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EAN : 9782749134185
288 pages
Éditeur : Le Cherche midi (30/01/2014)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 16 notes)
Résumé :
«La Langue d'Altmann m'a bouleversé par sa puissance, par sa langue, son style inhabituel, par sa violence et la force de ses mots. J'admire ce livre ! »
Gilles Deleuze


« J'avais eu raison de tuer Altmann, pensai-je. Entre tuer et ne pas tuer Altmann, j'avais choisi la première solution et ce choix, en fait, était le bon. Nous passons notre vie à faire en permanence des choix. Il existe des gens, comme Altmann, pour lesquels, quand vous... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
JustAWord
  10 août 2020
En 1994, le jeune Brian Evenson alors âgé de 28 ans publie son premier ouvrage. Il s'agit d'un recueil de vingt-six nouvelles intitulé La langue d'Altmann.
À l'époque, c'est un scandale. Professeur d'anglais à la Brigham Young University mais également Mormon dévoué, Brian Evenson choque et dérange.
À tel point qu'une lettre anonyme écrite par une étudiante de l'université explique qu'à la lecture de l'ouvrage, elle « s'est sentie comme quelqu'un qui aurait mangé quelque chose d'empoisonné et qui tenterait désespérément de s'en débarrasser. »
Terrifiée à l'idée que l'auteur puisse enseigner à l'université où elle est étudie, elle en avertit la hiérarchie de Brian Evenson qui se voit forcé de rendre des comptes sur ses écrits. Celui-ci explique alors que son livre « dépeint la violence sous son jour véritable […] qu'il ne supporte ni la violence ni ne la promeut. Il la montre strictement pour ce qu'elle est, afin de la laisser se condamner elle-même. »
Et si la Brigham Young University finit par trancher en faveur de l'auteur, on lui fait clairement comprendre que d'autres publication du même type pourrait avoir des répercussions à la fois sur son poste universitaire mais aussi sur sa place dans l'Église Mormone.
L'année suivante, Brian Evenson démissionne et en 2000, il quitte officiellement l'Église. Dans l'intervalle, l'américain a déjà publié quatre ouvrages, faisant de lui l'un des nouveaux auteurs les plus en vus de l'époque.
Comment et pourquoi La langue d'Altmann a-t-il provoqué un tel scandale ?
La violence de la folie
Ouvrage singulier, La langue d'Altmann renferme une foultitudes d'histoires glauques, percutantes et obsédantes. Si certaines ne font même pas une page entière (L'histoire tragique et abrégée du Barbier d'Auschwitz ou Trou), d'autres se regroupent et se répondent (le triptyque le vide, Une mort lente, Extermination) tandis que la dernière frôle la novella (L'Affaire Sanza).
Pourtant, aussi diverses soient leur taille, ces histoires renferment toutes des points communs évidents : une langue minimaliste mais glaçante, un goût prononcé pour la violence avec des amputations et des mutilations omniprésentes, une façon de tordre le réel qui pervertit les codes moraux et la logique elle-même, une réflexion sur le fanatisme et la foi et, surtout, une perte de repères pour le lecteur.
Il n'est pas inintéressant de s'intéresser tout d'abord à deux nouvelles pour bien comprendre les mécanismes narratifs de Brian Evenson.
Dans La fenêtre de Munich, un père raconte ses « retrouvailles » avec sa fille qu'il n'a pas vu depuis des années depuis le « suicide » de sa mère. Narrée du point de vue du père, l'histoire utilise une logorrhée pernicieuse pour pervertir le sens des événements. On comprend rapidement que le suicide n'en est pas un et que le père a commis des actes terribles sur sa fille (Evenson n'hésite pas à parler de pédopornograhie). Cependant, jamais les choses ne sont affrontées frontalement et le narrateur utilise la langue et joue sur les mots pour retourner la logique pourtant évidente de l'affaire contre sa propre fille, inversant la victime et le bourreau. Grâce à des leitmotivs entêtants et à un déni complet de la réalité, Brian Evenson nous invite dans l'esprit d'un tueur et d'un fou… et la logique n'est plus du tout la même !
