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ISBN : 2070793206
Éditeur : Gallimard (12/01/2017)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 45 notes)
Résumé :
" Longtemps je n'avais pas compris que le fait d'être une femme était comme on dit un handicap ; je ne m'étais nullement attardée sur l'évidence qu'il était difficile d'envisager un destin à la Lawrence d'Arabie en étant de sexe féminin. Je n'avais d'ailleurs eu aucune alerte à ce sujet. Mes parents ayant oublié de m'interdire quoi que ce soit, je n'avais jamais de ma vie entendu dire que je ne pouvais pas entreprendre quelque chose parce que j'étais une fille. " >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Macha_Loubrun
  15 juin 2015
Un matin sur France Inter, j'ai été captivée par la voix et les mots de Teresa Cremisi, parlant de bribes de sa vie et de son premier roman, La triomphante. Ensuite j'ai eu le grand plaisir d'assister à une conférence passionnante à laquelle elle participait sur le thème « J'ai choisi le français » au Festival Etonnants Voyageurs à Saint Malo.
C'est pourquoi je remercie vivement les Editions Equateurs et Babelio pour l'envoi de la Triomphante que je tenais absolument à lire et que j'ai beaucoup aimé…
Dès les premières lignes de ce roman autobiographique plein d'élégance et de pudeur, j'ai été conquise par la fluidité du style, par les souvenirs empreints de poésie et de franchise de Teresa Cremisi.
« J'ai l'imagination portuaire.
La liste est longue de ce qui fait battre mon coeur – photos jaunies, poèmes, chansons, images de films – et représente ou raconte les quais, les bateaux, les docks, les balles de coton, les containers, les grues, les oiseaux de mer. »
La narratrice du roman est elle aussi née en 1945 à Alexandrie en Egypte, d'un père italien et d'une mère d'origine espagnol et anglo-indienne, puis s'est exilée durant de nombreuses années en Italie avant de partir vivre en France. Elle a fait une brillante carrière dans la presse qui ressemble beaucoup à celle de l'auteure dans le monde de l'édition comme PDG de Flammarion et bras droit d'Antoine Gallimard.
Ce livre ressemble à une boîte en fer dans laquelle se trouvent pêle-mêle des photos, des lettres, des billets d'avions… Elle parle de l'enfance, de l'importance de la littérature et de la poésie, d'une femme de pouvoir dans l'entreprise, d'exil forcé, de ses goûts et dégoûts, de ses parents, de l'Egypte, de l'Italie et de la France, de l'apprentissage des langues étrangères, d'amour aussi. D'odeurs et de sensations, du temps qui passe, mais pas d'amitié, c'est dommage. Elle ne se livre a aucune révélation fracassante, elle distille ses souvenirs avec douceur.
Il fallait un certain courage à Teresa Cremisi pour se lancer dans l'aventure de l'écriture, on lui pardonnera la fin un peu amère, elle n'est pas seulement éditrice, elle écrit très bien.
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tynn
  08 septembre 2015
Il était une petite fille qui rêvait d'aventures, de gloire, de combats et de grandes espaces, fascinée par Napoleon, Laurence d'Arabie et la littérature. Perdant son enfance dorée quand l'Egypte perd sa communauté étrangère en 1956, elle se retrouve milanaise, déracinée, réfugiée, pour utiliser un terme au coeur de l'actualité.
Annoncé pour roman, ce livre est une autobiographie touchante de la vie personnelle et professionnelle d'une femme battante, intelligente, déterminée à réussir une assimilation pour éviter l'exclusion.
Avec beaucoup de plaisir, on suit l'enfance de Teresa Cremisi, au sein de la société bourgeoise d'Alexandrie, dans un melting pot culturel cosmopolite où la vie est facile, légère et sans contrainte. La précarité de l'exil, la difficulté d'adaptation parentale seront les motivations d'une stratégie de réussite en douceur, où ses talents personnels, son implication et une indéniable chance lui ouvriront les portes du journalisme puis de l'édition.
Une femme discrète dans l'édition française, en dépit de son parcours brillant chez Gallimard et Flammarion, qui reçoit ici la reconnaissance d'une jolie plume pour un coup d'essai.
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JIEMDE
  24 mai 2015
Avoir édité les plus grands auteurs français suffit-il à conférer une légitimité pour "passer de l'autre côté du miroir" et devenir auteur à son tour ? Non bien sûr, mais cela n'est pas grave, car Teresa Cremisi n'en a pas besoin : elle a un exceptionnel talent d'écriture, qu'il est presque dommage de ne découvrir qu'aujourd'hui.
