AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2749134188
Éditeur : Le Cherche midi (30/01/2014)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 14 notes)
Résumé :
«La Langue d'Altmann m'a bouleversé par sa puissance, par sa langue, son style inhabituel, par sa violence et la force de ses mots. J'admire ce livre ! »
Gilles Deleuze


« J'avais eu raison de tuer Altmann, pensai-je. Entre tuer et ne pas tuer Altmann, j'avais choisi la première solution et ce choix, en fait, était le bon. Nous passons notre vie à faire en permanence des choix. Il existe des gens, comme Altmann, pour lesquels, quand vous... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
MarianneL
  01 juin 2014
Ces mots en exergue de Julia Kristeva - «… de plus en plus sec, précis, fuyant la séduction pour la cruauté… » - accompagnent celui qui pénètre dans le monde implacable de «La langue d'Altmann».
Dans les vingt-six textes de ce premier livre de Brian Evenson (publié en 1994 et brillamment traduit par Claro en 2014), les personnages poussent la violence absurde, physique ou verbale, la perversion et la folie fanatique dans ses retranchements ultimes, agissant à contresens de tout code moral, et sans en général, ne susciter ni émotion forte ni révolte chez les protagonistes, à l'encontre de tous les attendus.
De «Elle : ses autres corps. Un récit de voyage», fuite hallucinée et sanglante d'un tueur psychopathe au volant de son camion, sur les routes des États de l'Ouest américain, à «La fenêtre de Munich. Une persécution» où un père, dans un registre qui rappelle Franz Kafka ou Thomas Bernhard, use envers sa fille du langage comme une arme d'une perversion et d'une précision sans faille, en passant par cette trilogie - «Le vide», «Une mort lente» et «Extermination» -, l'attente d'un groupe d'hommes retranchés dans un fort qui suivent les ordres absurdes d'un chef invisible, une histoire aux accents de Volodine qui allie l'horreur à l'humour, Brian Evenson explore jusqu'à l'extrême et dans des directions multiples, la violence nue, gratuite et sans échappatoire, avec des personnages souvent impassibles, sans remords et sans émotions, qui ne laissent au lecteur aucun autre choix que celui d'être puissamment ébranlé.
«Le suicide de la mère comme la tentative de suicide de la fille avaient été accomplis sans la moindre once de «désintéressement» – élément le plus indispensable à tout suicide esthétiquement réussi. Ma fille s'était jetée par la fenêtre (la première fois, pas la seconde) par pure méchanceté, pour me forcer à me soumettre à sa volonté, pour me forcer à venir la voir à Munich. Elle s'était dit qu'après cette démonstration excessive je n'aurais pas le choix. Bien sûr, entre nous, une simple tentative de suicide ne suffit pas à ébranler un homme de ma trempe. Une simple tentative de suicide est une occurrence quotidienne pour un homme de ma trempe, indigne du moindre intérêt que ce soit – en particulier quand ladite tentative poursuit le but unique de me manipuler, ce qui était certainement son cas. Je n'allais pas me laisser berner par de telles ruses de novice, lui écrivis-je. Je lui écrivis qu'elle déshonorait grandement sa mère en feignant de vouloir se suicider, au lieu de le faire pour de bon. Je l'encourageai à considérer l'acte de se suicider avec autant de sérieux que l'avait fait sa mère.» (La fenêtre de Munich – Une persécution)
«Utah.
Il passa la frontière, s'enfonça dans les étendues désertes du nord de l'Utah. Au bout de cinq kilomètres, il tua sa première, lui défonça les yeux avec son démonte-pneu. À l'arrière de sa camionnette, il lui grava trente-cinq étoiles dans le dos, par rangées de sept et de huit. Entamer la peau au canif n'était pas facile, trouva-t-il, ça posait des problèmes très différents du chêne et du pin. Il bâcla ses premières tentatives, recommença sur ses cuisses.» (Elle : ses autres corps. Un récit de voyage)
Une expérience vertigineuse, comme une plongée dans l'oeil d'un cyclone de violence.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
encoredunoir
  19 février 2014
Après Contagion, Inversion, Père des mensonges, La confrérie des mutilés et Baby Leg, la collection Lot 49 publie enfin les premiers écrits de Brian Evenson. Initialement paru en 1994, ce recueil de nouvelles intègre déjà les thèmes qui fondent jusqu'à l'obsession l'oeuvre d'Evenson. Et l'on comprend que les nouvelles de la langue d'Altmann aient scandalisé les Mormons de la Brigham Young University de Provo où Evenson, alors membre de l'Église de Jésus Christ des Saints du Dernier Jour, enseignait au moment de la parution du recueil.
Car Brian Evenson, à travers ses histoires souvent situées dans un monde proche du nôtre mais propre à basculer rapidement dans une espèce de futur post-apocalyptique, parle de manipulation des esprits, de faux prophètes délestant leurs ouailles de leur humanité et de leur libre arbitre et du caractère mouvant de la vérité. Et si les esprits sont torturés les corps ne sont pas en reste : souillés, mutilés, ils sont l'expression de la souffrance intérieure des personnages comme de leurs propres vices. Ont tue, on ampute, on fait tuer chez Evenson, et l'on trouve toujours un moyen de justifier cette violence. C'est bien ce que montre l'extrait de la nouvelle dont le recueil tire son nom et que Lot 49 a choisi de mettre en quatrième de couverture :
