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EAN : 9791028110253
448 pages
Éditeur : Bragelonne (12/08/2020)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 188 notes)
Résumé :
À ceux qui pensent que vivre pour un dieu est aisé, je dis : «Détrompez-vous.» Aux mortels qui croient que notre vie n'est que volupté et délices, je dis : «Apprenez de votre erreur.» Ayant échappé à l'infanticide, j'ai grandi seul, caché sur une île. Je suis devenu homme, et, guidé par ma grand-mère Gaïa, j'ai concocté un plan afin de renverser mon père, Cronos, maître de l'Olympe. Seul, j'ai appris la vie, l'amour, la mort et la colère. J'ai levé une armée, j'ai r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
Eric76
  17 novembre 2019
Après un long sommeil, qui pour nous se compte en millénaires, Zeus, le Dieu suprême dans la mythologie grecque, le Dieu des Dieux, décide de nous raconter son histoire.
Une histoire qui est aussi la nôtre car, ne nous y trompons pas, l'apparition du Dieu unique qui l'a ravalé, lui et les siens, au rang de mythe n'est qu'un battement de cil, un simple soupir dans l'histoire de l'Homme. Zeus, lui, nous contemple, depuis le fond de nos siècles.
Grâce à la plume magique de Maurice Druon, vous allez entendre la voix d'un être suprême qui a, par le biais du souffle, de la matière, du nombre, de l'infiniment petit et de l'infiniment grand, créé l'Homme.
Une voix qui a la mémoire des ans. Une voix étrangement familière, tantôt pateline, tantôt railleuse, tantôt mélancolique. La voix d'un vieux sage à qui on ne la fait plus.
Comme nous ressemblons à Zeus, avec nos pulsions désordonnées, nos conflits familiaux, nos doutes, nos erreurs, nos colères, nos tromperies, nos petites bassesses, nos regrets, mais aussi nos petits matins bleus, nos générosités, nos triomphes, nos espérances, et nos amours qui ne nous font plus toucher terre.
Les amours de Zeus, justement, parlons-en ! Des amours cosmiques, dans la voie lactée, dans les cieux chargés de nuées, dans le souffle du vent, dans l'écume de mer, ou dans les profondeurs sombres et paisibles d'une grotte… D'innombrables couchailleries avec des déesses à la beauté envoutante, des demi-déesse, des nymphes, des sirènes, des naïades, des mortelles, des immortelles, j'en passe… J'ai vite perdu le compte de son abondante et grouillante descendance.
Parmi tous ses enfants, je retiendrai le claudiquant Héphaïstos, Hadès le non voyant, Hermès le messager, la sage et solide Athéna, l'excessif Dionysos, Prométhée le voleur de feu, et Alexandre le conquérant… Et puis moi, issu, tout comme vous, de la sixième race des hommes et de sa lointaine semence, même si, pour la sauvegarde de mon quartier, je n'ai pas encore osé me lancer dans le maniement de la foudre et du trident.
Comme j'ai aimé Zeus, un Dieu qui avoue se tromper, qui hésite, biaise, qui « si c'était à refaire »… Un Dieu sans vérité révélée, à la différence de tous nos grands gourous laïques ou religieux…
Le vrai Dieu des Hommes, en quelque sorte !
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boudicca
  31 juillet 2014
Célèbre pour sa saga « Les rois maudits », Maurice Druon s'est également essayé dans les années 1960 à l'écriture d'un roman consacré à la mythologie grecque. le temps est venu pour le roi des dieux de rafraichir la mémoire des hommes qui, plus de vingt siècles après la disparition des divinités olympiennes, ont oublié presque tout ce qu'elles avaient pu leur apprendre. Avec ces « Mémoires de Zeus », Maurice Druon nous propose un véritable retour au source des principaux mythes grecs : la naissance du monde et l'union de Gaïa et Ouranos, la mort de Cronos et l'accession de Zeus au pouvoir, la révolte des Titans, le châtiment de Prométhée... Avec un luxe de détails, preuves de son indéniable érudition, l'auteur nous dresse ainsi un portrait complet et parfois surprenant de tous les dieux ou héros majeurs du panthéon grec. On y découvre Zeus accablé par le poids de ses responsabilités, Héra aussi jalouse que ce qui décrit la légende, mais aussi Hermès, de loin le plus ingénieux de tous les dieux, Aphrodite, aveuglée par l'amour qu'elle se porte  elle-même, Hécate, loin d'être la divinité malveillante et terrifiante à laquelle on aurait pu s'attendre... Certaines anecdotes sont célèbres et parleront aussi bien aux néophytes qu'aux passionnés (Dionysos né de la cuisse de Zeus, les travaux d'Hercule, le supplice de Tantale...), mais d'autres possèdent l'attrait de la nouveauté et témoignent de la réflexion poussée de l'auteur sur le sujet. Chacun des éléments qui caractérisent les différentes divinités sont ainsi minutieusement analysés, de leur nom à leur attribut en passant par leur sphère d'intervention, leur caractère..., le tout dans le but de donner au lecteur la vision la plus claire possible de la nature de chacun et de la raison pour laquelle ils revêtent une importance particulière pour les hommes.
