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EAN : 9782070339679
512 pages
Gallimard (31/08/2006)
3.99/5   1134 notes
Résumé :
« Edgar aimait le pouvoir mais il en détestait les aléas. Il aurait trouvé humiliant de devoir le remettre enjeu à intervalles réguliers devant des électeurs qui n'avaient pas le millième de sa capacité à raisonner. Et il n'admettait pas non plus que les hommes élus par ce troupeau sans éducation ni classe puissent menacer sa position qui devait être stable dans l'intérêt même du pays. Il était devenu à sa façon consul à vie. "
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Critiques, Analyses et Avis (113) Voir plus Ajouter une critique
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Cinq décennies ou presque à la tête des renseignements, forcément ça en fait des révélations à faire. Et cela devient carrément passionnant quand elles le sont de Clyde Tolson l'amant de John Edgar Hoover, patron intraitable du FBI. L'assassinat des Kennedy, de Martin Luther King, la guerre sans merci contre le communisme, les liens avec le milieu mafieux, les manipulations, les trahisons, la soif de pouvoir, le portrait est glaçant. Un homme en proie à ses démons, prêt à tout pour garder les ficelles du pouvoir. le lien indéfectible entre les deux hommes est très bien rendu. On est bien loin du rêve américain.
Dugain mène son récit avec une maitrise impressionnante, difficile de lâcher son roman tant son talent de narrateur fait merveille. Depuis « La chambre des officiers », Marc Dugain s'affirme comme un excellent romancier. Go to USA, le voyage vaut le détour.
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Par la voix du principal adjoint (et amant) de John Edgar Hoover, Clyde Tolson, Marc Dugain revient sur le rôle de celui qui a dirigé le FBI sous huit présidences américaines, avec leur lot de malversations et compromissions.

On apprend ce que l'on sait ou soupçonnait déjà : la longévité exceptionnelle d'Hoover au FBI n'est pas liée seulement à sa compétence, mais à ce qu'il accumule sur les présidents et autres puissants. Indéboulonnable car il les tient, il a sur eux, pour les traquer jusque dans leur vie privée, des dossiers capables de ruiner leur carrière. Gardien de la moralité des autres, Hoover est aussi, paradoxalement, un homme pour qui tous les moyens sont bons pour se maintenir au pouvoir.

Un livre surement pas à prendre au pied de la lettre, puisqu'il s'appuie principalement sur les Mémoires (apocryphes ?) attribués à Clyde Tolson, mais à lire comme un (bon) roman inspiré par des faits historiques.
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La malédiction d'Edgar retrace 50 ans de vie politique américaine occulte et 50 ans de vie privée paranoïaque et compliquée… Ce livre est donc doublement fascinant !

Le personnage principal, Edgar Hoover, patron du FBI pendant 48 ans sous différents présidents, l'est tout autant. On le découvre ici dans le journal apocryphe de son adjoint et partenaire de malédiction, Clyde Tolson.

Avec ce binôme assez retors et très amateur d'écoutes téléphoniques, on va découvrir les secrets des Kennedy, les dessous des attaques à Cuba ou de la chasse aux sorcières communistes, la collusion avec la mafia, le rôle de la CIA…

Le tout avec le point de vue de Clyde Tolson, convaincu de leur mission donc prompt à justifier toutes leurs compromissions, entêtements ou cruautés. le passage avec l'universitaire camusien est à ce titre tout à fait savoureux, de même que leur dernière entrevue avec Kennedy père.

La malédiction du titre, qu'on découvre à l'avant-dernier chapitre même si on l'avait pressentie bien avant, est bien innocente pour nous aujourd'hui… pour autant, tous les personnages évoqués semblent bien loin de l'innocence, ils penchent tous plutôt du côté de la malédiction.
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Avant de lire ce roman de Marc Dugain, j'avais une image très négative d'Edgar Hoover. Je le voyais comme un homme prêt à tout pour le pouvoir, un manipulateur sans foi ni loi, sans scrupules.
Je dois reconnaître qu'après ma lecture, j'ai du revoir mon jugement.