« J'avais eu raison de tuer Altmann, pensai-je. Entre tuer et ne pas tuer Altmann, j'avais choisi la première solution et ce choix, en fait, était le bon. Nous passons notre vie à faire en permanence des choix. Il existe des gens, comme Altmann, pour lesquels, quand vous leur avez tiré une balle dans le crâne, vous savez que vous avez agi correctement. Ce sont les gens comme Altmann qui font que tout le reste a un sens, pensai-je, alors que des gens comme Horst, une fois tués, ne font qu'ajouter à la confusion. le monde est peuplé d'Altmann et de Horst, les premiers, il convient de les truffer de plombs à la première occasion, les autres, on doit peut-être les tuer, peut-être pas : qui le sait ? ».
Abandonnés de Dieu ou jouets entre les mains d'un Dieu cruel jusqu'à en devenir un personnage encore plus absurde que ceux qu'il manipule, les personnages des nouvelles d'Evenson poussent jusqu'au bout les raisonnements les plus aberrants, nous entraînant dans un monde ou l'absurdité le dispute à la cruauté et où la vérité est un concept tout relatif ainsi que le montre avec brio « L'affaire Sanza », novella clôturant le recueil, dans laquelle l'auteur suit l'enquête sur le meurtre de l'inspecteur Sanza en convoquant différents témoignages qui ne cessent de se contredire.
« Sanza ne mangeait jamais que « rarement » dehors (l'épouse de Sanza). Il mangeait dehors en cachette et fréquemment parce qu'il « détestait la cuisine de sa femme – si on peut appeler ça de la cuisine » (Graca). Sanza détestait les petits pois à la crème (l'épouse de Sanza), n'aurait jamais mangé de petits pois « même si sa vie en dépendait » (Graca). Sanza aimait les légumes de toutes sortes, crus ou cuits, y compris les petits pois (De Jaen). »
Cruelles, sordides, dramatiques, écoeurantes, pleines d'humour, tragiques, énigmatiques, les nouvelles d'Evenson dressent un portrait tordu d'une humanité abandonnée à un bien triste sort où chacun se doit de lutter pour vivre et s'accepter. C'est une expérience de lecture aussi stimulante que stupéfiante.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Ingannmic
  28 novembre 2015
Ma lecture de "La langue d'Altmann" était précédée de deux expériences avec Brian Evenson, aux résultats contradictoires : passée complètement à côté de l'intérêt que peut présenter un texte comme "La confrérie des mutilés", j'avais ensuite apprécié le cynisme macabre dont l'auteur fait preuve dans "Père des mensonges".
Ce recueil de nouvelles, dont j'attendais beaucoup, car porté aux nues lors de sa sortie, a alourdi en ce qui me concerne la balance en défaveur de l'auteur.
Il se compose d'une suite de textes mettant en scène une violence froide, dont toute émotion est absente. Des épisodes de mutilations diverses -dépeintes avec une précision quasi chirurgicale-, de tortures psychologiques, sont entrecoupés de scénettes absconses, au sens énigmatiques, que je n'ai la plupart du temps pas comprises..
La plupart de ces histoires macabres flottent dans un univers intemporel, voire surnaturel, laissant une impression d'irréalité qui contraste étrangement avec l'horreur suscitée par l'abondance d'atrocité.
Ce qui frappe le plus, au cours de la lecture, c'est la sécheresse avec laquelle l'auteur dépeint ces anecdotes sanglantes. Ses personnages ne sont dotés d'aucune complexité psychologique, et il évident que son but n'est pas de tenter d'expliquer les mécanismes de la violence. Cette dernière est ici présentée comme une fin en soi, comme l'un des attributs essentiels et naturels de l'homme.
L'accumulation sanglante finit ainsi par acquérir une dimension grand guignolesque. "La langue d'Altmann" exprime une absurdité dénuée de toute poésie, une horreur vaine et glaciale.
Je me suis rapidement lassée de cette galerie horrifique... et avoue n'y avoir trouvé aucun intérêt.
Lien : http://bookin-inganmic.blogs..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
keisha
  27 février 2014
Après Père des mensonges (à découvrir, c'est sûr), Baby Leg (perplexe je suis), j'ai découvert le nouvel opus de Brian Evenson, en fait son premier publié. Je dirais qu'il s'agit de nouvelles, des textes courts (de une à 15 pages, en gros), et quelques uns plus longs, tels La fenêtre de Munich, à l'ambiguïté réussie, Elle : ses autres corps : un récit de voyage, où un serial killer laisse les cadavres féminins derrière lui, au fil des Etats, et surtout la réjouissante Affaire Sanza, une enquête policière un peu dingue, policiers ripoux, vrai et faux témoignages se mêlant.
Certains textes m'ont laissée dubitative, mais jamais indifférente. Détails affreux, cruels, sordides, protégeons-nous me disais-je. Une écriture incroyablement prenante, c'est certain. Un écrivain prometteur, dès le début. Pour sortir des sentiers battus...
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
Commenter  J’apprécie          60
Charybde2
  20 février 2014
Folie, mort, absurde, inhumain transmutés par une poésie presque insoutenable.
Désormais sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2014/02/20/note-de-lecture-la-langue-daltmann-brian-evenson/
Commenter  J’apprécie          40

