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Alain Brunet (Préfacier, etc.)
ISBN : 2253109347
Éditeur : Le Livre de Poche (02/06/2004)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 132 notes)
Résumé :
Petite-fille et nièce adorée de deux demi-mondaines, Gigi s'applique à manger délicatement du homard à l'américaine, à distinguer une topaze d'un diamant jonquille et surtout à ne pas fréquenter " les gens ordinaires ".
On lui apprend son futur métier de grande cocotte. Mais Gigi et Gaston Lachaille, le riche héritier des sucres du même nom, en décident autrement. Gigi, un des rares romans d'amour heureux de Colette, donne son titre à ce recueil qui réunit tr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
PiertyM
  15 novembre 2017
D'une écriture aisée, succulente et très riche, variant d'une nouvelle à une autre, Colette nous dresse, dans ce livre constitué de quatre nouvelles, le portrait intéressant de quatre personnages qui semblent vivre en parfaite harmonie avec leur environnement, alors qu'au fond d'eux sommeille une nature insoupçonnée, qui peut surprendre une fois révélée. Je me suis précisément régalée des deux premières nouvelles qui se fondent sur les rapports entre parents et enfants...
Gigi est une adolescente qui a l'air naïf, se laisse guidée par sa grand-mère et la tante Alicia pour devenir une femme mondaine, une courtisane coquette, d'autant plus sa mère est une actrice qui ne dispose pas de temps pour elle. Mais elle n'a pas encore dit son dernier, surtout quand l'oncle Gaston Lachaille se pointe devant elle avec des intentions de grandes personnes, elle va bouscouler les consignes reçues...
L'enfant malade est un texte poétique avec lequel, comme le titre l'indique, on s'attend à subir des tensions psychologiques d'un enfant privé de mobilité, dépendant entièrement de sa mère et de sa nounou, beuh non, le malade se crèe tout un monde d'espoir au dedans de lui, il se situe entre rêves et réalités, ça lui épargne de succomber de l'intérieur...
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SophiePatchouli
  25 mars 2018
Dénichés à la déchetterie, quatre jolis volumes des éditions Rombaldi ( maison d'édition française aujourd'hui disparue, fondée par Toussaint Rombaldi (1885-1938).) sauvés des affres du pilon, de la broyeuse impartiale. "Gigi", "l'Enfant malade", "la Dame du photographe" ainsi reléguées aux ordures, "Flore et Pomone", "La Naissance du jour" vouées à la mort, c'est "La Fin de chéri", "La vagabonde" à qui je redonne vie.
La délicieuse verve de Colette enchante encore, ici c'est de Gigi qu'il s'agit, ce personnage insipide aux yeux de sa grand-mère et de sa tante Alicia, demi-mondaines engagées à faire l'éducation de Gigi par l'enseignement de la bonne mise, de l'attitude correcte, de la bienséance polie... N'en déplaise à Gigi qui agit à son aise...

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brigittelascombe
  19 mai 2012
Voici quatre nouvelles (dont Gigi titre éponyme), trois portraits brossés de main de maître par Colette (romancière,nouvelliste, comédienne,auteur de pièces de théâtre et académicienne du XX° siècle) et une ode à la nature (dont la prose poétique rappelle Les vrilles de la vigne). Avec toujours ce style épuré, cette écriture imagée,cette compréhension des êtres et cet émerveillement face à la nature qui la caractérisent.
Gigi (nouvelle, adaptée de nombreuses fois, en pièce et film, à l'ironie mordante et à la fine étude psychologique des personnages) nous conte Gilberte, dite Gigi , une adolescente de 15 ans et demi (on pense aux Claudine) malicieuse,franche, mûre et lucide qui, manipulée par sa grand-mère espagnole et sa grand-tante Alicia, va préférer être malheureuse avec Gaston, un riche séducteur, "un ami de la famille" qui veut "lui faire un sort" que sans lui.
L'enfant malade (nouvelle très poétique et émouvante vu l'angoisse maternelle) parle de l'évasion d'un enfant (imaginatif) mourant sur les ailes des rêves et (entre autres) sur "la croupe ballonée et vaporeuse de la lavande".
La dame du photographe relate la tentative de suicide avortée (vue par ses voisins potineurs) de Madame Armand "une femme qui se ronge" solitaire.
Flore et Pomone est une ode à la nature, un récit autobiographique, dans lequel Colette confie son amour des jardins (aussi jolis que ceux de la treille muscate) sur un mode poétique où l'on sent sourdre la musique des mots:"le bruit d'une élytre qui s'entrouvre" ou "le crissement d'une existence", rumeurs paisibles, bercement des saisons auréolés de l'enfance chantée dans Les vrilles de la vigne.
Gigi n'est pas mon Colette préféré, mais ses mondes changeants, aux belles envolées,valent le détour!