Dans La malédiction d'Edgar, Marc Dugain retrace la carrière d'Edgar Hoover à la tête du FBI, carrière débutée sous Roosevelt et terminée sous Nixon, voyant défiler les présidents là où il a su conserver son propre fauteuil durant toutes ses années.
Peut-être a-t-il pensé à viser lui-même la Maison Blanche mais il s'est vite rendu compte que le véritable pouvoir n'était pas dans les mains de l'occupant du bureau ovale.

J'ai finalement découvert un homme attaché à ses principes, à sa patrie, à ses idées et ses valeurs. Il avait une certaine conception de son pays et lui a consacré sa vie. Ses actions, décisions ou choix étaient principalement orientés vers un but : l'intérêt du pays, en tout cas, à ce qu'Edgar estimait bon pour son pays. Pour y parvenir, il a compris que sa place lui permettait de tirer toutes les ficelles nécessaires d'où son acharnement à la conserver.

« L'électeur nous laissera toujours le sale boulot. Il sait bien que là-haut les choses ne sont pas si claires. Mais il ne sait pas toujours à quel point. Quand il le découvre, il fait mine de s'en offusquer. Mais tant qu'il est devant son téléviseur avec une bière bon marché et qu'il y a de l'essence dans le réservoir de sa voiture, il est plutôt satisfait que d'autres fassent ce sale boulot à sa place. Il est comme tout le monde, pris entre le rêve et la réalité. le rêve c'était Kennedy, mais notre pays n'avait pas les moyens de rêver plus longtemps. Il y a toujours eu deux types de personnes dans nos métiers. Ceux qui veulent se faire aimer et ceux qui s'en moquent. Edgar et moi avons fait partie de la deuxième catégorie. le pouvoir au fond, c'est faire ce qui est dans l'intérêt de la nation et ne lui faire savoir que ce qu'elle peut entendre. »

Plus que l'histoire d'un homme, ce roman raconte aussi l'histoire des Etats-Unis mais du point de vue des hautes sphères : guerres mondiales, chasse aux sorcières et maccarthysme, guerre froide, crise de Cuba, assassinats des Kennedy etc… le lecteur entre dans les coulisses, voit l'envers du décor : magouilles, écoutes illégales, dossiers et enquêtes sur tout le monde, entente avec la mafia, le véritable visage de la famille Kennedy …

« Dans le cercle du pouvoir, il n'y a aucun secret, seulement des types qui font semblant de ne pas savoir. »

« Faire de la politique, c'est se mettre bien avec ceux qui mènent le monde, ceux qui décident, ceux qui ont le pognon. Si tu veux les ignorer, il ne te reste plus qu'à conquérir le peuple avec des grandes idées. Mais quand tu l'as endormi avec des leçons de morale de merde, il faut que tu sois toi-même irréprochable, tu comprends ? »

L'histoire, la grande comme la petite, nous est narrée par le bras droit d'Edgar Hoover. Marc Dugain utilise le procédé du livre dans le livre. Son roman s'ouvre donc sur la mise en scène d'un homme chargé d'effectuer des recherches pour un film, il s'intéresse alors à un manuscrit dont l'authenticité n'est pas attestée : les Mémoires de Clyde Tolson, numéro deux du FBI, mémoires insérées dans le roman.
L'ennui c'est qu'à la fin de ma lecture, je m'attendais à retrouver cet homme mais le roman s'achève avec les Mémoires de Tolson. J'ai eu donc comme un léger goût d'inachevé.

Malgré ce petit bémol, j'ai beaucoup apprécié cette lecture qui permet de réviser l'Histoire contemporaine sous un angle différent. le roman est richement documenté, Marc Dugain s'étant appuyé sur de la documentation d'époque et sur une solide bibliographie. Bien entendu, il faut garder à l'esprit que certaines révélations dans le roman restent de l'ordre de l'hypothèse et que le point de vue narratif choisi par l'auteur ne révèle que subjectivement et partiellement la personnalité de Hoover.
Et bien que ce dernier ait été une crapule misogyne, raciste et antisémite, le portrait qu'en fait Marc Dugain, forcément positif car vu par une personne qui l'admirait, le rend plus humain et presque sympathique. En tout cas, je ne le considère plus du tout de la même façon.

