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ISBN : 270734379X
Éditeur : Editions de Minuit (14/09/2017)

Note moyenne : 3.11/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Depuis le début des années 2000, j'ai fait de nombreux voyages en Chine, je me suis rendu à Pékin, à Shanghai, à Guangzhou, à Changsha, à Nankin, à Lijiang. Rien n'aurait été possible sans Chen Tong, mon éditeur chinois. La première fois que j'ai rencontré Chen Tong, en 1999, à Bruxelles, je ne savais encore quasiment rien de lui et de ses activités multiples, à la fois éditeur, libraire, artiste, commissaire d'exposition et professeur aux Beaux-Arts. Ce livre est l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
gavarneur
  08 décembre 2017
Toussaint Lassiture?
Lost in translation ?
La possibilité d'une autofiction ?
Contemplation écrivante du nombril d'un work in progress ?
J'accumulerais volontiers les faux-titres comme impressions, à la fin d'un livre qui m'a déçu.
Au début je me suis demandé si Jean-Philippe Toussaint n'avait pas publié ce roman juste pour faire plaisir à son éditeur chinois, dont il fait le portrait. le personnage est certes étonnant, mais il ne me semblait pas que leur amitié fût bien profonde, vu le peu de temps que le chinois semble disposé à accorder au belge, et la maigreur de leurs connaissances dans la langue de l'autre (et sans la ressource de l'anglais).
Jean-Philippe Toussaint décrit le tournage* d'un court-métrage tiré d'une scène (improbable, impossible, infilmable mais étonnante) d'un de ses romans, au milieu d'un ballet complexe de personnages secondaires pas tout-à-fait interchangeables, décrits superficiellement. Il y a quelques moments drôles, mais juste de quoi remplir quelques dizaines de pages. Alors il nous joue le jeu de la presque autofiction, voyez comme c'est intéressant de broder sans en avoir l'air. Rajoutons aussi quelques scènes similaires d'un précédent tournage. C'est toujours un peu court (jeune homme) (oups, mes sales manies gavarneuses me reprennent)... ah oui, je sais, je peux glisser dedans mon projet d'essai sur le hasard (Proust a bien introduit dans son grand-oeuvre des morceaux d'autres projets). Et jouons un peu avec le processus d'écriture et sa temporalité spécifique.Voyons : 180 pages, ça devrait le faire, avec les pages de titre, de copyright et la liste des oeuvres, ouf.
Malgré le style Toussaint reconnaissable, quelques belles images et quelques pages humoristiques, c'est pour moi le Toussaint de trop ; déjà Football avait été difficile à avaler, trop éloigné de mes préoccupations. L'auteur aime la Chine autant que le football, mais ça ne suffit pas à mon bonheur. Et au vôtre ? Et la réflexion sur l'Auteur en train d'auteurer, ça m'a intéressé, mais peu de temps ; il me semble qu'il jouait déjà à ça dans Football et je n'ai plus envie d'aller vérifier.
*D'ailleurs : pourquoi en Chine ? Aucune justification n'apparaît, je suppose que c'est pour le prix de revient. L'argument économique serait une intéressante justification du titre Made in China.
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fbalestas
  14 février 2018
Disons-le tout net, je ne suis pas un fan de Jean-Philippe Toussaint. J'ai lu sa trilogie, je lui reconnais un style, mais souvent je m'ennuie un peu.
Ici, le récit commence lorsque le narrateur arrive en Chine pour le tournage de son film The Honey Dress – ceux qui connaissent l'auteur connaissent déjà l'histoire : un mannequin défile avec une « robe d'abeilles », un essaim virevoltant autour d'elle, mais qui finit par la piquer et l'anéantir – un film qu'il va comme d'autres tourner dans un pays dont il ne maîtrise pas la langue. Toussaint est un habitué de la Chine où il a déjà tourné ses trois films précédents.
On pourrait ne voir, au premier abord, que les tribulations de notre narrateur-auteur à la recherche de son lieu de tournage, puis de l'actrice qui va porter la robe de miel, puis de l'apiculteur s'occupant des abeilles, façon Tintin au Tibet.