Il serait cela dit erroné de ne voir en cet ouvrage qu'un rappel à un lointain passé, totalement éloigné de nos préoccupations actuelles. « Tout est utile à l'homme, et surtout ses souvenirs, lorsqu'il est livré au péril des forces inconnues et de ses propres désordres. Les mythes constituent la mémoire collective de l'humanité. Parmi les questions que l'avenir nous pose, il en est certainement auxquelles le passé a déjà répondu. » A travers la voix de Zeus, Maurice Druon entend ainsi surtout fournir une analyse la plus pertinente possible de nos inquiétudes et de nos modes de vie contemporains, et ce par le prisme de la mythologie. Peur de la mort, éloignement de toute forme de spiritualité, propension à l'autodestruction..., autant de thèmes d'actualité sur lesquels l'auteur nous livre des remarques aussi lucides que passionnantes. Vous l'aurez donc compris, au-delà de celle des dieux, c'est avant tout l'histoire des hommes qui nous est ici narrée. de la Préhistoire aux glorieuses cités grecques antiques, de la découverte du feu au déluge, de la boite de Pandore à la naissance de demi-dieux tels qu'Herackles, Achille ou encore Alexandre le Grand, Druon revient sur tous les événements marquants consacrés à l'humanité dans les mythes grecs. le seul reproche que l'on pourrait formuler concernant l'ouvrage serait de parfois trop se rapprocher sur la forme d'un article d'encyclopédie et d'ainsi risquer de lasser certains lecteurs qui ne seraient pas à cent pour-cent passionnés de mythologie grecque.
Avec ces « Mémoires de Zeus », Maurice Druon apporte la preuve qu'il est aussi doué pour relater les luttes de pouvoir entre les grands familles du Moyen Age que les aventures des divinités antiques. le regard acéré qu'il pose sur nos sociétés contemporaines aussi bien que la minutie de ses recherches et la pertinence de son analyse permettent de brosser un portrait très net de l'ensemble de la structure mythologique grecque dont on ne peut qu'admirer à la fois la complexité et la cohérence. Incontournable pour tous les amateurs d'histoire ancienne ! (d'autant plus que l'ouvrage vient de bénéficier d'une réédition chez Bragelonne et est donc aujourd'hui disponible au petit prix de 10 euros).
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Levant
  19 mai 2020
Nom de Zeus, quelle famille !
Je n'en suis à vrai dire pas vraiment surpris. J'avais connu une ouverture à cette fantasmagorie qu'est la mythologie avec l'excellent ouvrage d'Edith Hamilton : La mythologie, ses dieux, ses héros, ses légendes. Une conviction s'ancre désormais en moi à la lecture des Mémoires de Zeus de Maurice Druon. Elle me fait regretter que le monothéisme nous ait fait perdre tant de volupté dans nos rapports avec Qui préside désormais à nos destinées. Car disons-le tout net, au regard de ce qu'ont pu connaître nos ascendants des première jusqu'à la quatrième race de mortels, puisque nous autres sapiens du XXIème siècle sommes les descendants de la cinquième race, Celui qui s'est arrogé l'exclusivité de nos dévotions, toutes confessions confondues, est bougrement rébarbatif. D'autant que Ses manifestations à notre attention sont pour le moins discrètes et nous obligent à la croyance.
