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ISBN : 2729115102
Éditeur : Editions de La Différence (22/10/2004)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Poèmes traduits du russe, présentés et annotés par Christiane Pighetti.

Sergueï Essenine (1895-1925) est sans doute le poète le plus populaire de Russie. Élevé dans les traditions de la vieille Russie des paysans de Riazan et des vieux croyants dissidents de l’orthodoxie, rebelle dans l’âme, fou de poésie, la rage de vivre au cœur, il met tout son espoir dans la révolution. Très vite, il déchante au spectacle des tueries et des ravages qu’elle provoqu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
sandraboop
  13 octobre 2014
En premier lieu un grand merci aux Editions de la Différence et à Babelio pour ce recueil reçu dans le cadre des opérations Masses Critiques.

Cela m'aura permis de découvrir un poète russe, et un style bien différent de celui que je pratique habituellement.

Ma première impression à la réception du recueil fut liée à son poids. Que j'ai aimé sentir ce petit livret si lourd, en écho venait pour moi le poids des mots.
J'ai aimé la texture. J'ai aimé l'écriture en russe sur la page de gauche ( je n'entends rien au cyrillique mais que c'est exotique et ça donne un coté authentique) et la traduction sur la page droite (impossible d'estimer si la traduction est fidèle à la lettre du poème ou à son (es)sens(ce)).

Le recueil commence par une courte description de la brève vie de Sergueï Essenine et j'avoue ne pas avoir été déçue. Je l'ai trouvé très en avance sur la société de son époque en tout cas dans ses audaces et ses moeurs.

Les poèmes sont coupés en 3 parties : les courts, les longs et les dramatiques.

Côté écriture, je ne sais pas si c'est lié à la traduction mais les thèmes évoqués (enfin sa vie en vers, car il nous parle de sa vie dans chacun de ses vers et ne cherche pas à s'en détacher ni à cacher son souhait de nous parler de sa Russie, de sa vie) ne m'ont pas séduite.
J'ai trouvé les vers trop terre à terre justement, pas assez imagés, pas assez poétique à mon goût.

Quelques vers ou poèmes ont tout de même fait mouche car ils sortaient pour moi du lot.

La fin du recueil est composée de diverses photos liées à la vie de l'auteur et ce fut interessant de découvrir le visage de cet homme jeune qui semblait avoir réussi et qui mit fin à sa vie si abruptement si rapidement.

Même si je n'ai pas envie de lire plus avant Essenine, je ne regrette pas d'avoir tenté de pénétrer dans un univers si différent du mien.

A tous bonne lecture.
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sylvain1975
  20 octobre 2014
Il est toujours intéressant, au travers d'un moment de lecture, de découvrir l'existence de l'oeuvre d'un auteur, inconnu jusqu'alors. Ce fut le cas pour Essenine (1895-1925), cité maintes fois dans les écrits de Jim Harrison, qui lui consacrera d'ailleurs un poignant recueil poétique en forme de correspondances, paru en 1999, sobrement intitulé "Lettres à Essenine".
Sergueï Essenine donc, célébré par beaucoup de ses compatriotes comme le plus grand poète russe, et pourtant quasi-inconnu chez nous. Essenine, dont la prose s'inspirera tout autant des croyances de la vieille orthodoxie que de l'espoir naissant de la Révolution d'Octobre, espoir hélas vite noyé dans l'incompréhension et la violence qu'elle provoque. Essenine enfin qui, désenchanté, jetant sur le monde un regard aussi froid que la glace, mettra fin à ses jours dans une chambre d'hôtel, laissant un ultime poème écrit avec son propre sang. Il avait trente ans.
Outre les poèmes, choisis avec soin par Christine Pighetti qui signe également une superbe présentation, et présentés en version bilingue, l'ouvrage est enrichi d'une série de photographies et de touchants témoignages d'amis et de membres de la famille du poète. Un document indispensable pour découvrir, à mes yeux, avec Ezra Pound, l'un des poètes parmi les plus importants du siècle passé.
Merci à Babelio et aux Editions de la Différence.
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Wozniaksandy
  02 novembre 2017
Sergueï Essénine est l'un des derniers grand nom de l'Âge d'argent de la poésie russe.
C'est un poète au tempérament fougueux et frondeur. Loin du maniérisme symboliste et des éclats futuristes, sa poésie célèbre les forces primitives et rituelles de la Russie. Essénine ne cherche pas à décrire, mais à faire surgir la réalité telle qu'il l'éprouve, au plus vif de son être. Isbas, merisiers et bouleaux, icônes et traîneaux à clochettes glissant sur la plaine enneigée traverse sa poésie. Quand éclate la Révolution d'octobre 1917, ses vers se mettent à brasser avec une rare véhémence, idées révolutionnaires, visions bibliques et cosmogoniques.
Le fondement essentiel de sa poésie sera " l'image organique ", enracinée dans le sol russe. Fréquentant la bohème littéraire et artistique, supérieurement indocile, fasciné par les bas-fonds, catastrophé surtout par le sillage de misère que laisse derrière elle la Révolution, il s'abandonne à sa souffrance, à sa sensualité et à sa nature anarchique.
C'est une oeuvre où écriture et vie ne cessent de se nourrir et dont son Journal, c'est-à-dire sa poésie, offre un reflet saisissant.
Restent des poésies marquées par l'adéquation parfaite de l'image au sentiment, aux intonations venues des profondeurs de la terre russe.
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pilou62200
  07 octobre 2014
Je suis un fan de la culture russe, et fan des poèmes de Pouchkine.
J'avais lu un très beau poème d'Essenine qui m'avait donné envie ("Au revoir , mon ami"
Aussi, ai-je sauté sur l'occasion pour lire ce recueil de poèmes d'Essenine !
Un grand merci à babelio de m'en avoir donné l'occasion, mais finalement, c'est une petite déception.
Déception lié aux poèmes eux-mêmes, dans lesquels je n'ai pas pu puiser l'inspiration : je n'ai pas retrouvé le style que j'avais découvert au travers de "Au revoir, mon ami".
Déception dans leurs traductions, qui sont correctes au ligne à ligne, mais qui n'arrivent pas extraire la quintessence du poème dans sa globalité.
Enfin, déception sur le livre lui-même, qui manque de rythme, d'intérêt : ça débute par un récapitulatif de l'histoire d'Essenine, pour ensuite présenter différents poèmes, et c'est agrémenté par quelques photos du poète, sur la fin du livre.
Ca méritait une structure plus originale.....
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Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
sandraboopsandraboop   10 octobre 2014
Allons baise, baise-moi, mords
Jusqu'au sang, jusqu'au cri,
Le ruissellement d'un cœur ardent
Ne souffre pas de froideur.