On y découvre le personnage de Chen Tong, avec qui il a noué une amitié datant de 1999. Une amitié étrange à cause de la barrière de la langue mais immédiate et sincère, il faut dire aussi que chinois n'est pas n'importe qui, c'est l'éditeur chinois de Robbe Grillet - son premier livre publié, Miroir qui revient, publié à ses frais – et on va croiser des amoureux de la littérature, comme Jérôme Lindon des éditions de Minuit.
Mais la thématique principale du livre est ailleurs.
Je vois dans « Made in China » une réflexion sur la fiction, sur sa construction, comme celle d'un film, une réflexion sur le rapport au temps aussi, sur ce qui se joue dans le temps de l'écriture de la relecture et de la re-relecture.
Le passage le plus intéressant selon moi se trouve dans les pages 76- 81.
« le sujet de mon livre, c'est le hasard dans l'écriture, c'est la disponibilité au hasard que requiert toute création artistique, aussi bien le livre que je suis en train d'écrire que le film que je m'apprête à tourner dans les prochains jours.
Lorsque j'écris « dans les prochains jours », comme je viens de le faire à l'instant, je sous-entends un présent de référence, qui ne peut être en l'occurrence que celui du soir de mon arrivée à Guangzhou pour tourner The Honey Dress (…) mais j'ai bien conscience qu'il y a d'autres « présent » dans ce livre »
« La probabilité qu'un livre achevé ait été écrit exactement comme il a été écrit est quasi nulle », dit-il aussi. C'est donc une réflexion sur le processus de création, la place du hasard, sur toutes les potentialités possibles écartées au fur et à mesure. En lisant cette phrase : « On aurait pu faire un autre choix, prendre une autre décision, et la vie alors, ou le livre se seraient engagés dans une autre direction, on pense à un autre livre récent, « 4, 3, 2,1 » de Paul Auster, qui traite justement de différents scénarios que la vie peut prendre.
« Ce que je peux faire, ce sur quoi je peux agir, c'est accueillir le hasard, le laisser entrer dans les pages de mon livre ou la réalisation de mon film, et non le rejeter, comme s'il constituait une menace pour la toute-puissance de mon statut de créateur. »
Il me semble que ce sont là les pages les plus intéressantes de « Made in China », et peut-être que la fascination que l'auteur produit sur son ami chinois Chen Tong et sur ses collaborateurs vient-elle de là, un respect pour l'aura de créateur qu'il dégage, une acceptation d'office de toutes ses excentricités (trouver un apiculteur à proximité est une véritable gageure, mais dans les films précédents Chen Tong a déjà dû trouver un cheval ou un Boeing pour des tournages aussi rocambolesques).
On peut voir les quelques 180 pages tout autour comme un habillage de cette réflexion, une sorte de corset comme celle que va porter cette mannequin ukrainienne pour symboliser la robe de miel, et s'en tenir là, tout en se laissant bercer par la vidéo finale qui nous est proposée à la dernière page, et que vous pouvez, comme moi, vous laisser bercer par la musique qui l'accompagne et voir ce court-métrage comme le point d'aboutissement de ce « Made in China » : honey.jptoussaint.com
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Axelinou
  16 décembre 2017
Où l'auteur nous décrit son amitié (fort légère dans sa description) avec son éditeur chinois. Où l'auteur, dans le quatrième de couverture, utilise huit fois le mot ‘je' ou ‘mon' et une seule fois le mot ‘notre'. Où l'auteur ne nous ment donc pas sur la marchandise.
Sacré Jean-Phi. On a aussi compris que ton coeur hésitait entre ton appartement à Ostende et ta maison en Corse comme lieu de prédilection d'écriture. Mais 2 ans pour écrire ce documentaire et un an pour le relire n'ont pas suffi pour résoudre ton problème de virgule aux alentours du ‘et'.
Heureusement que dans la deuxième partie du livre tu t'intéresses aussi à l'équipe de tournage sinon je me serais fait du souci pour ton nombril : à force de le regarder il pourrait s'user.
