AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782070361359
256 pages
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 122 notes)
Résumé :
« Il y a un mois environ que je suis à Casamène, - un mois que Renaud gèle, là-haut, tout en haut de l'Engadine. Ce n'est pas du chagrin que j'endure, c'est une espèce de manque, d'amputation, un malaise physique si peu définissable que je le confonds avec la faim, la soif, la migraine ou la fatigue. Cela se traduit par des crises courtes, des bâillements d'inanition, un écœurement malveillant.
Mon pauvre beau ! Il ne voulait rien me dire, d'abord : il cachai... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  25 juillet 2013
C'était une première rencontre avec Colette. Voilà une femme qui sait écrire, cela ne fait aucun doute. le verbe est alerte, élégant, non dénué de vigueur, d'ironie, de sarcasme, d'humour parfois et assurément d'un subtil lyrisme dans les passages dédiés à la nature ou aux vies intimes des bêtes qui peuplaient son quotidien.
Dans les premiers moments, au début de ce roman, j'ai joui d'un certain enthousiasme ; je croyais qu'elle posait ses tréteaux, les échafaudages quelconques d'un édifice en devenir et puis peu à peu… Flich, flouch, flop !
Plus grand-chose à se mettre sous la dent. Une prose certes belle mais creuse comme un bambou vieux agité par les vents réguliers d'un mol ennui.
Qu'aviez-vous donc à nous dire, très chère Colette ? Étiez-vous agitée uniquement par les besoins impérieux d'une production alimentaire ? Probablement non, mais c'est à se demander tout de même. Quand on feuillette les pages de votre biographie, on reconnaît aisément beaucoup d'éléments de votre vie privée à l'intérieur de ce roman (Renaud = Willy, Annie = Mathilde de Morny, Marcel = Jacques Henry Gauthier-Villars, etc.), le coup du spectacle de pantomime, la maison dans l'Yonne, l'homosexualité, etc., etc.
Oui, oui, c'est bien vrai tout ça, mais est-ce que ça captive les foules ? C'est votre vie privée. Qui plus est, une vie privée de bourgeoise nantie, entretenue et volontiers oisive, qui fait la fine bouche sur le monde qui lui procure ses rentrées d'argent.
Alors on s'ennuie avec vous pendant que vous vous extasiez sur la vie intime d'un crapaud commun, d'un bouledogue difforme et d'une paire de chattes lascives. Sans oublier chauve-souris et papillons qui viennent compléter le bestiaire qui ne serait pas tout à fait exhaustif sans un sombre volatile, donc on y joint une pie bavarde et le tour est joué.
Pffff ! que d'ennui… Et ce n'est pas le léger ressaut des derniers chapitres qui vient tellement inverser la tendance.
Oui, chère Colette, continuez de vous ennuyer chez vous en vous mirant le nombril, moi, la prochaine fois, j'irai m'ennuyer ailleurs et à ma convenance. Mais tout cela ne concerne que moi, car ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire bien peu de choses.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          6913
sabine59
  01 mai 2018
Dernier-né de la série des Claudine, ce roman est pour moi attachant et différent. C'est le premier roman que Colette signe de son seul nom. Ce droit, elle déclare " l'avoir revendiqué à cause du côté paysagiste de cette petite oeuvre qui lui tenait à coeur". Et il a une place particulière dans mon coeur de lectrice car étudiante, c'est sur ce livre que j'ai fait mon mémoire de maîtrise...

