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Jean-Paul Brighelli (Éditeur scientifique)
EAN : 9782210754249
233 pages
Magnard (12/07/2001)
3.62/5   72 notes
Résumé :
« Monsieur, J'ai vu hier les efforts que vous faisiez pour me reconnaître, et vous avez dû voir ceux que je faisais pour ne pas être reconnu. Vous comprendrez qu'au milieu de toutes les humiliations auxquelles nous sommes en butte, une des plus grandes est de nous retrouver, dégradés comme nous le sommes, avec un homme qu'on a connu dans le monde."
Qui est Gabriel Lambert, le forçat brièvement entrevu à Toulon ? A-t-il réellement fait partie de la bonne soci... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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PiertyM
  08 juillet 2015
Comment écrire cette histoire de Gabriel Lambert? Voilà ce que s'est posée le père des mousquetaires pour écrire ce roman, qui est aussi complexe que son personnage, il nous est finalement rendu en trois différents temps comme des morceaux de puzzle. En effet, le livre est introduit par une narration tenue par 'Dumas' où émergent toutes les interrogations possibles sur le personnage de Gabriel Lambert ou appelé à un moment le le vicomte de Faverne, ensuite on tombe dans un journal intime où toute l'ossature sur l'identité de Gabriel Lambert nous livrée tenu par un docteur, enfin c'est une lettre de Rossignol, un forçat qui conclut le livre en livrant le dernier sort de Gabriel Lambert...
On se laisse emporter par un conduit psychologique très instable de ce personnage, on le voit d'abord intrépide au bagne, ensuite un enfant fragile dans sa contrée, un espiègle jeune apprenti, un impertinent faussaire, un brave imposteur et enfin un froussard face à la justice, à la mort, un déséquilibré choisissant de noyer sa honte dans le suicide! Un bon petit modèle Dumas!
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Allantvers
  06 juillet 2020
Envie de lire Alexandre Dumas en format court? Gabriel Lambert est le candidat parfait et vous garantit de passer deux heures très agréables.
L'attrait de cette édifiante histoire d'ascension et de chute d'un jeune faussaire trop ambitieux tient en bonne partie à la construction du livre, en récits à la première personne imbriqués les uns dans les autres, le premier étant porté par l'auteur lui-même, car cette construction amène un rythme, un suspens et une pluralité de points de vue d'une redoutable efficacité.
Et Dumas de nous embarquer dans le tourbillon parisien où notre jeune paysan, trop doué mais pas assez malin, se brûlera les ailes. Rêver au-dessus de sa caste, ça ne pardonne pas.
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Laureneb
  21 septembre 2022
Un titre construit en antithèse, le bagne de Toulon, ses forçats appareillés à la chaîne, au bonnet rouge, aux travaux forcés, l'infamie et la lie humaine ; de l'autre côté, l'opéra de Paris, lieu du grand monde, fréquenté par les jeunes gens fashionables et les jeunes filles à marier, lieu de la galanterie et des duels, le grand monde donc. Cette antithèse renvoie donc à la double vie du personnage, Gabriel Lambert le Bagnard, Henri de Faverne le riche dandy promis à un beau mariage. Entre les deux, un drame que Dumas va nous conter, par l'intermédiaire de plusieurs narrateurs. Mais il y a une troisième identité, celui du premier Gabriel, le jeune fils de paysan, provincial, intelligent et ambitieux, voulant s'élever et faire carrière à Paris. Mais contrairement à Julien Sorel, il n'est pas travailleur, n'est pas prêt à faire des efforts. le premier Narrateur, Dumas lui-même, le constate en le voyant au bagne : pour lui, cet homme est devenu criminel par paresse, trop indolent pour avoir tué. C'est donc un gentil garçon, apprécié dans son village, qui va se perdre.