Il y a aussi quelques élucubrations sur le hasard. « En somme, la fatalité que l'oeuvre porte en elle est irréductible à la somme des hasards qui la composent. »
Mais est-ce assez pour éditer un livre. Si tu n'avais pas écrit ce que tu as déjà écrit ou si tu n'étais pas le fils de ton père, t'aurait-on publié ?
Après ‘Football', tu t'enfonces – allez, ressaisis-toi mon p'tit Jean-Phi – que diable !
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clement_M
  31 octobre 2017
Étant un grand fan de l'écriture de Jean-Philippe Toussaint, je me suis jeté sur ce livre. J'ai même été jusqu'à acheter un tirage limité du livre. J'ai donc découvert ce livre doucement, en découpant les pages au fil de ma lecture.
J'ai trouvé la première partie (qui porte pour titre le nom de l'éditeur chinois de l'oeuvre de Jean-Philippe Toussaint) absolument formidable. L'écriture est toujours aussi belle, une légère ironie flotte au fil de ce texte, on retrouve des questionnements philosophiques et romanesques (comme dans son livre L'urgence et la patience que j'avais adoré).
La seconde partie m'a moins emballé. Elle porte sur la description du film que Jean-Philippe Toussaint tire de la scène de la robe en miel (qu'on pourra retrouver dans la compilation M.M.M.M.). Cette partie m'a paru plus descriptive, plus plate (même si on peut lire de belles scènes proches de l'érotisme) et l'humour est moins présent.
Je recommande néanmoins cette lecture à tous les lecteurs qui aiment cet auteur et connaissent un peu son univers.
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julbob
  17 octobre 2017
Un grand Jean-Philippe Toussaint, et qui pourtant ne paye pas de mine. Mais doucement, par petites touches, à travers un simple voyage en Chine, Toussaint repense le roman, le temps du roman, et de celui qui l'écrit.
Et surtout une fin sublime, et une expérience de "lecture" à la fin du livre qui donne tout son sens au récit, et en offre une presque deuxième "lecture" vivante. Je ne dis rien pour ne pas gâcher ce moment étrange et magique, mais pensez à être chez vous, ou dans un endroit calme quand vous approcherez de la fin du livre, et un ordinateur à portée de main.
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critiques presse (2)
Lexpress   02 octobre 2017
Brouillon et abstrait, ou "texte ludique et assez vertigineux", le nouveau roman de Jean-Philippe Toussaint a divisé la rédaction.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Bibliobs   19 septembre 2017
Chez l'écrivain de “Nue”, on croise une mannequin russe, un Maître du miel, un cheval capricieux, et même un père à qui “la mort ne va pas”.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
gavarneurgavarneur   01 décembre 2017
Mais peut-être que j'invente après tout, peut-être que ce type, aussi insignifiant soit-il, aussi négligeable soit son rôle dans cette histoire, n'a jamais existé, et que j'ai simplement inventé son existence pour donner un peu de piment romanesque à ce début de journée. Car même si c'est le réel que je romance, il est indéniable que je romance.
Page114
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GabySenseiGabySensei   18 septembre 2017
La probabilité qu'un livre achevé ait été écrit exactement comme il a été écrit est quasi nulle. A chaque moment de la création d'un livre, de même qu'à chaque instant de la vie, se présente à nous des choix à faire, des décisions à prendre, qui, selon les orientations qu'on prendra, figeront à jamais l'avenir. On aurait pu faire un autre choix, prendre une autre décision, et la vie alors, ou le livre, se seraient alors engagés dans une autre direction. Il y a sans doute un chemin inéluctable qui nous attend, derrière les multiples embranchements, aiguillages et bifurcations auxquels nous sommes confrontés, mais ce n'est qu'une fois le parcours terminé que le chemin sera lisible, et transformera en fatalité ce qui n'était, en temps réel, qu'une succession de sélections ponctuelles dans le réservoir des possibilités romanesques infinies qui s'offrent à nous. Le livre qu'on termine, comme la vie que s'achève, clôt définitivement cette ouverture aux possibles. L’œuvre, ou la vie, se referme au vent des fortuits, et devient la fatalité qu'elle devait être.