Parce que les Dieux grecs pour ce qui les concerne, relayés par leurs alias romains, n'avançaient pas à visage masqué; ils faisaient preuve auprès de leurs oyes de manifestations pour le moins démonstratives et avaient de bons gros défauts comme on les aime, de nature à affranchir les pauvres mortels de tout scrupule quant à leur propres écarts de conduite. Car pour ce qui est du Seul que l'on révère en nos cathédrales, mosquées, synagogues et autres pagodes de nos jours, et revendique donc la majuscule, son appropriation monomaniaque et anti concurrentielle des consciences laisse planer le doute quant à notre filiation. On ne se reconnaît en réalité que peu d'affinité avec sa rigueur dogmatique tant nous avons de la fidélité une notion élargie et de la vertu un arrière goût amer. Les défauts sont de notre nature. Mais n'est-ce pas Lui qui nous a faits ? Aussi, pourquoi voudrait-Il désormais nous en culpabiliser.
Le seul reproche que l'on pourrait faire aux Dieux de l'Olympe est le malin plaisir qu'ils se sont donné à nous compliquer la vie à nous autres pauvres mortels, à force de tarabiscoter l'arbre généalogique de leur fantaisie familiale, obsédés que nous sommes désormais à vouloir tout rationaliser, tout étiqueter et codifier. Et c'est grand mérite à Maurice Druon de tenter de nous effeuiller dans cet ouvrage l'arbre de Zeus dont les racines font de curieuses connexions en boucle avec les branches aux pouces les plus tendres. Il faut dire que le bougre ne craignait nullement la consanguinité pour faire commerce, comme on dit avec une pudeur toute littéraire, avec ascendance et descendance, pourvu que le plaisir soit à la clé. Bien qu'il connût quand même quelques manifestations de jalousie de sa légitime Héra. Sa justification d'honorer les mortels de la semence divine était argument fallacieux aux yeux de celle-ci. Allez comprendre pourquoi. Car figurez-vous que nos ancêtres de ces temps reculés pouvaient recevoir des dieux des preuves caressantes et culbutantes pourvu qu'ils fussent disposés à les accueillir en leur giron, et augmenter par là une ramure aux bourgeons déjà nombreux et ainsi mieux nous perdre en sa canopée.
Oui Zeus était volage. Maurice Druon n'omet aucune de ses nombreuses maîtresses, divines ou mortelles. Et bien que roi des dieux, il ne se sentait nullement une vocation d'exemple auprès de ses administrés. Car en cette époque bénie des dieux les comportements n'étaient ni louables ni blâmables, ils étaient tout simplement divins. Mais patience divine a ses limites et lorsque Héra, sa légitime, se fit trop intrusive pour surveiller ses errements, il n'hésita pas à la pendre par les cheveux, une enclume accrochée aux pieds. Quelle époque vivons-nous en ce siècle pour que notre code pénal trouve à redire à pareille manifestation d'autorité ?

"Si des esprits aussi chagrins que mal informés vous ont conté, chers mortels, que vous descendiez des singes, ne les croyez pas." C'est Ouranos, le grand-père de Zeus "qui créa l'homme qu'il tenait pour son chef-d'oeuvre", à condition toutefois que sa vie ait une fin. Les Parques ayant mission de veiller à tous cela, en particulier Atropos chargée de couper le fil. Voilà donc un podium pour renforcer notre orgueil et un tombeau pour l'étouffer. Mais en toute occasion remercions Dionysos, plus connu sous son alias de Bacchus, le turbulent rejeton de Zeus, d'avoir couvert nos collines ensoleillées de la divine grappe afin de nous réjouir du succès et oublier le péril.
Quel bonheur en tout cas, dans l'attente du coup de ciseau fatal, de combler quelques heures entre les mains des Parques avec cet ouvrage de Maurice Druon dont je soulignerai respectueusement la qualité de la langue. Ouvrage ciselé, à la documentation exubérante, nous livrant à la compagnie de tant de noms célèbres mais inconnus de nous parce qu'interceptés trop furtivement au gré d'indiscrétions instruites, évoquant au passage les trois Grâces, les Muses, les Saisons, les Hespérides. Et tant d'autres dans le fourmillement d'une parentèle innombrable convoquée en ces pages par l'érudition de notre académicien.
Notre chronologie n'ayant rien de divine et désormais livrée en les mains d'Un seul, Lequel nous rend coupable dès la naissance puisque nous affublant du péché originel, coupable de naître donc, il me faut mettre un terme à ce propos et vous rendre à vos auteurs qui piaffent jalousement de savoir vos yeux rivés à ces lignes, lesquelles vous font l'éloge d'une biographie du roi des Dieux, qui pourrait donc durer ce que durent les dieux, éternellement.
Nom de Zeus, le temps nous est compté. Nous ne sommes plus au temps de l'Âge d'or.
