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EAN : 9782021096392
187 pages
Éditeur : Seuil (03/01/2013)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 23 notes)
Résumé :
« Pendant des années, j’ai eu une vie sociale et la facilité avec laquelle je rencontrais les gens ou je leur parlais se reflétait dans mes livres. Jusqu’à ce que je connaisse un homme, et peu à peu, toute cette mondanité a disparu. C’était un amour violent, très érotique, plus fort que moi, pour la première fois. J’ai même eu envie de me tuer, et ça a changé ma façon même de faire de la littérature : c’était comme de découvrir les vides, les trous que j’avais en mo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
EvlyneLeraut
  23 juin 2014
La Passion suspendue.
Marguerite Duras.
Entretiens avec Leopoldina Pallota Bella Torre
Edition du Seuil
Traduit de l'italien et annoté par René de Ceccatty
Léopoldina Pallota Bella Torre a rencontré Marguerite Duras en 1987. Elle désirait obtenir un entretien pour « La Stampa ». Elle a réussi à franchir les barrières et s'est frayée une voie dans les méandres Durassiens. « La Passion Suspendue » est une virgule. Arrivent vertigineusement superbes, les paroles de Marguerite Duras, ouvrant la parenthèse littéraire de l'écriture Durassienne, sa réalité, et les fondements de son Oeuvre.
Page 83 : « Il y a un rapport intime et naturel qui depuis toujours lie la femme au silence et donc à la connaissance et à l'écoute de soi. » Où Marguerite Duras dit que tous les écrivains parlent d'eux-mêmes, réalité de l'écrivain. L'oeuvre de Marguerite Duras est décryptée. Les érudits de ses écrits, trouveront dans ce livre, la matière pour promulguer et s'enrichir du verbe Durassien. « Aucun amour au monde ne peut tenir lieu de l'amour » dit Sara dans « Les Petits chevaux de Tarquinia ». N'est-ce-pas Marguerite Duras qui s'exprime alors ? Les lecteurs découvrant pour la première fois, la symbolique Durassienne, se plongeront dans son Oeuvre avec avidité. Rencontrer Duras, s'entretenir avec cette dernière des heures entières, de ses livres, films, ou de sa vie sociale mouvementée, de l'amour qui forge ses écrits de passion, de vérité, « Un amour qui fascine et effraie en même temps brûle, transforme la vie. » Rencontrer Duras c'est se confronter à soi-même. C'est s'enrichir d'une vertu théologale dans un diapason de mots précis, d'un langage sentimental vrai, et d'une liberté sans failles. Marguerite Duras est un monument. L'approcher, c'est prendre le risque de n'être plus jamais comme avant et de marcher pour toujours dans ses empreintes. C'est emprunter la voie du roman nouveau, et d'une oeuvre incontournable. Duras presque Diogène a vécu semblable à ses écrits. Violente, pure, vraie, intelligente, éclairée, passionnée, suspendue sur le fil de la déraison. « Trop d'amour tue l'amour » dit-elle. Excessive, abusive, maîtresse femme, amante jusqu'au paroxysme, Marguerite Duras est devenue le chef-d'oeuvre classique, de ses livres. Elle les représente, s'habille d'eux. le lecteur ouvre la porte de ses entretiens avec Léopoldina Pallotta Della Torre avec fierté, respect, mais sans voyeurisme. Ce qui renforce la conviction d'assister à un tête à tête Durassien jusqu'au vertige.
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Marti94
  27 octobre 2013
J'ai été véritablement suspendue aux mots pourtant traduits de l'italien en français. Quel plaisir! j'ai appris encore un tas de choses sur Duras et je ne me lasse pas. Merci à mon chéri de m'avoir offert ce livre dés sa sortie car il mérite un 6 étoiles!
Lu en janvier 2013
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Francinemv
  12 septembre 2019
On est bien sûr séduit par les propos de Marguerite Duras traitant de l'écriture, la littérature, le cinéma, le théâtre, la passion, ses rapports à sa mère ...
Séduit mais agacé également par sa propension à dénigrer ses contemporains que ce soit dans le domaine de la littérature, du théâtre, du cinéma (Godard excepté). Mais ça, c'est aussi Duras.
Quoi qu'il en soit, réentendre sa voix à travers ces entretiens est un pur bonheur.
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critiques presse (5)
LaPresse   22 février 2013
Les «durassiens» qui ont dépensé une petite fortune pour se procurer les plaquettes de Marguerite Duras aux Éditions de Minuit iront certainement acheter ce recueil d'entretiens qui avait sombré dans l'oubli.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lexpress   28 janvier 2013
Où l'on retrouve le fameux ton durassien, traitant de sa jeunesse, de l'écriture, du cinéma, de théâtre, de Mai 68, de l'affaire Christine Villemin... On s'amuse de sa vanité d'"enfant terrible de la littérature", on s'offusque, on applaudit.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Bibliobs   06 janvier 2013
Ces entretiens, qui parurent à l'époque en Italie, ne furent jamais réédités depuis et demeurèrent curieusement ignorés des éditeurs français. Marguerite s'y confie pourtant avec une sorte d'abandon tranquille, comme si elle avait pressenti que ses mots ne tomberaient jamais dans des oreilles françaises.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Liberation   06 janvier 2013
Ces entretiens […] concentrent et permettent de mieux saisir en treize chapitres, par chronologie et par thèmes, une vie à l’œuvre.