(P79)
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fbalestasfbalestas   13 février 2018
Le sujet de mon livre, c’est le hasard dans l’écriture, c’est la disponibilité au hasard que requiert toute création artistique, aussi bien le livre que je suis en train d’écrire que le film que je m’apprête à tourner dans les prochains jours. Lorsque j’écris « dans les prochains jours », comme je viens de le faire à l’instant, je sous-entends un présent de référence, qui ne peut être en l’occurrence que celui du soir de mon arrivée à Ghangzhou pour tourner The Honey Dress (c’est le temps romanesque de « ce soir », ce soir où je me trouve en compagnie de Chen Tong dans la salle à manger du Peach Blossom quelques heures après mon arrivée en Chine), mais j’ai bien conscience qu’il y a d’autres « présent » dans ce livre, et que, selon que je décrive le tournage de Zahie comme je l’ai fait dans les pages précédentes, ou que j’évoquerai la préparation de the Honey Dress, comme je le ferai dans la deuxième partie de ce livre, le présent considéré sera tantôt décembre 2012 (pour Zahir ), tantôt novembre 2014 (pour The Honey Dress).
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LmargantinLmargantin   26 décembre 2017
« Cher Jean-Philippe, est-ce que tu peux me transférer l’horaire de ton vol ? Il faut que je m’organise » m’écrivait Chen Tong quelques jours avant mon arrivée en Chine. Je suis arrivé à Guangzhou le 21 novembre 2014 dans la soirée, et Chen Tong m’attendait à l’aéroport. Je l’aperçus à distance vêtu d’une de ses éternelles chemisettes grises à manches courtes. Il se tenait immobile, les mains derrière le dos, le regard attentif, il se dégageait de sa personnalité un sentiment d’assurance et de calme. Il esquissa un sourire, à peine un sourire, l’encoignure de ses lèvres se souleva, tandis que ses yeux brillaient de complicité contenue. Mais rien de plus, son corps n’avait pas bougé, son visage était resté impassible, grave, placide. Je fis les derniers mètres pour le rejoindre, et on se donna l’accolade, avec précaution, mimant l’accolade plutôt que la donnant vraiment, il me tapa deux ou trois fois doucement dans le dos pour souligner nos retrouvailles. Il s’empara de ma valise et on passa les portes de l’aéroport, et aussitôt je fus assailli par l’odeur dela Chine, cette odeur d’humidité et de poussière, de légumes bouillis et de légère transpiration qui imprègne l’air chaud de la nuit. Nous ne disions rien sous les vastes auvents de verre incurvés de l’aéroport, et nous attendions la voiture qui devait venir nous chercher.
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gavarneurgavarneur   12 décembre 2017
Sha Pan, impassible, regardait la caisse d'abeilles mortes avec indifférence. Il en saisit une poignée dans sa main, qu'il porta à son nez pour les humer. C'est des huîtres, dit-il.
Page 159
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Videos de Jean-Philippe Toussaint (54) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Philippe Toussaint
Les Colloques de Bordeaux :
Jean-Michel Devésa, Université de Limoges, France « La Voix ?humaine, abandonnée? de Jean-Philippe Toussaint »
Jovanka Sotola, Université Charles de Prague, Tchéquie « Les Mécanismes de séduction de Jean-Philippe Toussaint, écrivain »
Jimmy Poulot-Cazajous (Université Toulouse Jean-Jaurès, France), « Dans le combat entre toi et la phrase, sois décourageant »
Pierre Bayard (Université de Paris VIII-Vincennes, France), « L?Art de la procrastination »
Christophe Meurée (Archives & Musée de la Littérature, Bruxelles) et Maria Giovanna Petrillo (Université de Naples, Parthenope), « ?Dire je sans le penser? : qui es-tu, Monsieur Jean-Philippe Toussaint ? »
Aurélia Gaillard (Université Bordeaux Montaigne, France), « Jean-Philippe Toussaint écrivain-coloriste infinitésimal ? »
Retrouvez les livres : https://www.mollat.com/Recherche/Auteur/0-1329378/jean-philippe-toussaint
Note de musique : ©mollat
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