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Ichirin-No-Hana
  21 septembre 2020
La réédition des Mémoires de Zeus chez Bragelonne est pour moi l'occasion d'enfin découvrir la plume de Maurice Druon, célèbre auteur de la saga des Rois Maudits.
Avec ce roman, Maurice Druon réussit le pari à la limite de l'insurmontable de nous raconter l'histoire de Zeus. Entre les différents événements qui ont jalonné la vie de ce roi des Dieux, notre Zeus a une vie sentimentale (disons plus sexuelle pour le coup) bien complète qui aura donné lieu à une petite trentaine d'enfants d'après le roman. le travail documentaire autour de la rédaction de l'ouvrage doit être colossale et l'auteur nous fournit en résultat une chronologie plutôt crédible des différents mythes. On y rencontrera une ribambelle de personnages plus ou moins connus ce qui fait de ces mémoires fictifs une véritable bible de la mythologie greco-romaine.
Les Mémoires de Zeus est un roman vraiment enrichissant portée par une plume passionnée et passionnante. A lire pour tous les curieux !
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kouette_kouette
  08 août 2020
Quand on voit le nombre de dieux, demi-dieux, Titans, Géants, Hécatonchires et Cyclopes que comptent la mythologie grecque, ça a de quoi impressionner pour partir à sa découverte. Surtout si, comme moi, vous faites référence à cette mythologie seulement pour balancer du "Comme disait Bacchus : lâchez-moi la grappe !". Et là, certains relèvent l'étendue de mon ignorance initiale puisque Bacchus est la version latine de Dyonisos.
Mais revenons chez les Grecs.
Il m'aura fallu voir le nom de Maurice Druon, conteur hors pair, pour me lancer dans une lecture concernant ce vaste mythe.
Et effectivement, ici, je n'ai pas été noyée et j'ai été prise dans l'histoire. J'ai même été chercher plus d'informations sur ce passage plein d'espoir de l'Ère des Poissons "cet âge de flottement, de noyade de l'esprit, de cécité dans les eaux glauques de l'inconscience, de cruauté" à l'Ère du Verseau "où triomphent l'air et la lumière, vous promet la découverte, les aventures de l'intelligence, le vol dans les espaces, la recherche de l'au-delà des choses, la réconciliation par la compréhension, et la mutuelle fécondation des esprits mâles." Pour vous dire...
En revanche, je ne sais pas si cette version s'écarte trop ou pas assez d'autres versions. Je peux juste vous dire que, pour vivre avec un pointilleux de la mythologie grecque, vous pourriez comme lui vous demander "Comment ça, c'est pas dit que Pégase est sorti du sang de Méduse qui a eu la tête tranchée par Persée ?!"
De toutes façons, ce n'est pas très grave puisque de ces mémoires de Zeus, chacun en fera ce qu'il voudra. du conte à la croyance en passant par la philosophie, n'oublions pas que Promothée nous a offert le libre-arbitre.
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Citations et extraits (94) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric76   16 novembre 2019
Etrange dieu que je vous avais donné là, tantôt tendre et tantôt cruel, parfois inspiré, parfois délirant, impulsif, vagabond, désordonné. Et pourtant il vous est aussi nécessaire que la Raison, le Savoir ou la Loi. Il était le dieu qui vous manquait.
Car Dionysos est votre libérateur, non pas dans le devenir, comme Prométhée, mais dans l'état. Il délivre les fils de la peur des pères, il délivre les vierges de la peur du mâle, et l'homme vieillissant de la peur de vieillir.
L'enfant qui se costume en roi, le prince qui se grime en voyou, le forgeron qui s'amuse à porter robe de femme, et la fileuse à se travestir en soldat, le timide qui devient audacieux sous un masque, le bossu qui rugit dans la tête de tigre dont il s'est affublé, obéissant pour un jour, une heure, à Dionysos, et par là se libèrent de désirs secrets, de regrets enfouis. Vos carnavals, sous toutes les latitudes, vos fêtes et danses accompagnées de chants, de cris et de beuveries, sont votre héritage des Dionysies, petites et grandes.
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Eric76Eric76   07 novembre 2019
Ouranos avait par-dessus tout la passion de créer. Secret apporté avec lui, depuis des distances infinies, ou bien intuition géniale, mais de toute manière cadeau des Destins, il possédait le Nombre de la vie organique. Il fit les espèces.
