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EAN : 9782253124184
96 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (03/11/2010)
3.7/5   69 notes
Résumé :
C'était un petit Pierrot bancal, grossier, mal peint, au regard ourlé de noir, au sourire de mystère et de mélancolie, une larme figée à son œil gauche, un pantin à trois sous que l'on vendait dans les rues jadis. Alors il sentit, en même temps que le pantin paraissait le fixer lui, et lui seul, comme il n'aurait pu fixer personne d'autre, même si des milliers, des centaines de milliers d'hommes et de femmes eussent été dans le même lieu, il sentit s'ouvrir dans sa ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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araucaria
  02 juin 2014
Un superbe livre de Philippe Claudel, une fois de plus et je n'en suis pas surprise. J'apprécie Philippe Claudel autant pour ses écrits que pour ses films.
Ici, beaucoup de poésie, de nostalgie, d'émotion. J'ai une préférence pour la seconde nouvelle "Mains et merveilles" et pour la troisième "Pierrot Lunaire" qui sont des textes forts, durs, terribles, qui s'accordent bien aux époques auxquelles ils se rapportent la guerre de 14-18 et celle de 39-45. Deux existences traversées par des tragédies, bouleversées. de superbes descriptions, un texte ciselé, une bien belle plume. Merci Monsieur Claudel pour votre grand talent. Un livre à lire avec délectation. Trois nouvelles à savourer.
Lien : http://araucaria20six.fr/
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mimipinson
  29 juillet 2012
Tout petit recueil de nouvelles écrit alors que Philippe Claudel est en résidence en Franche Comté, Trois petites histoires de jouets fait naturellement honneur à ce qui fait la fierté de la région : l'industrie du jouet. Trois histoires, trois personnages, trois destins, trois raisons de s'émouvoir de l'écriture de Mr Claudel, qui dans la concision réussit à faire passe l'essentiel.
Si Pierrot Lunaire est celui des trois qui m'aura le moins parlé, Bon anniversaire Monsieur Framottet m'aura fait intrigué par le côté enfantin de son personnage principal mais surtout par l'analogie faite entre le jouet que son entreprise fabrique, et le jouet dont il a fait sa toute première voiture. Néanmoins, c'est Firmin qui m'aura le plus émue.
Chacune de ces trois vies nous ramène à notre imaginaire d'enfant, et nous replonge au temps béni de nos premiers jouets.

Lien : http://leblogdemimipinson.bl..
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carnetdelecture
  09 décembre 2014
L'auteur nous incite à poser un autre regard sur le jouet qui, sous sa plume, n'est pas uniquement objet d'amusement mais devient aussi un symbole, un souvenir ou un rêve. J'ai été particulièrement touchée par les deux dernières nouvelles Mains et merveilles et Pierrot lunaire qui font référence à des événements douloureux dans la vie des personnages principaux. En période difficile, les toupies et autres pantins réveillent le souvenir d'une vie paisible ou deviennent les révélateurs d'une enfance oubliée. Les histoires sont fortes, empreintes de tristesse lorsqu'elles font référence aux ravages de la guerre, mais marquées par une grande humanité, qui touche au coeur.
Au-delà du jouet, ces nouvelles ont pour élément récurrent le travail et le façonnage du bois. Secondaire dans la première nouvelle, il prend toute son importance dans Mains et merveilles où la passion de Firmin pour son métier est palpable, le poursuivant jusque dans les tranchées de la guerre de 1914.
Trois petites histoires de jouets est le premier livre que je lis de Philippe Claudel et je découvre une très belle plume, toute en nuances et pleine de tendresse, qui me donne envie de poursuivre par la lecture d'autres romans. Un petit livre qui se lit en quelques heures mais qui reste en tête longtemps après avoir été refermé. Un coup de coeur !
Lien : http://carnetdelecture.skyne..
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myriampele
  18 octobre 2013
L'écriture de Claudel m'a toujours enchantée. Mais là je crois que j'ai rarement lu un livre aussi lentement, car je trouvais que chaque phrase méritait d'être relue...et savourée! Cette idée de jouets désirés par de grands adultes un peu déboussolés m'a vraiment émue.
