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ISBN : 207280132X
Éditeur : Gallimard (04/10/2018)

Note moyenne : 3/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Berlin Ouest. Le BUNK'R est un club discret et sélectif où se pratiquent des séances de sadomasochisme chics et sophistiquées. Un client s'apprête à être livré aux mains expertes du narrateur, un ancien chirurgien de haut vol, qui s'est reconverti dans la pratique du bondage high-tech, après un grave accident qui le laissa défiguré. Telle est la laideur de son visage qu'il doit porter un masque en latex : parfois il aime se recouvrir la tête d'un postiche de Loup, d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Sardanapale
  20 novembre 2018
Après un cycle de romans d'espionnage, DOA décide de nous entraîner dans un tout autre univers : le sado-masochisme extrême ! Je ne m'attendais pas à ça et j'avertis que la lecture de certaines scènes, d'une violence crue effroyable, est de nature à provoquer malaise et nausée chez les âmes les plus sensibles.
Passée la surprise des premières pages, une curiosité malsaine nous pousse néanmoins à suivre ce chirurgien défiguré par un incendie, dans les clubs les plus sombres et les plus sordides de Berlin. Espèce de loup des steppes moderne, dont il porte le masque, il pratique des opérations interdites au cours de seances de tortures pour initiés ... Son idéal se trouve peur être dans la Fille au cheveux rouges, avec laquelle il sombrera dans la débauche, le crime et le Néant.
DOA signe un livre noir et choc qui tombe parfois dans le gore. L'intrigue, originale, a le mérite de dénoncer les excès auxquels peuvent mener les pratiques sexuelles extrêmes, notamment dans le domaine de la pornographie. Le livre met à jour cette culture undeground, entretenue au fond des clubs berlinois, par des fantômes tatoués et scarifiés, recherchant dans la douleur et les sévices, un sens à leur vie et à leurs espoirs déçus.
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Charybde2
  08 octobre 2018
Dans l'enfer vide – et se voulant pourtant habité – du désir extrême et contraint, et de son illusoire transgression. Impressionnant.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2018/10/08/note-de-lecture-lykaia-doa/
Lien : https://charybde2.wordpress...
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HUBRISLIBRIS
  24 novembre 2018
Lykaia. Fête païenne. Fête offrant à son terme la transformation d'un jeune éphèbe en monstre, en bête libérée des tracas humains. Lykaia est une balade nocturne, une invitation à suivre des chemins noirs, à frapper à quelques portes dérobées. Un monde de l'envers, un monde qui ne s'offre qu'à ceux qui le cherchent réellement. On vogue des clubs de Berlin, à Prague, on sillonne entre les venelles vénitiennes.
Lien : https://hubris-libris.blogsp..
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critiques presse (1)
Liberation   12 octobre 2018
Un roman (très) noir dans les milieux du bondage SM par DOA, l'auteur de «Pukhtu», qui s'aventure avec succès là où on ne l'attendait pas.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   08 octobre 2018
De ma bouche ne s’échappe aucun mot, mais dans ma tête, ma réplique est cinglante. Je n’en peux plus de ce discours entendu mille fois, que j’ai moi-même tenu à une époque où j’étais plus exalté ou simplement plus naïf. Oui, oui, oui, dans ce genre d’endroit on n’en a rien à branler des tabous, on joue avec, on les moque, on les méprise et l’on méprise aussi la bonne société, répressive et sectaire. Et par la démonstration d’une curiosité sans limites, d’une ouverture d’esprit, d’une audace à aller au-devant du sombre, de l’organique, du prohibé, du sale, à explorer ces limbes qu’elle n’ose pas approcher, on lui prouve qu’elle ne contrôle rien, et nous encore moins. Qu’au fond, on lui est supérieurs, parce qu’on sait et qu’on peut, nous. Alors qu’on nous lâche la grappe, bla, bla, bla, et qu’importe la manière de prendre son pied, si on ne fait de mal à personne, ha, ha, ha.
De la merde, c’est tout.
