et d'interrogations, grand, beau, mélancolique, bref : sublime, de toute beauté, constamment.
Il porte à la perfection la sensibilité romantique, qui émeut, et il écrit dans un style d'une grande beauté…
Ce court récit, qui fait un peu ( voire un peu beaucoup ) penser à "Atala" est un grand texte, très personnel je pense et d'une beauté indescriptible, unique, qui n'appartient qu'à François-René de Chateaubriand.
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NMTB
  10 février 2017
René, suite d'Atala, inséré dans le Génie du Christianisme comme une illustration du vague des passions. « Plus les peuples avancent en civilisation, plus cet état du vague des passions augmente, car il arrive alors une chose fort triste : le grand nombre d'exemples qu'on a sous les yeux, la multitude de livres qui traitent de l'homme et de ses sentiments, rendent habile sans expérience. On est détrompé sans avoir joui ; il reste encore des désirs, et l'on n'a plus d'illusions. L'imagination est riche, abondante et merveilleuse ; l'existence pauvre, sèche et désenchantée. On habite, avec un coeur plein, un monde vide ; et sans avoir usé de rien, on est désabusé de tout. » Voilà la description du vague des passions dans le Génie du Christianisme, car c'est une passion chrétienne selon Chateaubriand, « un dégoût constant », « une impression de tristesse, et peut-être même une légère teinte de misanthropie », pur héritage du tædium vitae de la vie monastique.
Je n'avais jamais lu ce roman et je pourrai dire que je l'ai relu, tant il m'a paru familier. La lune, les tombeaux, la solitude, l'amour… si souvent imité au dix-neuvième siècle. Evidemment, les souffrances du jeune René c'est notre Werther à nous. Mieux, c'est une réponse française et catholique. Pathétique, romantique mais sans complaisance, avec une fin morale. Comme le dit Chateaubriand lui-même, il ne s'est rien passé d'extraordinaire dans la jeune vie de René, un homme malheureux avant d'avoir souffert et qu'un seul évènement réussi à ébranler.
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frandj
  26 octobre 2020
Je n'ai presque rien lu De Chateaubriand - immense écrivain, certes, mais pas vraiment dans le goût du jour, car il est considéré comme très réactionnaire. Il n'en reste pas moins l'un des précurseurs du romantisme français. Ceci se sent bien dans le bref récit intitulé "René". Cet homme, en proie à une langueur sans cause bien établie, a le spleen - au point qu'il songe au suicide. Rien ne le retient à la vie, si ce n'est sa soeur Amélie, pour laquelle il éprouve un réel attachement qui est réciproque. Brusquement, elle décide de se retirer dans un monastère de moniales. René est bouleversé par leur séparation, qui sera définitive. Lors de l'impressionnante cérémonie où Amélie prononce ses voeux, elle avoue - à demi-mots - sa « criminelle passion » pour son frère, qu'elle a décidé d'expier dans son état monastique. René, brisé, s'exile en Louisiane et apprend la mort de celle qui l'a aimé.
J'ai lu rapidement ce texte, qui est bref. Pourtant, la première partie m'a semblé assez fastidieuse, car les états d'âme romantiques du héros malheureux ne m'ont pas vraiment touché. C'est là que se situe la très fameuse phrase: « Levez-vous vite, orages désirés », que l'on cite parfois. Cependant, j'ai trouvé forte la scène-clé de la cérémonie des voeux, avec l'aveu de la future moniale. Evidemment, tout cet épisode véhicule une religiosité qui surprendra ou même énervera certains lecteurs. Mais il faut toujours replacer les livres dans leur contexte historique et littéraire.
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Aela
  16 février 2011
A ne pas confondre avec le mari de Céline!
René c'est l'archétype du héros romantique (rien à voir avec le mari de Céline Dion donc), tel que l'a défini Chateaubriand: une allure enfiévrée, un visage enflammé, une longue chevelure ébouriffée. Un héros dans lequel toute une génération, celle du début du XIX ème siècle, se retrouve..Un héros indifférent aux exigences sociales, qui passe par des sentiments contradictoires, passant de l'abattement à l'exaltation et réciproquement, de la mélancolie à l'enthousiasme, de la solitude à l'effervescence en groupe. Il aime les tempêtes qui correspondent au tourbillon des émotions qui l'habitent. Un héros pas forcément facile à vivre donc..
Dans le livre, René, à l'instar De Chateaubriand, voyage en Amérique et raconte sa vie à un Indien, Chactas...évoquant ses années d'enfance dans le château paternel, avec sa soeur Amélie pour unique compagne.
Un récit très autobiographique et représentatif de cette exaltation du "moi" propre aux Romantiques...