Autre nouvelle, L'Affaire Sanza, la plus longue du recueil. Dans celle-ci, le lecteur va suivre l'enquête à propos de l'assassinat d'un inspecteur de police du nom de Sanza. de façon minutieuse et clinique, Evenson dissèque les indices et les suspicions mais se heurte à un problème de taille : chaque témoin ou protagoniste a sa propre vision des choses. Ainsi, l'enquête devient une succession d'interrogations sur fond d'allégations contradictoires. Peu à peu, tout devient suspect et la logique fout le camp en même temps que la raison des personnages. de la même façon que dans La fenêtre de Munich, l'histoire s'avère aussi dérangeante que perverse, puisque l'on ne sait plus qui a fait quoi et qui a raison de craindre l'autre. le résultat s'avère monumental.
L'absurdité du fanatisme
Irriguées par la folie et le mal, les nouvelles de la langue d'Altmann ne sont pas toutes aussi accessibles que les deux précédemment citées.
De façon cryptique et parfois même totalement hermétique, Brian Evenson nous raconte des choses parfaitement surréalistes que n'aurait pas renié un Kafka ou un Beckett. Prenons par exemple le tryptique le vide, Une mort lente, Extermination où le dénommé Thorne s'enferme dans une pièce et glisse sous la porte des instructions parfaitement incompréhensibles pour les autres occupants d'un fort perdu au milieu du désert. Bosephus, celui qui interprète et exécute les élucubrations de Thorne, transforme le fort en un lieu de folie où la violence la plus crue se déchaîne à base de chevaux amputés et de cadavres dévorés par les corbeaux. Critique à peine voilée du fanatisme religieux et de l'incompréhension de l'homme vis-à-vis des écrits divins, ces trois textes renferment une succession de scènes hautement dérangeantes et terrifiantes. Cette façon de décrire le fanatisme et l'obéissance aveugle à des choses que personne ne comprend se retrouve dès la seconde nouvelle, Tuer des Chats, où un homme accepte de faire le chauffeur pour un couple qui n'en peut plus de ses chats et désire simplement les éliminer. Pourquoi ? Personne n'en sait rien mais la chose doit être accomplie.
Ce genre d'impératif extravagant (et débouchant sur des actes violents et mutilatoires) se retrouve dans d'autres histoires. La langue d'Altmann, nouvelle d'à peine deux pages, se penche sur le cas d'un homme à qui l'on demande de manger la langue d'un autre homme qu'il vient de tuer. Il finit par exécuter son complice et s'interroge sur le sens de ses actes.
Un sens qui échappe souvent au lecteur comme dans le père, impassible qui voit un homme enterrer en secret le cadavre de sa fille à l'insu de sa femme, ou dans Hébé tue Jarry quand Hébé en vient à coudre les paupières d'un Jarry qui semble étrangement docile par rapport à son évidente torture. Comme si les instructions venaient d'autre part et qu'il fallait obéir. Pourquoi ? Là n'est pas la question, pas quand on croit à quelque chose.
Le saigneur de la haine
Reste alors d'autres textes qui synthétisent de façon encore plus glauques les obsessions naissantes de Brian Evenson.
Pour montrer la violence (religieuse ou non) dans son appareil le plus rudimentaire, l'auteur dépouille au maximum ses intrigues et détourne les poncifs. Prenons la nouvelle Elle : ses autres corps, un récit de voyage où l'on suit le road-trip sanglant et hallucinogène d'un serial-killer qui obéit à une logique qui nous échappe totalement. L'histoire, aussi violente que déstabilisante, écoeure et repousse tout en exerçant une fascination imprévue sur le lecteur pris au piège d'un récit policier dont les codes mêmes semblent corrompus.