Pas plus ici que dans le monde vanille, celui des pauvres cons rétifs aux délectables violences du subspace, la liberté n’existe. Objet ou sujet, l’autre est un enfer nécessaire, il nous enchaîne à lui. Faire fi de l’interdit implique son existence. Sans interdit, impossible de se penser en affranchi, à moins de vouloir devenir la norme et la norme, c’est la fin garantie de toute forme de licence. Et que dire de nous-mêmes, de nos vies, de ce qu’elles nous réservent, nous sommes tous prisonniers de nos propres expériences.
Libres, quelle blague.
Notre autojustification acrimonieuse d’anars de la fesse n’a guère plus de valeur que les tartufferies moralisatrices des réacs de la vertu. Tous nous manifestons la même arrogance intolérante et planquons notre dictatorial égotisme derrière de belles postures.
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Charybde2Charybde2   08 octobre 2018
De ces lieux dont on ne revient plus, ces dédales où les corps et leurs âmes, libres, s’égarent avec volupté. Elle en rêve, la Fille aux cheveux écarlates, tandis qu’elle tressaute vers l’abîme, au rythme du monte-charge dans lequel elle s’est engouffrée comme on se planque, on se dérobe au monde, aux autres. À l’intérieur de la cabine, assez vaste pour s’entasser à vingt et trop petite pour s’échapper à plus si, tout en bas, un malheur se produisait, des autres justement, il en reste un. Du genre à terrifier le bon peuple. Percé, tatoué jusqu’aux yeux. Tribal. Massif.
Avachi sur un tabouret à côté du panneau de commande, le videur reluque la Fille emmitouflée dans son manteau en vinyle surmonté d’une peau de canin à grosses canines, modèle extra-large, avec la tête et tout, qu’on dirait tué de la veille. Difficile, dans le clair-obscur du vieil ascenseur industriel, de déterminer précisément la bestiole en question, surtout sans lunettes. Elle voit le Musclor plisser, forcer, signe qu’il en porte le reste du temps. Sans doute les oublie-t-il pour bosser, ça ne doit pas faire assez féroce. Et elle devine ce qu’il se dit : une meuf courte sur pattes, attifée de ce truc plastoc, long aux chevilles et rehaussé de sa moumoute de poils, ferait marrer la galerie. Pas cette Fille. Déjà, elle est presque aussi grande que lui. Aidée, il est vrai, par ses talons effilés. En plus, elle porte aristo, la version fetish, avec sa tignasse rousse humidifiée au gel et raidie à mi-dos, qui contraste avec la clarté de sa peau, d’un laiteux classe, doux. Ca la rend lumineuse. Son visage est triangle, ponctué d’une bouche de poupée ensanglantée au pinceau, dont la lèvre supérieure, bien dessinée, remonte avec sensualité. Le vairon saisissant de son regard perdu, à la limpidité turquoise d’un côté, bleu pollué de l’autre, impressionne ; bien plus que l’encre rouge injectée dans un salon de tatouage à l’intérieur des globes oculaires du Golgoth. Entre les deux, il y a ce nez, allongé, ni fin ni épais ni vraiment droit, avec du caractère. Son busqué casse l’ensemble et le sublime.
Elle a une gueule, cette miss, elle le sait, et le videur la mate, il ne peut s’en empêcher. Pourtant, il doit en voir défiler des bombesques, des bandantes, des à-tomber-par-terre, dans son cockpit du pauvre. Mais celle-là, c’est autre chose, elle appâte, elle capture. Elle tue. L’insistance silencieuse du mec est pesante. Et ils n’en finissent plus de s’enfoncer et de bringuebaler à chaque mètre grincé de câble dévidé. En douce, la Fille risque vers lui un œil biffé à l’eye-liner. Toujours fixé sur elle. Prêt à bondir. Ça la fait fuir aussi sec vers le plancher et replier autour de son buste des bras dont elle paraît soudain ne plus savoir que faire.
Le temps, étiré, devient insupportable.
