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ISBN : 2070132358
Éditeur : Gallimard (13/04/2012)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 944 notes)
Résumé :
Al Kenner serait un adolescent ordinaire s'il ne mesurait pas près de 2,20 mètres et si son QI n'était pas supérieur à celui d'Einstein. Sa vie bascule par hasard le jour de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Plus jamais il ne sera le même. Désormais, il entre en lutte contre ses mauvaises pensées. Observateur intransigeant d'une époque qui lui échappe, il mène seul un combat désespéré contre le mal qui l'habite.

Inspiré d'un personna... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (204) Voir plus Ajouter une critique
Crossroads
  25 septembre 2012
Audiard disait : «  Quand les types de 130 kilos disent certaines choses , les types de 60 kilos les écoutent « .
Al Kenner a tout du colosse ! Véritable tour de contrôle de 2,20 m dépassant allègrement le quintal , il est de ces personnages qui attirent immédiatement une certaine camaraderie de complaisance à défaut d'une camaraderie certaine ! Ajouter à cela un QI supérieur à celui d'Einstein et vous aurez une idée assez précise de ce que fut l'un des sérial killer Américain les plus redoutables qui défraya la chronique dans les années 60 ! Alors , n'y voyez aucune poltronnerie de ma part à hésiter vouloir émettre un avis négatif à son encontre mais juste un instinct de survie bien légitime suscité par un éclair de lucidité aussi rare que salvateur ! Car en effet , en plus de ses caractéristiques hors norme , le p'tit Kenner possède un hobby des plus atypiques . Là où la majorité d'entre nous - alors jeunes fous-fous en mal de sensations fortes - se bornaient à pratiquer assidument le colin-maillard sur champ de mines voire la marelle pieds joints en diagonale , le gars al , lui , à ses nombreuses heures perdues , dessoudait , disséminait , flinguait , éparpillait façon puzzle ! Beaucoup . Trop .
Dugain - aucun lien de parenté avec notre Michel national et son big bazar , encore qu'avec Al...- , se fend d'un exercice littéraire peu commun . En effet , se basant sur la véracité historique du tristement célèbre Edmund Kemper – rebaptisé al Kenner pour l'occasion - , l'auteur prend le pari de nous immerger corps et âme dans ce qui aurait pu être la substantifique moelle de cet être aussi monstrueux que fascinant !
Il eut tout aussi bien pu l'intituler : moi , al Kenner , tueur en série , ma vie , mon oeuvre .
Majoritairement avéré , ce récit pourtant fictionnel est une réussite totale ! Sans véritablement faire dans le sensationnel et le gore , Dugain se focalise sur le pourquoi du comment du Pont de Ligonnès ! Une enfance pervertie aux cotés d'une mère castratrice , le passage incontournable par la case "  viens ici petit animal que je te décapite gentiment "  , les premiers émois sanguinaires...Dugain fait dans l'authentique , s'assurant , du coup , de la crédibilité de son oeuvre en devenir . Portrait magistral d'une Amérique en guerre ou tuer au vietnam devient un devoir national alors que , parallelement , le mouvement hippie contestataire essaime à tout vent , il fascine de par son approche intellectuelle et délivre un bouquin inclassable à fort relent d'improbable possibilité .
Belle écriture , beau bouquin , bon moment !
Avenue des Géants , véritable boulevard littéraire !
3.5 / 5
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LydiaB
  17 janvier 2014
Connaissez-vous Edmund Kemper ? de mon côté, j'ignorais son existence jusqu'à la lecture de ce livre. Cet homme est un tueur en série américain, ayant commencé ses crimes à l'âge de 15 ans. Ses grands-parents furent ses premières victimes. Surnommé "l'Ogre de Santa Cruz", il est toujours emprisonné à l'heure actuelle. Marc Dugain, dans ce roman, va largement s'inspirer de la vie de Kemper afin de créer son personnage, al Kenner. Création ? Peut-être pas finalement car le destin de son personnage est semblable en tous points, ou presque, à celui du tueur. Ce serait presque une biographie romancée si ce n'était un ou deux événements qui changent. Mais alors, me demanderez-vous, qu'a-t-il d'original, ce roman ?

