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ISBN : 2864248956
Éditeur : Métailié (10/01/2013)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Un jeune médecin portugais, Sidonio Rosa, tombé éperdument amoureux de Deolinda, une jeune Mozambicaine, au cours d’un congrès médical, part à sa recherche et s’installe comme coopérant à Villa Cacimba. Il y rencontre les parents de sa bien-aimée, entame des relations ambiguës avec son père et attend patiemment qu’elle revienne de son stage. Mais reviendra-t-elle un jour ? Là, dans la brume qui envahit paysage et âmes, il découvre les secrets et les mystères de la p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  18 février 2013
Sidonio Rosa quitte Lisbonne pour Vila Cacimba au Mozambique où il espère retrouver Deolinda une jeune femme originaire de cette ville dont il est tombé passionnément amoureux, qui est repartie sans explications peu de temps après leur rencontre.
Tout est étrange aux yeux de Sidonio dans cette ville de Vila Cacimba et plus encore dans la maison où vivent confinés les époux Sozinho, parents de Deolinda, et plus particulièrement Bartolomeu, le père, qui ne quitte plus sa chambre depuis qu'il s'est enfui de l'hôpital «L'hôpital est un espace malade» protestait le vieux. En s'échappant de cet antre, il retournait à ses anciens recoins. «Moi et la maison souffrons de la même maladie : de saudades, dit-il».
Un livre où dominent les ombres, celles de la maison aux rideaux tirés reflet de l'ombre qui a envahi les protagonistes tous hantés par Deolinda la fille du couple infernal que forment les Sozinho. Sidonio va se rendre chaque jour au chevet de Bartolomeu dans cette chambre où «on fête le chaos ou, comme on dit en ville, on danse avec les démons.»
Le lecteur assiste à un jeu de colin maillard au cours duquel, à tour de rôle, chacun se renvoient Sidonio Rosa, étranger au pays, qui s'imaginait impressionner ces «africains» lui le médecin portugais. Il a affaire à de plus madrés que lui, c'est eux qui vont le gruger. A chaque fois qu'il croit enfin apprendre et comprendre ce qu'est devenue Deolinda il est à nouveau devant une énigme, tiraillé entre Bartolomeu Sozinho, malade confiné dans sa chambre, sa femme Mundinha et Suacelencia l'Administrateur.
Chacun va le balader en lui révélant, par étape, des pans troubles de sa vie, des secrets mais sans le laisser atteindre ce qu'il est venu chercher.
Qui ment ?
Les questions lui reviennent renversées, détournées du sens qu'il leur donne et il se retrouve à chaque fois perdu. 
«Finalement, tout commence par une erreur. Et tout se termine par un mensonge» p 163

L'atmosphère pourrait être étouffante car les ombres y sont épaisses et tout semble clos, envahi par la mort. Mais la langue exerce sa magie et le décalage entre Sidonio et les habitants de Vila Cacimba fait de ce livre un livre qui «déjoue la tristesse» 

Comme Sidonio, le lecteur se sent un peu balloté avant d'être pris dans une séries de rebondissements. L'obscurité, les mensonges dans lesquels chaque personnage se débat et tente de se protéger vont se transformer comme pour dona Munda qui finit par avouer au docteur :

--- Je vous désire beaucoup, Sidonio.
Le portugais garde le silence, la respiration contenue.

--- Vous m'avez donné le plus grand médicament. Je rêve à nouveau.

--- Et vous rêvez de qui ?

--- Je rêve de moi-même.

Ils vont pouvoir aussi se dissoudre grâce à des brassées de fleurs blanches les «beijos da mulata», les fleurs de l'oubli. 