critiques presse (1)
LeFigaro   21 février 2014
Ses livres sentent la poudre. Et suintent la peur. Les titres parlent d'eux-mêmes.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
encoredunoirencoredunoir   19 février 2014
J'avais eu raison de tuer Altmann, pensai-je. Entre tuer et ne pas tuer Altmann, j'avais choisi la première solution et ce choix, en fait, était le bon. Nous passons notre vie à faire en permanence des choix. Il existe des gens, comme Altmann, pour lesquels, quand vous leur avez tiré une balle dans le crâne, vous savez que vous avez agi correctement. Ce sont les gens comme Altmann qui font que tout le reste a un sens, pensai-je, alors que des gens comme Horst, une fois tués, ne font qu'ajouter à la confusion. Le monde est peuplé d'Altmann et de Horst, les premiers, il convient de les truffer de plombs à la première occasion, les autres, on doit peut-être les tuer, peut-être pas : qui le sait ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
encoredunoirencoredunoir   19 février 2014
Sanza ne mangeait jamais que « rarement » dehors (l’épouse de Sanza). Il mangeait dehors en cachette et fréquemment parce qu’il « détestait la cuisine de sa femme – si on peut appeler ça de la cuisine » (Graca). Sanza détestait les petits pois à la crème (l’épouse de Sanza), n’aurait jamais mangé de petits pois « même si sa vie en dépendait » (Graca). Sanza aimait les légumes de toutes sortes, crus ou cuits, y compris les petits pois (De Jaen).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
keishakeisha   27 février 2014
Après avoir tué Altmann, je suis resté près du cadavre d'Altmann à regarder la boue fumer autour de lui, obscurcissant ce qui naguère avait été Altmann. Horst me parlait à voix basse: 'Tu dois manger sa langue, tu deviendras un sage', disait Horst à voix basse. Si tu manges sa langues, tu pourras parler le langage des oiseaux!' D'un coup de poing, j'envoyai Horst au sol et braquai le fusil sur lui, puis, comme par erreur, appuyai sur la détente.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Video de Brian Evenson (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Brian Evenson

La chronique de Carole S - La confrérie des mutilés
Notre déblogueuse Carole S. s'est attaquée cette semaine en toute indépendance à un livre qui concoure pour le Prix du Roman étranger du prochain Saint-Maur en Poche (Les 18 et 19 juin prochain). Il s'agit du livre "La confrérie des mutilés" de Brian Evenson aux éditions 10-18. Que pense Carole S. de ce livre... Regardez... La présentation du livre "La confrérie des mutilés" par l'éditeur : Après avoir perdu une main lors d'un règlement de comptes, Kline, un détective privé, se voit confier une enquête au sein d'une société secrète composée de mutilés volontaires, où un meurtre a été commis. Mais, pour cela, Kline doit gagner la confiance des membres de cette étrange secte. Or cette confiance se paie cher : pour accéder à certains niveaux de la hiérarchie, il convient d'être à chaque fois davantage amputé... Jusqu'où Kline sera-t-il prêt à aller pour découvrir l'insoutenable vérité ? Les voies de la confrérie sont-elles impénétrables ? Vous pouvez commander "La confrérie des mutilés" sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com
+ Lire la suite
Livres les plus populaires de la semaine Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (6 - polars et thrillers )

Roger-Jon Ellory : " **** le silence"

seul
profond
terrible
intense

20 questions
1677 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , thriller , romans policiers et polarsCréer un quiz sur ce livre