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frconstant
  30 décembre 2016
Pour finir l'année, un tout petit livre de quelques quatre-vingt cinq pages... Mais une très belle écriture. du Philippe Claudel, avec la musicalité des mots, le parfum des paysages décrits, la justesse du ton, tantôt triste, tantôt comique; le tout, parfois-souvent, chargé d'émotions et de tendresse.
Une belle invitation à retrouver les jouets d'autrefois et le travail chargé de sens de ceux qui les confectionnaient! A lire, pour le plaisir!
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   02 juin 2014
C'était un petit Pierrot bancal, grossier, mal peint, au regard ourlé de noir, au sourire de mystère et de mélancolie, une larme figée à son oeil gauche, un pantin à trois sous que l'on vendait dans les rues jadis. Alors il sentit, en même temps que le pantin paraissait le fixer lui, et lui seul, comme il n'aurait pu fixer personne d'autre, même si des milliers, des centaines de milliers d'hommes et de femmes eussent été dans le même lieu, il sentit s'ouvrir dans sa chair une immense déchirure, comme si d'un coup et sous l'effet du regard de ce Pierrot de bois, tout son être se fendait en deux, jusqu'à l'âme, une déchirure nette, violente mais aucunement douloureuse, un voile que l'on fend d'un trait, un voile ou plutôt un lourd rideau posé sur la part la plus intime de sa mémoire, et cela depuis plus de cinquante années.
Il tituba.
Son front heurta la vitrine.
Le pantin le regardait toujours par-delà la paroi de verre et par-delà le temps.
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genougenou   09 septembre 2016
Jamais le vieux Vouge ne posa de questions à Firmin sur les circonstances dans lesquelles il avait perdu ses bras. Qu'est-ce que cela changeait de demander, de savoir? Rien ne sert de fouiller les plaies vives. Firmin lui en sut gré.
[ ... ] La douleur de la perte de ses membres s'augmentait de la douleur d'une autre perte : celle du petit carnet. C'était la première chose qu'il avait demandée à l'hôpital.
[ ... ] Firmin essayait en fermant les yeux de relire son calepin perdu. Il tournait les pages, revoyait ses croquis, relisais les notes qu'il avait écrites. Mais il y avait trop de vides, trop d'espaces effacés, trop de pages manquantes. A chaque fois, cela le rendait encore davantage mélancolique. C'était un peu, comme si en plus de lui voler ses bras et ses mains, la guerre lui avait volé son âme.
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genougenou   07 septembre 2016
Il y avait eu alors un épais silence, comme si soudain tout le monde prenait conscience de la réalité des choses. Des hirondelles griffaient le ciel. Quelques chiens gueulaient dans les lointains. Les enfants aux cheveux tondus n'osaient plus bouger. Ils regardaient leurs pères ou leurs frères en mordillant leur pouce. Alors les gars étaient montés dans une grande charrette, tous ensemble, comme une fournée d'échafaud, et la carriole s'était éloignée dans des grincements d'essieux et des souffles de bêtes. Plus un mot, plus rien. Simplement des regards et des gestes timides, de brefs au revoir du bout des doigts, des mains levées comme pour caresser l'air. Ce fut seulement lorsque l'équipage tourna l'angle de l'église et disparut à la vue qu'on entendit, comme sorties désormais de nulle part, des voix entonner, tout d'abord faiblement, puis ensuite comme un claquement de fouet "Guillaume, Guillaume, tu s'ras foutu, ton casque à pointe on va te le mettre dans l'cul".
Sur la place, personne n'avait bougé ni parlé. Le maire était toujours là. La chanson s'éloignait. Il faisait bon. Un couple de pies perché sur le faîte d'un toit jacassait et se cognait le bec. On n'entendit bientôt plus quelles et plus du tout la chanson. Alors, seulement, les uns et les autres se décidèrent d'un pas traînard à quitter la place du village, en évitant les regards et les mots, en tirant les enfants par le bras, comme si toutes et tous venaient d'assister à un évènement dont il valait mieux ne pas parler. On s'enferma dans les maisons. Les rues ressemblèrent à un corps ouvert et vidé de son sang. Cela dura jusqu'au jour suivant.
