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EAN : 9782021096392
187 pages
Éditeur : Seuil (03/01/2013)
4.21/5   26 notes
Résumé :
« Pendant des années, j’ai eu une vie sociale et la facilité avec laquelle je rencontrais les gens ou je leur parlais se reflétait dans mes livres. Jusqu’à ce que je connaisse un homme, et peu à peu, toute cette mondanité a disparu. C’était un amour violent, très érotique, plus fort que moi, pour la première fois. J’ai même eu envie de me tuer, et ça a changé ma façon même de faire de la littérature : c’était comme de découvrir les vides, les trous que j’avais en mo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
MissFantomette
  06 février 2021
Ce n'est pas sans encombres que parvinrent jusqu'à nous, lecteurs francophones, ces 130 pages d'entretiens de Marguerite Duras avec Leopoldina Pallotta della Torre !
Publiée en Italie en 1989, cette interview pour La Stampa ne fut en effet retraduite en français qu'en 2013, après une enquête épique menée par le traducteur pour retrouver l'auteure du texte italien.
Une douzaine de chapitres organisent le recueil : quatre d'entre eux m'ont semblé éclairer particulièrement l'oeuvre de l'écrivaine, sa manière de travailler, et surtout les liens unissant la réalité et la création romanesque - question passionnante s'il en est ! -.
La section  « L'enfance », nous livre tout d'abord quelques pistes sur le terreau dans lequel l'oeuvre est venue puiser sa substance : « Quelque chose de sauvage demeure en moi, maintenant encore. Une sorte d'attachement animal à la vie ».
Les chapitres « Les parcours d'une écriture » et « Pour une analyse de texte » permettent ensuite à Marguerite Duras d'expliciter sa conception de l'écriture : « Tous mes livres naissent et se meuvent précisément autour d'une case toujours évoquée et toujours manquante ». Avant d'ajouter : « Écrire ce n'est pas raconter une histoire : mais évoquer ce qui l'entoure (...) » .
Elle dit encore, dans « Une galerie de personnages » : «  Je les saisis à ce stade inachevé de leur construction et déconstruction, parce que ce qui m'intéresse c'est l'étude de la fêlure, des vides impossibles à combler (...) ».
Les autres thèmes -la vie parisienne, la critique, la politique, le cinéma- m'ont personnellement moins captivée, car c'est sa production romanesque singulière qui me touche le plus chez Duras.
Un complément indispensable pour mieux appréhender l'oeuvre elle-même, donc, bien qu'un peu inégal, peut-être (mais tout dépend des centres d'intérêt du lecteur)...
Je nourris notamment quelques regrets de n'avoir vu qu'effleurées -en dix pages- les précieuses considérations sur cette enfance hors du commun et tellement fertile pour l'oeuvre future.
Ce volume constitue, je crois, un excellent itinéraire pour pénétrer dans la jungle des entretiens accordés par Duras... et elle est foisonnante !
Il me porte à partir illico sur les traces d'autres conversations, et, pourquoi pas, à revenir sur certaines oeuvres...!
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Hardiviller
  20 mars 2021
Je me sens un peu désarmé pour donner mon ressenti de lecture à propos de ce livre qui retranscrit un entretien entre Marguerite Duras et Leopoldina Pallotta della Torre .

Que cette femme de 75 ans est lucide . D'une lucidité qui pointe du doigt , ses et nos contradictions , ses et nos illusions ; explique son travail d'écriture , ses réflexions sur les rapports inter sexes .
Ses réponses ont le mérite de la clarté et pourtant elles fusent sans temps de réflexion comme coulant de source .
Son film " Détruire dit-elle " vu bien trop jeune m'avait donné d'elle une image d'intellectuelle presque nihiliste et je ne l'avais , depuis , jamais plus abordée .

Ce livre me réconcilie avec la femme profonde qu'elle est vraiment . Jusqu'à ce jour , seule Emma Goldman m'avait parue aussi juste dans l'écriture de la pensée féminine et toutes deux s'expriment sans même effleurer la hache vindicative du féminisme .

Bravo , madame Duras .
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EvlyneLeraut
  23 juin 2014
La Passion suspendue.
Marguerite Duras.
Entretiens avec Leopoldina Pallota Bella Torre
Edition du Seuil
Traduit de l'italien et annoté par René de Ceccatty
Léopoldina Pallota Bella Torre a rencontré Marguerite Duras en 1987. Elle désirait obtenir un entretien pour « La Stampa ». Elle a réussi à franchir les barrières et s'est frayée une voie dans les méandres Durassiens. « La Passion Suspendue » est une virgule. Arrivent vertigineusement superbes, les paroles de Marguerite Duras, ouvrant la parenthèse littéraire de l'écriture Durassienne, sa réalité, et les fondements de son Oeuvre.
