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Dominique Taffin-Jouhaud (Traducteur)Dominique Taffin-Jouhaud (Traducteur)
EAN : 9782721002570
341 pages
Éditeur : Editions des Femmes (24/11/1983)
4.57/5   46 notes
Résumé :
" Le système esclavagiste définissait les Noirs comme une marchandise humaine. Puisque les femmes étaient considérées comme des unités de travail productrices de profit au même titre que les hommes, leurs propriétaires ne faisaient aucune différence entre les sexes. Un universitaire affirme ; "La femme esclave était la servante perpétuelle de son propriétaire et, fortuitement, épouse, mère et femme au foyer." Si l'on se réfère aux tendances de la nouvelle idéologie ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
lemillefeuilles
  06 septembre 2020
[Chronique complète sur le blog].
L'autrice aborde des faits historiques allant du dix-neuvième au vingtième siècle. Elle retrace le mouvement antiesclavagiste. Même parmi les personnes blanches qui soutenaient l'abolition de l'esclavage, les idées racistes foisonnaient. Par exemple, de nombreuses femmes blanches, qui avaient soutenu le mouvement antiesclavagiste, étaient contre le droit de vote des (hommes) noirs, puisqu'elles n'y avaient pas accès.
Après l'abolition de l'esclavage, les conditions de vie des personnes noires – et notamment des femmes noires, qui étaient évidemment pauvres – ne s'étaient pas améliorées autant qu'on pourrait le penser, étant donné que de nombreux droits leur étaient encore refusés et l'éducation leur était souvent interdite.
Le mythe du violeur noir (qui dessert à la fois ces derniers mais également les femmes noires), le mouvement des ouvriers·ères, l'éducation pour les filles noires et le travail domestique sont des sujets également abordé dans cet ouvrage (qui fait près de 300 pages, en comptant les notes). Tous ces sujets sont traités parce qu'ils sont à la croisée de plusieurs oppressions : le racisme, le sexisme et le classisme.
Un ouvrage indispensable et tout à fait accessible pour mieux comprendre et lutter efficacement contre toutes les oppressions et pour les personnes qui souhaitent soutenir l'intersectionnalité des luttes. Angela Davis est une femme intéressante, et je vous invite à l'écouter en interview (vous pouvez en trouver qui ont été traduites) ou à lire ces essais.
Lien : https://anaislemillefeuilles..
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Jeannepe
  18 avril 2020
Pendant plusieurs années, ce titre, Femmes, race et classe, m'a interpellée sur le chemin des toilettes. Angela Davis trônait dans la bibliothèque de ma soeur (en l'occurrence celle en face des WC, ceci explique cela) et, quand elle a déménagé, je me suis dit que ça ne pouvait plus rester uniquement un fantasme intellectuel. Avec Une lutte sans trêve, j'ai découvert qu'Angela Davis était finalement assez facile à lire, et surtout bougrement intéressante. Alors c'est un peu satisfaite (de moi-même et de ma lecture à venir) que j'ai abordé ce triptyque de l'intersectionnalité.
Je m'attendais à une analyse contemporaine (oui, parce que j'ai beau être passée devant le livre plusieurs fois par jour pendant un an et demi, j'avais jamais lu la quatrième de couverture). Que nenni. L'autrice s'intéresse aux femmes noires (faut-il préciser pauvres ?) et décortique les liens entre la lutte abolitionniste et les revendications féministes américaines du XIXe siècle et du début du XXe. Celles-ci, vous l'aurez peut-être présumé, étaient blanches – autant les féministes que leurs revendications. À force d'exemples et de références, on comprend que les dynamiques qui animaient l'une et l'autre luttes, articulées autour de principes moraux – si tant est qu'il existe une morale raciste – et économiques, avaient des logiques somme toute assez divergentes. Ainsi, la lutte anti-esclavagiste était rarement humaniste ; les femmes blanches pouvaient s'insurger que les hommes noirs obtiennent le droit de vote avant elles ; de pseudo-arguments de protection des femmes permettaient de justifier le lynchage des noirs, etc. Bref, la réelle convergence des luttes n'était même pas à l'état d'ébauche.
Ma culture historique et politique américaine est très (très très) limitée, j'ai donc parfois eu le sentiment d'errer entre les personnalités et les dates. Mais, même avec ce léger flottement, ce fut une lecture riche et, à mon sens, elle est essentielle pour comprendre l'articulation de luttes fondamentales et éviter les écueils d'une réécriture lustrée de l'Histoire.
Lien : https://auxlivresdemesruches..
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AnitaBomba
  09 mai 2014
Cet ouvrage fondamental lie avec brio et clarté les systèmes patriarcal, raciste et classiste, en traçant l'histoire des femmes, des noir-e-s et de leurs luttes aux Etats-Unis du XIXème siècle aux années 1970. Si c'est dans l'alliance entre femmes noires et blanches qu'ont été remportées les premières victoires contre le système esclavagiste et le patriarcat, à l'inverse quand le racisme s'installa dans le mouvement pour le vote des femmes, instaurant l'idée que les femmes (blanches) devaient passer avant les noirs (hommes... les femmes noires étant alors "oubliées"), la puissance de ces premières luttes se perdit. L'auteure pose le problème de l'instrumentalisation persistante du viol à des fins racistes : les violeurs vilipendés sont toujours noirs, les victimes blanches... et les femmes noires violées ignorées. Elle montre enfin que les femmes blanches et noires n'étaient pas du tout dans les mêmes situations par rapport à la maternité (cas de stérilisations forcées, etc.), ce qui explique le "peu" de femmes noires impliquées dans la lutte pour l'avortement.