Dans La triomphante, on traverse sa vie, de l'enfance à Alexandrie à Atrani sur la côte amalfitaine, en passant bien entendu par la France, pays de coeur à qui elle voue un amour et une passion sans bornes, au point de franchir un jour les nombreuses étapes de la naturalisation qui lui sera finalement... refusée.
La grande réussite de ces 200 pages est de ne s'attarder que faiblement sur l'ascension et la vie professionnelle de cette Top business woman, ici transposée dans le monde des médias, pour se concentrer sur les passions qui guidèrent véritablement sa vie : l'Egypte et sa vie paisible d'après-guerre ; les récits épiques et épopées guerrières, celles d'Homère, de Lawrence d'Arabie ou de Napoléon ; la littérature, Joseph Conrad, Constantin Cavafis, T.E. Lawrence ou Shakespeare ; les cartes postales anciennes et autres esquisses et dessins, qui lui permettront de découvrir la corvette La Triomphante.
Mais aussi de nombreuses pages touchantes sur ses origines et sa filiation, sur sa conception de l'amour, entier mais surtout pas entravé, sur la liberté de choisir et décider de sa vie et de ses choix.
L'écriture est douce mais précise, les mots sont simples mais on les sent tous longuement choisis, le rythme du livre est faussement lent (ce qui surprend un peu au début...) mais on s'y habitue vite et on se plait à s'imaginer aux côtés de Teresa, au bord de la Méditerranée, son livre à la main, goûtant les derniers feux du soleil sous une légère brise de mer, avant de filer en terrasse boire un Coca glacé.
"J'ai vécu comme j'ai pu ; j'ai mieux que survécu : j'ai eu de la chance".
Et nous aussi de lire ce beau texte.
PS : éditrice un jour, éditrice toujours ! Ce livre est un très bel objet, édité avec un souci manifeste de qualité, ce qui ajoute au plaisir de la lecture. Que d'autres s'en inspirent...
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PetiteBalabolka
  17 juin 2015
Son vrai triomphe réside sans nul doute dans l'adaptabilité et non dans une forme de vindicte agressive que l'on pourrait à tort associer à toute forme de pouvoir. Dans ce roman d'inspiration autobiographique, Teresa Cremisi montre combien la diversité de ses origines familiales, son enfance insouciante à Alexandrie dans les années 40 puis la découverte de l'Occident après la crise de Suez en 56 ont façonné en elle un matériau souple et multiple, nourri d'influences diverses qui lui a permis de s'adapter à des situations professionnelles inédites. Sans pavoiser et plutôt modestement, en reniant quelque part une nature qui aurait été naturellement plus fantasque ou plus entière (comprenant vite l'inefficacité d'une telle attitude), elle a finalement réussi un parcours brillant allant de l'Italie à la France, de journaliste à patronne de maisons d'édition. Elle a appris et parfois oublié plusieurs langues mais toujours le français a tenu une place à part, comme un ruban précieux, venu de l'enfance, témoin de l'attachement à une culture. Elle évoque bien sûr les lectures et les auteurs qui l'ont marquée et j'ai aimé sa façon de les présenter comme des jalons indispensables. L'écriture est belle, équilibrée, le récit est fluide mais je dois reconnaître qu'il ne m'a pas intéressé de manière égale. J'ai davantage apprécié la narration de l'enfance et celle de la maturité qui m'ont paru plus sensibles et poétiques que celle de la vie active avec son côté "maîtrisé" (certes, je reconnais que c'est une qualité nécessaire dans le monde professionnel).
Une impression en tout cas de sérénité et de pudeur, presque de douceur, de pugnacité discrète mais efficace, de richesse culturelle indéniable.
Lien : http://leschroniquesdepetite..
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zabeth55
  13 novembre 2017
Partie prenante très importante dans le monde littéraire et dans le monde des éditeurs, Térésa Cremisi écrit son autobiographie dans « Triomphante »
Enfance en Egypte, adolescence en Italie, vie à Paris.
Elle retrace le parcours familial et son parcours professionnel.
Elle a toujours été intéressée par les ports et les bateaux, dont « La triomphante » une corvette du XIXème siècle.