Lien : http://0z.fr/8SgBD
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La malédiction d'Edgar / Marc Dugain
le récit commence par un prologue dans lequel un premier narrateur, visiblement écrivain rencontre une éditrice pour évoquer le cas d'un manuscrit que la maison d'édition a acquis et dont lui l'écrivain va devenir possesseur. Ce manuscrit dont l'authenticité est mise en doute, écrit de la main d'un certain Clyde Tolson, membre du FBI à partir de 1928, se situe entre la biographie historique et la confession personnelle évoquant sa relation avec Edgar Hoover patron du FBI de 1924 à 1972. le contenu du manuscrit couvrant la période allant de 1932 à 1972 constitue la substance de ce roman. Faux ou authentique, peu importe. Et puis la prétendue objectivité d'un mémorialiste est aussi nuisible à la vérité que l'intention de falsifier des faits.
le premier personnage évoqué par Clyde Tolson est Joseph Patrick Kennedy, appelé Joe, un homme né en 1888 qui a fait fortune dans les années 30 dans divers domaines. Marié à Rose Fitzgerald, fille de John Francis Fitzgerald (1863-1950) maire de Boston et de Josephine Hannon (1865-1964), il eut 9 enfants dont le puîné fut John Fitzgerald Kennedy dit Jack, né en 1917.
Joe personnage charismatique se comportant comme une légende vivante, soutint Franklin Delano Roosevelt pour l'élection de 1932 puis 1936. Considéré comme un génie en affaires, aimant l'argent et les femmes, il était vu comme un abruti en politique. Il fut nommé ambassadeur en Grande Bretagne en 1938 après avoir été un des piliers des grandes réformes de Roosevelt dans le domaine de la finance. Ses ambitions présidentielles pour succéder à Roosevelt ne connurent pas leur aboutissement.
La suite parle du pouvoir d'Edgar Hoover pour qui son ami Tolson aurait bien vu un destin présidentiel. Mais manquant d'assise, d'influence et de moyens financiers, il préféra le pouvoir de faire ou de défaire un président, nuire à ou favoriser une élection, barrer la route à un candidat. Il fera tout pour empêcher Joe de succéder à Roosevelt, barrer la route à ce catholique irlandais intrus au milieu des WASP. Roosevelt pouvait compter sur Edgar pour faire pression sur la presse et mettre en place des écoutes téléphoniques. Il devint ainsi l'unique mesure de la pertinence morale et politique durant près d'un demi siècle.
Edgar n'aimait pas les femmes excepté sa mère. Il les considérait comme des êtres complexes et imprévisibles dotés d'une redoutable perversité. Il ne voyait en elles que calcul et dévoiement. Un seul être resta proche de lui après la mort de sa mère, Clyde Tolson, son proche collaborateur. On l'a compris, Edgar et Clyde étaient amants.
On retrouve un peu plus loin Joe Kennedy qui ayant renoncé à briguer la présidence prépare son fils aîné Joe Junior à cette occurrence. Il a 25 ans et diplômé d'Harvard. Entre temps Roosevelt est réélu pour la troisième fois en 1940. Mais ce qui préoccupe Edgar, c'est John Kennedy, qui s'est amouraché d'une certaine Inga Arvad, double espionne danoise soupçonnée de travailler pour les Nazis, journaliste au Times Herald. Étroitement surveillé, John n'en poursuit pas moins la belle danoise de ses assiduités.
