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Dominique Taffin-Jouhaud (Traducteur)Dominique Taffin-Jouhaud (Traducteur)
EAN : 9782721002570
341 pages
Éditeur : Editions des Femmes (24/11/1983)

Note moyenne : 4.62/5 (sur 34 notes)
Résumé :
" Le système esclavagiste définissait les Noirs comme une marchandise humaine. Puisque les femmes étaient considérées comme des unités de travail productrices de profit au même titre que les hommes, leurs propriétaires ne faisaient aucune différence entre les sexes. Un universitaire affirme ; "La femme esclave était la servante perpétuelle de son propriétaire et, fortuitement, épouse, mère et femme au foyer." Si l'on se réfère aux tendances de la nouvelle idéologie ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Jeannepe
  18 avril 2020
Pendant plusieurs années, ce titre, Femmes, race et classe, m'a interpellée sur le chemin des toilettes. Angela Davis trônait dans la bibliothèque de ma soeur (en l'occurrence celle en face des WC, ceci explique cela) et, quand elle a déménagé, je me suis dit que ça ne pouvait plus rester uniquement un fantasme intellectuel. Avec Une lutte sans trêve, j'ai découvert qu'Angela Davis était finalement assez facile à lire, et surtout bougrement intéressante. Alors c'est un peu satisfaite (de moi-même et de ma lecture à venir) que j'ai abordé ce triptyque de l'intersectionnalité.
Je m'attendais à une analyse contemporaine (oui, parce que j'ai beau être passée devant le livre plusieurs fois par jour pendant un an et demi, j'avais jamais lu la quatrième de couverture). Que nenni. L'autrice s'intéresse aux femmes noires (faut-il préciser pauvres ?) et décortique les liens entre la lutte abolitionniste et les revendications féministes américaines du XIXe siècle et du début du XXe. Celles-ci, vous l'aurez peut-être présumé, étaient blanches – autant les féministes que leurs revendications. À force d'exemples et de références, on comprend que les dynamiques qui animaient l'une et l'autre luttes, articulées autour de principes moraux – si tant est qu'il existe une morale raciste – et économiques, avaient des logiques somme toute assez divergentes. Ainsi, la lutte anti-esclavagiste était rarement humaniste ; les femmes blanches pouvaient s'insurger que les hommes noirs obtiennent le droit de vote avant elles ; de pseudo-arguments de protection des femmes permettaient de justifier le lynchage des noirs, etc. Bref, la réelle convergence des luttes n'était même pas à l'état d'ébauche.
Ma culture historique et politique américaine est très (très très) limitée, j'ai donc parfois eu le sentiment d'errer entre les personnalités et les dates. Mais, même avec ce léger flottement, ce fut une lecture riche et, à mon sens, elle est essentielle pour comprendre l'articulation de luttes fondamentales et éviter les écueils d'une réécriture lustrée de l'Histoire.
Lien : https://auxlivresdemesruches..
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AnitaBomba
  09 mai 2014
Cet ouvrage fondamental lie avec brio et clarté les systèmes patriarcal, raciste et classiste, en traçant l'histoire des femmes, des noir-e-s et de leurs luttes aux Etats-Unis du XIXème siècle aux années 1970. Si c'est dans l'alliance entre femmes noires et blanches qu'ont été remportées les premières victoires contre le système esclavagiste et le patriarcat, à l'inverse quand le racisme s'installa dans le mouvement pour le vote des femmes, instaurant l'idée que les femmes (blanches) devaient passer avant les noirs (hommes... les femmes noires étant alors "oubliées"), la puissance de ces premières luttes se perdit. L'auteure pose le problème de l'instrumentalisation persistante du viol à des fins racistes : les violeurs vilipendés sont toujours noirs, les victimes blanches... et les femmes noires violées ignorées. Elle montre enfin que les femmes blanches et noires n'étaient pas du tout dans les mêmes situations par rapport à la maternité (cas de stérilisations forcées, etc.), ce qui explique le "peu" de femmes noires impliquées dans la lutte pour l'avortement.
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Swanney
  14 juillet 2019
Une excellente analyse historique, politique et sociologique des mouvements abolitionnistes et féministes américains du dernier siècle. de quoi se rendre compte que ces causes ont été proches et lointaines par moments, handicapées dans l'obtention de leurs droits par des luttes et incompréhensions de classe.