Ce roman nous fait entendre, même si c'est de façon encore maladroite, la vraie voix de Colette. Certes, il reste lié aux autres "Claudine" par des personnages, une certaine ligne d'intrigue, mais une nouvelle narratrice naît , qui est déjà la Colette-phénix, apte à changer de peau et à durer. C'est en cela qu'il est intéressant.
Car Claudine , double de l'auteure, change, c'est la fin de la première jeunesse, et surtout elle apprend la solitude car son mari Renaud, malade, est soigné en montagne ( symbole de sa séparation avec Willy) et elle se retrouve à Casamène, la propriété de son amie Annie. Celle-ci, de même que Marcel" ce bibelot suspect" ne sont que de pâles figurants dans ce décor campagnard. Ce qui compte, c'est le ressenti de la narratrice, et j'avoue que les conversations de ces deux-là sont assez artificielles, c'est la faiblesse du roman...
La plume de l'auteure est nerveuse, humoristique à certains moments, précise dans ses évocations et souvent tendrement nostalgique.
J'avais choisi ce livre car j'avais passionnément aimé , outre la libération du joug de son mari Willy qu'il préfigure , le lyrisme mélancolique qui émane des descriptions de la nature,des animaux et des réflexions de la narratrice. Parlant de la maison d'Annie, elle écrit:" L'automne éblouit ici. Casamène est perchée sur l'épaule ronde d'une petite montagne crépue de chênes bas, qu'octobre n'a pas encore mordu de sa flamme. Du haut de la terrasse de gravier, on voit luire une froide rivière, argentée et rapide, couleur d'ablette."
Et Colette n'est jamais aussi émouvante que quand elle évoque, à travers Claudine, ses souvenirs d'enfance :" Ya t-il ailleurs, dans toute ta vie qui se précipite, un soleil aussi blond, un lilas aussi bleu à force d'être mauve, un livre aussi passionnant, un fruit aussi ruisselant de parfums sucrés ?"

Depuis, j'ai évidemment préféré d'autres oeuvres de Colette, plus profondes, plus accomplies, mais ce livre-là reste pour moi un bijou d'émotion et de poésie, il palpite toujours en secret au fond de moi...

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          459
PiertyM
  21 janvier 2018
Une belle écriture !!! Un lyrisme alléchant !!! Colette sait mettre toutes les coutures possibles autour de ses personnages pour nous offrir un style aisé. Les dialogues sont vivants, la narration dynamique, les monologues intérieurs créent une atmosphère conviviale. Le titre nous avertit déjà, Claudine prend sa retraite sentimentale, Renaud est loin d'elle, il est malade, il est interné dans un senatorium. En d'autres termes, c'est un moment de relâchement, de mélancolie, d'évaluation, pas vraiment de l'ennui mais de petites réfléchies sur la vie. sur la femme, la liberté, la nature...ça se passe entre deux femmes avant que Marcel vienne réchauffer l'atmosphère.
Ça a été un petit moment de plaisir!
Commenter  J’apprécie          202
stcyr04
  07 juillet 2013
Comme un dernier regard de mélancolie tendre, La Retraite sentimentale, marque la fin des récits dédiés à Claudine.
Dans une maison nichée dans un écrin de verdure, et bruissante des bruits divers des animaux domestiques et familiers, Annie et Claudine vivent une retraite apaisée, loin des rumeurs de Paris et de ses agitations vaines. Annie est revenue d'une existence vagabonde, marquée par des rencontres de passage, illusoires et décevantes, suite logique d'un mariage qui l'avait étouffée. Claudine, quant à elle, goûte les joies douces et simples de la nature, assombries néanmoins par la séparation d'avec son mari, malade, en soin dans un sanatorium.
Le cycle des claudine, ensemble d'oeuvres profondément nourri de la vie de son auteure, touche à son but, et il fallait que Colette solde avec ce roman une période de sa condition de femme et d'écrivain, sous la coupe d'un mari volage qui exploitait son talent. Néamoins, comme le récit précédent, ce volet n'ajoute rien de proprement décisif à la figure de notre héroïne, hormis l'image d'une femme mûrie, et sereine face à l'avenir de quiétude et de solitude qui s'annonce suite à la mort de son mari. de très belles pages sur les compagnons de toujours que furent les bêtes pour Claudine, moments privilégiés de grâce simple, où transparaît le meilleur de Colette, éclairent fort à propos le récit.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          161
transat
  25 février 2017
Colette clôt la série des "Claudine" par ce joli opus, journal tenu par Claudine alors que son mari Renaud soigne une maladie dans un sanatorium et qu'elle l'attend patiemment, retirée dans la maison de campagne de son amie Annie. Les travaux de la maison et du jardin, les jours d'automne puis d'hiver, les animaux (une chatte et un chien, inévitablement !) font l'objet de brèves réflexions de Claudine, entremêlées de méditations sur son amour pour Renaud, de récapitulations sur sa vie notamment sentimentale. Annie, une femme douce et discrète, divorcée de son mari Alain (cf. "Claudine s'en va"), lui livre des confidences sur sa vie étonnamment débridée de femme désormais libre, et les deux amies sont rejointes – au grand dam de Claudine – par Marcel, le fils homosexuel de Renaud, qui fuit Paris et des maîtres-chanteurs qui ont abusé de son appétit pour la chair fraîche.
Ce n'est sans doute pas le chef-d'œuvre de Colette, mais comment résister à ce style qui sait décrire ambiances, objets, états d'âme, de la manière la plus juste qui soit, sans jamais recourir aux clichés et en créant à chaque page de petits bijoux d'expression ? Comment ne pas être séduit, et impressionné, par une telle liberté de pensée dans le domaine sexuel ? On est au tout début du XXe siècle et certaines des pensées de Claudine ou d'Annie effraieraient sans doute encore aujourd'hui quelques âmes pudibondes. Comment ne pas se laisser griser par les odeurs, les sons, les qualités de l'air que la narratrice nous fait humer dans des tableaux parfaits ? Et enfin, comment ne pas se laisser attendrir par les deux bêtes de la maison, la chatte Péronnelle et le bull Toby-Chien, décrits (comme c'est l'habitude chez Colette) comme de petits bouts d'hommes aux comportements délirants ou absurdes ? J'ai ri, souri, soupiré d'aise bien souvent en lisant cette "Retraite sentimentale" qui m'a apporté en une centaine de pages ce que bien des romans plus ambitieux n'arrivent pas à me donner.
Vive Colette !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          51

Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   22 août 2013
Mon ami, mon amant, mon cher compagnon des heures furieuses où nous n'entendions d'autre bruit que celui de nos souffles écrasés l'un dans l'autre, je vous le demande, cela est-il possible ? Et si vraiment cela est, si vous n'êtes plus à mes côtés qu'une ombre tendre, qu'une image pâle et voûtée de mon amour, quelle aberration me défendit de prévoir ce qui arrive ? J'ai vingt-huit ans, vous en avez cinquante, et votre âge mûr fut si brillant, si impatient et si piaffeur que j'espérais plus d'une fois, ô mon amour, que je souhaitais pour vous la cinquantaine assagie... Vœu néfaste et qu'un dieu ironique entendit ! Vous voilà tout d'un coup, magiquement, irréparablement, pareil à mon souhait imprudent : un vieillard !... Ternie, l'eau sombre et couleur d'étang de vos yeux, et flétrie cette bouche où se caressait ma bouche, et détendus, autour de moi, ces beaux bras forts. [...] Me voici jeune et punie, et privée de ce que j'aime en secret d'une ferveur si brûlante, et je me tords ingénument les mains devant mon désastre, devant la statue mutilée de mon bonheur...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          610
Nastasia-BNastasia-B   12 juin 2013
Casamène est perché sur l'épaule ronde d'une petite montagne crépue de chênes bas, qu'octobre n'a pas encore mordus de sa flamme. [...] Le mur de clôture s'écroule sur la route, la vigne vierge anémie sournoisement les glycines, et les rosiers qu'on ne renouvelle pas dédoublent leurs fleurs, redeviennent églantiers. [...] Les sapins ont cent ans et ne verront pas un autre siècle, parce que le lierre gaine leurs troncs et les étouffe. [...] Les pommiers âgés donnent des fruits nains à mettre sur les chapeaux, mais une treille de muscat noir, mystérieusement nourrie, s'est élancée, vigoureuse, a couvert et effondré un poulailler, puis, ressaisissant le bras d'un cerisier, l'a noyé de pampres, de vrilles, de raisins d'un bleu de prune qui s'égrènent déjà. Une abondance inquiétante voisine ici avec l'indigence pelée des rocs mauves qui crèvent le sol, où la ronce même ne trouve pas de quoi suspendre ses feuilles de fer hérissé.
La maison d'Annie est une basse vieille maison à un étage, chaude l'hiver et fraîche l'été, un logis sans atours, non sans grâce. [...] Sous les cinq marches descellées du perron, un crapaud chante le soir, d'un gosier amoureux et plein de perles. Au crépuscule, il chasse les derniers moucherons, les petites larves qui gîtent aux fentes des pierres. Déférent, mais rassuré, il me regarde de temps en temps, puis s'appuie d'une main humaine contre le mur, et se soulève debout pour happer... j'entends le " mop " de sa bouche large... Quand il se repose, il a un tel mouvement de paupières, pensif et hautain, que je n'ai pas encore osé lui adresser la parole... Annie le craint trop pour lui faire du mal.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          320
Nastasia-BNastasia-B   18 juin 2013
Je suis née seule, j'ai grandi sans mère, frère ni sœur, aux côtés d'un père turbulent que j'aurais pu prendre sous ma tutelle, et j'ai vécu sans amies. Un tel isolement moral n'a-t-il pas recréé en moi cet esprit tout juste assez gai, tout juste assez triste, qui s'enflamme de peu et s'éteint de rien, pas bon, pas méchant, insociable en somme et plus proche des bêtes que de l'homme ?... Du courage, j'en ai, du courage physique — le beau mérite quand on n'a peur de rien — une belle confiance dans des nerfs qui m'obéissent bien et que les sens ont ménagés. De l'honnêteté... peut-être, mais qui s'habille comme une grue. De la pitié, guère pour la pauvre espèce à laquelle j'appartiens, parce qu'elle choisit souvent sa misère, et, d'ailleurs, le moyen d'être bonne en même temps qu'amoureuse...?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          390
Nastasia-BNastasia-B   15 juin 2013
- Vous ne savez pas, vous, ce que c'est que l'envie de partir ?
- Heu... il y aurait bien à dire là-dessus, et il serait peut-être excessif de prétendre que je ne souhaite pas, à de certaines heures... y aller de mon petit voyage...
- Ne riez pas ! Je voudrais que vous me compreniez. L'envie de partir... il y a un tas de gens qui ne se doutent pas de ce que c'est. C'est une maladie, un empoisonnement ; ce n'est même pas une idée. [...] Pendant que je mange, pendant que je dors ou que je brode, j'ai là, ici, tout autour, cette chose qui me tire obstinément.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          510
Nastasia-BNastasia-B   22 juin 2013
À l'heure des lampes, elle exulte, déchire des journaux, vole des pelotons, chausse d'invisibles sabots et mène un galop de poulain qui la lance au milieu de la table, où elle devient un amical petit bélier qui nous pousse le menton de son front vigoureux, râpe la joue d'Annie avec une langue en brosse à dents et se sert de ma tête comme d'une passerelle pour sauter sur la cheminée.
Elle m'aime déjà, sans que j'oublie pourtant ma chère Fanchette d'autrefois... Pauvre Fanchette blanche, qui avait une si jolie âme de provinciale moderne, et s'appliquait avec tant de conscience à toutes les choses de la vie ! Elle dormait très fort, courait beaucoup, mangeait longtemps, chassait assidûment. Qu'a-t-il fallu ? un os de poulet un peu plus pointu... et l'or vert de ses yeux s'est injecté, ses griffes ont battu l'air et labouré sa gorge bombée de pigeon blanc — et il n'y avait plus de Fanchette !...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200