Avril 1945 voit la mort subite de Roosevelt, à quelques semaines de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Truman, le vice président lui succède et décide de révolutionner le FBI en créant la CIA, ôtant ainsi à Edgar nombre de ses prérogatives. Finie l'Amérique latine et les surveillances à l'étranger. le FBI se voit cantonné à des surveillances intérieures. La CIA dépend directement du Président. Edgar fait front et avec Clyde, son double, il poursuit ses investigations notamment au sein de la pègre qu'il n'hésite pas à fréquenter que ce soit à New York, en Floride ou sur la côte Ouest. Sans rendre de service particulier à la pègre, Edgar s'en sert pour lutter contre l'ennemi mortel : le communisme ou tout ce qui lui ressemble. En 1947, c'est une véritable croisade qu'entreprend Edgar contre le communisme. Il trouve des alliés notamment en la personne du jeune Richard Nixon, récemment élu à la chambre des représentants, et de Ronald Reagan, un acteur de western de deuxième catégorie. Dans le collimateur on trouve des célébrités comme Pearl Buck, Thomas Mann, Hemingway, Steinbeck, Aldous Huxley, Arthur Miller, Truman Capote, et même Albert Einstein. Celui qui fut littéralement banni en 1952, c'est Charlie Chaplin, sympathisant communiste notoire.
Joe Kennedy rejoint Edgar et Clyde au FBI, mais tandis que ses affaires vont pour le mieux, sa famille sombre dans le drame. Joe junior, l'aîné des fils, trouve la mort en mission aérienne en août 1944 au Royaume Uni et John est gravement blessé au combat en 1943 au large des îles Salomon. Une de ses filles est lourdement handicapée suite à une lobotomie hasardeuse et Kathleen son autre fille, s'écrase avec son avion dans l'Ardèche en mai 1948. Et John, riche, désinvolte, intellectuel coureur de femmes, tout à fait immoral, continue d'être étroitement surveillé par Clyde alors qu'il se prépare à entrer en politique, reléguant dans l'ombre son père. Il est élu à la chambre des représentants en 1948.
1952 : Eisenhower, soutenu par le bouillant Richard Nixon et Joseph Mac Carthy le tribun de l'anticommunisme, le militant sans faille à la grande gueule sans méthode de travail, est élu président alors que c'était le général Mac Arthur qui était pressenti du côté républicain. Pour Edgar et Clyde, c'est une présidence confortable. Tous du même bord, ils rament ensemble. John Kennedy se marie en 1953 avec Jacqueline Bouvier.
1960 : l'élection présidentielle voit s'affronter Richard Nixon soutenu par Edgar et Clyde et J.F.K. qui n'a pas manqué de prévenir qu'en cas de victoire, Edgar Hoover serait confirmé dans ses fonctions à la tête du FBI. Malgré des problèmes de santé (Maladie d'Addison et fragilité de la colonne vertébrale), J.F.K. continue de courir les femmes de façon effrénée. John Kennedy est élu avec la bénédiction de la Mafia et choisit Lyndon Baines Johnson comme vice président et son frère Robert, dit Bob, comme ministre de la justice, ce qui fait un peu grincer des dents Edgar. En effet, Bob fait tout dans la provocation en méprisant la hiérarchie et les usages, ne respectant pas les anciens notamment ceux du FBI. Bob Kennedy reproche à Edgar de trop concentrer ses activités dans la chasse aux communistes, laissant la pègre en faire un peu trop à son goût.
le chapitre sur les rapports d'Edgar avec son psychanalyste est un moment savoureux du récit et Tolson ne nous cache rien, du moins c'est ce que l'on suppose.
Edgar met le président en garde quant à ses relations extraconjugales et notamment avec une certaine Judith Campbell qui est aussi la maîtresse d'un des barons de la Mafia, un certain Giancana. Des menaces venant de la Mafia planent sur John et Bob : Edgar prévient le président. Par ailleurs dans sa volonté de réformer les droits civiques notamment des Noirs, JFK et Bob révoltent certaines populations blanches.
Edgar se fait du souci quant aux imprudences de JFK qui ne respecte guère les consignes de sa garde rapprochée. JFK se comporte comme la star qu'il est devenu : pour la première fois, les Américains ont une star mondiale à la tête de leur pays. Mais l'addiction au sexe de JFK inquiète Edgar. Puis survient le fiasco de la Baie des Cochons pour tenter de renverser Castro suivi de l'opération Mangouste qui avorte avant même son exécution. JFK se retrouve isolé et le doute s'installe. Dans ses rapports avec l'Est, il n'a pas la main : Krouchtchev fait construire le mur de Berlin sans que JFK ne bronche. Trop flexible, JFK renvoie une image de faible aux yeux de l'URSS.