Davis est une personnalité marquée par une pensée politique et marxiste. Si cela colore l'ensemble de l'analyse, c'est pour mieux permettre de mettre en lumière des choses qui sont longtemps restées cachées. L'avantage, c'est qu'elle ne fait pas de prosélytisme.
Même en France, on devrait tous avoir lu quelques chapitres au minimum. S'il existe une analyse similaire des cas européens, je suis intéressée !
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Tu_vas_voir_ce_que_tu_vas_lire
  01 avril 2019
Militante féministe, membre des Black Panthers, théoricienne marxiste, Angela Davis est une figure incontournable de toutes les luttes pour les droits humains aux Etats-Unis. Il est donc naturel que son essai le plus connu, Femmes, race et classe, retrace l'histoire des liens entre féminisme, anti-racisme et lutte des classes, trois combats qui furent régulièrement concurrents au cours du vingtième siècle mais ont tout à gagner à devenir complémentaires.
Angela Davis y montre comment des premiers liens s'établissent entre le féminisme naissant et la lutte pour l'abolition de l'esclavage, avant de se distendre face à la pression d'adversaires politiques qui cherchent à diviser les luttes, ce dont témoignent les prises de positions racistes de certaines suffragettes ou la silenciation des ouvriers noirs et des femmes dans les cercles syndicaux.
Redonnant vie à des figures politiques majeures mais méconnues en France, comme Sojourner Truth et son célèbre “Ne suis-je pas une femme ?” qui interroge la place des femmes noires dans la société, Femmes, race et classe est un essai dense et fondateur, qui ouvre la voie à un féminisme plus divers et plus inclusif.
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
lemillefeuilleslemillefeuilles   29 juillet 2020
Il serait abusif de considérer cette institutionnalisation du viol comme l'expression du refoulement sexuel du maître, hanté par le spectre de la féminité blanche : cette explication est beaucoup trop simpliste. Le viol était une arme de domination, une arme de répression dont le but secret était d'étouffer le désir de révolte des femmes et démoraliser leurs maris.
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JeannepeJeannepe   18 avril 2020
Il y avait beaucoup de naïveté politique dans son analyse des derniers moments de la guerre ; elle se montrait plus vulnérable que jamais à l’idéologie raciste. Dès que l’armée unioniste eut triomphé de ses opposants confédérés, Elizabeth Stanton et ses collègues exigèrent du Parti républicain une récompense pour les efforts accomplis pendant la guerre : elles réclamaient le droit de vote, comme si un traité avait été conclu ; comme si les féministes avaient lutté contre l’esclavage en visant ce droit.

Bien évidemment, les républicains n’apportèrent aucun soutien aux suffragettes après la victoire de l’Union. Ce refus émanait moins des hommes que des politiciens liés aux intérêts économiques dominants de l’époque. Dans la mesure où la guerre entre le Nord et le Sud avait pour but de renverser la classe esclavagiste sudiste, elle profitait essentiellement à la bourgeoisie nordiste, c’est-à-dire aux jeunes capitalistes enthousiastes qui avaient trouvé leur credo politique au Parti républicain. Les capitalistes du Nord cherchaient à contrôler toute l’économie de la nation. Leur lutte contre l’esclavagisme du Sud n’englobait ni la libération des Noirs ni celle des femmes.
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Sodapop_CurtisSodapop_Curtis   09 juin 2014
Consciemment ou inconsciemment, leurs déclarations ont facilité le retour du mythe galvaudé du violeur noir. Et leur myopie historique les empêche de comprendre qu'en dépeignant le Noir comme un violeur, on invite ouvertement le Blanc à faire usage du corps de la femme noire. Cette fiction du violeur noir a toujours renforcé son complément : l'impudeur prétendue des femmes noires. Une fois que l'on a accepté que les Noirs ont une sexualité bestiale et des besoins irrépressibles, la race entière est investie de la même bestialité. Si les Noirs regardent les femmes blanches comme des objets sexuels, les femmes noires doivent certainement accepter avec plaisir les attentions sexuelles des hommes blancs. Dans la mesure où les femmes noires sont considérées comme des femmes de mauvaise vie et des putains, leurs protestations contre le viol perdent tout crédit.
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Videos de Angela Davis (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Angela Davis
"Il faut projeter la libération des Noirs dans le contexte de la libération de toutes les nationalités opprimée et de la classe ouvrière." En 1975, la militante féministe Angela Davis prononçait ce discours éminemment politique.
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