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EAN : 9782742785384
426 pages
Éditeur : Actes Sud (15/08/2009)
2.56/5   8 notes
Résumé :
Manhattan, 3 juillet 2008. Une femme est sur le point de quitter l'homme avec lequel elle vit depuis près de dix ans. Le même jour à Paris, une autre jeune femme vient d'embarquer sur un vol pour New York. L'une et l'autre et pour des raisons différentes vont aborder dans cette ville irrésistible un week-end très particulier, quitter cette sorte d'exil intermédiaire où les a placées leur désir de rupture et tenter de retrouver, au-delà de la mélancolie, ce qui pourr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
moertzombreur
  24 septembre 2014
Voilà un auteur qui me fascine, comme elle je ne peux m'empêcher de m'armer d'un livre pour sortir, et celui-ci est si particulier, dans la lignée de Proust ou de Joyce, une pépite à l'écriture mélancolique.
"La force d'un texte tenait à sa capacité d'absorption instantanée, tel un prisme merveilleux fragmentant ce qui semblait jusqu'alors lisse". Comme avec son premier roman Voix sans issue, Céline Curiol décortique merveilleusement les sentiments de ses personnages ; et de la même manière, l'écriture du décor urbain y tient un rôle important, dans le premier c'était la ville de Paris, ici ce sera New York. L'auteur parvient à transmettre la vie intérieure de deux femmes qui s'interrogent sur leur existence. Elles sont toutes les deux en exil, dans un moment de déséquilibre fragile, d'incertitude, de rupture. D'ailleurs l'alternance des paragraphes brouille volontairement leur identité, le lecteur éprouve alors de manière intime ce mal-être intérieur, cette solitude, ne parvenant pas toujours à déterminer qui est qui, sans que cela ait vraiment d'importance, se demandant même à un moment s'il ne s'agit pas d'un dédoublement de personnalité.
Eprouvant lui-même ce déséquilibre, le lecteur est forcé de ressentir avec d'autant plus de force "cette aire intermédiaire, ce lieu de repos pour l'individu engagé dans cette tâche humaine interminable qui consiste à maintenir à la fois séparées et reliées l'une à l'autre, réalité intérieure et réalité extérieure". Eléna... Miléna, la sonorité même des deux prénoms offre une résonance troublante. Troublantes, et d'une intensité remarquable, les pensées des personnages envahissent totalement le corps du texte, ce flux intérieur est en mouvement permanent, il est même difficile parfois de ne pas perdre le fil, l'effort exigé alors par le lecteur le force à sortir de son indifférence.
"Glisser sur le monde ; le déranger, le perturber le moins possible. Parvenir à se mouvoir dans l'air avec la même souplesse que dans l'eau. A la piscine, il m'est arrivé de me demander ce qui nous permet d'identifier le milieu dans lequel nous nous trouvons".
L'écriture de Céline Curiol est magnétique, son texte est sans chapitres, les dialogues s'insèrent dans les paragraphes, les souvenirs affleurent sur la surface du présent.
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ladyoga
  30 octobre 2013

Il faut se laisser porter par l'écriture de Céline Curiol, se laisser happer, suivre ces deux parcours amoureux, accepter les aller retour entre le passé et le présent, accepter d'être un peu perdu dans l'histoire, juste apprécier la formidable description des sentiments humains, se promener et arpenter les rues de New York et de Paris avec Elena ou peut être est-ce Miléna...
J'ai aimé l'écriture de Céline Curiol, j'ai aimé son vagabondage. Et je conclus avec ces paroles de Paul Auster qui me semblent bien résumer l'esprit avec lequel il faut aborder ce livre : " Lire pour le plaisir de lire, pour le beau calme qui vous entoure quand vous entendez dans votre tête résonner les mots d'un auteur. "
Une lecture exigeante mais gratifiante.
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CelineGe
  22 octobre 2012
[...] La forme, quant à elle, a de quoi rebute les moins courageux des lecteurs.
L'écriture est très dense. Les retours à la ligne se font très rares, ainsi que les dialogues. Ceux que l'on trouve ne sont jamais marqués mais sont noyés au milieu de la narration.
Les phrases sont généralement longues, au point d'avoir besoin de relire le début quand on arrive à la fin car Céline Curiol use d'un français soutenu, très riche, très littéraire. Pas systématiquement, je vous rassure un peu (!), mais régulièrement.
La lecture nécessite une concentration constante, sous peine de perdre le fil de l'histoire.
[...]
Quant à la construction du récit, j'ai mis plusieurs dizaines de pages à la comprendre.
J'étais un peu perdue.