Page 83 : « Il y a un rapport intime et naturel qui depuis toujours lie la femme au silence et donc à la connaissance et à l'écoute de soi. » Où Marguerite Duras dit que tous les écrivains parlent d'eux-mêmes, réalité de l'écrivain. L'oeuvre de Marguerite Duras est décryptée. Les érudits de ses écrits, trouveront dans ce livre, la matière pour promulguer et s'enrichir du verbe Durassien. « Aucun amour au monde ne peut tenir lieu de l'amour » dit Sara dans « Les Petits chevaux de Tarquinia ». N'est-ce-pas Marguerite Duras qui s'exprime alors ? Les lecteurs découvrant pour la première fois, la symbolique Durassienne, se plongeront dans son Oeuvre avec avidité. Rencontrer Duras, s'entretenir avec cette dernière des heures entières, de ses livres, films, ou de sa vie sociale mouvementée, de l'amour qui forge ses écrits de passion, de vérité, « Un amour qui fascine et effraie en même temps brûle, transforme la vie. » Rencontrer Duras c'est se confronter à soi-même. C'est s'enrichir d'une vertu théologale dans un diapason de mots précis, d'un langage sentimental vrai, et d'une liberté sans failles. Marguerite Duras est un monument. L'approcher, c'est prendre le risque de n'être plus jamais comme avant et de marcher pour toujours dans ses empreintes. C'est emprunter la voie du roman nouveau, et d'une oeuvre incontournable. Duras presque Diogène a vécu semblable à ses écrits. Violente, pure, vraie, intelligente, éclairée, passionnée, suspendue sur le fil de la déraison. « Trop d'amour tue l'amour » dit-elle. Excessive, abusive, maîtresse femme, amante jusqu'au paroxysme, Marguerite Duras est devenue le chef-d'oeuvre classique, de ses livres. Elle les représente, s'habille d'eux. le lecteur ouvre la porte de ses entretiens avec Léopoldina Pallotta Della Torre avec fierté, respect, mais sans voyeurisme. Ce qui renforce la conviction d'assister à un tête à tête Durassien jusqu'au vertige.
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Marti94
  27 octobre 2013
J'ai été véritablement suspendue aux mots pourtant traduits de l'italien en français. Quel plaisir! j'ai appris encore un tas de choses sur Duras et je ne me lasse pas. Merci à mon chéri de m'avoir offert ce livre dés sa sortie car il mérite un 6 étoiles!
Lu en janvier 2013
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Francinemv
  12 septembre 2019
On est bien sûr séduit par les propos de Marguerite Duras traitant de l'écriture, la littérature, le cinéma, le théâtre, la passion, ses rapports à sa mère ...
Séduit mais agacé également par sa propension à dénigrer ses contemporains que ce soit dans le domaine de la littérature, du théâtre, du cinéma (Godard excepté). Mais ça, c'est aussi Duras.
Quoi qu'il en soit, réentendre sa voix à travers ces entretiens est un pur bonheur.
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critiques presse (5)
LaPresse   22 février 2013
Les «durassiens» qui ont dépensé une petite fortune pour se procurer les plaquettes de Marguerite Duras aux Éditions de Minuit iront certainement acheter ce recueil d'entretiens qui avait sombré dans l'oubli.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lexpress   28 janvier 2013
Où l'on retrouve le fameux ton durassien, traitant de sa jeunesse, de l'écriture, du cinéma, de théâtre, de Mai 68, de l'affaire Christine Villemin... On s'amuse de sa vanité d'"enfant terrible de la littérature", on s'offusque, on applaudit.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Bibliobs   06 janvier 2013
Ces entretiens, qui parurent à l'époque en Italie, ne furent jamais réédités depuis et demeurèrent curieusement ignorés des éditeurs français. Marguerite s'y confie pourtant avec une sorte d'abandon tranquille, comme si elle avait pressenti que ses mots ne tomberaient jamais dans des oreilles françaises.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Liberation   06 janvier 2013
Ces entretiens […] concentrent et permettent de mieux saisir en treize chapitres, par chronologie et par thèmes, une vie à l’œuvre.