Lire la critique sur le site : Liberation
Telerama   02 janvier 2013
Dans ce livre-entretien de 1987 enfin traduit de l'italien, l'auteure d'Hiroshima mon amour se dévoile d'une façon exceptionnelle.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
leonceleonce   26 janvier 2019
Quelle est selon vous la tâche de la littérature ?
De représenter l'interdit. De dire ce que l'on ne dit pas normalement. La littérature doit être scandaleuse : toutes les activités de l'esprit , aujourd'hui, doivent affaire au risque, à l'aventure.
...........
Regardez Rimbaud, Verlaine,...Mais Verlaine ne vient qu'après. Le plus grand reste Baudelaire: il lui a suffit de vingt poèmes pour atteindre l'éternité.
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lesfleursdumal1212lesfleursdumal1212   15 janvier 2017
Souvent, dans la vie, j’ai eu la sensation de ne pas exister - sans modèle aucun, sans référence aucune -, toujours en quête d’un lieu, sans jamais me retrouver là où j’aurais voulu être, toujours en retard, toujours dans l’impossibilité de jouir de choses dont jouissaient les autres. Maintenant l’idée de cette multiplicité me plaît : on se force toujours à atteindre une unicité qui nous appartient, alors que notre richesse, elle se situe dans ce débordement même.
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Marti94Marti94   28 février 2015
Il y a neuf ans que vous vivez avec Yann Andréa.

C’est lui qui m’a cherché. Pendant deux ans il m’a écrit de très belles lettres. La chose ne m’a pas étonnée. Après avoir lu mes livres, beaucoup le faisaient. J’allais mal le jour où, qui sait pourquoi, j’ai décidé de lui répondre. Puis il a téléphoné et sans avoir jamais vu cet étudiant de Caen, je lui ai dit de venir. On s’est mis rapidement à boire ensemble et c’est comme ça qu’a commencé notre folie à deux. Encore une fois, avec Yann, j’ai découvert que la pire chose qui puisse arriver dans la vie est de ne pas aimer. [...] La passion a été tragique, comme toutes les passions. Et elle est née de cette non-coïncidence, de cette irréalisation de notre désir.
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Marti94Marti94   28 février 2015
J’ai toujours pensé que l’amour se faisait à trois : un œil qui regarde, pendant que le désir circule de l’un à l’autre. La psychanalyse parle de répétition contrainte de la scène primitive. Moi, je parlerais de l’écriture comme troisième élément d’une histoire. D’ailleurs, nous ne coïncidons jamais entièrement avec ce que nous faisons, nous ne sommes pas entièrement là où nous croyons être. Entre nous et nos actions, il y a un écart, et c’est à l’extérieur que tout se passe. Les personnages regardent en sachant qu’ils sont à leur tour regardés. Ils sont exclus et, en même temps, inclus dans la “scène primitive” qui se déroule une fois encore, devant eux.
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LyjazzLyjazz   05 avril 2013
Ecrire, pour Duras, ce n’est donc pas «raconter une histoire : mais évoquer ce qui l’entoure, on crée autour de l’histoire un instant après l’autre. Tout ce qu’il y a, mais qu’il pourrait aussi ne pas y avoir, ou être interchangeable, comme les événements de la vie. L’histoire et son irréalité, et son absence."
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Vidéo de Marguerite Duras
LA QUÊTE D'IDENTITÉ DE JULIA "Qui êtes-vous ? " Voilà bien une première question à poser à JULIA SOLOMONOFF. On passera sur la notice biographique qui aligne réalisatrice, scénariste, productrice, occasionnellement comédienne. On notera que c'est une passe-frontières sud-nord avec des études faites en Argentine et un enseignement universitaire donné aujourd'hui à New-York. De Marguerite Duras, elle retient cette idée que la vie menée ici ou là inspire livres et films. En 2005, son premier long métrage, "Hermanas", posait déjà la question des vécus et des ressentis géolocalisés de deux soeurs fuyant la dictature argentine aux États-Unis et en Espagne. Elle renouvelle cette quête du "Qui suis-je ?", du "Comment trouver ma place?" avec son dernier film (sorti en France en 2018) et présenté à Biarritz dans un "focus" consacré aux relations Amérique Latine-États-Unis. Deux interrogations de Nico (excellent Guillermo Pfenning), un acteur de série, star en Argentine, en rupture amoureuse au pays et en galères diverses à New-York qui vaque de petits boulots en petits boulots. Et fait du babysitting pour 3 dollars et six sous. de quoi ne jamais se sentir à sa place, d'autant que les seules caméras devant lesquelles se planter servent à la télésurveillance; d'autant que son "look" le fait plus blanc mâle new-Yorkais que nounou latino. Une situation que Julia Solomonoff a pu connaître dans son parcours mais qu'elle transpose malicieusement chez un homme. Il lui reste, comme dans cette rencontre, à jouer sur le titre de cette fiction remarquablement tenue : "Nadie nos mira" ou "Nobody's watching", c'est selon ... Ph. L
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