Les différents récits vont nous permettre de percer les mystères de ce personnage : celui du Narrateur / Auteur qui nous présente le Bagnard. Mais c'est Dumas, il n'arrive pas directement au but, il commence par parler de lui, de ses projets d'écriture, et de sa contemplation de la mer. Or, à Toulon, pour se promener en mer, le gouverneur met à sa disposition une barque menée par des forçats. L'imagination de l'écrivain travaille face à ces têtes pittoresques. On est loin de Hugo ici, pas de jugement moral, pas de grande considération sur le Bien et le Mal, sur la pitié et la rédemption. Ces forçats, comme Rossignol, savent pourquoi ils sont là, acceptent leur sort, ne se soucient que des aspects matériels de leur vie ; Rossignol fait sourire par son langage et son écriture.
Dumas n'est pas Hugo, il ne livre pas un roman à thèse contre la peine de mort, ce n'est pas le Dernier Jour d'un condamné. On ne ressent donc pas de pitié pour le personnage de Gabriel, au contraire, il repousse le lecteur plutôt par sa lâcheté, sa peur de la mort, sa veulerie, et surtout par sa relation avec Marie. Elevés ensemble, il la séduit, lui promet le mariage, lui fait un enfant, pour refuser ensuite de la voir et d'assumer ses conséquences. Il la chasse même pour qu'elle ne compromette pas ses espoirs d'élévation sociale. C'est donc Marie que l'on plaint, que plaint Dumas aussi certainement qu'il ne présente pas comme une pécheresse mais comme une victime, puisque la commuanuté villageoise aussi, le curé notamment, la reconnaît comme une victime. Néanmoins, on comprend bien que Dumas est contre la peine de mort, et, pour son personnage, le bagne apparaît comme une punition pire que la guillotine, car plus longue.
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Taraxacum
  03 septembre 2013
Gabriel Lambert est un roman très court pour Dumas, quand on pense aux énormes Joseph Balsamo ou Vicomte de Bragelonne, par exemple, mais il n'a pas pour autant à rougir devant ses grands frères. Qui plus est, il n'a pas ce côté imposant qui pourrait faire peur à un lecteur: c'est peut-être un de ceux qu'on pourrait conseiller aux personnes n'ayant jamais lu Dumas père?
On y retrouve Dumas narrateur, un modèle de roman courant chez lui et pour lequel j'ai toujours eu un faible,le lecteur passe du bagne aux cercles parisiens les plus chics, de duels en récits d'amours paysannes, le tout guidé par la plume d'un Dumas moins prompt aux détours que d'habitude. C'est agréable, ça se lit vit, presque trop, j'aurai aimé une partie relatant plus avant la période manquante de la vie du protagoniste, entre le récit de son enfance et le récit de sa chute, et si cela n'est pas violemment marquant comme d'autres oeuvres de Dumas, c'est tout à fait plaisant.
Un excellent petit roman.
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CDemassieux
  19 mai 2017
On pourrait dire de Gabriel Lambert qu'il est long « d'une portée de fusil », comme écrivait Flaubert dans Madame Bovary, à propos de la seule rue de Yonville.
En effet, pour ceux qui connaissent le sieur Dumas, on serait tenté de penser, à la manière de Cyrano, que c'est un peu court, qu'on ne nous avait pas habitués à ça, le Vicomte de Bragelonne peut en témoigner !
Mais quelle densité et quel implacable plaidoyer contre la lâcheté que ce roman ! Rarement, l'auteur ne nous aura servi un personnage à ce point maltraité par lui, pour qui il n'a que mépris, se faisant même pour l'occasion le narrateur principal d'une histoire à laquelle il veut insuffler une apparence de vérité, comme cela se pratiquait fréquemment au XVIIIe siècle.
Car ce Gabriel Lambert, qui, par des moyens malhonnêtes, a tenté de s'élever au-dessus de sa condition, abandonnant les siens sans remords, n'invite à aucune empathie, pas même de la part de l'un des protagonistes du récit, médecin pourtant reconnu pour sa profonde humanité : « Je quittai ce malheureux avec le plus profond dégoût qu'un homme m'ait jamais inspiré. »
Et si le texte soulève quelques grands thèmes de société de l'époque – celle du règne de Louis-Philippe –, dont la peine de mort n'est pas des moindres, il semble les survoler pour se focaliser sur la seule lâcheté du personnage principal, qui le motive à tous les manquements à la morale. Aussi, quand il devient à son tour victime, forcément lamentable, la pitié qu'il inspire n'est que passagère.