Compte tenu de l'attrait irrépressible de J.F.K. pour les femmes, il n'était pas pensable qu'il fît l'impasse sur le symbole sexuel le plus adulé d'une génération : Marilyn Monroe, qui était déjà la maîtresse de son frère Bob. Tous les indices relevés par le FBI montreront que Marilyn a été victime d'un assassinat, et personne n'avait intérêt à faire disparaître l'actrice hormis les frères Kennedy comme le montre l'enquête secrète du FBI. Edgar et Clyde estiment avoir croisé au cours de leur longue carrière les pires malfaiteurs déguisés en gendres idéaux en la personne des deux frères Kennedy. Opportunistes, francs-tireurs, ils étaient sans code de bonnes manières. Ils pensaient qu'ils pouvaient tout se permettre en raison du fait qu'ils bénéficiaient d'un énorme soutien populaire uniquement fondé sur leur image d'hommes jeunes et modernes. Dans les allées du pouvoir cependant, ils étaient considérés comme des galeux. L'idée que le président pourrait être assassiné n'étonne plus Tolson.
Et Kennedy est mort par là où il a péché : la Mafia a eu raison de lui. Toute l'enquête du FBI est relatée dans ce long chapitre sur les tenants et les aboutissants concernant l'assassinat de J.F.K. Il y eut la version officielle bien sûr et puis il y eut la secrète enquête en interne du FBI qui montre que Oswald fut un pion manipulé par la CIA et passage à l'action initié par la Mafia. Tolson révèle tout ce qu'il a découvert sur Oswald et ur Ruby, l'assassin de Oswald. Il y eut plusieurs tireurs dont trois tireurs d'élite corses rapidement exfiltrés du pays grâce à tout un réseau mafieux. Et Tolson va plus loin encore : il affirme que l'on ne peut assassiner un président des Etats-Unis sans l'assentiment de la CIA et du FBI, sans qu'ils participent directement au meurtre.
Pour Tolson, le courage ne demande que de l'inconscience, alors que la lâcheté demande de l'intelligence ; et lui ne respecte que l'intelligence.
Suit un beau chapitre sur la pensée d'Albert Camus que Tolson ne porte pas dans son coeur.
Avril 1968 voit l'assassinat de Martin Luther King à Memphis. Puis quelques mois plus tard celui de Bob Kennedy en pleine campagne présidentielle. Un assassinat monté très exactement selon les mêmes règles que celui de son frère, commandité par la CIA et la Mafia texane protégée par Johnson : un tireur isolé Shiran Shiran et un finisseur à bout portant. Kennedy disparu, c'est Nixon qui est élu. Un homme dont l'Amérique avait besoin selon Tolson. Hélas l'affaire du Watergate le contraint à la démission.
Edgar Hoover meurt subitement en 1972. Des funérailles nationales sont organisées pour cet homme qui avait servi sous huit présidents des Etats-Unis. Il fut inhumé comme un chef d'état après un règne de 48 années, grand régisseur de cinq décennies de vie politique américaine, avec un immense pouvoir sans avoir jamais eu à affronter les électeurs.
500 pages de révélations et d'anecdotes passionnantes. Tout ce récit tout s'appuie sur des événements réels et des personnages portant leur nom véritable. Une bibliographie citant les sources est proposée en fin d'ouvrage : dialogues, comptes rendus d'écoute, fiches de renseignements, le tout réuni pour des mémoires attribuées à Clyde Tolson, le second du FBI et amant d'Edgar.
Extrait : Qu'est-ce qui fait le propre de l'homme ? Selon Thomas Huxley, c'est la morale. Pour les marxistes, c'est l'outil. Pour Platon, c'est la bipédie. Pour Aristote, l'homme est le seul animal politique, c'est à dire le seul animal doté d'un double langage.




