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Alain Brunet (Préfacier, etc.)
EAN : 9782253109341
218 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (02/06/2004)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 149 notes)
Résumé :
Petite-fille et nièce adorée de deux demi-mondaines, Gigi s'applique à manger délicatement du homard à l'américaine, à distinguer une topaze d'un diamant jonquille et surtout à ne pas fréquenter " les gens ordinaires ".
On lui apprend son futur métier de grande cocotte. Mais Gigi et Gaston Lachaille, le riche héritier des sucres du même nom, en décident autrement. Gigi, un des rares romans d'amour heureux de Colette, donne son titre à ce recueil qui réunit tr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
PiertyM
  15 novembre 2017
D'une écriture aisée, succulente et très riche, variant d'une nouvelle à une autre, Colette nous dresse, dans ce livre constitué de quatre nouvelles, le portrait intéressant de quatre personnages qui semblent vivre en parfaite harmonie avec leur environnement, alors qu'au fond d'eux sommeille une nature insoupçonnée, qui peut surprendre une fois révélée. Je me suis précisément régalée des deux premières nouvelles qui se fondent sur les rapports entre parents et enfants...
Gigi est une adolescente qui a l'air naïf, se laisse guidée par sa grand-mère et la tante Alicia pour devenir une femme mondaine, une courtisane coquette, d'autant plus sa mère est une actrice qui ne dispose pas de temps pour elle. Mais elle n'a pas encore dit son dernier, surtout quand l'oncle Gaston Lachaille se pointe devant elle avec des intentions de grandes personnes, elle va bouscouler les consignes reçues...
L'enfant malade est un texte poétique avec lequel, comme le titre l'indique, on s'attend à subir des tensions psychologiques d'un enfant privé de mobilité, dépendant entièrement de sa mère et de sa nounou, beuh non, le malade se crèe tout un monde d'espoir au dedans de lui, il se situe entre rêves et réalités, ça lui épargne de succomber de l'intérieur...
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SophiePatchouli
  25 mars 2018
Dénichés à la déchetterie, quatre jolis volumes des éditions Rombaldi ( maison d'édition française aujourd'hui disparue, fondée par Toussaint Rombaldi (1885-1938).) sauvés des affres du pilon, de la broyeuse impartiale. "Gigi", "l'Enfant malade", "la Dame du photographe" ainsi reléguées aux ordures, "Flore et Pomone", "La Naissance du jour" vouées à la mort, c'est "La Fin de chéri", "La vagabonde" à qui je redonne vie.
La délicieuse verve de Colette enchante encore, ici c'est de Gigi qu'il s'agit, ce personnage insipide aux yeux de sa grand-mère et de sa tante Alicia, demi-mondaines engagées à faire l'éducation de Gigi par l'enseignement de la bonne mise, de l'attitude correcte, de la bienséance polie... N'en déplaise à Gigi qui agit à son aise...

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Lune
  09 février 2011
paru en 1944
Mademoiselle Gigi fait partie au même titre que Claudine, Minne, Julie, Mitsou et d'autres, des figures féminines attachantes décrites par Colette. Cette "jeunesse" de quinze ans six mois élevée par des femmes (grand-mère, mère et la fameuse tante Alicia au demeurant un peu effrayante) va bouleverser cet univers féminin qui ne fréquente pas "les gens ordinaires, c'est-à-dire inutiles", qui ne tolère pas les hésitations : "Tu t'ennuies chez toi? Ennuie-toi un peu. Ce n'est pas mauvais, l'ennui aide aux décisions.", qui prône que "Le mariage ne nous est pas interdit. Au lieu de se marier "déjà", il arrive qu'on se marie "enfin", qui connaît les bonnes manières, les belles pierres et savent que "Quand une femme connaît les préférences d'un homme, cigares compris, ils sont bien armés l'un contre l'autre..."
"Et ils se battent, conclut Gilberte d'un air fin."