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genougenou   07 septembre 2016
Chaque mois, Firmin recevait une lettre de son père, et chaque mois, Firmin lui écrivait. C'était sa seule famille. Son père était un vieillard. Il avait attendu d'avoir quarante ans pour prendre une femme qui, l'année suivante, avait donné naissance à Firmin, avant de mourir deux jours plus tard des suites de l'accouchement. Ne subsistait de cette mère lointaine qu'une photographie imprécise et comme effacée, que le vieux Vouge gardait dans un tiroir d'une haute armoire en noyer, et qu'il sortait à quelques occasions pour la montrer à son fils. L'enfant avait donc grandi entre cette image d'un jeune fantôme et la douceur quasiment muette d'un père qui n'avait jamais trop aimé les mots.
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araucariaaraucaria   01 juin 2014
A 9 h 10 du matin, il enclencha le contact. L'automobile toussa. Un nuage de fumée d'une puanteur stupéfiante sortit du moteur. Des vapeurs d'eau, d'huile et de pétrole montèrent dans l'air estival. Puis l'engin fut secoué comme un panier à salade par les trépidations du moteur. Les deux garçons chahutaient, tapaient du poing sur le dossier du conducteur. La belle-mère serrait les dents. L'épouse enfin conquise par la modernité arborait désormais le même sourire de bienheureux que son mari. Alors, Framottet, le coeur au bord de l'extase, dessera le frein et l'automobile bondit d'un coup, emportée par une vitesse frôlant les vingt-cinq kilomètres à l'heure.
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Vidéo de Philippe Claudel
// EN DIRECT // AUTOUR DU LIVRE TOUS TÉMOINS DE NAJAH ALBUKAI Avec Najah Albukai, Philippe Claudel, Nancy Huston, Laurent Gaudé, Jérôme Godeau, Bernard Lavilliers, Farouk Mardam-Bey & Wajdi Mouawad Musique : Dominique Mahut (percussions), Najah Albukai (guitare et oud), Nancy Huston (piano) Mise en scène de Wajdi Mouawad Lecture, musique & projection des dessins
Soirée à l'occasion des dix ans de la révolution pacifique syrienne et en collaboration avec l'exposition des dessins de prison de Najah Albukai, dessinateur syrien, à la galerie Fait et Cause, par l'association Pour Que l'Esprit Vive.
Lorsque, en août 2018, Libération consacrait cinq pages aux dessins de Najah Albukai, incarcéré et torturé par le régime syrien, Sarah Moon, Michel Christolhomme et Béatrice Soulé ont ressenti le besoin de partager leur sidération devant la violence de ces dessins autant que devant le talent de l'artiste. Et la nécessité que cette oeuvre soit exposée, éditée et accompagnée. Ils ont donc sollicité des auteurs pour écrire librement en résonance avec l'émotion suscitée par ces dessins, témoigner contre l'horreur et évoquer les dérives nées d'une révolution à l'origine totalement pacifique. Car la Syrie est devenue la métaphore de ce que Farouk Mardam-Bey appelle la syrianisation du monde.
Lectures des textes de Santiago Alba Rico, Mohamed Berrada, Laurent Gaudé, Philippe Claudel, Jérôme Godeau, Nancy Huston, Farouk Mardam-Bey, James Noël, Wajdi Mouawad
Pour poursuivre la soirée, rendez-vous à 20h30 sur la chaîne YouTube et la page Facebook du Mucem pour leur événement “Syrie. Mémoire vivante”, un débat accompagné en lecture et musique par le duo Catherine Vincent & Mohamed al Rashi. Avec Sana Yazigi (fondatrice du site Mémoire créative de la révolution syrienne), Agnès Levallois (spécialiste du Moyen-Orient et des questions méditerranéennes) et Yves Aubin de la Messuzière (diplomate, expert du monde arabe). Plus d'infos https://www.mucem.org/programme/syrie-memoire-vivante
À lire – Tous témoins, dessins de Najah Albukai accompagnés de textes d'une vingtaine d'écrivains, sous la direction éditoriale de Farouk Mardam-Bey, co-édité par Actes Sud et l'association Pour Que l'Esprit Vive et la galerie Fait et Cause, Actes Sud, 2021.
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