Gabriel Lambert est une histoire à charge, qu'on croirait écrite de la main même d'un homme sans pitié : le comte de Monte-Cristo. Qui sait, c'est peut-être le cas…
Une oeuvre méconnue qui vaut autant pour l'intrigue que ce style nerveux si reconnaissable.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
TaraxacumTaraxacum   03 septembre 2013
— Mon cher M. Fabien, continua le roi, sachez bien une chose, c’est qu’il ne tombe pas une tête en France que je n’aie acquis par moi-même la certitude que le condamné était bien véritablement coupable.
« Chaque nuit qui précède une exécution est pour moi une nuit de profondes études et de réflexions solennelles.
« J’examine le dossier depuis sa première jusqu’à sa dernière ligne, je suis l’acte d’accusation dans tous ses détails.
« Je pèse les dépositions à charge et à décharge, loin de toute impression étrangère, seul avec la nuit et la solitude, je m’établis en juge des juges. Si ma conviction est la leur, que voulez-vous ? le crime et la loi sont là en face l’un de l’autre, il faut laisser faire la loi ; si je doute, alors je me souviens du droit que Dieu m’a donné, et, sans faire grâce, je conserve au moins la vie. Si mes prédécesseurs eussent fait comme moi, docteur, peut-être eussent-ils eu, au moment où Dieu les a condamnés à leur tour, quelques remords de moins sur la conscience, et quelques regrets de plus sur leur tombeau.
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TaraxacumTaraxacum   03 septembre 2013
— S’il a fait fortune, répondis-je timidement, il faut nous en féliciter ; au moins il sera heureux, lui.
— Fait fortune ! s’écria le père Thomas ; et par quel moyen veux-tu qu’il ait fait fortune ? est-ce qu’il y a des moyens honorables de faire fortune en un an et demi ? Est-ce qu’un homme qui a fait fortune honorablement ne reconnaît pas les gens de son pays, cache son existence à son père, oublie les promesses qu’il a faites à sa fiancée ?
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PiertyMPiertyM   07 juillet 2015
D’abord on ne demande en général de conseil que pour se corroborer soi-même dans la résolution qu’on a déjà prise ; ou si, indécis encore de ce que l’on fera, on suit le conseil donné, c’est pour avoir le droit de dire un jour au conseiller : C’est votre faute
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brigetounbrigetoun   21 novembre 2011
Il est vrai que la nuit, quand je pouvais prendre sur moi de fermer mes volets aux rayons tentateurs de la lune ; quand je pouvais détourner mes regards de ce ciel tout scintillant d'étoiles ; quand je pouvais m'isoler avec ma propre pensée, je ressaisissais quelque empire sur moi-même. Mais, comme un miroir, mon esprit avait conservé un reflet de ses préoccupations de la journée, et comme je l'ai dit, ce n'étaient plus des créatures humaines avec leurs passions terrestres qui m'apparaissaient, c'étaient de beaux anges qui, à l'ordre de Dieu, traversaient d'un coup d'aile ces espaces infinis ; c'étaient des démons proscrits et railleurs, qui, assis sur quelque roche nue, menaçaient la terre ; c'était enfin une oeuvre comme la Divine Comédie, comme le Paradis Perdu ou comme Faust, qui demandait à éclore, et non plus une composition comme Angèle ou comme Anthony.
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MedelieMedelie   22 décembre 2012
Puis il y avait les jours de tempête, les jours où le ciel si pur se voilait de nuages sombres, où cette Méditerranée si azurée devenait couleur de cendre, où cette brise si douce se changeait en ouragan.
Alors le vaste miroir du ciel se ridait, cette surface si calme commençait à bouillir comme au feu de quelque fournaise souterraine. La houle se faisait vague, les vagues se faisaient montagnes. La blonde et douce Amphitrite comme un géant révolté, semblait vouloir escalader le ciel, se tordant les bras dans les nuages, et hurlant de cette voix puissante qu'on n'oublie pas une fois qu'on l'a entendue.
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Son incroyable talent, ses écrits innombrables, son immense popularité et ses projets d'envergure, tout chez Alexandre Dumas montre combien il fut un insatiable homme d'exception.
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