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Melisende
  09 janvier 2017
C'est en lisant Là où tombent les anges de Charlotte Bousquet il y a quelques semaines que j'ai eu envie de retrouver Colette. Femme indépendante et avant-gardiste en son temps, c'est une auteure dont la plume m'a déjà charmée à plusieurs reprises et dont la vie me semble assez passionnante. Il me reste de nombreux titres à découvrir mais cette fois, j'ai jeté mon dévolu sur Gigi.
Pas du tout renseignée, je pensais trouver un roman unique dans ce petit livre mais il s'agit en fait d'un recueil de 4 nouvelles, Gigi étant la première. 4 nouvelles, 4 histoires très différentes aussi bien dans le fond que dans la forme mais 4 courts textes qui prouvent, une nouvelle fois, le talent de Colette.
Dans la première nouvelle – Gigi donc – Colette nous conte une histoire en utilisant un point de vue externe. Gigi est une toute jeune fille qui grandit élevée par une mère absente et une grand-mère ultra-présente. Jolie demoiselle prometteuse, on tente de lui inculquer les valeurs de la vie en société, car, descendante de demi-mondaines, Gigi sera une grande cocotte ou ne sera point.
Ironique et pleine de malice, Colette met en scène des personnages aussi ridicules qu'attachants. Tous les échanges – dialogues – sont succulents, remplis d'argot parisien qui ne dépareille pas dans les bouches de ces élégantes légèrement arrivistes. Mais Gigi ne suit pas vraiment la voie toute tracée, terriblement naïve et ingénue, les relations des grands, elle n'y comprend rien et bien sincèrement, elle s'en fiche. Elle préfère rire et continuer, bien innocemment à jouer des parties de cartes avec Gaston Lachaille, son plus vieil ami.
Si j'ai aimé tourné ces pages, ravie du caractère de notre jeune héroïne et amusée par son entourage, j'ai par contre été assez surprise par la chute que j'ai trouvée très brutale. Je m'attendais à un développement plus avancé, à un dénouement tout autre (ou en tout cas amené plus en douceur, sans un tel retournement de situation). Je comprends parfaitement le choix de Colette mais je me suis retrouvée avec l'en-tête de la nouvelle suivante sans rien voir venir !
L'Enfant malade, parlons-en puisqu'il s'agit justement de la deuxième nouvelle du recueil. Ici, Colette entre dans la tête d'un petit garçon (tout en gardant un point de vue externe) qui vit quelques heures et jours, troublés par la souffrance et la maladie. Il vit ces moments difficiles comme dans une illusion, constamment entre le rêve et la réalité, submergé par la fièvre.
C'est la nouvelle la plus courte du recueil mais peut-être aussi celle qui m'a le plus séduite car l'exercice de style est rondement mené, le lecteur n'a aucun doute sur ce qu'il vit pendant sa lecture… et cette fois, j'ai apprécié la chute !
Colette se met elle-même en scène dans la troisième nouvelle en nous parlant d'une de ses voisines, La Dame du photographe. Cette femme pourtant bien lotie dans son quotidien, vivant dans un appartement confortable auprès d'un mari aimant, s'ennuie. Et elle s'ennuie à mourir. Alors elle se dit que peut-être, si elle se suicidait, il se passerait enfin quelque chose pour elle, qu'elle vivrait une expérience exceptionnelle ?
J'ai aimé le fond, la réflexion, le portrait dépeint par Colette qui pousse la porte de l'appartement d'un immeuble parisien pour nous conter les secrets qu'il peut receler. Et si j'ai une nouvelle fois aimé l'écriture – comment pourrait-il en être autrement ? – c'est peut-être la nouvelle la moins « marquée », celle qui relève le moins de l'exercice de style, à mon avis.
Au contraire, Flore et Pomone, le quatrième et dernier texte de ce recueil, révèle pleinement le talent de son auteure mais même si j'ai apprécié la précision de la plume, le fond m'a par contre moins séduite. A vrai dire, il n'y a pas réellement d'histoire, Colette nous dépeint en long, en large et en travers, un jardin avec ses fleurs, ses fruits, ses couleurs, ses odeurs… Plus que jamais elle fait appel à nos sens et le lecteur ne peut s'empêcher d'être transporté près d'elle, au milieu de cette nature riche d'émotions.
C'est, je pense, le texte le plus personnel du recueil ; Colette n'hésite pas à utiliser la première personne du singulier, elle fait appel à ses souvenirs, aux sensations et émotions éprouvées. C'est visuel, palpable, beau, doux, parfumé… Un tel exercice sur une cinquantaine de pages, c'est certes immersif mais cela peut tout de même paraître un peu longuet.
Bien que toutes les nouvelles ne m'aient pas séduite pour les mêmes raisons, les quatre textes proposés ici prouvent une nouvelle fois – si tenté qu'il y en ait besoin – que Colette est une grande Dame de la littérature française, aussi à l'aise à dépeindre des personnages hauts en couleur que dans un exercice de style plus formel. Je continuerai de la lire, toujours avec plaisir.