Ce qui m'a le plus étonnée, c'est que bien que sachant ce qu'il s'est passé, après recherches, je me suis mise, au fur et à mesure, à douter, à me demander si al était vraiment le meurtrier. le roman est conçu de telle sorte que le lecteur entre dans la psychologie (romancée, cette fois, je vous l'accorde) du jeune homme. Et c'est justement ce qui fait froid dans le dos. al est d'un calme olympien, relatant les choses sans une once de pitié, sans aucun scrupule ni esquisse de regret.

Je n'ai toujours pas lu La Chambre des officiers, qui prend la poussière depuis quelques années sur mes étagères mais je vais aller le ressortir car le style de cet auteur m'a bien plu.
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Ziliz
  09 décembre 2012
Né aux Etats-Unis en 1948, Al Kenner est le fils non désiré d'un couple mal assorti. Après le divorce parental, il se voit confier à ses grands-parents à l'adolescence. La grand-mère est castratrice, exigeante, et le grand-père ferme les yeux pour ne pas avoir d'ennuis avec sa redoutable épouse. Ces environnements destructeurs conduisent Al à l'irréparable à quinze ans. Il échoue alors à l'hôpital psychiatrique, où il est suivi par un médecin d'une grande sensibilité, aux paroles sages, apaisantes, déculpabilisatrices... On comprend vite que ce séjour sera suivi d'une longue incarcération, puisque le récit de la jeunesse d'Al alterne avec des visites d'une femme au parloir, alors qu'il a plus de soixante ans.
Brillant roman ! Parfaitement construit, riche en réflexions et dialogues pertinents, au contexte socio-politique passionnant. Un personnage hors du commun, de par sa stature, son intelligence extraordinaire et son prétendu 'manque d'empathie'. Il apparaît tout aussi fascinant et émouvant que dérangeant et répugnant. On découvre peu à peu toute l'horreur de son enfance, qui explique ses comportements surprenants et excessifs - envers les femmes en général et sa mère en particulier, mais aussi son dégoût du mouvement hippie, son attirance pour la guerre du Vietnam... Le malaise croît au cours du récit : comment Al en est-il arrivé là ? L'auteur nous y amène subtilement, après avoir fait germer quelques doutes. Et le final est époustouflant, bouleversant, terrifiant.
Cette lecture choc (un de mes coups de coeur 2012) m'a rendue impatiente de découvrir les autres ouvrages de Marc Dugain.
[l'idéal est de ne rien savoir de la trame et du personnage avant de découvrir cet ouvrage, pour qu'il revête toute la puissance qu'il mérite]
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nameless
  19 septembre 2017
Un grand roman pour un tueur grand par la taille et le nombre de ses crimes ! Inspiré d'un personnage réel toujours incarcéré, Marc Dugain offre au lecteur une variation virtuose de la biographie romancée. Deux époques alternent : le présent écrit à la troisième personne. L'auteur relate les conversations qu'échangent Al et Susan, une visiteuse de prison mensuelle, au sujet d'un projet d'autobiographie, qu'elle tente de négocier avec des éditeurs légitimement frileux. Le passé, rédigé à la première personne. Al raconte sa vie, remonte aux origines du mal, sa naissance, explique la genèse de ses premiers meurtres à l'âge de 15 ans, ceux de ses grands-parents paternels, perpétrés le jour de l'assassinat de JFK, événement qui lui a en quelque sorte volé la vedette.

Rarement un auteur a été aussi loin dans le récit intime de la trajectoire psychologique et meurtrière d'un homme. Al est analysé sous toutes les coutures, la moindre de ses émotions est restituée avec véracité et précision, dans un style littérairement riche. Nanti d'un QI de 140, encombré de ses 2,20 mètres, Al étudie la psychiatrie durant ses 5 premières années d'internement pour tenter de se comprendre, en recyclant toutefois toutes les données médicales afin de se positionner toujours hors du champ de la folie, considérant tous les hommes internés comme de grands malades mentaux, sauf lui.