Lire la critique sur le site : Liberation
Telerama   02 janvier 2013
Dans ce livre-entretien de 1987 enfin traduit de l'italien, l'auteure d'Hiroshima mon amour se dévoile d'une façon exceptionnelle.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
leonceleonce   26 janvier 2019
Quelle est selon vous la tâche de la littérature ?
De représenter l'interdit. De dire ce que l'on ne dit pas normalement. La littérature doit être scandaleuse : toutes les activités de l'esprit , aujourd'hui, doivent affaire au risque, à l'aventure.
...........
Regardez Rimbaud, Verlaine,...Mais Verlaine ne vient qu'après. Le plus grand reste Baudelaire: il lui a suffit de vingt poèmes pour atteindre l'éternité.
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HardivillerHardiviller   19 mars 2021
-- Si aujourd'hui à 75 ans , vous deviez faire le bilan de votre vie ....
-- Sans l'enfance , l'adolescence , l'histoire désespérée de ma famille , la guerre , l'occupation et les camps de concentration , ma vie , je crois ne serait pas grand chose . En travaillant au secrétariat de François Mitterrand , alors ministre des anciens combattants , j'en suis venue à connaître les crimes atroces de Hitler , Auschwitz et l'extermination de 7 millions de juifs . J'avais trente ans , et ce n'est qu'alors qu'il me semble m'être réveillée d'un long sommeil .
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Marti94Marti94   28 février 2015
Il y a neuf ans que vous vivez avec Yann Andréa.

C’est lui qui m’a cherché. Pendant deux ans il m’a écrit de très belles lettres. La chose ne m’a pas étonnée. Après avoir lu mes livres, beaucoup le faisaient. J’allais mal le jour où, qui sait pourquoi, j’ai décidé de lui répondre. Puis il a téléphoné et sans avoir jamais vu cet étudiant de Caen, je lui ai dit de venir. On s’est mis rapidement à boire ensemble et c’est comme ça qu’a commencé notre folie à deux. Encore une fois, avec Yann, j’ai découvert que la pire chose qui puisse arriver dans la vie est de ne pas aimer. [...] La passion a été tragique, comme toutes les passions. Et elle est née de cette non-coïncidence, de cette irréalisation de notre désir.
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lesfleursdumal1212lesfleursdumal1212   15 janvier 2017
Souvent, dans la vie, j’ai eu la sensation de ne pas exister - sans modèle aucun, sans référence aucune -, toujours en quête d’un lieu, sans jamais me retrouver là où j’aurais voulu être, toujours en retard, toujours dans l’impossibilité de jouir de choses dont jouissaient les autres. Maintenant l’idée de cette multiplicité me plaît : on se force toujours à atteindre une unicité qui nous appartient, alors que notre richesse, elle se situe dans ce débordement même.
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Marti94Marti94   28 février 2015
J’ai toujours pensé que l’amour se faisait à trois : un œil qui regarde, pendant que le désir circule de l’un à l’autre. La psychanalyse parle de répétition contrainte de la scène primitive. Moi, je parlerais de l’écriture comme troisième élément d’une histoire. D’ailleurs, nous ne coïncidons jamais entièrement avec ce que nous faisons, nous ne sommes pas entièrement là où nous croyons être. Entre nous et nos actions, il y a un écart, et c’est à l’extérieur que tout se passe. Les personnages regardent en sachant qu’ils sont à leur tour regardés. Ils sont exclus et, en même temps, inclus dans la “scène primitive” qui se déroule une fois encore, devant eux.
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Vidéo de Marguerite Duras
Rencontres de Chaminadour 2021 : « Lydie Salvayre sur les grands chemins de Georges Bernanos ».
Jean-Basptiste Sastre et comédien et metteur en scène. Après des études au Conservatoire national supérieur d'Art dramatique de Paris, il signe en 1995 sa première mise en scène, Histoire vécue du roi Toto, d'après l'oeuvre d'Antonin Artaud. Il montera par la suite des textes de Genet, Duras, Marlowe, Büchner, Marivaux, Labiche ou Coleridge. Son travail de metteur en scène ne consiste pas seulement à assurer la direction d'acteurs, mais aussi à créer avec ceux qui l'accompagnent, et plus particulièrement les poètes et les plasticiens dont il s'entoure, une esthétique propre à chaque spectacle. À partir de 2005, Jean-Baptiste Sastre, alors lauréat de la Villa Médicis hors les murs à Londres, débute un travail sur le théâtre élisabéthain et tout particulièrement sur La Tragédie du roi Richard II. En 2018, il présente au Festival d'Avignon La France contre les robots de Georges Bernanos, co-adapté avec Gilles Bernanos.
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