Parce que Gigi aimera et sera aimée du "tonton Gaston" qui fréquenta ce milieu de demi-mondaines. Parce que Gigi, honnête et pure, sera épousée, parce que Gigi rentrera dans l'ordre des choses dites "normales". Colette se serait inspirée d'un petit scandale du début du siècle dans le monde cloisonné des femmes "entretenues". Cela donne une délicieuse nouvelle avec des personnages typés qu'on ne peut s'empêcher d'aimer. A lire en se replaçant dans une époque révolue.
Beaucoup de jeunes comédiennes (au cinéma ou au théâtre) ont prêté leurs traits à ce personnage riche à interpréter. Il y eut Danielle Delorme en 1946, Audrey Hepburn en 1951, Evelyne Ker en 1955, Leslie Caron en 1958 (comédie musicale), Muriel Baptiste en 1965 et plus proche de nous, Juliette Lamboley en 2006 pour la télé.
Il ne faut pas oublier les autres nouvelles qui suivent ce pétillant Gigi. Nous trouvons "L'enfant malade", délicate et tragique description d'un enfant mourant, "La Dame du photographe", l'insatisfaction d'une vie et le merveilleux "Flore et Pomone", où la grande Colette nous donne rendez-vous sous l'aile plumeux du mimosa, dans les jardins secrets de Paris, parmi les odeurs des saisons et les chants des oiseaux.
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brigittelascombe
  19 mai 2012
Voici quatre nouvelles (dont Gigi titre éponyme), trois portraits brossés de main de maître par Colette (romancière,nouvelliste, comédienne,auteur de pièces de théâtre et académicienne du XX° siècle) et une ode à la nature (dont la prose poétique rappelle Les vrilles de la vigne). Avec toujours ce style épuré, cette écriture imagée,cette compréhension des êtres et cet émerveillement face à la nature qui la caractérisent.
Gigi (nouvelle, adaptée de nombreuses fois, en pièce et film, à l'ironie mordante et à la fine étude psychologique des personnages) nous conte Gilberte, dite Gigi , une adolescente de 15 ans et demi (on pense aux Claudine) malicieuse,franche, mûre et lucide qui, manipulée par sa grand-mère espagnole et sa grand-tante Alicia, va préférer être malheureuse avec Gaston, un riche séducteur, "un ami de la famille" qui veut "lui faire un sort" que sans lui.
L'enfant malade (nouvelle très poétique et émouvante vu l'angoisse maternelle) parle de l'évasion d'un enfant (imaginatif) mourant sur les ailes des rêves et (entre autres) sur "la croupe ballonée et vaporeuse de la lavande".
La dame du photographe relate la tentative de suicide avortée (vue par ses voisins potineurs) de Madame Armand "une femme qui se ronge" solitaire.
Flore et Pomone est une ode à la nature, un récit autobiographique, dans lequel Colette confie son amour des jardins (aussi jolis que ceux de la treille muscate) sur un mode poétique où l'on sent sourdre la musique des mots:"le bruit d'une élytre qui s'entrouvre" ou "le crissement d'une existence", rumeurs paisibles, bercement des saisons auréolés de l'enfance chantée dans Les vrilles de la vigne.
Gigi n'est pas mon Colette préféré, mais ses mondes changeants, aux belles envolées,valent le détour!
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Melisende
  09 janvier 2017
C'est en lisant Là où tombent les anges de Charlotte Bousquet il y a quelques semaines que j'ai eu envie de retrouver Colette. Femme indépendante et avant-gardiste en son temps, c'est une auteure dont la plume m'a déjà charmée à plusieurs reprises et dont la vie me semble assez passionnante. Il me reste de nombreux titres à découvrir mais cette fois, j'ai jeté mon dévolu sur Gigi.
Pas du tout renseignée, je pensais trouver un roman unique dans ce petit livre mais il s'agit en fait d'un recueil de 4 nouvelles, Gigi étant la première. 4 nouvelles, 4 histoires très différentes aussi bien dans le fond que dans la forme mais 4 courts textes qui prouvent, une nouvelle fois, le talent de Colette.
Dans la première nouvelle – Gigi donc – Colette nous conte une histoire en utilisant un point de vue externe. Gigi est une toute jeune fille qui grandit élevée par une mère absente et une grand-mère ultra-présente. Jolie demoiselle prometteuse, on tente de lui inculquer les valeurs de la vie en société, car, descendante de demi-mondaines, Gigi sera une grande cocotte ou ne sera point.