Tout ce qui verdit, fleurit, nage, rampe, vole, marche ou court, tout ce qui peuple les eaux, tout ce qui traverse les airs, tout ce qui a racine en la roche ou l'humus, tout ce qui mange, respire, sécrète, tout ce qui chante, pépie, brame ou feule, appelle, crie son désir, sa crainte et sa joie, tout ce qui donne œuf, germe, grain, semence, tout ce qui se dédouble et dont chaque partie refait une unité semblable à l'original, tout ce qui est capable d'enfermer, dans une parcelle infime de sa substance, ses formes et ses caractères pour les transmettre à un être nouveau et pourtant identique, tout cela est son œuvre.
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Eric76Eric76   13 novembre 2019
Mille taureaux furieux mugissant tous ensemble, mille bisons chargeant, mille lions rugissant n'eussent pas produit un bruit plus effroyable que celui qui nous vint assourdir. Et les gueules de mille hyènes n'eussent pas répandu plus forte pestilence. Le crépuscule s'obscurcit d'un coup.
Quelles griffes avaient crevé toutes les outres d'Eole pour produire cette folle bourrasque, ce déchainement, cet ouragan qui couchait les forêts, faisait voler les branches comme paille au battage, courbait la nature et soulevait l'eau des fleuves en écumantes collines ?
Il surgit derrière nous, plus haut que toutes les montagnes.
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Eric76Eric76   10 novembre 2019
Je connus bientôt la peine d'être roi. De toutes parts, les Dieux du sol, des bêtes et des plantes se tournaient vers moi, me demandant des ordres, des lois, des directives. Ils attendaient surtout des recettes pour être heureux, comme si d'avoir changé de règne devait constituer un remède immédiat à leurs maux anciens, et comme si mes interventions devaient, de la veille au lendemain, procurer à chacun une félicité intégrale.
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Eric76Eric76   11 novembre 2019
Les épouses fondent les foyers ; les amantes les bouleversent ; et les filles, quand arrive leur tour d'être mères, les désertent. Chacune, allumant une flamme, en éteint une autre ; et toutes, devenues aïeules, grelottent devant des cendres froides.
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Vidéo de Maurice Druon
Retrouver l'émission ici : https://www.web-tv-culture.com/emission/theresa-revay-la-nuit-du-premier-jour-52411.html
Après deux titres contemporains, Theresa Révay a choisi le roman historique dont elle est devenue l'une des meilleures représentantes. Avec « Valentine ou le temps des adieux » en 2002, les lecteurs découvrent alors une jeune auteur dont le travail d'écriture, le romanesque des situations, la psychologie des personnages et le cadre historique n'est pas sans rappeler Henri Troyat, Maurice Druon ou Françoise Chandernagor. Pour ma part, j'aime à dire que Theresa Révay peut être considérée comme la petite cousine de Ken Follett !
Après la révolution bolchevique dans « La louve blanche », l'Angleterre des années 20 dans « Dernier été à Mayfair », le Berlin de 1945 dans « Tous les rêves du monde » ou la fin de l'empire ottoman dans « L'autre rive du Bosphire », Theresa Révay n'a pas son égale pour nous faire voyager dans le temps et dans le monde. Par un sens de l'intrigue parfaitement construit, elle sait inventer des destins romanesques aux prises avec la grande histoire, sans rien sacrifier à la qualité de l'écriture.
Voici le 10ème roman de Theresa Révay, « La nuit du premier jour ». Nous sommes à Lyon à la toute fin du XIXème siècle, où Blanche s'étiole dans la bourgeoisie locale des soyeux, auprès de son mari Victor. de ce mariage arrangé sont nés deux enfants, Oriane et Aurélien que chérit leur mère. Et pourtant, par amour pour Salim, venu de son Orient natal pour affaires avec les soyeux, Blanche va tout quitter.
Au-delà de cette intrigue romanesque et des rebondissements liés à des secrets de famille bien enfouis, Theresa Révay nous entraine dans un formidable tourbillon de sentiments et de larmes, au coeur du premier conflit mondial mais aussi dans le soleil de la Syrie et du Liban, où le sang va couler également. Face à une Europe qui se déchire, à l'autre bout de la Méditerranée, Blanche va devoir affronter la révolte arabe face à l'empire Ottoman de Jamel Pacha.
Magnifique portrait de femme luttant par amour, pour ses enfants comme pour l'homme de son coeur, le nouveau roman de Theresa Révay est une grande fresque qui résonne avec notre époque contemporaine et nous offre un magnifique moment de lecture.
« La nuit du premier jour » de Theresa Révay est publié chez Albin Michel.
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