Le talent de Marc Dugain ne s'arrête pas là. Il incruste l'histoire individuelle d'Al Kenner dans les grands espaces américains et dans l'époque des faits. Les sixties, les seventies, les vétérans de la seconde guerre mondiale rentrent à peine au pays auréolés de gloire, victorieux, que leurs fils partent ou s'apprêtent à partir au Vietnam. Al interprète les faits à sa façon : il fait souvent le parallèle entre son histoire et l'HIstoire, lui a tué ses grands-parents certes, et risque l'emprisonnement à vie, alors qu'au Vietnam où l'interdiction sociale de tuer est levée, bien peu d'hommes sont capables de résister à cette liberté qui les transforme en héros. Marc Dugain dresse aussi un tableau réaliste de la contre-culture qui émerge aux Etats-Unis au même moment : communautés, anti-militarisme, libération sexuelle, mouvement hippie. Al hait tous ces changements sociétaux qui revendiquent la liberté. Il est enfermé dans son corps difforme, torturé par ses mauvaises pensées, il n'a jamais connu et ne connaîtra jamais la sexualité.

Un grand, beau et fort roman, sans aucun doute écrit après d'importantes recherches biographiques et historiques, qui s'abstient avec humilité et intelligence de répondre à cette question : Al a t-il tué dans une impulsion irrépressible liée à son histoire familiale ou est-il un tueur-né ?
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mariech
  18 mai 2012
Al Keener a défié la chronique dans les années 60 , il est un des plus célèbres tueurs des Etats - Unis .
A 15 ans , il mesure 2 m20 et pèse plus de 100 kg , il est l'aîné d'une fratrie de trois , il a deux soeurs plus jeune , son père mesure 2m10 et sa mère 1m90.
Le jour de l'assassinat du président Kennedy , il tue ses grands -parents paternels chez qui il avait été envoyé parce que ses parents n'en pouvaient plus . Il vit avec sa mère jusqu'au jour , où elle retrouve dans ses affaires , un chaton décapité , acte qu'il fait , suite à une dispute avec sa mère ' pour la punir ' . Sa mère l'envoie chez son père mais peu de temps après , son père lui demande de partir car il fait peur à sa nouvelle femme .C'est comme ça qu'il se retrouve chez ses grands -parents qu'il connaît à peine , un jour il a ' envie ' de voir comment se serait de tuer quelqu'un , et il tue sa grand -mère avec une arme reçue pour son quinzième anniversaire pour tuer les lapins , quand son grand-père revient des courses , il le tue car al se dit que son grand-père ne se remettrait jamais de la mort se sa femme , il dira plus tard aux enquêteurs qu'il regrette car s'il ne supportait pas sa grand-mère , il aimait bien son grand-père .
Il leur vole de l'argent et d'achète une moto , après quelques jours , il en a marre et se dénonce en appelant son père . Il fera cinq années d'hôpital psychiatrique , avant d'être déclaré guéri , son casier judiciaire sera totalement blanchi . Malheureusement , sa carrière de meurtrier est loin d'être terminée ....
Marc Dugain se met à la place du tueur qui a un QI exceptionnel supérieur à celui d' Einstein , qui tue sans états d'âme , qui réussira à tromper tous les experts .
Les plus belles pages du livre sont celles qui dépeignent la société américaine , celle des années 60 avec ses paradoxes qui font cohabiter les jeunes qui vont se battre au Vietnam et tous les hippies qui ont voulu changer le monde , deux visions incompatibles , notre société de consommation actuelle est également égratignée .
Difficile de lire certaines pages qui donnent froid dans le dos mais il faut reconnaître que l'auteur s'en sort magistralement , jamais de détails sordides , c'est l'imagination qui est mise à rude épreuve , l'auteur évoque les faits de façon clinique , comme si on était dans la tête du meurtrier , la chronologie avec ses retours en arrière est fabuleuse .
Ce qui m'a interpellé aussi , c'est la disparition totale de la famille , le père n'a jamais plus donné de nouvelles , les deux soeurs sont mortes et la mère , on le découvre dans la lecture ....
C'est un livre très bien écrit , mais ce n'est pas ' un beau livre ' , c'est une plongée dans ce qu'il y a de pire dans l'humanité . Glaçant .
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critiques presse (9)
LaPresse   30 juillet 2012
On décèle bien sûr dans Avenue des Géants la fascination toute française pour l'Amérique mythique, mais le récit est exempt de clichés, très précis, d'une écriture limpide et sans détour. Marc Dugain tient le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page et nous mène ainsi en bateau, comme Kenner a toujours su tromper les gens sur sa vraie nature, tout en restant dangereusement inquiétant
Lire la critique sur le site : LaPresse
Telerama   09 mai 2012
Ce qui frappe, dans ce roman, c'est la cohérence et la complexité infinie du personnage, dont les pensées conduisent la narration implacable.
Lire la critique sur le site : Telerama
Bibliobs   02 mai 2012
Précis, documenté, Dugain manifeste une fois de plus cette faculté d'illusionner le lecteur, où Balzac, qui en connaissait un rayon, voyait la qualité première du romancier.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lexpress   26 avril 2012
Avec ce livre qui remue tous les mythes américains et leurs rêves avortés, Marc Dugain secoue sa langue maternelle, imagine des tournures, des néologismes, des coups d'accélérateur, des bouffées d'humour.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeSoir   23 avril 2012
En se mettant dans la peau d'un géant très intelligent […], [Marc Dugain] explore une personnalité complexe. […] Avenue des Géants est, pour cela, un livre inquiétant et bourré de questions sans réponses.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LeFigaro   20 avril 2012
Un roman percutant et perturbant.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LePoint   17 avril 2012
Jamais Dugain ne s'est approché aussi près de la folie des hommes. Avec ce nouveau roman époustouflant, il arpente désormais l'avenue des géants.
Lire la critique sur le site : LePoint
LesEchos   17 avril 2012
La force du sujet, l'intelligence du propos, la qualité de l'écriture, l'usage maîtrisé d'un humour de second degré et la construction sophistiquée du roman font qu'on ne le lâche que dans l'urgence de le reprendre en main. On est aspirés par la spirale de cette tragédie qui n'est pas seulement celle d'un homme (...), mais aussi d'un pays, l'Amérique des années 1960, celles de l'assassinat des Kennedy et du Festival de Woodstock.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Lexpress   12 avril 2012
Avec Avenue des Géants, l'auteur de La Chambre des officiers se glisse subtilement dans le personnage d'un serial killer californien.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (197) Voir plus Ajouter une citation
DerfuchsDerfuchs   21 octobre 2019
Le sentiment que la vie vous a quitté de votre vivant est l'expression de la solitude absolue. Personne ne peut ni le comprendre ni le partager.
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DerfuchsDerfuchs   08 octobre 2019
L'expérience de la mort est vraiment quelque chose qui manque à chaque être humain.
Commenter  J’apprécie          60
DerfuchsDerfuchs   08 octobre 2019
Romancer un personnage, c'est le trahir pour mieux servir ce que l'on pressent de sa réalité.