J'avais mis trois étoiles après ma première lecture et en relisant pour essayer de présenter ce livre je lui en mets quatre. Il est peut-être un peu moins poétique et attachant que «L'accordeur de silences» mais je ne regrette pas cette lecture et je sais que Mia Couto fait partie des auteurs qui ne me déçoivent pas.
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Ellane92
  10 février 2017
Sidonio Rosa, médecin en mission humanitaire à Vila Cacimba, un village du Mozambique, rend visite à Bartolomeu Sozinho, un ex-mécanicien de bateau qui ne quitte plus sa chambre. Ces visites ont un sens particulier, puisque Bartolomeu est le père de Deolinda, une jeune femme que "Sidonho" a rencontré à l'occasion d'un congrès médical et dont il est tombé amoureux. Seule Mundinha, la femme de Bartolomeu, est au courant que le jeune docteur portugais connaissait leur fille. Deolinda, qui doit revenir au village, ne cesse de reporter son retour, et envoie à Sidonho d'étranges lettres, venues on ne sait comment dans ce village sous les nuages, des lettres lui demandant de prendre soin de ses parents, qui se détestent mutuellement, tandis que les habitants du village souffrent d'un mal étrange, se transformant en va-nus-puants, sorte de fantômes qui hantent le paysage.
J'adore la plume de Mia Couto, le langage poétique, les réflexions universelles, les mystères... Son écriture est consolante, berçante, apaisante, d'une grande douceur, toujours vive et changeante comme de l'eau, et jamais longtemps dénuée d'humour.
Ce récit s'attache aux pas d'un Portugais venu retrouvé sa belle. L'amour qu'il porte à Deolinda est une sorte de pierre d'ancrage, seul élément réel et stable de tout le livre. Dans la ville sous les nuages et la brume, les gens comme les vérités semblent tous déformés au hasard de celui qui prononce sa vision des choses, qu'il s'agisse de l'amour-haine que se portent les "beaux-parents" de l'amoureux, de l'origine de l'inimitié entre Bartolomeu et Suacelencia, l'Administrateur, voire même du rôle de Mundinha, que l'on prend parfois pour sa fille et qui va pleurer son chagrin tous les soirs dans la rivière. Les personnages comme les sentiments sont troubles, et troublent le lecteur comme le docteur Sozhino. Les faits semblent recouverts de plusieurs couches d'ombres. Les malades, ceux qui marchent découverts, les va-nu-puants, sont peut-être les plus sincères, les plus "vrais", et quand les doutes et découvertes multiples et contradictoires s'empilent, il ne reste plus qu'à mâcher les beijos de mulata, "les baisers de la mulatre", comme l'est Mundinha, que l'on appelle également les fleurs de l'oubli.
L'écriture, les images, les néologismes, sont éminament poétiques. Ce livre a une portée symbolique forte (le village avec l'épidémie, l'état de santé de bartolomeu et l'état de sa maison, le nom de fleurs de l'oubli et l'état de mulâtre de Mundinha) et l'on se prend à vouloir que ce jeu d'ombres et de lumières ne finissent jamais...
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Cath36
  07 mai 2013
Rêve, réalité, poésie, mensonges, vérités sont les ingrédients avec lesquels Mia Couto compose son dernier roman et le résultat est beau et surprenant. Entre mélo et conte griot, l'auteur nous entraîne par le jeu des métaphores dans un monde qui va bien-au-delà de ce qu'il décrit, le monde intérieur de chacun à travers ses dits et surtout ses non-dits.
Un jeune médecin portugais tente de découvrir les lourds secrets d'une famille concernant une jeune fille dont il est amoureux tout en soignant le père de celle-ci. Mais au jeu des mensonges les faux-semblants sont rois et chacun se cache derrière SA vérité. L'auteur nous promène dans un étrange mic-mac d'amours incestueuses (ou pas), de viols (ou pas), d'adultères (ou pas), et de déchirement conjugal à petit feu, le tout dans une ambiance délétère qui viendra à bout de la patience du jeune médecin. Croyances, affirmations, rétractations, ambiguïtés, Mia Couto sait semer le doute dans l'esprit du lecteur et si on finit par apprendre ce qu'est devenue la jeune femme, c'est en traversant une sorte d'envoûtement où chaque personnage essaie de prendre l'autre dans ses filets comme une araignée dans sa toile.
Poisons de Dieu? Peut-être le jeu de l'amour et des sentiments humains.
Remèdes du diable ? Peut-être les mensonges qui nous permettent de tenir debout quand la réalité se fait trop violente....
Mais qui peut vraiment savoir ?
J'ai beaucoup aimé cette écriture poétique, presque incantatoire, où les mots et les images déguisent les apparences sous des sens multiples et donnent à ce court récit une portée spirituelle à la manière africaine.
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Bookycooky
  29 août 2014
Sidonio Rosa,un jeune médecin portugais,se rend au Mozambique,dans une ville étrange Vila Cacimba pour retrouver Deolinda,une jeune mozambicaine dont il est tombé éperdument amoureux,au cours d'un congrés médical à Lisbonne.Sidonio y va travailler quelques temps comme coopèrent,et va se lier(?) avec les époux Sozinho,les parents de Deolinda,en attendant le retour de celle-ci d'un stage(?)....
Mia Couto,auteur mozambicain,né de parents portugais éxilés nous raconte ici,avec une écriture extrêmement poétique,une histoire étrange,ou nous nous égarons entre les dédales du mensonge et des jeux de métaphores,dans un monde qui va bien au-delà de ce qu'il decrit,le monde intérieur de chacun des personnages.Un très beau livre !Je recommenderais egalement le precedent livre de Couto "L'Accordeur de silences".
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yv1
  11 janvier 2013
Très particulier ce roman qui commence très doucement. Tellement doucement, qu'à un moment on est en droit de se demander si ce n'est pas juste un rapport des discussions entre Bartolomeu et Sidonio, parfois intéressantes, parfois futiles, souvent redondantes. Car, même si l'auteur aborde des thèmes aussi sérieux que l'esclavage, le racisme, le rôle des femmes dans la société mozambicaine et portugaise, l'amour, la solitude, l'absence et la mort, eh bien, tout cela se lit, certes sans désagrément mais sans intérêt véritable. Des dialogues qui s'enchaînent. Mais, parce qu'il y a un "mais", la seconde partie est nettement plus fertile en rebondissements et réflexions. Tenez bon les 60/70 premières pages (encore une fois sans forcer, mais sans enthousiasme) et vous serez récompensés par les 100 dernières.
Mia Couto dialogue beaucoup, fait preuve d'humour. Son écriture est alerte, vive et précise, très imprégnée de culture africaine, des coutumes, croyances et légendes. Elle regorge d'aphorismes. Elle est emplie également de néologismes très aisément compréhensibles dont celui que vous venez de lire "subterfugitif", "définitifier", "imbéciliter", "kangourouant", ... ou alors, ce sont des erreurs de traduction, mais ce serait faire injure à E. Monteiro Rodrigues.
Tous ces extraits sont dans la première partie, la plus légère. La seconde partie est beaucoup plus sombre et noire et si l'écriture reste alerte, vive et précise, l'humour a tendance à y être moins présent au profit d'une description d'un pays qui est sorti récemment de la colonisation, avec les conséquences sur ses habitants, la prise du pouvoir par certains, les familles qui survivent lorsque le chef de famille a perdu son travail, la misère, les rivalités dans une petite ville, ...
Un auteur mozambicais, né de parents portugais exilés, que je découvre avec ce livre et que je suivrai.