La cruche répandue de joyeux drilles
Ce n'est pas pour nous,car
Comprends tu, petite amie ?
Sur terre nous n'avons qu'une vie !

Promène ton regard alentour,
Et vois dans la nuit moite
La lune comme un corbeau jaune
Qui tourne et plane la haut.

Allons, baise-moi ! Je le veux.
Pourriture déjà me joue un petit air
Celui qui plane dans les hauteurs
A flairé ma mort, c'est clair.

Ô forces déclinantes !
S'il nous faut mourir, mourons !
Mais que jusqu'à la fin
Je baise ces lèvres aimées.

Qu'ainsi dans nos rêves bleus,
Sans honte ni fard,
Au doux frisson des merisiers
Résonne toujours : "je suis à toi. "

Que toujours sur la coupe pleine,
Écume légère, danse la lumière ;
Ores chante et bois, petite amie :
Sur terre nous n'avons qu'une vie !

Sergueï Essenine. 1925
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sandraboopsandraboop   10 octobre 2014
Je n'appelle, ni ne pleure, ni ne regrette rien,
Tout paSse comme brume de pommiers en fleurs.
Miné désormais par l'or de défloraison
Je ne connaîtrai plus la jeunesse.

Tu ne battras plus comme avant
Désormais, cœur transi,
Plus be t'incitera à flâner pieds nus
La terre du bouleau et du calicot.

Esprit follet qui attisa mes lèvres
Comme tu te fais rare, rare aujourd'hui.
Flots d'émotion, pétulance du regard,
Ô ma fraîcheur d'âme perdue.

De désirs meme je deviens avare.
Ma vie ! Ou be fut-ce qu'un songe ?
Comme si par un bruissant matin de printemps
J'eusse passé au galop sur un destrier rose.

Tous en ce monde, tous sont périssables,
Lentement s'écoule le cuivre de l'érable ..
Béni sois-tu néanmoins dzns les siècles
Toi qui es venu éclore et mourir.

1921
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sandraboopsandraboop   10 octobre 2014
Violon tzigane, la tempête gémit.
fillette gentillette au sourire fielleux
Me laisserai-je intimider par ton regard bleu ?
Il me faut beaucoup, beaucoup m'est superflu.

Si loin, si dissemblables en somme :
Tu es jeune, moi j'ai tout vécu.
Aux jeunes le bonheur, à moi la mémoire seule :
Nuit de neige, étreinte fougueuse.

Câliné? Non. La tempête est mon violon.
Un sourire de toi lève la tempête en moi.
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sandraboopsandraboop   10 octobre 2014
Ce ne sont pas les vents qui décoiffent les bosquets
Ni la chute des feuilles qui dore les collines.
Mais des hymnes d'étoiles filantes qui ruissellent
De l'invisible chapiteau du ciel.

Je vois ceci : sur les nuages ailés
En mante bleu foncé s'avancer
La Mère bien aimée
Tenant dans ses bras sont Fils Immaculé.

Elle porte au monde une nouvelle fois
À crucifier le Christ ressuscité :
"Va ! Mon Fils, sans Havre ni toit,
Sous l'arbrisseau goûte et vois".

Et désormais tout pauvre hère
M'interpelle avec angoisse :
Ne serait-ce à la porte l'Oint de Dieu
Qui frappe, de son bâton d'écorce ?

Car imagine que je passe mon chemin
Et qu'à l'heure secrète, j'ignore
Entre les sapins, les ailes de chérubin,
Et contre une souche, le Christ affamé.

1914
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sandraboopsandraboop   10 octobre 2014
Heureux qui par un frais automne
Largue son âme comme pomme au vent
Et contemple le soc du soleil
Fendre l'eau bleue de la rivière.

Heureux qui extraie de sa chair
L'incandescent clou des poèmes,
Et revêt le blanc vêtement de fête
En attendant que l'hôte frappe.

Apprends, mon âme, apprends à garder
Au fond des yeux la fleur de merisier ;
Avares sont les sens à s'échauffer
Quand du flanc coule un filet d'eau.

Les étoiles carillonnent en silence
Telle la bougie à l'aube, telle la feuille blanche.
Nul n'entrera dans la chambre haute,
Je n'ouvrirai la porte à personne.

1918
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Vidéo de Sergueï Essenine
Confession d’un voyou , Sergeï Essénine lecture de Denis Lavant
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