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"Edgar prit la chose avec beaucoup de sérénité en me disant : - A la différence des rouges de jadis, ces types [les hippies] carburent à la marijuana, à l'héroïne et au LSD au petit-déjeuner. Je leur donne dix ans pour s'éliminer par eux-mêmes."
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Marilyn Monroe faisait partie de ces rares femmes qui figuraient au panthéon photographique d'Edgar, sur les murs de l'escalier qui menait à l'étage. Il l'avait rencontrée à plusieurs reprises et il gardait le souvenir d'une femme délicieuse, fragile, et d'une beauté touchante. Edgar manifesta toujours une grande mansuétude à son égard et une tolérance surprenante pour ses écarts de conduite avec les hommes. Ce n'est jamais elle qu'il incriminait, mais il préférait voir dans sa conduite critiquable le désespoir d'une femme seule, incapable de résister à des hommes qui la convoitaient comme un trophée. La femme la plus désirable d'Amérique ne pouvait pas être ignorée par le plus grand coureur du pays. Compte tenu de l'attrait irrépressible de John Kennedy pour les femmes, il n'était pas pensable qu'il fît l'impasse sur le symbole sexuel le plus adulé d'une génération.
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Au poker, regarder le jeu de son adversaire dans le reflet de la vitre contre laquelle il s'est adossé, on dit que c'est tricher. En politique, c'est anticiper.
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Nous avons toujours été amusés, Edgar et moi, par l'image que les Kennedy renvoyait et la réalité bien différente dans laquelle elle vivait. John s'affichait comme l'homme de la nouvelle frontière. Celui qui allait briser le monde d'hier pour lui substituer le sien, celui des années soixante, où une belle coupe de cheveux à la télévision vaut mieux que n'importe quelle conviction solide. En fait lui, le catholique, n'était qu'un modèle obsolète de ces fils de grandes familles anglaises protestantes de la fin du siècle dernier dont il portait tous les stigmates, en particulier une inconséquence financière et morale d'aristocrate voyageur. Avec la légèreté désinvolte d'un personnage à la Henry James, il traînait sa lassitude amusée d'heritier cynique, aigri de se devoir si peu (...)
Une seule ambition pouvait l'obliger à se lever le matin. Celle de devenir Président des États-Unis.
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La démocratie c'est un peu comme une famille avec des enfants très jeunes. Un jour, il leur vient l’idée de demander comment on fait les enfants et on leur répond : dans les choux. Et puis avec le temps, ils finissent par comprendre par eux-mêmes. Si vous me demandiez si j'ai voulu laisser un témoignage sur une période donnée, je vous répondrais : certainement pas. Dans dix ans, vingt ans, cinquante ans et même des siècles ce sera toujours la même chose. L’électeur nous laissera toujours le sale boulot. Il sait bien que là-haut les choses ne sont pas si claires. Mais il ne sait pas toujours à quel point. Quand il le découvre, il fait mine de s’en offusquer. Mais tant qu'il est devant son téléviseur avec une bière bon marché et qu'il y a de l'essence dans le réservoir de sa voiture, il est plutôt satisfait que d'autres fassent ce sale boulot à sa place. Il est comme tout le monde, pris entre le rêve et la réalité. Le rêve c'était Kennedy, mais notre pays n’avait pas les moyens de rêver plus longtemps. Il y a toujours eu deux types de personnes dans nos métiers. Ceux qui veulent se faire aimer et ceux qui s’en moquent. Edgar et moi avons fait partie de la deuxième catégorie. Le pouvoir au fond, c'est faire ce qui est dans l'intérêt de la nation et ne lui faire savoir que ce qu’elle peut entendre. (Page 282-283)
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Extrait du livre audio « Tsunami » de Marc Dugain lu par Mathieu Buscatto. Parution numérique 30 août 2023.
https://www.audiolib.fr/livre/tsunami-9791035414825/
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