Marc Dugain (en note fin de l'ouvrage)
Commenter  J’apprécie          10
DerfuchsDerfuchs   08 octobre 2019
Je les identifiais aux enfants Kennedy à qui l'on apprend que l'argent pardonne tout, y compris de l'avoir gagné malhonnêtement.
Commenter  J’apprécie          10
DerfuchsDerfuchs   08 octobre 2019
La lecture est la plus grande expérience humaine.
Commenter  J’apprécie          20
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Vidéo de Marc Dugain
Révolution numérique, manipulation et transhumanisme : "Transparence", le roman événement de MARC DUGAIN.
« Marc Dugain signe un formidable roman d?anticipation, sous forme de critique de la révolution numérique et de ses dérives. » François Busnel, La Grande Librairie
« Jetant son dévolu sur les grands manipulateurs et la lumière sur le rapport qu?entretient le pouvoir avec le libre arbitre, Marc Dugain joue les lanceurs d?alerte. Ses nouvelles cibles ? le désastre écologique et l?industrie tentaculaire du Big Data. Un roman futuriste audacieux. » Marianne Payot, L?Express
« Marc Dugain a écrit le journal d?une psychopathe néo-gnostique qui, cent ans après Mai 68, pense qu?elle va enfin créer un brave new world de hippies, domestiqués par la perspective d?un éternel paradis sur terre.Terrifiant. » Astrid de Larminat, Le Figaro Littéraire
« L?auteur de "Ils vont tuer Robert Kennedy" signe un passionnant roman d?anticipation sur le transhumanisme. » François Forestier, L?Obs
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