Enfin, par-dessus les cliquetis, la Fille entend de la musique. Pas la minimal sobre à laquelle l’endroit est habitué. Ce soir, ça joue classique, Bach, les Suites pour violoncelle seul. Une requête formulée par l’invité mystère de l’hôte de la soirée. Il paraît qu’il en a besoin pour opérer en paix, cet original anonyme, hors la loi et hors de prix, dont Markus n’a pas arrêté de lui rebattre les oreilles.
Ils arrivent. Un dernier choc vertical et la porte s’ouvre sur une cave minuscule. Elle sert d’antichambre et de vestiaire au BUNK’R, club dissimulé six étages sous la rue dans l’ancien Ost-Berlin, au milieu des catacombes de béton où il n’était pas prévu de caser des morts mais plutôt des vivants, en prévision du pire. Ici, le pire est désormais de sortie toutes les nuits, ultime pied de nez des perversions de l’Ouest aux idéaux de l’Est, mais personne ne fait plus attention.
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Charybde2Charybde2   08 octobre 2018
Konzentration, c’est le thème de cet événement conçu par Tormenta, sorte de loge informelle, internationale, secret dans le très discret monde BDSM, dont les membres, cooptés et initiés à la dure, cherchent l’élévation spirituelle et physique, à l’instar des maçons, mais pas du tout dans le but d’obtenir le salut de leurs âmes : eux n’aspirent qu’à toujours plus de plaisir et de douleur, plus de sensations, aiment-ils dire. Autre énorme différence avec les adeptes de l’équerre et du compas, personne ne parle jamais de la confrérie en dehors de la confrérie, sous peine de sanction. La menace n’est pas vaine et, régulièrement, des rumeurs de disparitions inquiétantes refont surface dans le sillage de cette cabale des tabous et fétiches.
Tormenta n’a aucune existence physique, pas de réalité numérique. Les frères, et les sœurs, les femmes sont les bienvenues et, autant qu’on le sache, nombreuses, échangent en direct à l’oral ou, quand c’est indispensable, à l’écrit, sur papier, sans jamais souffler de nom, juste des grades, des fonctions, autre emprunt aux francs-macs. La raison de ces précautions draconiennes tient au leitmotiv de cette violente congrégation : consentir à ne plus consentir. Les activités de la loge sont en effet réservées à ceux pour qui les limites, les leurs, celles des autres, sont devenues des obstacles.
Ces limites ne sont jamais autant franchies que lors des fêtes Follow the white rabbit, organisées trois fois l’an, toujours sous des cieux différents.
Konzentration est la dernière de l’année.
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SPQRSPQR   05 novembre 2018
Tous frétillent sans l'ouvrir, libres dans la contrainte, coincés entre la concentration induite par le vide sensoriel et la douloureuse transcendance de la surtension, le nirvana du rien et l'enfer du trop.
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SPQRSPQR   05 novembre 2018
Je fais halte sur le seuil, du spleen à ras le cœur de nous trouver ici, réduits à ce que nous sommes, la Fille et moi, une paire d'étrangers souffreteux, plongés dans un enfer de tourments et pour qui le salut passe par l'abus des douleurs de l'autre.
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Vidéo de  DOA
Nous avons rencontré Stéphane Douay (dessinateur, à gauche) et Pierre Boisserie (scénariste, à droite) au moment de la sortie du tome 3 des "Années Rouge & Noir" (BD éditée par les Arènes), lors du festival Quai des Bulles de St Malo, en octobre 2018. Mais avant la sortie du tome 4 de cette série sur les années troubles d'après-seconde-guerre-mondiale, leurs actualités éditoriales respectives les rattrapent. Stéphane Douay publie en effet "La ligne de sang", un polar satanique à faire frissonner (adaptation du roman de DOA) et Pierre Boisserie publie "Cigarettes", une BD-dossier à faire tout autant frissonner, sur l'industrie du tabac. Heureusement, nous avions parlé de tout ça (et plus encore)...
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