Ironique et pleine de malice, Colette met en scène des personnages aussi ridicules qu'attachants. Tous les échanges – dialogues – sont succulents, remplis d'argot parisien qui ne dépareille pas dans les bouches de ces élégantes légèrement arrivistes. Mais Gigi ne suit pas vraiment la voie toute tracée, terriblement naïve et ingénue, les relations des grands, elle n'y comprend rien et bien sincèrement, elle s'en fiche. Elle préfère rire et continuer, bien innocemment à jouer des parties de cartes avec Gaston Lachaille, son plus vieil ami.
Si j'ai aimé tourné ces pages, ravie du caractère de notre jeune héroïne et amusée par son entourage, j'ai par contre été assez surprise par la chute que j'ai trouvée très brutale. Je m'attendais à un développement plus avancé, à un dénouement tout autre (ou en tout cas amené plus en douceur, sans un tel retournement de situation). Je comprends parfaitement le choix de Colette mais je me suis retrouvée avec l'en-tête de la nouvelle suivante sans rien voir venir !
L'Enfant malade, parlons-en puisqu'il s'agit justement de la deuxième nouvelle du recueil. Ici, Colette entre dans la tête d'un petit garçon (tout en gardant un point de vue externe) qui vit quelques heures et jours, troublés par la souffrance et la maladie. Il vit ces moments difficiles comme dans une illusion, constamment entre le rêve et la réalité, submergé par la fièvre.
C'est la nouvelle la plus courte du recueil mais peut-être aussi celle qui m'a le plus séduite car l'exercice de style est rondement mené, le lecteur n'a aucun doute sur ce qu'il vit pendant sa lecture… et cette fois, j'ai apprécié la chute !
Colette se met elle-même en scène dans la troisième nouvelle en nous parlant d'une de ses voisines, La Dame du photographe. Cette femme pourtant bien lotie dans son quotidien, vivant dans un appartement confortable auprès d'un mari aimant, s'ennuie. Et elle s'ennuie à mourir. Alors elle se dit que peut-être, si elle se suicidait, il se passerait enfin quelque chose pour elle, qu'elle vivrait une expérience exceptionnelle ?
J'ai aimé le fond, la réflexion, le portrait dépeint par Colette qui pousse la porte de l'appartement d'un immeuble parisien pour nous conter les secrets qu'il peut receler. Et si j'ai une nouvelle fois aimé l'écriture – comment pourrait-il en être autrement ? – c'est peut-être la nouvelle la moins « marquée », celle qui relève le moins de l'exercice de style, à mon avis.
Au contraire, Flore et Pomone, le quatrième et dernier texte de ce recueil, révèle pleinement le talent de son auteure mais même si j'ai apprécié la précision de la plume, le fond m'a par contre moins séduite. A vrai dire, il n'y a pas réellement d'histoire, Colette nous dépeint en long, en large et en travers, un jardin avec ses fleurs, ses fruits, ses couleurs, ses odeurs… Plus que jamais elle fait appel à nos sens et le lecteur ne peut s'empêcher d'être transporté près d'elle, au milieu de cette nature riche d'émotions.
C'est, je pense, le texte le plus personnel du recueil ; Colette n'hésite pas à utiliser la première personne du singulier, elle fait appel à ses souvenirs, aux sensations et émotions éprouvées. C'est visuel, palpable, beau, doux, parfumé… Un tel exercice sur une cinquantaine de pages, c'est certes immersif mais cela peut tout de même paraître un peu longuet.
Bien que toutes les nouvelles ne m'aient pas séduite pour les mêmes raisons, les quatre textes proposés ici prouvent une nouvelle fois – si tenté qu'il y en ait besoin – que Colette est une grande Dame de la littérature française, aussi à l'aise à dépeindre des personnages hauts en couleur que dans un exercice de style plus formel. Je continuerai de la lire, toujours avec plaisir.
Lien : http://bazardelalitterature...