Lien : http://www.lyvres.over-blog...
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critiques presse (2)
Lexpress   23 janvier 2013
Reste la faconde de Mia Couto, dont la langue enchantée - superbement traduite en français - sert de thérapie au monde délabré qu'il met en scène.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   16 janvier 2013
Mia Couto est un écrivain d'ombres et de lumières, un illusionniste moderne qui regarde le Mozambique avec les yeux de David Lynch. Ses images tiennent du rêve, mais ses mots viennent crever les bulles oniriques pour ramener chacun au plaisir d'être sur terre, malgré les souffrances endurées.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   18 février 2013
--- Vous êtes heureuse, dona Munda ?
--- Ce n'est pas que je sois malheureuse. C'est heureuse que je ne suis pas.
Et elle explique : la double absence de bonheur et de malheur est encore plus douloureuse que la souffrance. Le véritable châtiment, ce n'est pas l'enfer avec ses flammes dévoratrices. La plus grande punition, c'est le purgatoire éternel.
--- J'ai appris une chose dans la vie. Celui qui a peur du malheur ne parvient jamais à être heureux. p 36
+ Lire la suite
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Ellane92Ellane92   10 février 2017
Finalement, les hommes sont aussi de lents pays. Et là où l'on pense trouver de la chair et du sang, il y a de la racine et de la pierre. D'autres fois, cependant, les hommes sont des nuages. Il suffit que le vent souffle et ils se défont sans trace.
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Cath36Cath36   07 mai 2013
Peut-être est-ce l'épaisseur de ce ciel qui fait tant rêver les Cacimbais.
Rêver est toujours une façon de mentir à la vie, une vengeance contre un destin toujours tardif et rare.
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nadejdanadejda   18 février 2013
Le médecin touche ses doigts. Ils demeurent ainsi un temps main dans la main. Ce n'est pas par affection : le médecin en profite pour lui prendre le pouls. Le vieux s'endort presque. Comme il le dit lui-même : "C'est comme ça, la vieillesse, il fait nuit à n'importe quelle heure." p 26
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yv1yv1   11 janvier 2013
Et il arriva qu'à force d'être assis à attendre, ses parties basses se mirent, comme il le dit lui-même, à descendre, descendre, descendre. De l'aine, elles tombèrent aux genoux, des genoux aux chevilles.
- C'est pour ça que je ne lâche pas mes chaussettes, mes intimités rasent le sol.
- Bon, Bartolomeu, vous avez peur de quoi finalement ?
- J'ai peur d'écraser mes couilles. (p.16)
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Videos de Mia Couto (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mia Couto
A l'occasion de la lecture à deux voix de "Murer la peur" de Mia Couto, Amal Allaoui (chant) et Marie-Suzanne de Loye (viole de gambe) se sont livrés à une extraordinaire performance musicale sur le thème de la peur.
En savoir plus sur "Murer la peur": http://editionschandeigne.fr/livre/murer-la-peur/
Site des éditions Chandeigne: http://editionschandeigne.fr/
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