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
brigetounbrigetoun   28 juillet 2010
L’automne me surprit au milieu de ces incertitudes : j’entrai avec ravissement dans les mois des tempêtes. Tantôt j’aurais voulu être un de ces guerriers errant au milieu des vents, des nuages et des fantômes ; tantôt j’enviais jusqu’au sort du pâtre que je voyais réchauffer ses mains à l’humble feu de broussailles qu’il avait allumé au coin d’un bois. J’écoutais ses chants mélancoliques, qui me rappelaient que dans tout pays, le chant naturel de l’homme est triste, lors même qu’il exprime le bonheur. Notre coeur est un instrument incomplet, une lyre où il manque des cordes, et où nous sommes forcés de rendre les accents de la joie sur le ton consacré aux soupirs.
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NMTBNMTB   10 février 2017
Hélas ! J’étais seul, seul sur la terre ! Une langueur secrète s’emparait de mon corps. Ce dégoût de la vie que j’avais ressenti dès ma plus tendre jeunesse, revenait avec une force nouvelle. Bientôt mon cœur ne fournit plus d’aliment à ma pensée, et je ne m’apercevais de mon existence, que par un profond sentiment de malaise et d’ennui.
Je luttai quelque temps contre mon mal, mais avec indifférence et sans avoir la ferme résolution de le vaincre. Enfin, ne pouvant trouver de remède à cette étrange blessure de mon cœur, qui n’était nulle part, et qui était partout, je résolus de quitter la vie.
Prêtre du Très-Haut, qui m’entendez, pardonnez à un malheureux, que le Ciel avait presque privé de raison. J’étais plein de religion, et je raisonnais en impie ; mon cœur aimait mieux Dieu, et mon esprit le méconnaissait : ma conduite, mes discours, mes sentiments, mes pensées, n’étaient que contradiction, ténèbres et mensonges. Ah ! l’homme sait-il bien toujours ce qu’il veut ? est-il toujours sûr de ce qu’il pense ?
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Cer45RtCer45Rt   31 août 2021
Timide et contraint devant mon père, je ne trouvais l'aise et le contentement qu'auprès de ma soeur Amélie. Une douce conformité d'humeur et de goûts m'unissait étroitement à cette soeur ; elle était un peu plus âgée que moi. Nous aimions à gravir les coteaux ensemble, à voguer sur le lac, à parcourir les bois à la chute des feuilles : promenades dont le souvenir remplit encore mon âme de délices. O illusions de l'enfance et de la patrie, ne perdez-vous jamais vos douceurs ?
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AriesteArieste   27 novembre 2012
Je vois un jeune homme entêté de chimères, à qui tout déplaît, et qui s'est soustrait aux charges de la société pour se livrer à d'inutiles rêveries. On n'est point, monsieur, un homme supérieur parce qu'on aperçoit le monde sous un jour odieux.
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c_sabrina7c_sabrina7   25 juillet 2021
Un jour, le Meschacebé, encore assez près de sa source, se lassa de n'être qu'un limpide ruisseau. Il demande des neiges aux montagnes, des eaux aux torrents, des pluies aux tempêtes, il franchit ses rives, et désole ses bords charmants. L'orgueilleux ruisseau s'applaudit d'abord de sa puissance ; mais, voyant que tout devenait désert sur son passage, qu'il coulait abandonné dans la solitude, que ses eaux étaient toujours troublées, il regretta l'humble lit que lui avait creusé la nature, les oiseaux, les fleurs, les arbres et les ruisseaux, jadis modestes compagnons de son paisible cours.
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Anna Moï est une sauvage ! Elle sourit lorsqu'elle révèle l'origine du pseudonyme d'écrivaine qu'elle choisît pour exister dans le monde de la littérature francophone ou plus précisément dans « la littérature monde ». Moï signifie sauvage en vietnamien. Et c'est ainsi que les colons français désignaient les 54 ethnies composant les 3 provinces de l'ancienne Indochine lorsqu'ils l'occupaient. Née à Saïgon en 1955, Anna Moï fuit son pays en 1972. Elle choisit Paris comme destination. Polyglotte, elle parle plus de 8 langues couramment, c'est en français qu'elle écrit toute son oeuvre et affirme « Je n'écris pas avec la langue des colons mais avec celle De Chateaubriand. » Pour comprendre son rapport au français et à la francophonie, on évoque son essai Esperanto, desesperanto, qui fit couler beaucoup d'encre lors de sa sortie. Son sous-titre est évocateur : la francophonie sans les Français. Sans aucun égard aux termes d'identité et de nationalité, Anna Moï ne prétend appartenir nulle part qu'à l'écriture.
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