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
aleatoirealeatoire   23 novembre 2019
Protégé, précoce, il s'était emparé promptement des hiéroglyphes de la typographie, allant aussi follement au travers des livres qu'à chevaucher les nuées, forcer les paysages inscrits sous les surfaces polies, ou rassembler autour de lui ce qui, pour tels privilégiés, peuple secrètement l'air. (...)
Aucun livre sur la table n'attendait le choix de Jean. Les textes imprimés, quel que fût leur format et leur poids, dormaient clos, veillaient ouverts dans la même couche que l'enfant malade. Une grande tuile de reliure, au pied du lit, pesait parfois sans qu'il s'en plaignit sur ses jambes qu'une vie avare irriguait.
De ses bras restés valides, il tâtonna autour de lui, ramena quelques tomes brochés, haillonneux et tièdes. Un volume ancien darda, de dessous l'oreiller, sa corne amicale. Les brochés, tassés en coussin, prirent leur place contre une petite hanche de garçonnet maigre, et la tendre joue enfantine se pressa contre la reliure de veau blond, qui datait d'un siècle. Sous son aisselle, Jean vérifia la présence d'un dur compagnon favori, un volume trapu comme un pavé, bougon, robuste, qui trouvait le lit trop doux et s'en allait généralement finir sa nuit par terre, sur le tapis de chèvre blanche.
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aleatoirealeatoire   24 novembre 2019
La vie a bien du mal à me déposséder. Je n'aurai jamais fini de recenser ce que le hasard a fait mien.
Je possède en propre à peu près tout ce que j'ai perdu.

Ne m'offrez pas de lauriers-roses. Je ne veux que des lauriers et des roses.
Mon choix ne fait pas qu'assemblées les fleurs que je nomme flattent l'oeil. Et d'ailleurs j'en oublie. Mais rien ne presse. Je les mets en jauge, les unes dans ma mémoire, les autres dans mon imagination. Elles trouvent encore là, grâce à Dieu, l'humus, l'eau un peu amère, la chaleur et la gratitude qui peut-être les garderont de mourir.
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aleatoirealeatoire   21 novembre 2019
- Maman, tu ne veux pas qu'on le fasse mettre, le téléphone ?
- C'est une dépense, dit soucieusement Mme Alvarez. Nous sommes déjà très juste...Le téléphone n'est vraiment utile qu'aux hommes qui font de grosses affaires et aux femmes qui ont quelque chose à dissimuler.
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bookaurebookaure   24 janvier 2012
- Appelle ta mère, Gigi! Liane d'Exelmans s'est suicidée.
- Oooh!..., s'écria longuement la petite. Elle est morte.
- Que non! Elle connaît son affaire.
- Qu'est-ce qu'elle a pris, grand-mère? Un revolver?
Mme Alvarez regarda sa petite-fille d'un air de commisération:
- Tu n'y penses pas. Du laudanum, comme d'habitude: Sans pouvoir répondre encore des jours de la belle désespérée, les docteurs Morèze et Pelledoux, qui ne quittent pas son chevet, ont émis un diagnostic rassurant... Mon diagnostic à moi, c'est que Mme d'Exelmans, à ce jeu-là, finira par se détériorer l'estomac.
- L'autre fois, grand-mère, c'était pour le prince Georgevitch, n'est-ce pas, qu'elle s'est tuée?
- Où as-tu la tête, ma chérie? C'était pour le comte Berthou de Sauveterre.
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AdrienneAdrienne   12 novembre 2011
- N'oublie pas que tu vas chez tante Alicia. Tu m'entends, Gilberte? Viens que je te roule tes papillotes. Tu m'entends, Gilberte?
- Je ne pourrais pas y aller sans papillotes, grand-mère?
- Je ne le pense pas, dit avec modération Mme Alvarez.
Elle posa, sur la flamme bleue d'une lampe à alcool, le vieux fer à papillotes dont les branches se terminaient par deux petits hémisphères de métal massif, et prépara les papiers de soie.
- Grand-mère, si tu me faisais un cran d'ondulation sur le côté pour changer?
- Il n'en est pas question. Des boucles à l'extrémité des cheveux, c'est le maximum d'excentricité pour une jeune fille de ton âge.
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