Lien : http://bazardelalitterature...
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nathalie_MarketMarcel
  30 mai 2012
Gigi. Une histoire amusante et touchante. Gigi – Gilberte – est la petite fille chérie de deux cocottes qui l'éduquent : lui apprendre à manger les ortolans, à distinguer les pierres précieuses des autres, à bien se tenir, choisir ses vêtements, connaître les saveurs des cigares… elles se désespèrent car Gigi est désespérément fraîche et spontanée. Tout ce petit monde dévore les chroniques mondaines des journaux où « Tonton Gaston », riche héritier tient la vedette… J'ai beaucoup aimé cette histoire, assez drôle et cruelle à la fois dans sa lucidité, mais les rapports d'affection entre ces femmes qui vivent dans un petit appartement sont rendus dans leur complexité. Et le regard de Colette sur ce demi-monde est sans caricature même si le dénouement me laisse sceptique, il s'agit plus d'une fable.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
AdrienneAdrienne   12 novembre 2011
- N'oublie pas que tu vas chez tante Alicia. Tu m'entends, Gilberte? Viens que je te roule tes papillotes. Tu m'entends, Gilberte?
- Je ne pourrais pas y aller sans papillotes, grand-mère?
- Je ne le pense pas, dit avec modération Mme Alvarez.
Elle posa, sur la flamme bleue d'une lampe à alcool, le vieux fer à papillotes dont les branches se terminaient par deux petits hémisphères de métal massif, et prépara les papiers de soie.
- Grand-mère, si tu me faisais un cran d'ondulation sur le côté pour changer?
- Il n'en est pas question. Des boucles à l'extrémité des cheveux, c'est le maximum d'excentricité pour une jeune fille de ton âge.
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bohemesvidabohemesvida   31 août 2015
Dans la dame du photographe:

" Pardon?... ah! vous mettez le doigt sur la difficulté . Assez de quoi, justement? Une femme si heureuse, comme disait Mme Gâteroy en parlant de moi. Une femme si heureuse, mais parfaitement, c'est ce que j'aurais été si j'avais eu dans ma petite vie, de place en place, quelque chose de grand. Ce que j'appelle grand? Mais je n'en sais rien, madame, puisque je ne l'ai pas eu ! Si je l'avais eu même une fois, je vous garantis que j'aurais bien reconnu tout de suite que c'était grand!"
(p.131)
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bookaurebookaure   24 janvier 2012
- Appelle ta mère, Gigi! Liane d'Exelmans s'est suicidée.
- Oooh!..., s'écria longuement la petite. Elle est morte.
- Que non! Elle connaît son affaire.
- Qu'est-ce qu'elle a pris, grand-mère? Un revolver?
Mme Alvarez regarda sa petite-fille d'un air de commisération:
- Tu n'y penses pas. Du laudanum, comme d'habitude: Sans pouvoir répondre encore des jours de la belle désespérée, les docteurs Morèze et Pelledoux, qui ne quittent pas son chevet, ont émis un diagnostic rassurant... Mon diagnostic à moi, c'est que Mme d'Exelmans, à ce jeu-là, finira par se détériorer l'estomac.
- L'autre fois, grand-mère, c'était pour le prince Georgevitch, n'est-ce pas, qu'elle s'est tuée?
- Où as-tu la tête, ma chérie? C'était pour le comte Berthou de Sauveterre.
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bookaurebookaure   30 janvier 2012
J'écris ces lignes au mois de février. C'est le moment où dans les années paisibles nous savourions les tunisiennes, élite des orangeraies. Ovale, un vultueuse autour du point de suspension, la tunisienne emplit la bouche d'un suc sans fadeur, d'une acidité adoucie, largement sucrée. Intacte, son écorce exhale un parfum qui rappelle celui de la fleur d'oranger. De décembre à févier, c'est la brève saison de nous gorger de tunisiennes. Comme font les crus très typés qui de bouteille à bouteille marquent une différence, une tunisienne n'est pas tout à fait identique en saveur à une autre tunisienne, et la nuance encourage à ouvrir encore une orange, et encore une, encore une qui sera peut-être la meilleure de toutes...
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bookaurebookaure   24 janvier 2012
Ainsi la semaine passée elle lui a appris à manger d'une manière impeccable le homard à l'américaine.
- Pour quoi faire?
- Alicia dit que c'est excessivement utile. Elle dit que les trois pierres d'achoppement, dans une éducation, c'est le homard à l'américaine, l’œuf à la coque et les asperges. Elle dit que le manque d'élégance en mangeant a brouillé bien des ménages.
- Ça s'est vu, dit Lachaille rêveur...Ça s'est vu.
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