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foxinthesnow
  28 février 2021
Militante du mouvement des droits civiques, philosophe, féministe et communiste, c'est une figure incontournable qui développe dans cet essai un féminisme intersectionnel et des revendications sociales fortes. Elle étudie la communauté des femmes esclaves noires aux USA, qui subissent une triple oppression : le sexisme, le racisme, et la domination économique. Angela Davis rend hommage à leur courage et à leur ténacité.
Elle revient sur plusieurs figures importantes aux États-Unis et dresse les louanges des femmes ayant réussi à allier lutte féministe ET abolitionniste. Pas simple, alors que certaines femmes blanches défendaient les luttes féministes (droit de vote) en abondant l'idéologie raciste, et avec des idées anti-ouvrières ; tandis qu'au sein des luttes sociales, le sexisme était très présent... Les différents fronts ne convergeaient pas forcément. 
Au final, pour Angela Davis, l'ennemi commun est le capitalisme. Elle voit un lien entre esclavage des Noirs, exploitation économique des travailleurs et oppression sociale des femmes. Les dominants exploitaient le corps des autres, par différents moyens.
Elle analyse finement comment certaines avancées peuvent se retourner contre les femmes noires. Par exemple la revendication d'une "maternité désirée" et non subie, à l'origine progressiste, s'est renversée en contrôle des naissances exercé d'une façon eugéniste (lois de stérilisation obligatoire dans certains États dans les années 1930...) Elle aborde aussi le travail domestique, montre que le modèle de la femme d'intérieur apparaît au XIXè siècle et ne concerne qu'une classe moyenne plutôt prospère : les femmes ouvrières, elles, cumulaient travail salarié et domestique... un axe fort de sa pensée reste l'accès au travail, avec le souhait d'une garde d'enfants subventionnée, voire un revenu annuel pour tous.
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Swanney
  14 juillet 2019
Une excellente analyse historique, politique et sociologique des mouvements abolitionnistes et féministes américains du dernier siècle. de quoi se rendre compte que ces causes ont été proches et lointaines par moments, handicapées dans l'obtention de leurs droits par des luttes et incompréhensions de classe.

Davis est une personnalité marquée par une pensée politique et marxiste. Si cela colore l'ensemble de l'analyse, c'est pour mieux permettre de mettre en lumière des choses qui sont longtemps restées cachées. L'avantage, c'est qu'elle ne fait pas de prosélytisme.
Même en France, on devrait tous avoir lu quelques chapitres au minimum. S'il existe une analyse similaire des cas européens, je suis intéressée !
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
lemillefeuilleslemillefeuilles   11 août 2020
Et leur myopie historique les empêche de comprendre qu'en dépeignant le Noir comme un violeur, on invite ouvertement le Blanc à faire usage du corps de la femme noire. Cette fiction du violeur noir a toujours renforcé son complément : l'impudeur prétendue des femmes noires. Une fois que l'on a accepté que les Noirs ont une sexualité bestiale et des besoins irrépressibles, la race entière est investie de la même bestialité.
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JeannepeJeannepe   18 avril 2020
Il y avait beaucoup de naïveté politique dans son analyse des derniers moments de la guerre ; elle se montrait plus vulnérable que jamais à l’idéologie raciste. Dès que l’armée unioniste eut triomphé de ses opposants confédérés, Elizabeth Stanton et ses collègues exigèrent du Parti républicain une récompense pour les efforts accomplis pendant la guerre : elles réclamaient le droit de vote, comme si un traité avait été conclu ; comme si les féministes avaient lutté contre l’esclavage en visant ce droit.

Bien évidemment, les républicains n’apportèrent aucun soutien aux suffragettes après la victoire de l’Union. Ce refus émanait moins des hommes que des politiciens liés aux intérêts économiques dominants de l’époque. Dans la mesure où la guerre entre le Nord et le Sud avait pour but de renverser la classe esclavagiste sudiste, elle profitait essentiellement à la bourgeoisie nordiste, c’est-à-dire aux jeunes capitalistes enthousiastes qui avaient trouvé leur credo politique au Parti républicain. Les capitalistes du Nord cherchaient à contrôler toute l’économie de la nation. Leur lutte contre l’esclavagisme du Sud n’englobait ni la libération des Noirs ni celle des femmes.
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lemillefeuilleslemillefeuilles   11 août 2020
Dès les premiers temps de l'esclavage, les femmes noires ont avorté seules. De nombreuses femmes esclaves refusaient de faire naître des enfants dans un monde de travaux forcés qui n'avait pas de fin, synonyme pour les femmes de chaînes, de fouet, et de viols quotidiens.
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lemillefeuilleslemillefeuilles   29 juillet 2020
Il serait abusif de considérer cette institutionnalisation du viol comme l'expression du refoulement sexuel du maître, hanté par le spectre de la féminité blanche : cette explication est beaucoup trop simpliste. Le viol était une arme de domination, une arme de répression dont le but secret était d'étouffer le désir de révolte des femmes et démoraliser leurs maris.
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Sodapop_CurtisSodapop_Curtis   09 juin 2014
Consciemment ou inconsciemment, leurs déclarations ont facilité le retour du mythe galvaudé du violeur noir. Et leur myopie historique les empêche de comprendre qu'en dépeignant le Noir comme un violeur, on invite ouvertement le Blanc à faire usage du corps de la femme noire. Cette fiction du violeur noir a toujours renforcé son complément : l'impudeur prétendue des femmes noires. Une fois que l'on a accepté que les Noirs ont une sexualité bestiale et des besoins irrépressibles, la race entière est investie de la même bestialité. Si les Noirs regardent les femmes blanches comme des objets sexuels, les femmes noires doivent certainement accepter avec plaisir les attentions sexuelles des hommes blancs. Dans la mesure où les femmes noires sont considérées comme des femmes de mauvaise vie et des putains, leurs protestations contre le viol perdent tout crédit.
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