Il en va de même avec Job les mange crus, avec les chiens, relecture du mythe biblique de Job qui affronte une série de calvaires intenables après s'être relevé de la tombe en traînant sa carcasse pourrie à la recherche de Dieu. Perversion totale de l'écrit originel, l'histoire est une succession de visions terrifiantes où Job est régulièrement mutilé et torturé. Des leitmotivs absurdes parsèment les mésaventures de Job où le moderne fait irruption sans avertissement dans dans le récit à base de marque de hache Redline. Puissamment évocateur mais aussi complètement cinglé, la nouvelle révèle l'absurdité d'un fanatisme aveugle qui finit, forcément, dans le sang et le meurtre.
Notons ici que Brian Evenson ne juge pas, il expose et n'épargne rien ni personne. Éreintantes, les nouvelles s'avèrent aussi déroutantes qui violemment clivantes, parfois totalement inutiles mais toujours tellement… dérangeantes.
Acte de naissance d'un auteur dérangé et dérangeant, La langue d'Altmann impose le style transgressif et violemment évocateur d'un Brian Evenson qui ne recule devant aucune violence ou terreur. Hautement inventif mais également clivant en diable, cette première incursion dans l'imaginaire de l'américain risque d'en laisser plus d'un sur le carreau.
Lien : https://justaword.fr/la-lang..
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MarianneL
  01 juin 2014
Ces mots en exergue de Julia Kristeva - «… de plus en plus sec, précis, fuyant la séduction pour la cruauté… » - accompagnent celui qui pénètre dans le monde implacable de «La langue d'Altmann».
Dans les vingt-six textes de ce premier livre de Brian Evenson (publié en 1994 et brillamment traduit par Claro en 2014), les personnages poussent la violence absurde, physique ou verbale, la perversion et la folie fanatique dans ses retranchements ultimes, agissant à contresens de tout code moral, et sans en général, ne susciter ni émotion forte ni révolte chez les protagonistes, à l'encontre de tous les attendus.
De «Elle : ses autres corps. Un récit de voyage», fuite hallucinée et sanglante d'un tueur psychopathe au volant de son camion, sur les routes des États de l'Ouest américain, à «La fenêtre de Munich. Une persécution» où un père, dans un registre qui rappelle Franz Kafka ou Thomas Bernhard, use envers sa fille du langage comme une arme d'une perversion et d'une précision sans faille, en passant par cette trilogie - «Le vide», «Une mort lente» et «Extermination» -, l'attente d'un groupe d'hommes retranchés dans un fort qui suivent les ordres absurdes d'un chef invisible, une histoire aux accents de Volodine qui allie l'horreur à l'humour, Brian Evenson explore jusqu'à l'extrême et dans des directions multiples, la violence nue, gratuite et sans échappatoire, avec des personnages souvent impassibles, sans remords et sans émotions, qui ne laissent au lecteur aucun autre choix que celui d'être puissamment ébranlé.
«Le suicide de la mère comme la tentative de suicide de la fille avaient été accomplis sans la moindre once de «désintéressement» – élément le plus indispensable à tout suicide esthétiquement réussi. Ma fille s'était jetée par la fenêtre (la première fois, pas la seconde) par pure méchanceté, pour me forcer à me soumettre à sa volonté, pour me forcer à venir la voir à Munich. Elle s'était dit qu'après cette démonstration excessive je n'aurais pas le choix. Bien sûr, entre nous, une simple tentative de suicide ne suffit pas à ébranler un homme de ma trempe. Une simple tentative de suicide est une occurrence quotidienne pour un homme de ma trempe, indigne du moindre intérêt que ce soit – en particulier quand ladite tentative poursuit le but unique de me manipuler, ce qui était certainement son cas. Je n'allais pas me laisser berner par de telles ruses de novice, lui écrivis-je. Je lui écrivis qu'elle déshonorait grandement sa mère en feignant de vouloir se suicider, au lieu de le faire pour de bon. Je l'encourageai à considérer l'acte de se suicider avec autant de sérieux que l'avait fait sa mère.» (La fenêtre de Munich – Une persécution)
«Utah.