Les groupes de paragraphes, d'un nombre de pages variable, se rapportent à l'une ou l'autre des deux femmes, et l'on arrive assez bien à naviguer entre elles.
Par contre, j'ai été un moment perplexe face aux différents passages de la narration entre le "je" et le "elle".
Ce n'est qu'après réflexion que j'ai enfin compris que les passages à la première personne se rapportaient au présent de Miléna et d'Eléna, en ce début de mois de juillet 2008, tandis que ceux à la troisième personne étaient des récits de leur passé.
D'autant plus déroutant, au début, que dans les passages concernant le présent, les héroïnes parlent aussi régulièrement du passé.
L'action se déroule lentement. 427 pages pour deux jours de la vie de ces femmes, autant vous dire que le lecteur est collé aux personnages et à leurs pensées profondes à longueur de texte.
Bref, il faut un certain temps pour rentrer dans ce livre, pour être à l'aise.
J'ai mis presque une semaine pour en venir à bout.
critique entière sur mon blog, merci
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briqueloup
  22 décembre 2018
Avec ce roman, le lecteur va fréquenter le milieu des journalistes, architectes, traducteurs, écrivains. Histoire de deux couples mariés sans enfant, l'un à Paris, l'autre à New York, tous deux sont confrontés au doute, à la remise en question, peut-être à l'effondrement. Exil intermédiaire. Quel sens ont-ils donné aux dix années de leur vie commune ? Comment envisager l'avenir ?
Ce n'est simple pour personne. Ni pour les protagonistes, ni pour le lecteur. Céline Curiol nous met d'emblée au coeur des cheminements que suivent les couples. Elle dénoue petit à petit la complexité des relations, il faut être patient. Les paragraphes prennent progressivement de l'ampleur et les personnages acquièrent leur pleine réalité dans un superbe chapitre central. le roman est très structuré, les récits se juxtaposent, ils racontent le présent ou évoquent le passé. L'auteur sollicite l'attention du lecteur qui en retour vivra une belle rencontre littéraire.
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emmalex
  02 mars 2013
Bien que j'ai eu du mal à rentrer dans ce livre, j'ai apprécié ce livre. le début du livre est très déroutant, l'auteur nous fait part de la vie et des sentiments de 2 femmes qui qont les pesronnages principaux du livre. L'auteur alterne les passages sur ces deux femmes et alterne également entre le passé et maintenant. Une fois que j'ai compris le mécanisme, la lecture est devenue plus facile. le style est agréable à lire bien que l'auteur est souvent recours à des phrases très longues. Les pensées et sentiments des 2 femmes sont merveilleusement décrits, bien que le pesronnage de Milena soit un peu en retrait par rapport à Elena, dont la pesronnalité est plus fouillée. La fin du livre m'a légéèrement décue, elle aurait mérité d'être plus fournie.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
ladyogaladyoga   20 octobre 2013
En anglais, le futur se construisait par l'ajout de l'auxiliaire will qui signifiait aussi "volonté" . Elle le savait mais n'avait jamais encore réfléchi à la corrélation. Pas d'avenir sans volonté... Il fallait vouloir se projeter en avant et dépasser les souvenirs pénibles.
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ladyogaladyoga   20 octobre 2013
Elle n'a plus d'idée sur la suite, comment la rendre exaltante, gaie, inopinée, retrouver par subterfuge ou par procuration, par l'action, le changement , la trop rare et splendide sensation de vivre. Car c'est elle seule qui importe, se dit-elle, qui peut au final justifier l'existence : cette sensation d'être vivant. Et la conscience de ne plus l'éprouver lui apparaît comme le pire des châtiments...
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ladyogaladyoga   30 octobre 2013
La perception qu'une personne à d'elle-même est constamment orientée par l'opinion que formule sur elle l'être qu'elle aime.
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ladyogaladyoga   19 octobre 2013
Mes paupières se sont détendues, j'ai inspiré et brusquement le monde est entré en moi comme si je l'avais aspiré. Dans un instant, tu allais me rejoindre et ta présence anticipée me maintiendrait en équilibre, rassemblée, sur ce perron où je t'attendais, toi l'homme que j'aimais, toi qui ne devrais plus me quitter.
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ladyogaladyoga   30 octobre 2013
Et avec Peter, ça va? La question provoque un inattendu fracas intérieur; c'est la boule du flipper qui heurte toutes les bornes, fait s'affoler les lumières, et déclenche l'ouverture de la bouche qui voudrait former un oui dissuasif mais n'y parvient pas, laissant tomber à la place une phrase meurtrière et resplendissante d'honnêteté. Je crois que je vais le quitter.
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Vidéo de Céline Curiol
Céline Curiol lit un extrait de son roman LES LOIS DE L'ASCENSION.
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