Videos de Sidonie-Gabrielle Colette (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sidonie-Gabrielle Colette
Pour fêter dignement l'arrivée du printemps, la librairie Point Virgule vous propose une sélection d'ouvrages consacrés aux fleurs et aux jardins.
- Pour un herbier, Colette, illustré par les aquarelles de Raoul Dufy, Citadelles & Mazenod, 65€ - Les jardins de Weleda, Rouergue, 35€ - Le livre des fleurs, Pierre-Joseph Redouté, Taschen, 50€ - En fleur - Design floral contemporain, Phaidon, 39,95€ - Monet - Coffret l'essentiel, Anne Sefrioui, Hazan, 29,95€
La présentation de Pour un herbier est disponible sur la chaîne de Citadelles & Mazenod : https://www.youtube.com/watch?v=MN8I8...​
Celle de Les jardins de Weleda sur la chaine des éditions du Rouergue : https://www.youtube.com/watch?v=Lv0w6...​
Musique du générique d'intro par Anna Sentina.
+ Lire la suite
Livres les plus populaires de la semaine Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox


Lecteurs (491) Voir plus




Quiz Voir plus

Sidonie gabrielle Colette

Le père de Colette est

Facteur
Ecrivain
Capitaine
Journaliste

13 questions
112 lecteurs ont répondu
Thème : Sidonie-Gabrielle ColetteCréer un quiz sur ce livre

.. ..