Il passa la frontière, s'enfonça dans les étendues désertes du nord de l'Utah. Au bout de cinq kilomètres, il tua sa première, lui défonça les yeux avec son démonte-pneu. À l'arrière de sa camionnette, il lui grava trente-cinq étoiles dans le dos, par rangées de sept et de huit. Entamer la peau au canif n'était pas facile, trouva-t-il, ça posait des problèmes très différents du chêne et du pin. Il bâcla ses premières tentatives, recommença sur ses cuisses.» (Elle : ses autres corps. Un récit de voyage)
Une expérience vertigineuse, comme une plongée dans l'oeil d'un cyclone de violence.
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encoredunoir
  19 février 2014
Après Contagion, Inversion, Père des mensonges, La confrérie des mutilés et Baby Leg, la collection Lot 49 publie enfin les premiers écrits de Brian Evenson. Initialement paru en 1994, ce recueil de nouvelles intègre déjà les thèmes qui fondent jusqu'à l'obsession l'oeuvre d'Evenson. Et l'on comprend que les nouvelles de la langue d'Altmann aient scandalisé les Mormons de la Brigham Young University de Provo où Evenson, alors membre de l'Église de Jésus Christ des Saints du Dernier Jour, enseignait au moment de la parution du recueil.
Car Brian Evenson, à travers ses histoires souvent situées dans un monde proche du nôtre mais propre à basculer rapidement dans une espèce de futur post-apocalyptique, parle de manipulation des esprits, de faux prophètes délestant leurs ouailles de leur humanité et de leur libre arbitre et du caractère mouvant de la vérité. Et si les esprits sont torturés les corps ne sont pas en reste : souillés, mutilés, ils sont l'expression de la souffrance intérieure des personnages comme de leurs propres vices. Ont tue, on ampute, on fait tuer chez Evenson, et l'on trouve toujours un moyen de justifier cette violence. C'est bien ce que montre l'extrait de la nouvelle dont le recueil tire son nom et que Lot 49 a choisi de mettre en quatrième de couverture :
« J'avais eu raison de tuer Altmann, pensai-je. Entre tuer et ne pas tuer Altmann, j'avais choisi la première solution et ce choix, en fait, était le bon. Nous passons notre vie à faire en permanence des choix. Il existe des gens, comme Altmann, pour lesquels, quand vous leur avez tiré une balle dans le crâne, vous savez que vous avez agi correctement. Ce sont les gens comme Altmann qui font que tout le reste a un sens, pensai-je, alors que des gens comme Horst, une fois tués, ne font qu'ajouter à la confusion. le monde est peuplé d'Altmann et de Horst, les premiers, il convient de les truffer de plombs à la première occasion, les autres, on doit peut-être les tuer, peut-être pas : qui le sait ? ».
Abandonnés de Dieu ou jouets entre les mains d'un Dieu cruel jusqu'à en devenir un personnage encore plus absurde que ceux qu'il manipule, les personnages des nouvelles d'Evenson poussent jusqu'au bout les raisonnements les plus aberrants, nous entraînant dans un monde ou l'absurdité le dispute à la cruauté et où la vérité est un concept tout relatif ainsi que le montre avec brio « L'affaire Sanza », novella clôturant le recueil, dans laquelle l'auteur suit l'enquête sur le meurtre de l'inspecteur Sanza en convoquant différents témoignages qui ne cessent de se contredire.
