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EAN : 9782266085885
442 pages
Pocket (07/01/2000)
3.92/5   24 notes
Résumé :

Si vous saviez comme on jase dans le pays...

Adrien, le fils de Capestang, vit comme un paysan, dans une ferme misérable, à trente lieues du "château" familial de l'Argilière – certes dans le plus beau domaine des Landes – mais sur une terre ingrate qui lui donne à peine de quoi subsister, tandis que ses frères et sa sœur mènent grand train et se promènent en automobile !

Depuis que les siens l'ont rejeté à cause de son infirmit... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
CDemassieux
  11 février 2021
C'est l'histoire d'une famille de propriétaires terriens des Landes, les Capestang. C'est aussi l'histoire de l'enracinement dans une terre donnée. C'est encore l'histoire d'un homme, Adrien, né dans les souffrances de la maladie et la froideur maternelle, qui, face aux événements souvent contraires, découvrira tout de même le bonheur de vivre, grâce, notamment, à une jeune femme, Lise, exilée du Nord pour cause de guerre, ce « monde d'étroits boyaux matraqués jour après jour par l'artillerie allemande, d'où fuyaient l'espoir et la raison ».
La guerre, on en reçoit d'abord les échos ; puis elle s'incruste progressivement dans les familles comme la boue des marais sous les ongles À mesure que se poursuit cet « Holocauste qui achevait de coucher la France au fond des tranchées », les soldats détruits dans leurs corps et leur tête reviennent ainsi au pays, tandis que le deuil s'installe dans les chaumières et les cimetières. Deuil qui fait saliver les profiteurs de l'arrière et dont l'abject régisseur Vialle est un archétype.
Et lorsqu'Adrien, ce pauvre Capestang valétudinaire et infirme qui ne peut aller se battre comme ses frères, doit céder sa parcelle de Iéna – son havre de paix jalousement gardé – à la coupe, sous la pression d'un beau-frère aux dents plus longues qu'un loup et avançant le faux prétexte de l'effort de guerre en envoyant ces troncs consolider les tranchées, l'auteur compare ces arbres tombés à des hommes qui meurent au front, comme Giono comparait un grand troupeau de bêtes mourantes descendant la montagne à celui des soldats : « Des troncs fracassé montait l'odeur de la résine, malgré le crachin persistant. Adrien ne put s'empêcher de penser aux soldats terrés sous eux, et pulvérisés d'un coup dans cette senteur âcre. » Chacun à ses combats, même si, plus tard, Adrien se rendra compte sur place de ses dérisoires malheurs au regard des dévastations de la guerre. Ceci le fera définitivement grandir…
Le beau-frère en question, Alexis Montabaud, est l'incarnation de l'opportuniste privilégiant sa seule ascension sociale, quitte à écraser les obstacles, fussent-ils des rescapés de la guerre : « Il [Adrien] devinait, à travers l'obstination de son beau-frère, ce que percevaient parfois les rescapés du front, lorsqu'ils bénéficiaient d'une permission : la vie, normale ou presque, et derrière elle, les contorsions des spéculateurs, leurs appétits intacts, et cette énergie qu'ils mettaient à convertir à leur avantage les montagnes de souffrance consenties pour protéger en fin de compte leur truanderie. »
Mais tout n'est pas noir dans ce magnifique roman, et le soleil des Landes veille à ressusciter l'espoir dans le coeur meurtri d'Adrien ; un espoir qui se manifeste d'abord, pour lui, en la personne de Lise, cadeau de la providence dont l'« océane clarté des yeux » et « l'aura de lumière » l'illumineront de bonheur, écartant définitivement la palombe noire
Depuis que la littérature de la ville – surtout Paris – a pris le parti de l'écriture médiocre et nombriliste, il faut donc chercher ailleurs le souffle romanesque. Ce souffle que des Yves Viollier et des Alain Dubos possèdent pleinement car, où qu'ils aillent, ils savent qu'ils viennent d'une terre donnée…
Quoi qu'il en soit, diou biban, quel roman !

(Information pratique : ce roman ainsi que l'ensemble de l'oeuvre de l'auteur sont désormais disponibles soit sur bookelis.com, soit en commande directe chez les libraires distribués par Hachette)
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Annabelle31
  24 janvier 2017
Landes, 1914. Alors que la famille Capestang vit à l'Argilère le riche domaine familial, Adrien le fils cadet lui, vit seul et travaille la terre d'une petite ferme dont il retire à peine de quoi vivre ou plutôt survivre.
Sa famille l'a rejeté à cause de son handicap, une boiterie séquelle de la tuberculose. le pauvre homme vit dans la misère et seule Lise, saura lui donner de l'espoir, lui dont personne ne veut, même pas l'armée en cette veille de guerre.
Un roman dur, de par le sujet, qui traite de la capacité des hommes de vivre en clan en en excluant les plus faibles, en repoussant la différence. Belle lumière dans la noirceur de ce roman de terroir, la douce Lise, qui saura donner à Adrien la force d'aller de l'avant.
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alzor
  30 août 2021
Très beau roman, qui nous plonge au coeur de la pinède landaise à l'époque de la 1ère guerre mondiale.
L'écriture est passionnée et de qualité constante, et les descriptions de l'exploitation forestières toujours précises et techniques.
Un vrai régal pour le natif des Landes que je suis !
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Annabelle31Annabelle31   24 janvier 2017
Père est mort ! Et François ! Cette famille s'éteint comme une bougie et tu montes de tes marécages pour réclamer je ne sais quoi, en parfait égoïste qui se moque bien du reste du monde, quel toupet ! As-tu seulement un peu de respect pour ce pauvre Louis ?
Il pensa qu'elle se détournait du sujet. La technique était efficace : culpabiliser celui qui était venu pour se plaindre.
Il soutint le regard furieux de sa soeur, sourit vaguement de cette colère censée le noyer.
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Annabelle31Annabelle31   24 janvier 2017
Alexis Montabaud égaya le repas de quelques potins bordelais, qu'il distillait avec un savant mélange de demi-mots et de pseudo-secrets, le tout coupé par des silences artistement dosés. L'exercice lui convenait. Les coucheries des uns, les problèmes de trésorerie des autres, les bonnes affaires immobilières faites au saut du lit par d'avisées courtisanes, et la manière qu'avaient quelques sénateurs et conseillers de les leur permettre, tout y passait, ou presque.
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Annabelle31Annabelle31   24 janvier 2017
Au bout d'une heure d'une marche monotone et silencieuse, les hommes trouvèrent l'abri d'un bois, le temps de jouir de la fraîcheur, avant de déboucher à nouveau en rase campagne, le long d'un chemin de terre rectiligne, entre deux champs couverts de chaumes abandonnés.
Le silence était absolu, les oiseaux même semblaient avoir renoncé à affronter la chaleur.
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