C'est intéressant, mais j'ai trouvé le rythme très plat, uniforme. Et l'émotion chez moi n'est pas passée. J'ai même trouvé le temps plutôt long à cette lecture.
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critiques presse (3)
LaLibreBelgique   09 juin 2015
Premier roman de Teresa Cremisi qui a régné 25 ans sur l’édition française.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Liberation   21 mai 2015
La guerrière retire ses palmes et se fait romancière pour sécher au soleil sur des pierres noires et blanches qui pourraient être les livres brûlés d’une bibliothèque ancienne.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeFigaro   20 mai 2015
Un premier roman empreint de charme par la directrice des Éditions Flammarion.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
Macha_LoubrunMacha_Loubrun   09 juin 2015
Certains livres ont été si importants dans mon existence ; je veux dire qu'ils étaient là dans les moments où la vie s'accélérait et prenait un tournant. Ils y ont joué un rôle déterminant. J'ai même cru entendre des voix fraternelles se lever des pages de Stendhal ou Conrad ou Proust et j'ai pris des décisions en tenant compte de ce qu'ils disaient. Elles sont responsables de beaucoup de choses, elles m'ont aidée à choisir, souvent à partir. Il ne s'agit pas de culture littéraire, je ne saurais pas transmettre à des proches ou à des étudiants.Ce n'est pas un savoir à enseigner. C'est autre chose ; des liens presque familiaux. Disons que j'ai confiance dans les textes des auteurs que j'aime. Alors,quand je trouve quelque chose qui me correspond, j'approfondis pendant des années. Je creuse pour mieux comprendre, mieux en saisir le sens et la beauté. Je lis et je relis, souligne rarement.
Cette confiance se teinte d'étonnement et de gratitude quand, non seulement le texte s'adapte à ma situation, mais en plus il réussit à l'éclairer.
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Macha_LoubrunMacha_Loubrun   07 juin 2015
La bascule était brutale. J'étais en train de changer de langue d'usage et cela impliquait une révolution intime. Les neuropsychiatres ont écrit des traités la-dessus. On s'entend différemment, on dit des choses que l'on aurait pas dites, on pense un peu autrement,on ne réagit pas de la même manière. La langue d'usage influence le corps et les rêves. Une autre culture s'infiltre par des interstices imprévus, on accède à des chansons, des blagues,on comprend les sous-entendus,l'humour devient possible. Quand on parle une nouvelle langue toute la journée, l'existence peut prendre une nouvelle direction et le caractère s'infléchir.
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Macha_LoubrunMacha_Loubrun   08 juin 2015
Je ne le savais pas encore : tout patron est un tyran édulcoré. Loin de moi l'idée de formuler un jugement moral ; c'est ainsi, inhérent à la fonction, et je connais très peu de cas non conformes. Un patron de grande entreprise (comme un tyran classique) a besoin dans l'entourage rapproché d'un mélange équilibré de dévots inconditionnels et de personnalités solides et actives. Tant que l'équilibre se tient, sa réussite est presque assurée. Si parmi ses proches collaborateurs, les personnalités originales deviennent trop nombreuses, le désordre peut s'installer et la machine s'emballer. Mais si, en revanche, ce sont les dévots qui prennent le dessus, cela veut dire que le patron est fatigué ou vulnérable, ou tout simplement qu'il vieillit ; et on entre dans des zones troubles qui font courir des risques mortels à l'entreprise.
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PiatkaPiatka   24 juin 2015
Le monde offert par une civilisation finissante porte en soi quelque chose de désordonné, d'incohérent, d'élégant. La coexistence du souffle de l'Histoire et de bruits avant-coureur de la modernité, le parfum de la pourriture, la lèpre qui mange les murs, les fleurs sauvages et indisciplinées, les rires d'une liberté impertinente, le fatalisme joyeux constituent un mélange qui n'avait pas besoin d'être exprimé par les mots pour marquer un enfant.
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AunryzAunryz   18 mai 2016
Ma mère a eu l'idée de demander à un bijoutier arménien d'enfiler sa collection de pièces, comme si c'était des perles ; aujourd'hui je porte de temps en temps ce collier bizarre où l'argent domine (une seule pièce en or, l'or est plus rare, plus fragile ; quatre ou cinq de cuivre noirci).

(Pour une lecture de ces pages https://motslies.com/2016/05/06/almanach-6-mai-2015-une-plume-qui-finit-par-parler-pour-elle-meme/)
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