« Sanza ne mangeait jamais que « rarement » dehors (l'épouse de Sanza). Il mangeait dehors en cachette et fréquemment parce qu'il « détestait la cuisine de sa femme – si on peut appeler ça de la cuisine » (Graca). Sanza détestait les petits pois à la crème (l'épouse de Sanza), n'aurait jamais mangé de petits pois « même si sa vie en dépendait » (Graca). Sanza aimait les légumes de toutes sortes, crus ou cuits, y compris les petits pois (De Jaen). »
Cruelles, sordides, dramatiques, écoeurantes, pleines d'humour, tragiques, énigmatiques, les nouvelles d'Evenson dressent un portrait tordu d'une humanité abandonnée à un bien triste sort où chacun se doit de lutter pour vivre et s'accepter. C'est une expérience de lecture aussi stimulante que stupéfiante.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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Ingannmic
  28 novembre 2015
Ma lecture de "La langue d'Altmann" était précédée de deux expériences avec Brian Evenson, aux résultats contradictoires : passée complètement à côté de l'intérêt que peut présenter un texte comme "La confrérie des mutilés", j'avais ensuite apprécié le cynisme macabre dont l'auteur fait preuve dans "Père des mensonges".
Ce recueil de nouvelles, dont j'attendais beaucoup, car porté aux nues lors de sa sortie, a alourdi en ce qui me concerne la balance en défaveur de l'auteur.
Il se compose d'une suite de textes mettant en scène une violence froide, dont toute émotion est absente. Des épisodes de mutilations diverses -dépeintes avec une précision quasi chirurgicale-, de tortures psychologiques, sont entrecoupés de scénettes absconses, au sens énigmatiques, que je n'ai la plupart du temps pas comprises..
La plupart de ces histoires macabres flottent dans un univers intemporel, voire surnaturel, laissant une impression d'irréalité qui contraste étrangement avec l'horreur suscitée par l'abondance d'atrocité.
Ce qui frappe le plus, au cours de la lecture, c'est la sécheresse avec laquelle l'auteur dépeint ces anecdotes sanglantes. Ses personnages ne sont dotés d'aucune complexité psychologique, et il évident que son but n'est pas de tenter d'expliquer les mécanismes de la violence. Cette dernière est ici présentée comme une fin en soi, comme l'un des attributs essentiels et naturels de l'homme.
L'accumulation sanglante finit ainsi par acquérir une dimension grand guignolesque. "La langue d'Altmann" exprime une absurdité dénuée de toute poésie, une horreur vaine et glaciale.
Je me suis rapidement lassée de cette galerie horrifique... et avoue n'y avoir trouvé aucun intérêt.
Lien : http://bookin-inganmic.blogs..
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keisha
  27 février 2014
Après Père des mensonges (à découvrir, c'est sûr), Baby Leg (perplexe je suis), j'ai découvert le nouvel opus de Brian Evenson, en fait son premier publié. Je dirais qu'il s'agit de nouvelles, des textes courts (de une à 15 pages, en gros), et quelques uns plus longs, tels La fenêtre de Munich, à l'ambiguïté réussie, Elle : ses autres corps : un récit de voyage, où un serial killer laisse les cadavres féminins derrière lui, au fil des Etats, et surtout la réjouissante Affaire Sanza, une enquête policière un peu dingue, policiers ripoux, vrai et faux témoignages se mêlant.
Certains textes m'ont laissée dubitative, mais jamais indifférente. Détails affreux, cruels, sordides, protégeons-nous me disais-je. Une écriture incroyablement prenante, c'est certain. Un écrivain prometteur, dès le début. Pour sortir des sentiers battus...
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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critiques presse (1)
LeFigaro   21 février 2014
Ses livres sentent la poudre. Et suintent la peur. Les titres parlent d'eux-mêmes.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
JustAWordJustAWord   10 août 2020
Ceux qui osèrent sortir à la tombée de la nuit durent refouler le charnier des corbeaux noirs et secs. Ils détachèrent à tâtons les chevaux morts, les traînèrent par les rênes jusque dans leurs chambres. Ils fracassèrent les long crânes contre les murs, rendirent les os pour sucer les cervelles, arrachèrent les poils avec leurs ongles pour ronger les étroites poches de chair. Lèvres, joues, langues tachetées.
Ceux qui arrivèrent plus tard prélevèrent des morceaux sur les cinq cadavres humains — tout recouverts de fiente et déchiquetés par les oiseaux. Ils réchauffèrent la viande sur des feux alimentés au papier dans leurs chambres, se repurent de leurs camarades tièdes.
Les tout derniers, qui arrivèrent juste avant l’aube, chassèrent les mouches, brisèrent les os, sauvèrent la moelle. Ils mastiquèrent des bouchées de boue sanglante, repoussant la faim de quelques heures.
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encoredunoirencoredunoir   19 février 2014
J'avais eu raison de tuer Altmann, pensai-je. Entre tuer et ne pas tuer Altmann, j'avais choisi la première solution et ce choix, en fait, était le bon. Nous passons notre vie à faire en permanence des choix. Il existe des gens, comme Altmann, pour lesquels, quand vous leur avez tiré une balle dans le crâne, vous savez que vous avez agi correctement. Ce sont les gens comme Altmann qui font que tout le reste a un sens, pensai-je, alors que des gens comme Horst, une fois tués, ne font qu'ajouter à la confusion. Le monde est peuplé d'Altmann et de Horst, les premiers, il convient de les truffer de plombs à la première occasion, les autres, on doit peut-être les tuer, peut-être pas : qui le sait ?
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encoredunoirencoredunoir   19 février 2014
Sanza ne mangeait jamais que « rarement » dehors (l’épouse de Sanza). Il mangeait dehors en cachette et fréquemment parce qu’il « détestait la cuisine de sa femme – si on peut appeler ça de la cuisine » (Graca). Sanza détestait les petits pois à la crème (l’épouse de Sanza), n’aurait jamais mangé de petits pois « même si sa vie en dépendait » (Graca). Sanza aimait les légumes de toutes sortes, crus ou cuits, y compris les petits pois (De Jaen).
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keishakeisha   27 février 2014
Après avoir tué Altmann, je suis resté près du cadavre d'Altmann à regarder la boue fumer autour de lui, obscurcissant ce qui naguère avait été Altmann. Horst me parlait à voix basse: 'Tu dois manger sa langue, tu deviendras un sage', disait Horst à voix basse. Si tu manges sa langues, tu pourras parler le langage des oiseaux!' D'un coup de poing, j'envoyai Horst au sol et braquai le fusil sur lui, puis, comme par erreur, appuyai sur la détente.
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JustAWordJustAWord   10 août 2020
Qu’est l’âme de l’homme sinon poussière, et le corps de l’homme sinon une poubelle ?
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La chronique de Carole S - La confrérie des mutilés
Notre déblogueuse Carole S. s'est attaquée cette semaine en toute indépendance à un livre qui concoure pour le Prix du Roman étranger du prochain Saint-Maur en Poche (Les 18 et 19 juin prochain). Il s'agit du livre "La confrérie des mutilés" de Brian Evenson aux éditions 10-18. Que pense Carole S. de ce livre... Regardez... La présentation du livre "La confrérie des mutilés" par l'éditeur : Après avoir perdu une main lors d'un règlement de comptes, Kline, un détective privé, se voit confier une enquête au sein d'une société secrète composée de mutilés volontaires, où un meurtre a été commis. Mais, pour cela, Kline doit gagner la confiance des membres de cette étrange secte. Or cette confiance se paie cher : pour accéder à certains niveaux de la hiérarchie, il convient d'être à chaque fois davantage amputé... Jusqu'où Kline sera-t-il prêt à aller pour découvrir l'insoutenable vérité ? Les voies de la confrérie sont-elles impénétrables ? Vous pouvez commander "La confrérie des mutilés" sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com
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